Le FORT de SAINTE-FOY

Mercredi 4 mai 2011 // 16 : FORTS, FORTIFICATIONS, GARNISONS, CASERNES et CAMPS MILITAIRES

Le FORT de SAINTE-FOY-lès-LYON :

Placé à 300 m d’altitude sur la crête de la colline qui fait suite à celle de Fourvière vers le sud, le fort de Sainte-Foy est le mieux conservé des forts dits de la "petite ceinture lyonnaise" conçue à partir de 1830 par le Général Rohault de Fleury. Cet ensemble fortifié devait protéger Lyon considérée comme camp retranché après les occupations par les autrichiens en 1814/1815.


La construction du fort de Sainte-Foy s’est échelonnée de 1843 à 1851, mais il a accueilli une garnison dès 1848. C’est un fort d’artillerie bastionné, ancré dans la pente naturelle du terrain, coupant l’ancienne voie de St-Irénée à Ste-Foy. La porte d’entrée est au nord, avec une demi-lune orientée vers l’ouest. Le fort est protégé par une escarpe haute de 8 m, d’où 25 à 60 canons à âme lisse pouvaient tirer des boulets à moins de 2000 m. D’autres canons placés dans les bastions pouvaient assurer un tir rapproché et croisé de flanquement en cas d’attaque. Le fort est doté d’une poudrière, pouvant abriter 44 tonnes de poudre, d’une caserne pour le logement de 400 hommes (600 en cas de siège).

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Section d’Infirmiers Militaires

Après 1870, le développement de l’artillerie avec canons à âme rayée, tirant des obus à 7000 m, rend ce type de fort obsolète. Une "Grande Ceinture" de 14 forts plus éloignés de Lyon est construite selon les conceptions du Général Séré de Rivières.

Le fort de Sainte-Foy devient alors un fort de garnison jusqu’à 1920, abritant la 14° SIM (Section d’Infirmiers Militaires), une compagnie du 158° RI, puis le 6° colonial (6°RIC) pendant la Grande Guerre. Il regroupe les personnels sanitaires allemands prisonniers avant leur rapatriement par la gare des Brotteaux et la Suisse.
Puis il aura des affectations diverses, dont celle de Kommandantur en 1944. Entre les 27 et 29 août 1944 les allemands bombardent depuis le fort la ville d’Oullins insurgée.

Le fort loge depuis 1949 une Compagnie Républicaine de Sécurité ; il n’est devenu propriété du Ministère de l’Intérieur que 20 ans plus tard. Le cavalier a été démoli en 1975, remplacé par des bâtiments, certaines parties sont à l’abandon, envahies par la végétation. Les glacis ont été vendus à la commune (parc Marius Bourrat), mais les façades nord et est sur la rue Clémenceau sont bien visibles. Aujourd’hui, le fort héberge la CRS n° 46.

dernière modification 09/2014