Le CHÂTEAU D’AUBENAS (ARDECHE)

Mardi 13 septembre 2011 // 16 : FORTS, FORTIFICATIONS, GARNISONS, CASERNES et CAMPS MILITAIRES

Le CHÂTEAU D’AUBENAS (ARDECHE) :

Aubenas est un chef-lieu de canton du département de l’Ardèche ; la vieille ville est perché sur un rocher calcaire dominant la vallée de l’Ardèche et est elle-même dominée par le château. Au pied du rocher passe la route du Puy- en-Velay à Montélimar : Aubenas est donc un point stratégique.

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site de la ville

Il n’est donc pas étonnant que cette position ait été l’objet d’une rivalité prolongée entre les évêques de Viviers et ceux du Puy. L’évêque du Puy l’emporte au XI° siècle et en 1084 inféode la place aux seigneurs de Montlaur. Le château est tenu au XIII° et XIV° siècles par la famille Allard, vassaux des sires de Montlaur, qui recupèrent ensuite la seigneurie. Ils ont fait allégeance au roi Philippe le Hardi en 1272 pour leurs possessions en Vivarais. Ils ont aussi des biens importants en Velay, Gévaudan et Uzège (région d’Uzès). Pons de Montlaur est gardiateur de Lyon en 1292-93 avant d’être sénéchal d’Agen en 1297.

Le château est dominé par un haut donjon carré remontant probablement au XIII° siècle, muni de poivrières aux angles. Le bourg se serre autour du château comme encore aujourd’hui. Le château est complété et l’enceinte urbaine construite par le dernier des Montlaur, Louis (1397-1441) qui assite au couronnement de Charles VII à Reims. A sa mort la baronnie revient à sa fille épouse d’un dauphinois le sire de Maubec : les Maubec de Montlaur poursuivent l’embellissement (tour escalier du château) de 1441 à 1551. A cette date la seigneurie passe par mariage aux Raymond de Mourmoiron, barons de Modène jusqu’en 1611. Les arcades de la cour datent de cette époque, mais ville et château sont pris et repris au cours des Guerres de Religion : ils sont en triste état à la fin du XVI° siècle.

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tour des Maubec (XV° siècle)

Marie de Modène-Montlaur apporte Aubenas à son époux Jean-Baptiste d’Ornano. Ce dernier est le fils aîné du maréchal Alphonse d’Ornano (1548-1610), d’origine corse, gouverneur du Dauphiné sous Henri IV. La carrière du jeune Ornano sera courte ; en 1626 il est nommé maréchal de France, mais est aussitôt compromis dans les intrigues de Gaston d’Orléans frère de Louis XIII et arrêté : il meurt en prison avant la fin de l’année. Des Ornano datent les échauguettes du donjon, le portail à bossages de la façade et la terrasse de l’ouest. La veuve de Jean-Baptiste, la "maréchale d’Ornano" (+1672) fait établir un mausolée pour son mari et elle-même à Aubenas sous le dôme St-Benoit à l’époque chapelle de bénédictines. Elle promeut les eaux de Vals et lègue Aubenas à sa nièce Anne d’Ornano (fille de sa soeur Marguerite et Henri-François d’Ornano frère de Jean-Baptiste) et épouse de François de Lorraine-Elbeuf comte d’Harcourt. Un de leurs descendants vendra Aubenas aux Voguë (1716-1792) qui font établir les portes jumelles de la façade, l’escalier et les boiseries des salons.

A noter en 1670 une révolte de la région : après un hiver très rude, des rumeurs d’impôts nouveaux créent un grand mécontentement. Un commis des fermes est lapidé à Aubenas en avril ; les émeutiers se donnent pour chef un gentilhomme de la Chapelle-sous-Aubenas Antoine du Roure, qui s’empare d’Aubenas. Fin juillet les paysans sont massacrés par l’armée royale à Laville-Dieu et du Roure est exécuté à Montpellier. Aubenas est condamnée à de lourdes amendes.

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blason d’Aubenas

Source : Jean Charay - Une ville château, Aubenas en Vivarais - Lecuyer 1960