Antoine ESCALIN DE LA GARDE, GENERAL des GALERES

Lundi 21 mai 2012 // 4 : Des GUERRES d’ITALIE à la REVOLUTION

Antoine ESCALIN DES AYMARS, dit "POLIN" DE LA GARDE, Général des galères (vers 1498-1578) :

Antoine Escalin est né à la Garde-Adhémar dans la Drôme. Sa filiation est incertaine. Il est peut-être un fils naturel de Louis d’Adhémar de Monteil, comte de Grignan mort en 1558. Cette hypothèse repose sur la donation que lui a faite le comte de Grignan de la seigneurie de la Garde-Adhémar le 26 décembre 1545. Une autre hypothèse est que sa mère soit de la famille Adhémar. La légende veut qu’il ait été berger... En fait très jeune, il suit l’armée en Piémont, sous le pseudonyme de Polin / Paulin qu’il gardera toute sa vie.

Devenu homme de guerre, il est nommé capitaine de Château-Dauphin à Pontgibaud (Auvergne) en 1536. Guillaume du Bellay,seigneur de Langey, lieutenant-général en Piémont (oncle du poète) le remarque et le signale au Roi. Dès il commence une carrière extraordinaire.


Le Roi François Ier l’envoie en ambassade à Venise (1540) puis à Constantinople (1541) auprès du sultan turc Soliman II le Magnifique, pour nouer une alliance (contestable) avec les turcs pour prendre à revers Charles-Quint. Le sultan met à sa disposition la flotte barbaresque de Khair-ed-Din dit Barberousse, sur laquelle Paulin embarque vers la Méditerranée occidentale avec 120 galères et 27000 hommes qui viennent mouiller à Villefranche-sur-mer pour assiéger Nice, appartenant au Duc de Savoie allié de Charles-Quint (été 1543). La ville résiste avec acharnement, les turcs ravagent et pillent la ville basse et la région, mais n’arriveront pas à prendre le château. Escalin fait replier la flotte barbaresque sur Toulon, vidée de sa population. Les turcs occupent Toulon jusqu’au printemps suivant 1544 et il faut acheter leur départ. Cette même année Escalin est nommé général des galères : il crée une véritable flotte avec laquelle il combattra les Anglais, les Génois, les Espagnols.

En avril 1545, avec ses mercenaires, peut-être contre son gré, il doit participer sous les ordres de Maynier d’Oppède premier président du Parlement de Provence à la sanglante répression menée contre les hérétiques vaudois du Lubéron : les villages sont pillés et incendiés, les villageois massacrés, 600 hommes sont envoyés aux galères. Cette même annnée, Escalin retrouve ensuite son vrai rôle en conduisant la flotte sur les côtes anglaises et en occupant l’île de Wight.

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La flotte devant l’île de Wight

Il devient par donation baron de la Garde. Sa participation au massacre des vaudois lui vaut en 1551 un procès devant le Parlement de Paris, le premier procès où la notion de crime contre l’humanité est évoquée, mais D’Oppède et Escalin de la Garde sont acquittés. Celui-ci retrouve ses fonctions et prérogatives. Commandant une flotte de 36 galères, il se bat contre les Espagnols et les Génois. En récompense pour ces opérations, il est nommé gouverneur de Marseille et lieutenant-général de Provence (1557), charges de son père supposé.

Après la paix de 1559, il réside souvent en son château de la Garde, qu’il a bâti au sommet du lieu : il y reçoit Charles IX le 20 septembre 1564. C’est ensuite les guerres de religion : le baron de la Garde combat les protestants à Beaucaire, Pont-Saint-Esprit et Mornas en 1567, contribue à la reprise de Montpellier et occupe Orange (1568). Il reprend la mer en 1569 pour commander la flotte royale lors de l’attaque de Rochefort et du siège de la Rochelle, complétés sur terre par les troupes du Duc d’Anjou : c’est un échec dont Escalin est accusé. Ceci ne l’empêche pas d’être toujours bien en cour auprès du nouveau roi Henri III, qui lui donne la charge de gentilhomme de la chambre et le titre de marquis de Brégançon (1574). Il est même chevalier d’honneur de la reine Catherine de Médicis et général de l’armée navale sur les côtes de la Rochelle et Brouage. En 1576 il contribue à la pacification du Comtat Venaissin et c’est de retour de Paris qu’il décède dans son château de la Garde.


"Polin" de la Garde ne s’est pas marié ; il a toutefois eu un fils d’une dame d’honneur de la reine qu’il a reconnu. A noter que son arrière-petit-fils, sans descendance, lègue en 1713 la Garde à Pauline de Grignan, petite fille de la marquise de Sévigné. Ce legs va aussi dans le sens d’une parenté proche d’Escalin avec les Adhémar de Grignan. Par ailleurs son blason reprend les couleurs des Adhémar.