Le 4ème REGIMENT de CHASSEURS de GAP

Samedi 2 juin 2012 // 15 : Les INSTITUTIONS MILITAIRES

Le 4ème RÉGIMENT de CHASSEURS de GAP, le régiment blindé de la brigade d’infanterie de montagne :

DE LOUIS XVI aux CENT-JOURS :
Une ordonnance royale de janvier 1779 crée 6 régiments de Chasseurs à Cheval. Le 4° réunit à Sarreguemines les 4 escadrons issus des "Volontaires de Clermont Prince". Son existence est courte : dès 1784, il devient "Chasseurs des Cévennes"

En 1788 les chasseurs de France-Comté, auparavant Durfort-Dragons, sont baptisés 4° Chasseurs. Ce régiment sera constamment en campagne pendant la Révolution et de l’Empire. en particulier, en 1796 dans l’armée de Moreau, il s’illustre à Biberach. De 1800 à 1812 il est dans le sud de l’Italie, puis c’est la campagne de Russie, où il s’illustre à la Moskowa. Il est ensuite à la campagne d’Allemagne (1813) à la campagne de France (1814) et aux Cent-Jours (1815) puis il est licencié.

De la RESTAURATION à la GUERRE DE 1870 :
Le 4° Chasseurs est reconstitué en 1816 sous la Restauration ; il participe à l’expédition d’Espagne en 1823. En 1831 sous Louis-Philippe, il est transformé en 4° régiment de lanciers, alors que le 9° Chasseurs créé également en 1788 est rebaptisé 4°. En 1839 2 escadrons quittent Vienne pour l’Algérie et la lutte contre Abd-El-Kader.
De 1855 à 1859 tout le régiment est en Kabylie, d’où il rejoint la campagne d’Italie pour inscrire sur leur étendard les batailles de Magenta et Solferino. Le régiment est dans le sud-algérien de 1864 à 1868. La guerre de 1870 le trouve en position à St-Avold ; les chasseurs se battent vaillament à Forbach, mais doivent faire retraite : ils font ensuite partie de l’Armée de la Loire.

SOUS LA III° REPUBLIQUE :

Sous la III° République le 4° est en garnison à Marseille puis Epinal avec un escadron à Bruyères. En 1887 il est à Saint-Germain-en-Laye.
Le futur Maréchal Lyautey y est capitaine en 1888-93 (photo ci-contre). Il est ensuite à nouveau à Epinal jusqu’en 1914. Pendant la Grande Guerre les escadrons sont détachés dans les divisions d’infanterie : Aisne et Artois s’ajoutent sur l’étendard du régiment qui est dissous en 1921.

Il faut attendre l’hiver 1939-40 pour que revive le 4° Chasseurs sous le nom de 4° Rgt d’Automitrailleuses, qui en mai 1940 entre en Belgique, puis couvre la retraite au prix de lourdes pertes (795 hommes), conduite qui lui vaut un magnifique hommage du général de Lattre de Tassigny. Le 4° est à nouveau dissous en juillet 1940.

De 1954 à 1962 : TUNISIE - ALGERIE :
le 4° Chasseurs est recréé le 1er juillet 1954.
Prévu pour partir en Indochine, il est finalement dirigé vers la Tunisie, où il séjourne jusqu’en mai 1955 dans la région de Sousse pour des opérations de maintien de l’ordre. Le 4° passe ensuite en Algérie où il lutte contre la rébellion dans la région de Constantine jusqu’en janvier 1960. Il est ensuite posté sur le barrage de la frontière tunisienne dans les régions de Lamy et de Tebessa jusqu’en juillet 1962. Ayant perdu 66 hommes, les Chasseurs quittent l’Algérie en octobre 1962 pour rejoindre la métropole.

De 1962 à 2012 : La VALBONNE - GAP :
Leur nouvelle garnison est le camp de la Valbonne dans l’Ain. La partie est du camp qu’il occupe sera baptisée "quartier de Langlade" du nom d’un sous-officier, premier tué du régiment en 1956 en Algérie. Le 4° Chasseurs fait alors partie de la 27° Brigade Alpine et compte 4 escadrons blindés équipés d’AML Panhard et un escadron de commandement et des services. Il doit alors s’adapter à la montagne qui devient alors son terrain d’entraînement. Le 4° Chasseurs à la Valbonne
En 1976 la brigade alpine redevient division (27° DIM). En 1983, à la veille de la création de la Force d’Action Rapide (FAR), le 4° Chasseurs est transféré de la Valbonne à Gap au qurtier Général Guillaume où il est encore actuellement. Il effectue des missions extérieures au Liban, Tchad et ex-Yougoslavie.
La 27° DIM est redevenue brigade et le 4° Chasseurs en est le régiment blindé : il est équipé d’ERC 90 et de VBL, apte à être projeté sans délai, sur des terrains difficiles, dans des conditions climatiques rigoureuses. Dans les années 2000 les missions se portent vers la Côte d’Ivoire et surtout l’Afghanistan. En 2015 avec l’opération Sangaris c’est en Centrafrique que le 4° chasseurs est amené à servir.