La BASE AERIENNE d’AMBERIEU

Mardi 24 juillet 2012 // 15 : Les INSTITUTIONS MILITAIRES

La BASE AÉRIENNE 278 (BA 278) d’AMBÉRIEU-en-BUGEY :

Dans la première décennie du XX° siècle, l’homme réalise le vieux rève de voler et l’aviation progresse rapidement. C’est l’époque des pionniers, comme le capitaine Ferber. Un de ces pionniers, Louis Mouthier, sportif bressan, acquiert en 1909 un appareil Blériot XI. Il utilise la plaine de l’Ain au nord d’Ambérieu-en-Bugey : un aérodrome y est inauguré en mai 1910.
Mouthier y crée en 1911 l’Ecole Bressane d’Aviation. C’est là que Saint-Exupéry reçoit à 12 ans le baptême de l’air (1912). A l’Ecole bressane va succéder une Ecole d’Aviation Militaire, qui prend une grande importance avec la Grande Guerre. Les pilotes militaires sont formés sur avions Voisin, Caudron G3, Caproni. Des ateliers de réparation sont installés et se développent. Fin 1918 l’Ecole d’Aviation Militaire compte 480 élèves-pilote.

Fin 1928 le Ministère de l’Air est créé, mais il faut attendre 1933 pour voir apparaitre le terme "Armée de l’Air". A Ambérieu de 1929 à 1939 fonctionne l’Ecole d’Aviation Caudron pour former des pilotes civils et réservistes sur avions Caudron. En même temps des entreprises civiles s’implantent et travaillent sur le site (Forclum : ciment armé, Truchetet : réparation de matériels ferroviaires).
En 1939 la Société Aéronautique du sud-est (SNACASE) utilise les hangars de la société Forclum pour la construction intensive d’avions de bombardement LeO 45. L’objectif d’Ambérieu est de sortir un avion par jour. 452 exemplaires seront construits jusqu’à l’armistice de juin 1940.

JPEG - 30 ko
avion LeO 45

A la libération d’Ambérieu en août 1944 le site devient base opérationnelle pour la campagne d’Alsace avec le passage de nombreux groupe de chasse, dont la 4ème Escadre de chasse des forces aériennes françaises libres équipée de P47 Thunderbolt.

Après la guerre, le site d’Ambérieu devient le Base Aérienne 278. La mission première devient la réparation et le stockage d’appreils ou d’équipements. Les installations sont rénovées, le terrain devient une piste en dur en 1964.
Après la période de réparation et entretien d’aéronefs complets (avions d’entraînement T6, hélicoptères), l’activité sur avions est arrêtée en 1966. Depuis la base assure la réparation de divers matériels électroniques ou mécaniques, après reprise des missions des ateliers spécialisés de télécommunications air d’Orléans et Aix-en-Provence.

En 1982 la BA 278 prend le nom de Colonel Chambonnet du nom de cet officier de l’air devenu chef régional de l’Armée Secrète et fusillé par les allemands en juillet 1944. En 1984 une Section Air de Vol à Voile (SAVV) est créée, maintenant ainsi la vocation d’école de la base.

En 1994 le site accueille les activités sur matériels de sécurité, sauvetage et survie transférés de l’EAA 608 de Toulouse-Balma. Le rôle principal de la base aujourd’hui est celui d’atelier industriel de l’aéronautique (AIA). Cela concerne les équipements et systèmes au sol, les appareils et moyens de mesure, les matériels de bord, l’armement et mes matériels de sécurité sauvetage et survie.

Le concept de Base de Défense, né de la dernière réforme militaire, est appliqué dès 2009 : la BA 278 avec les unités du camp de la Valbonne va former la Base de Défense de la Valbonne-Ambérieu, avec mise en commun du soutien assuré par le Groupement de Soutien de la Base de Défense (GSBdD). Le soutien santé est assuré par le Centre Médical des Armées (CMA) commun avec une antenne à Ambérieu.

Sources : plaquette - l’Armée de l’Air a 70 ans 1934-2004 / CE Ph.Pasteau - le camp de la Valbonne et ses régiments - Sirpa 2012