Le GENERAL de LA POYPE, un LYONNAIS

Vendredi 7 décembre 2012 // 6 : NAPOLEON, LYON et la REGION

Le GENERAL JEAN-FRANCOIS de LA POYPE 1758-1851 :

Un LYONNAIS COMMANDANT MILITAIRE à LYON
Descendant d’une vieille famille dauphinoise, qui a possédé la seigneurie de Crémieu, Jean-François Cornu, marquis de la Poype, né à Lyon en 1758.
En 1777 il entre comme enseigne au régiment des Gardes Françaises. Quand il démissionne en 1787, il n’est que lieutenant.
Mais la Révolution va lui apporter un avancement rapide.
En mai 1792 il est élu lieutenant-colonel, puis prend le commandement du 104° Régiment d’infanterie. le 1er septembre suivant il est maréchal de camp (général de brigade) et réprime une sédition à Chartres.
Début 1793 il est envoyé à l’armée d’Italie et est promu général de division.
Au siège de Toulon, en octobre il emporte le mont-Faron grace aux canons pointés par Bonaparte. Il assure le commandement en attendant le général Doppet venant du siège de Lyon. En 1794 il commande une division de l’armée des Alpes de Kellermann, lequel l’envoie en juin 1795 commander la place de Lyon, sa ville natale : il figure donc sur la liste des "gouverneurs" de la ville, mais il semble n’avoir pas été assez ferme devant l’agitation royaliste et dès octobre il est destitué et mis à la retraite.

De MAYENCE à WITTENBERG par SAINT-DOMINGUE et la CASE PRISON
La Poype est rappelé en 1797 à l’armée de Mayence, puis en 1798 il est envoyé en Italie, il commande en Piémont, puis en Ligurie (Gènes). en 1800 il est à nouveau à l’armée du Rhin et s’empare de Bregenz, puis avec Moncey traverse le Saint-Gothard pour rejoindre l’Italie. Après Marengo, il assiège Mantoue. Après avoir été commandant militaire à Nantes, il part en 1802 pour Saint-Domingue. A la capitulation de ce territoire, il est fait prisonnier par les anglais et passe 2 ans et 9 mois sur les pontons de la Jamaïque et de Portsmouth.
De retour en 1806, il est en 1807 commandant militaire de la division de Bourges jusqu’en 1811. Sollicitant un poste actif, il est envoyé à Spandau (près de Berlin), mais ne peut s’y établir, il se rabat sur Wittenberg (Saxe-Anhalt, la ville de Luther)(mars 1813) où il soutient l’assaut des russes de Wittgenstein. Napoléon le fait officier de la Légion d’Honneur et baron d’Empire. Mais après la défaite de Leipzig, il est assiégé par les prussiens et bloqué dans Wittenberg, où il résiste jusqu’en avril 1814. Napoléon ayant abdiqué, La Poype sort de Wittenberg avec les honneurs et regagne la France.

Une RETRAITE DIFFICILE
La Poype est décoré par Louis XVIII, mais se rallie à l’Empire en 1815. Napoléon le nomme gouverneur de Lille, dont il n’ouvre les portes qu’après l’abdication de l’Empereur. Il est alors mis à la retraite. Il est élu député radical du Rhône en 1821 ; un écrit politique subversif lui vaut 4 mois de prison en 1824. Il se retire dans une propriété entre Crémieu et Morestel.
Il est créé grand-officier de la Légion d’Honneur sous Louis-Philippe, mais sa vieillesse est gâchée par trois procès malheureux, qui le ruinent. Et c’est presque misérable qu’il meurt très âgé (93 ans) dans le quartier des Brosses (Vaulx-en-Velin, limite de Bron) ; il est enterré au cimetière de Loyasse. Son nom est inscrit sous l’Arc de Triomphe.

SA DESCENDANCE
Ce général révolutionnaire, marquis d’ancien Régime, baron d’Empire avait épousé Thérèse Fréron, soeur d’un conventionnel. Sa fille devient l’épouse de Jacques Paulze d’Ivoy préfet du Rhône. Ses petit-fils sont autorisés en 1864 à porter le nom de Paulze d’Ivoy de la Poype. Au XX° siècle un de leurs descendants, récemment décédé, Roland Paulze d’Ivoy de la Poype (1920-2012) sera un des héros de l’escadrille Normandie-Niémen, compagnon de la Libération, mais aussi industriel en plasturgie et fondateur du Marineland d’Antibes...

Sources : Bernard DEMOTZ & Col. - Les Gouverneurs de Lyon 1310-2010 - ELAH 2011 / Martin BASSE - Lyonnais oubliés - quelques soldats de la Révolution et de l’Empire - Librairie Masson 1923