Le FORT de VILLEURBANNE ou FORT MONTLUC

Mercredi 3 juillet 2013 // 16 : FORTS, FORTIFICATIONS, GARNISONS, CASERNES et CAMPS MILITAIRES

Le FORT de VILLEURBANNE ou FORT MONTLUC :

Une BELLE FORTIFICATION
Le Fort de Villeurbanne fait partie de la première ceinture de fortifications de Lyon, établie par le général Rohault de Fleury et édifiée sous Louis-Philippe. Construit à partir de 1831 le fort de Villeurbanne est au centre du dispositif de défense de la rive gauche du Rhône : cela explique ses dimensions importantes et la qualité de sa construction.

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plan de 1853

La forme générale de l’enceinte du fort était celle d’un trapèze avec une petite base orientée vers l’est avec deux gros bastions. La grande base tournée vers la ville, possédait à ses angles deux bastions pour faciliter le flanquement et en son centre un redan pour défendre la porte d’entrée, elle-même protégée par un corps de garde cubique avec des échauguettes aux 4 angles. Aujourd’hui il ne subsiste de l’enceinte, que ce corps de garde détaché qui est placé obliquement par rapport à l’entrée d’une caserne de 2 étages voûtés pouvant abriter 5 à 600 hommes. Cette caserne ferme le cavalier, la partie centrale du fort. L’entrée de cette caserne est elle-même protégée par un corps de garde à mâchicoulis. Il devait être armé de 67 pièces d’artillerie.

LE DÉCLIN
Quarante ans plus tard dans les années 1870, ce type de fortification est devenu obsolète et on entreprend la construction de la deuxième ceinture fortifiée (Séré de Rivières). Au fort de Villeurbanne, les courtines et les bastions sont démolis, les glacis et les fossés sont nivelés, il ne reste du fort que que sa partie centrale le cavalier et le corps de garde extérieur, baptisé fort Montluc en 1887. L’espace libre est utilisé comme terrain de manœuvre. On installe sur les glacis le magasin d’habillement et l’intendance régionale. Le site héberge la 14° Section de Commis et Ouvriers Militaires d’administration (14 pour le 14° Corps d’Armée de Lyon) et le Tribunal militaire.

LA PRISON MONTLUC
La vocation judiciaire du site se confirme après la Grande Guerre par la construction en 1921 au sud du fort d’une prison militaire, la prison Montluc, en remplacement de celle des Recluses rue Sala. Désaffectée en 1932, remise en service en 1939, cette prison sera pendant l’Occupation entre 1942 et 1944 le lieu d’incarcération de plus de 7000 prisonniers, dont 2500 seront déportés et plus de 600 fusillés, dont Chambonnet. À la Libération de Lyon la prison accueille les collaborateurs, puis par la suite des détenus divers, pour finir en prison pour femmes de 1997 à 2009. Elle est alors convertie en lieu de mémoire. La confusion entre la prison Montluc et le fort du même nom est très fréquente.

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La maquette du fort rénové

UNE NOUVELLE VOCATION
Le fort est cédé en 1969 au Ministère de l’Intérieur et devient une caserne de CRS jusqu’en 1982. Dans les années 2005 à 2007 après des années d’abandon, le fort est entièrement transformé en hôtel de Police, avec construction de bâtiments à l’intérieur, mais l’apparence extérieure de la fortification est conservé et rénové.

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Le corps de garde de l’entrée et le corps de garde détaché en 2012

dernière modification : 05/2015 - Source : Dallemagne & coll. - les Défenses de Lyon - ELAH 2006