LOUIS DE GOYS "PERE du BOMBARDEMENT"

Samedi 12 octobre 2013 // 10 : La GRANDE GUERRE 1914-1918

Le GÉNÉRAL DE GOYS AVIATEUR et PERE du BOMBARDEMENT :

En avril 1876, en la mairie du 2ème arrondissement de Lyon est déclarée la naissance rue Vaubecour de Louis de Goÿs de Mézeyrac, baptisé ensuite en l’église d’Ainay. Sa mère devenue veuve quitte Lyon et le jeune Louis passe son adolescence à Vias (Hérault), où une avenue porte son nom. Le conseil municipal de Vias lui accorde une bourse en 1895 pour entrer à Saint-Cyr.

Sa carrière militaire commence dans l’infanterie ; affecté au 153° RI de Toul, il est promu capitaine en 1910. Il est attiré par l’aviation, dans laquelle il réussit à se faire détacher. Il passe les brevets de pilote civil et militaire (n°27) en 1911. Pendant les années suivantes il se partage entre des sections d’aérostiers à Versailles et Chalais-Meudon et l’inspection de l’aéronautique comme adjoint. En avril 1914 il part en Turquie pour y organiser l’aviation, il est rappelé en juillet et c’est bientôt la déclaration de guerre.

Début octobre 1914 de Goÿs effectue une mission aérienne pour porter un message de Joffre au roi des Belges. Promu commandant en novembre, il est chargé de créer et de commander le premier groupe de bombardement (GB1) avec 18 biplans Voisin. Chaque avion peut emporter 6 obus de 90 ou 2 obus de 90 et un de 155 ; il emmène un pilote et un équipier chargé de jeter les obus à la main. Pendant l’hiver 1914/15 le groupe effectue des missions sur les gares et objectifs militaires en Lorraine. Une arme nouvelle était née et de Goÿs fut surnommé le "père du bombardement".
Le 22 avril 1915, les allemands déclenchent la première attaque chimique au chlore. En représailles de Goÿs doit conduire un raid de bombardement sur l’usine chimique de Ludwigshafen en Allemagne. Le 26 mai 18 biplans décollent de nuit du terrain de Malzéville près de Nancy ; après un long détour pour tromper l’ennemi, ils peuvent larguer leurs bombes sur les usines. Au retour une panne de moteur oblige le pilote de de Goÿs à se poser en Alsace : ils sont faits prisonniers. La captivité va durer 30 mois : après 7 tentatives d’évasion sans succès, en novembre 1917, il s’évade de la région de Ratisbonne et réussit à gagner les Pays-Bas.
Le commandant de Goÿs reprend aussitôt le service dans un groupe d’entraînement, où il se familiarise avec le nouveau Bréguet 14. En avril 1918 il commande le groupe de bombardement GB4, puis une brigade de bombardement comprenant :
- 12° escadre de bombardement GB 5, 6 et 9 - 88 avions Bréguet 14
- escadre de chasse n°1 - GC 15, 16 et 19 - 108 avions Spad
Cette grande unité joue un rôle décisif contre l’ultime attaque allemande et le pilonnage de la retraite de l’ennemi. De Goÿs dirige personnellement plusieurs raids.

Après l’Armistice De Goÿs est promu lieutenant-colonel ; en 1919 il va de nouveau être envoyé en Turquie pour organiser un aéroport à Istambul et vendre le matériel français. En 1921 il est nommé attaché militaire en Roumanie. En 1923 il est rappelé de Bucarest comme chef de cabinet par le sous-secrétaire à l’aviation Laurent-Eynac, qui pour promouvoir l’aviation projette un raid au dessus du Sahara, le Raid Paris-Tchad. Le 21 janvier 1926 deux Blériot 115 décollent du Bourget ; le colonel de Goÿs commande le "Roland Garros" piloté par Pelletier-Doisy, le "Jean Casal" est piloté par le colonel Vuillemin : il arrivent le 7 février à Niamey, malheureusement un des équipiers du second sera tué au décollage de retour. De Goÿs organise ensuite un parcours d’hydravions de Berre à Tananarive. Il est promu général et Laurent-Eynac devient le premier ministre de l’Air en septembre 1927 ; il confie à De Goÿs l’organisation du ministère, puis en 1929 le nomme au commandement de la 2ème division aérienne de Paris. En 1931 le général de Goÿs effectue avec 5 bombardiers une tournée de propagande au Portugal et en Espagne. Enfin en 1933 le ministre de l’Air Pierre Cot le charge de l’inspection de l’Aviation de Défense, des écoles et de la direction du centre d’études de l’Armée de l’Air. En 1935 à 61 ans il est mis à la retraite.

On peut imaginer qu’il a vécu douloureusement la défaite de 1940 à laquelle a largement contribué la Luftwaffe...Pendant l’Occupation il fait partie d’un réseau de Résistance. Devenu le doyen des généraux de l’Armée de l’Air, il a dû suivre avec intérêt les progrès de l’aviation à réaction... Le général de Goÿs est décédé en 1967 à 91 ans.

Source : Rive Gauche n°148 03/1999