Le ROYAUME de BOURGOGNE-PROVENCE

Mardi 17 février 2015 // 1 : des GAULOIS aux CAROLINGIENS

Le ROYAUME de BOURGOGNE - PROVENCE 888-1032 :

L’an 840... À la mort de Louis le Débonnaire, successeur de Charlemagne, ses 3 fils se déchirent pour la succession, qu’ils se partagent au traité de Verdun (843) :
- à Charles le Chauve la partie occidentale qui va former le royaume de France
- à Louis le germanique la partie orientale qui sera l’Allemagne
- à Lothaire la zone intermédiaire de la mer du Nord à l’Italie.
Dans notre région, le Lyonnais-Forez et le Vivarais font partie de ce royaume, qui n’est pas viable ; de plus la descendance mâle de Lothaire s’éteint dès 875. Dans cet espace entre les royaumes carolingiens, où le pouvoir s’affaiblit également, la place est libre pour l’émergence de nouvelles principautés.

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Partage au traité de Verdun

Ce sont des princes apparentés aux carolingiens qui vont être élus par l’aristocratie régionale.
En 879 Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonde un royaume de Provence, de Lyon à la mer, capitale Vienne, qui par des luttes incessantes va s’étendre au royaume d’Italie.

Les débuts du Royaume de Bourgogne
De même en 888 Rodolphe Ier, fils de Conrad d’Auxerre, de la famille des Welf de Bavière est élu roi de Bourgogne transjurane (ouest de la Suisse -nord de la Savoie et du Piémont, centré sur le lac Léman) en l’abbaye de St-Maurice d’Agaune (Valais), qui sera la résidence royale de la dynastie avec Genève et Besançon. Les premiers "Rodolphiens", (Rodolphe Ier +912, Rodolphe II + 937) étendent leur territoire vers l’ouest (Franche-Comté) et visent aussi le royaume d’Italie. Leurs possessions sont en permanence menacées par des envahisseurs : les hongrois atteignent la Bourgogne à partir de 911. Les abbayes de l’Île Barbe et de Savigny sont dévastées vers 934 et celle d’Ainay vers 939.

L’apogée du Royaume
Le troisième roi de la dynastie Conrad le pacifique (937-993) va conclure un sage arrangement en 942 : il renonce à l’Italie et obtient en échange le royaume de Provence. Ce territoire agrandi, étendu de la Suisse à la Provence, correspond à celui de l’ancien Royaume des Burgondes ou Burgondie qui a donné le nom de Bourgogne.
La sœur de Conrad, Adélaïde, est donnée en mariage à Lothaire roi d’Italie. Cette femme exceptionnelle sera ensuite l’épouse d’Otton Ier, roi de Germanie puis empereur du Saint-Empire. Cultivée et fondatrice de monastères, elle sera régente pour ses fils et petit-fils Otton II et Otton III et reconnue comme sainte (+999).

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Le territoire du Royaume de Bourgogne et le duché de Bourgogne

L’affaiblissement
Vers la fin du X° siècle, le pouvoir royal s’affaiblit et sur l’ensemble de son territoire de nouvelles principautés laïques ou ecclésiastiques vont apparaître et se développer.
En 972 Mayeul, abbé de Cluny, est capturé au Mont-Genèvre par une bande de sarrasins venus de Provence. Cet affaire déclenche un sursaut de la noblesse de Provence conduite par Guillaume d’Arles, qui élimine les sarrasins (983) et crée le comté de Provence. D’autres grands sont élevés à la dignité comtale : Humbert aux blanches mains devient comte de Savoie, Gérold comte de Genève et le vicomte Artaud est promu comte de Lyon : il va très vite s’opposer à l’archevêque Burckard frère de Rodolphe III. Plus au nord Otte-Gullaume devient comte de Bourgogne : la comté de Bourgogne correspond à la Franche-Comté, alors que le duché de Bourgogne (capitale Dijon) était déjà un apanage inclus dans le royaume de France.

La fin du Royaume
Le dernier roi de la dynastie est Rodolphe III (993-1032). Le royaume affaibli est sous la tutelle croissante de l’Empire Germanique. Sa femme Ermengarde cède vers 1030 ses biens en Viennois à l’archevêque de Vienne, qui en confie la "garde" à Humbert de Savoie au nord et au sud à Guigues d’Albon qui sera la tige des Dauphins de Viennois (principauté du Dauphiné). Cette division des territoires sera source de conflits au XIII° siècle.
Rodolphe III meurt en 1032 sans descendance ; il lègue son royaume à l’empereur germanique Conrad II le salique. Dans notre région le Lyonnais, le Forez et le Vivarais deviennent terres d’Empire, mais ce n’est qu’une suzeraineté lointaine, la réalité du pouvoir appartient aux principautés féodales.

dernière modification : 02/2017