LYON GARNISON "COLONIALE"

Dimanche 14 juin 2015 // 15 : Les INSTITUTIONS MILITAIRES

Les TROUPES d’AFRIQUE et COLONIALES À LYON et dans la RÉGION :

Les troupes coloniales ont été à l’origine créées par le ministère de la marine, sous le nom de "troupes de marine", puis en 1900 rattachées au ministère de la guerre elles sont alors appelées "troupes coloniales". Elles redeviendront troupes de marine à la décolonisation en 1967. Elles doivent être distinguées des troupes d’Afrique (Afrique du nord) : zouaves, tirailleurs, chasseurs d’Afrique, spahis...
Même si Lyon s’honore d’avoir eu le général Galliéni comme gouverneur militaire en 1906-1908, la ville et sa région n’ont pas d’orientation coloniale affirmée, mais ont accueilli certaines unités d’Afrique ou coloniales.

Les ZOUAVES À SATHONAY et la VALBONNE
Depuis une loi de 1899, les régiments de zouaves en garnison en Afrique du nord doivent détacher un bataillon en métropole. En 1901 le 2° Zouaves stationné à Oran envoie son 1° bataillon au camp de Sathonay, d’où sont détachées 2 compagnies au camp de la Valbonne. De même le 3° Zouaves de Constantine qui envoie son 3° bataillon à Sathonay, dont 2 compagnies partent à la Valbonne. Les zouaves sont logés sous tentes. En 1913/14 les 2° et 3° zouaves envoient leur 5ème bataillon respectif.

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sous-officiers du 2° Zouaves à la Valbonne en 1905

Des RÉGIMENTS D’INFANTERIE COLONIALE À LYON
À la fin des grandes manœuvres de 1913, les 157° et 158° RI ne reviennent pas dans leur garnison de Lyon, ils sont remplacés par 2 régiments d’infanterie coloniale (RIC) respectivement les 5° et 6° RIC, formant la 2° Brigade Coloniale.

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Le 6° colonial traverse la Saône

Un jour d’octobre 1913 au matin, le 6°RIC, aux ordres du colonel Blondeau, débarque à la gare de Perrache et sort drapeau au vent sous la pluie. Par le pont d’Ainay et la montée de Choulans, il rejoint le fort St-Irénée. Dans la nuit le 5°RIC (colonel Fonsagrives) arrive à son tour et rejoint la caserne de Serin et le fort Saint-Jean avec un détachement au fort de Montessuy à Caluire.
La revue de printemps en mai 1914 sur la place Bellecour permet aux lyonnais d’applaudir les "Marsouins", qui 3 mois plus tard partent pour la Grande Guerre. Le 5°RIC forme un régiment dérivé le 35°RIC.

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Après une guerre héroïque, seul le 5° RIC rejoint Lyon. Le futur général Brosset y commence sa carrière d’officier comme sous-lieutenant pendant quelques mois en 1921-22. Le régiment est dissous le 1° janvier 1924.

Des TROUPES D’AFRIQUE DANS LA RÉGION

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28ème RTT

De 1929 à 1939 est établi à Lyon le quartier général de la 1° Division d’Infanterie Nord-Africaine (1° DINA), qui comprend le 28° Régiment de Tirailleurs Tunisiens (28°RTT) de Sathonay, le 5° Régiment de Tirailleurs Marocains (RTM) à Bourg-en-Bresse, le 6°RTM à Montélimar, le 27° Tirailleurs Algériens (RTA) à Avignon et le 54° d’Artillerie à Lyon.
Le camp de Sathonay accueille le 28° RTT en 1926, à l’issue de la guerre du Rif ; il stationnera jusqu’en octobre 1938 où il rejoint Montélimar. En 1935-1938 le 5° Tirailleurs marocains (RTM) de Bourg-en-Bresse envoie un détachement au camp de la Valbonne.
La 5° Division de Cavalerie a également son QG à Lyon ; elle comprend entre autres le 9° Spahis algériens dont les cavaliers tiennent garnison au quartier Saint-Germain à Vienne de 1922 à 1939.

En août 1956, ce sont les tirailleurs marocains du 1er RTM qui s’installent à Sathonay pour un an. Leur fanfare caractéristique est précédée de 3 boucs mascotte.

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Le 1er RTM à Sathonay

Les TRADITIONS SURVIVENT...
En 2004 pour renouer avec la tradition, le 68° régiment d’artillerie (RA) formé en Afrique du nord, stationné à la Valbonne, a été rebaptisé 68° régiment d’artillerie d’Afrique (RAA).

Sources : Revue Historique des Armées - Bimillénaire de Lyon - 1958 / documents bibliothèque militaire & musée histoire militaire