Le FORT SAINT-JEAN de LYON

Mercredi 11 mai 2016 // 16 : FORTS, FORTIFICATIONS, GARNISONS, CASERNES et CAMPS MILITAIRES

Le FORT SAINT-JEAN de la CROIX-ROUSSE À LYON

Le Fort Saint-Jean est situé à l’ouest de la Croix-Rousse sur un éperon rocheux dominant la Saône. La masse de ses pierres calcaires fait corps avec l’énorme rocher de schiste. Une tour avait été édifiée au moyen-âge sur ce site stratégique.

De LOUIS XII À la RÉVOLUTION
Lors de la construction de l’enceinte de la Croix-Rousse sur les ordres de Louis XII à partir de 1512 la tour est démolie et un bastion ordinaire est construit avec casemate, embrasures à canons et échauguette. Le bastion Saint-Jean devient le bastion n°1 des 9 bastions de l’enceinte de la Croix-Rousse. Une courtine descend en gradins le long du rocher jusqu’à la Saône où elle s’’achève par une tour. Cet ouvrage est modifié en 1636 par l’ouverture d’une porte d’entrée de Lyon, la porte d’Alincourt du nom du gouverneur Charles d’Alincourt.

Les fortifications de la Croix-Rousse et le fort St-Jean sont à l’abandon pendant le XVIII° siècle. La porte en contrebas est remplacée par le quai de Serin, sur lequel est édifié le Grenier d’Abondance devenu caserne de Serin. Le fort retrouve un rôle militaire pendant le siège de Lyon : une batterie d’artillerie y est placée pour tirer sur le faubourg de Vaise.

De LOUIS-PHILIPPE À 1925
Le fort devient propriété de l’état en 1834 et est complètement remanié sur les plans de Rohault de Fleury. Le vieux bastion du XVI° siècle côté nord est en partie arasé pour être coiffé d’un étage de casemates juxtaposées servant à l’artillerie et au stockage ; sa terrasse entourée d’un parapet forme le cavalier de l’ouvrage. Un pavillon carré destiné au logement des officiers en occupe un angle. Le front de gorge du fort suit la montée de la Butte avec 3 bastions et une courtine. Côté ouest la nouvelle enceinte s’appuie sur l’ancienne courtine rehaussée et l’ensemble forme un superbe empilement de blocs de casemates et de plate-formes d’artillerie. Outre le pavillon des officiers, la cour intérieure est occupée par une caserne à 3 niveaux, un magasin d’artillerie, une poudrière et un pavillon d’entrée.

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plan du fort St-Jean

Le fort échappe au démantèlement de l’enceinte en 1865 et n’a plus d’autre intérêt que celui de sa caserne, qui loge 552 hommes en 1864. Le fort héberge une partie du régiment logé dans la caserne de Serin en contrebas, à savoir de 1888 à 1913 le 157° RI (régiment d’Infanterie) et le 5° RIC (régiment d’Infanterie Coloniale) de 1913 à 1924.

La FIN du XX° SIÈCLE
En 1934 le fort Saint-Jean est orienté vers le Service de Santé avec la Pharmacie Régionale ; attribution interrompue par l’occupation allemande. Un centre de commandement de la Luftwaffe y est établi dans les sous-sols.
Le 2 septembre 1944 les allemands font sauter les ponts de Lyon : un groupe de résistants réuni au fort réussit à empêcher la destruction du pont de l’Homme de la Roche et de la passerelle St-Vincent. Après la Libération le fort redevient Pharmacie Régionale jusqu’en 1984. Ce sont ensuite un Établissement de matériels de mobilisation du SSA et l’inspection des services vétérinaires régionale qui s’y installent jusqu’en 1998.

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Vue aérienne en 1995

Le XXI° SIÈCLE
En 2002 il devient propriété du ministère des Finances et est réaménagé pour y établir l’École Nationale du Trésor en 2004. La transformation effectuée par l’agence Vurpas est un modèle de sauvegarde et de réhabilitation d’un ouvrage militaire. La bibliothèque de l’école occupe l’ancien magasin d’artillerie et le restaurant bien dissimulé est en belvédère au dessus de la Saône.

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vu depuis le fort de Vaise en 2015

Sources : Dallemagne & col. - Les défenses de Lyon - ELAH 2006