L’HISTOIRE de L’ARME du TRAIN

Vendredi 16 décembre 2016 // 15 : Les INSTITUTIONS MILITAIRES

Les UNITÉS MILITAIRES du TRAIN À LYON et RÉGION LYONNAISE

Le 26 mars 1807, alors qu’il est au camp d’Osterode en Prusse orientale, Napoléon décide la création du Train des Équipages militaires pour abandonner l’emploi d’opérateurs civils soumissionaires. Ainsi la logistique opérationnelle est militarisée. Les soldats du train vont être familièrement appelés "Tringlots", car par la suite ils sont dotés d’un mousqueton de cavalerie particulier équipé d’une tringle de suspension.

ENTRE 1871 et 1914
Après la défaite de 1870, la III° République réorganise complétement l’Armée en 1875. Le Train des équipages devient une Arme, avec un escadron du Train dans chaque corps d’armée. Créé à Lyon le 21 avril 1875, le 14° Escadron du Train (ET) est celui du 14° Corps d’Armée. Ses missions sont : le soutien de l’état-major du CA, la fourniture de convois administratifs et auxiliaires, la constitution de compagnies hippomobiles, de boulangeries de campagne et de compagnies sanitaires.

JPEG - 75.5 ko
Les officiers en 1907

Avant 1914 le PC, 2 compagnies hippomobiles et un peloton hors rang sont logés à la caserne de la Part-Dieu ; une 3ème compagnie hippomobile est au camp de la Valbonne. Les activités principales sont les soins aux chevaux, l’entretien des attelages et voitures, la formation... Le tringlot est à la fois soldat, palefrenier, maréchal-ferrant, bourrelier, charron, conducteur... Un détachement à Briançon porte le béret alpin et organise le transport en montagne (mulets).

JPEG - 67.1 ko
bivouac en tenue alpine (autochrome)

En avril 1907 à la Part-Dieu, en présence du général Galliéni gouverneur militaire de Lyon, le Train fête son centenaire avec défilé historique, carrousel de voitures et banquet.

JPEG - 46.6 ko
diversité des tenues

En 1913 est créé le Service Automobile de l’Armée. Le 14° ET va ouvrir un Centre d’Instruction automobile au fort de Vancia pour former des conducteurs de voitures et de camions.

La GRANDE GUERRE
Selon le plan de mobilisation aux 3 compagnies d’active s’ajoutent 21 compagnies activées : 13 compagnies hippomobiles et 8 compagnies territoriales, plus une compagnie automobile. Le 2 août 1914 le 14° ET mobilise 104 officiers, 7215 hommes, 8250 chevaux et 2346 voitures. En août 1914 32 formations hippomobiles sont constituées, alors que 21 étaient prévues. 3 compagnies (10,11, 12) sont muletières affectées au front des Vosges. La13° compagnie sera envoyée à l’Armée d’Orient. Au cours de la guerre automobiles et camions prennent de plus en plus d’importance : 80 sections automobiles sont rattachées au 14° ET. À Lyon le fort de Vancia est toujours centre d’instruction et il est créé à Lyon un Centre d’Approvisionnement de Matériel Automobile (CAMA) et par la suite un parc automobile avec divers dépôts.

JPEG - 70.1 ko
camion Berliet à la Part-Dieu

L’ENTRE-DEUX-GUERRES
Au jour de l’Armistice le 14° ET a perdu 460 hommes. L’unité réintègre la Part-Dieu, où les compagnies sont démobilisées. Le Service Automobile fusionne avec le Train des équipages. En 1920 le 14° ET comprend 2 compagnies hippomobiles et 2 compagnies automobiles. En 1925 une compagnie automobile part pour la guerre du Rif.
En 1928 le Train des Équipages devient "le Train", rattaché à la cavalerie. Ses effectifs sont réduits : en 1929 le 14° ET devient la 14° Compagnie Autonome du Train (14° CAT), rebaptisée en 1935 Compagnie Régionale du Train (14° CRT).
En 1938 la CRT fait place au 14° Escadron du Train reconstitué. Lyon n’accueille plus qu’une compagnie, les autres sont à Grenoble.

JPEG - 18.4 ko
1938 14° ET recréé

La DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
À la mobilisation début septembre 1939, le 14° ET est dissous. Avec le renfort des personnels mobilisés, il éclate en de nombreuses unités opérationnelles : Groupe de transport de matériel, compagnies hippo- ou automobile de quartier général, groupes transport de personnel, compagnies muletières, compagnies hippo- ou automobile de transport, compagnies sanitaires... répartis dans diverses grandes unités.
Après la défaite, l’armistice de juin 1940 maintient dans le sud de la France (la zone libre) une petite armée d’armistice. Le Train y est réduit à 8 compagnies comprenant un peloton de circulation routière et 3 sections de 20 camions. Lyon devient le siège de la 14° Division Militaire avec la 14° Compagnie Divisionnaire du Train (CDT) logée à la Vitriolerie et Sathonay avec une section à Gap. Cette armée est dissoute en novembre 1942 lors de l’invasion de la zone sud par les allemands.

DE 1945 À 1967
En 1945 le Train devient indépendant de la Cavalerie et possède sa propre école d’application à Tours. Dès février 1945 il est reconstitué un 14° Escadron Régional du Train (14° ERT) qui retrouve place à la Vitriolerie. Un an plus tard en avril 1946 il est rebaptisé 8° ERT, du fait de la réorganisation des régions militaires, la région de Lyon devenant la 8° région. La direction régionale du Train se tient au 3° étage de la caserne Bissuel.

JPEG - 11.1 ko
CIT 158

Le 8° ERT demeure à la Vitriolerie jusqu’en 1968. Il lui est rattaché un Centre d’Instruction du Train n° 8 (CIT8) de 1946 à 1951 à la Valbonne. Recréé au camp de Sathonay en 1955, rebaptisé CIT 158, il instruit les troupes rappelées en Algérie ; il est dissous en 1966.

Vienne accueille également une unité du Train. Le GT505 (Groupe de Transport) de retour de l’expédition de Suez en décembre 1956 vient s’établir à Vienne à la caserne St-Germain. Il devient un régiment du Train en 1978 le 505° RT qui restera à Vienne jusqu’à sa dissolution en 1990.

JPEG - 8.1 ko
GMR 5

DEPUIS 1967
En 1967 nouvelle réorganisation territoriale : la région de Lyon devient la 5° Région Militaire. En 1968 l’ERT est dissous ; ses moyens sont affectés à une compagnie régionale du Train dans le GMR 5 (Groupement des Moyens Régionaux).
En 1977 sont créés des régiments de commandement et de Soutien (RCS) destinés à soutenir une grande unité opérationnelle. Le 14° RCS soutien de la 14° DI s’installe à la Vitriolerie devenue quartier Général Frère, mais sera dissous dès 1984. Le 27° RCS, soutien de la 27° division alpine basé à Grenoble et Varces aura une existence plus longue (1977-1999) et participera aux opérations extérieures.

À la dissolution du 14°RCS, une partie de ses moyens rejoint l’Escadron de Transport de la 5° région (ERT 5) stationné à la caserne Blandan (fort Lamotte) et administré par le GMR5 / 22°RI unité de soutien de la région puis RMD de Lyon.

En 2016 le Train qui dépend du commandement de la logistique (COM-LOG) n’a plus aucune formation opérationnelle en région Rhône-Alpes-Auvergne. Le COM-LOG n’y est représenté que par le Régiment Médical de la Valbonne, spécialisé dans la logistique santé.

JPEG - 48.9 ko
1907 - 100 ans d’histoire du Train

Sources : M.Terrible - Les formations du Train et de soutien en région Rhône-Alpes au XX° siècle - plaquette 2010 / Cne J.Tournassoud - Livre d’or du Centenaire - J.Blanc 1907