La SAVOIE de Amédée VI à Amédée VIII

Mercredi 28 avril 2010 // 3 : La FIN DU MOYEN-ÂGE en NOTRE REGION

DU COMTÉ AU DUCHÉ : La SAVOIE de Amédée VI À Amédée VIII

AMÉDÉE VI, Comte de SAVOIE, le « comte vert » (1334-1383)
Petit-fils d’Amédée V, fils d’Aymon le pacifique, Amédée VI devient comte en 1343 sous la tutelle de son cousin Louis II de Savoie sire de Vaud jusqu’en 1348. La couleur de sa livrée de tournois lui vaut le surnom de « Comte Vert ».
Poussés par le dauphin de France, les Dauphinois attaquent à nouveau le comte de Savoie (1352). En avril 1354, Amédée VI emporte la victoire décisive des Abrets : c’est la fin de la "Guerre de septante ans" avec le Dauphiné. Le traité de Paris (1355) amène à un échange de possessions, où le comte de Savoie est gagnant : il abandonne le Nord-Viennois au Dauphiné, mais annexe le Faucigny, les pays de Beaufort, de Gex et de Valbonne (de Miribel à Meximieux) et obtient l’allégeance du comte de Genève (en bleu sur la carte) et du sire de Thoire-Villars (en vert). Sur la carte les territoires du comte de Savoie sont en jaune. Il épouse Bonne de Bourbon.

les principautés vers 1300

Amédée VI se tourne ensuite vers le Piémont, pour contenir plusieurs tentatives d’empiétement de ses cousins de la branche Savoie-Piémont, soutenus par les Visconti de Milan (1363-1382).
En 1366-1367, il conduit la seule "arrière-croisade" réussie pour porter secours à Jean V, Empereur de Byzance, fils d’Anne de Savoie : il s’empare de Gallipoli sur les Turcs, délivre Jean V captif des Bulgares et poursuit de multiples opérations de dégagement de Constantinople dans les détroits.


Enfin en 1382-1383, moyennant l’arrêt des prétentions des Angevins en Italie du nord (acquisition de Coni en 1382), il soutient Louis d’Anjou, partant à la conquête du Royaume de Naples : aux abords de Rome Amédée VI est emporté par la peste. C’est un modèle de chevalier, d’homme de guerre et de diplomate.

AMÉDÉE VII, Comte de SAVOIE (1360-1391), le « Comte Rouge »
Fils d’Amédée VI et de Bonne de Bourbon, son père lui laisse la charge de la Bresse dès 1378, où il entre en conflit contre Edouard de Beaujeu. Devenu le comte Amédée VII en 1383, soumet la haute vallée de l’Ubaye (Barcelonnette) en 1385. Puis il amène des seigneurs locaux du comté de Nice (les Grimaldi) hostiles à Louis II d’Anjou en Provence, à lui faire allégeance et en les nommant sénéchaux à détacher le comté de Nice de la Provence. C’est chose faite en 1388, Amédée VII ajoute les "Terres neuves de Provence" à ses possessions qui atteignent la côte méditerranéenne. Malheureusement Amédée VII meurt prématurément d’un accident de chasse en 1391.

Sceau d’Amédée VII

AMÉDÉE VIII Comte puis DUC de SAVOIE 1391-1440
Fils d’Amédée VII et de Bonne de Berry il devient comte à 8 ans. Sa grand-mère Bonne de Bourbon devient régente sous l’influence du duc de Bourgogne, dont Amédée VIII devient le gendre.
L’achat du comté de Genève en 1402 lui permet d’annexer enfin la région d’Annecy et celui de la seigneurie de Thoire-Villars d’unifier la Bresse : la Maison de Savoie tient alors toute la chaîne des Alpes de Lyon à Neuchâtel et du Piémont à Nice. Cette étendue territoriale justifie le titre ducal octroyé en 1416 par l’empereur Sigismond de passage à Chambéry.

Duché de Savoie en 1416

En 1434 Amédée VIII délègue ses pouvoirs à son héritier Louis créé lieutenant général du Duché. Il réside souvent au château de Ripaille près de Thonon.
En 1439 le concile de Bâle en conflit avec le pape Eugène IV décide de le déposer et élit Amédée VIII à sa place. Amédée abdique de son titre ducal et prend le nom de Félix V. Considéré comme un antipape, Amédée / Félix renoncera à son titre en 1449 après l’élection à Rome d’un successeur à Eugène IV et mourra en1451.

Acte d’Amédée VIII 1419

dernière modification 03/2019
Sources : Bernard Demotz - le Comté de Savoie du XI° au XV° siècle - Slatkine 2000 / le comté de Nice et la maison royale de Savoie - Silvana editoriale 2010