PERRIN de PRECY, chef des Lyonnais en 1793

Lundi 5 juillet 2010 // 5 : REVOLUTION et SIEGE de LYON

Louis-François PERRIN, comte de PRECY (1742-1820) :

Natif d’Anzy-le-Duc, il s’engage en 1755 au Régiment de Picardie, où son oncle est est commandant de bataillon. Il participe à la Guerre de Sept-ans, puis vit le séjour en garnison.
C’est en Corse qu’il est nommé capitaine (1774). En 1784 il reçoit la croix de Saint-Louis. Précy sert ensuite au Régiment des Chasseurs des Vosges et devient lieutenant-colonel. De 1787 à 1789 son unité est est en garnison à Lyon, puis à Collioure. En novembre 1791, il obtient le brevet de premier lieutenant-colonel de la garde à pied du Roi, corps qui est dissous fin mai 1792 ; mais il reste au service du roi jusqu’au 10 août. Il se retire alors dans sa propriété de Marcigny (71).

le Général Perrin de Précy

C’est là que le 9 juillet 1793, des émissaires venus de Lyon lui demandent de prendre le commandement de l’armée de la ville de Lyon, en rébellion contre la Convention. Précy prend alors toutes les dispositions pour organiser la résistance de la ville au siège qui s’annonce, avec pour l’artillerie le concours de Chénelette. Malgré l’infériorité de ses forces et de ses moyens, sous un bombardement intense, la résistance acharnée de Lyon du 10 août au 8 octobre est une preuve des talents de Précy et de la volonté des Lyonnais. A la tête du dernier escadron de cavalerie disponible, il charge sur la chaussée de Perrache repoussant les soldats conventionnels au delà du pont de la Mulatière (le 29 septembre).

le Général Perrin de Précy

Mais les forces sont trop inégales, la ville est prise. Le 9 octobre au matin, Précy s’échappe de Lyon par Vaise avec 1000 hommes et 200 cavaliers. Talonnés par l’armée conventionnelle et harcelés par la population locale, ils passent par St-Cyr-au-Mont-d’Or, Poleymieux, les Chères, Alix, Theizé, Oingt, jusqu’à St-Romain-de-Popey : presque tous sont massacrés. Précy protégé par ses hommes réussit toutefois à s’échapper et à se cacher à Ste Agathe-en-Donzy pendant 15 mois.

Déguisé en maquignon il parvient à passer en Suisse, puis à Turin en 1795. En 1797 il épouse Jeanne-Marie de Chavannes, une cousine veuve d’un guillotiné de Lyon ; il vit à Vienne jusqu’en 1811, année de son retour en France : il est placé en résidence à Dijon.
En aout 1814 après la Restauration, ce fidèle royaliste fait un retour à Lyon comme commandant de la Garde Nationale urbaine. Pendant les Cent-Jours, il est assigné à résidence surveillée en son domaine de Marcigny, où il se retire et meurt le 25 aout 1820. En septembre 1821 ses restes sont transférés à Lyon au monument commémoratif du Siège de Lyon situé aux Brotteaux rue Vendôme. Ils seront à nouveau transférés en 1906 dans la chapelle actuelle. Le rue au nord de ce monument s’est longtemps appelée rue de Précy (aujourd’hui rue Louis Blanc).
son petit-neveu René Perrin du Lac a écrit sa biographie.