Le Général DUPHOT

Jeudi 5 août 2010 // 5 : REVOLUTION et SIEGE de LYON

Le GENERAL Léonard DUPHOT (1769-1797) :

Né en 1769 à Lyon, fils d’un maître maçon, il est baptisé en la paroisse St Pierre-St Saturnin dans le quartier des Terreaux. Il passe ensuite son enfance au faubourg de la Guillotière, où sa famille s’est installée. Son père, marchand chaudier, sera maire et conseiller municipal de la Guillotière. En 1777 un appui inconnu lui permet d’entrer en pension au collège des oratoriens de Juilly (Seine-et-Marne), où pendant 7 ans il fera de bonnes études. Mais à 16 ans en 1785, il abandonne les études pour s’engager au Régiment de Vermandois en garnison à Montpellier et Béziers, puis en 1788 à Perpignan. Il devient sergent en 1792 et participe avec son régiment (devenu le 61° régiment) à la conquête de la Savoie. En janvier 1793, il entre dans le bataillon des volontaires du Cantal comme chef de bataillon et est envoyé à l’armée des Pyrénées orientales.

Sous Augereau, il participe à la campagne du Roussillon ; en mars 1794 il est adjudant-général chef de bataillon. Duphot est placé en avant-garde commandant un bataillon de chasseurs contre les Espagnols. Il se distingue à la prise de la citadelle Notre-Dame del Roure, où il tue de son sabre un général espagnol et à la prise de Figueres (11/1794). A la paix il est mis en disponibilité en juin 1795 ; il sollicite avec ardeur sa réintégration, qui est acceptée en février 1796.

Il est alors envoyé à Périgueux, d’où il demande sans cesse son transfert à l’armée d’Italie en train de se couvrir de gloire avec Bonaparte. En septembre 1796, il rejoint l’Italie, il est à nouveau placé dans la division Augereau. Duphot est à Arcole et se distingue au combat de Bevilacqua. Bonaparte demande pour lui le grade de Général de Brigade ; il a 27 ans. Toujours en avant-garde, il est ensuite à la prise de Trévise, au passage du Tagliamento ; il passe les Alpes sur les talons des Autrichiens, traverse la Carinthie et arrive en Styrie à Leoben, où l’armistice est signé le 15 avril 1797.

Après un repos bien mérité dans la région de Milan, Bonaparte envoie Duphot à Gènes au mois d’août pour y organiser les troupes de la République ligurienne, où il doit réprimer une tentative d’insurrection. Duphot ne reste qu’un mois à Gènes, mais il a le temps de faire la connaissance et d’être séduit par la jeune Désirée Clary, ex-fiancée de Napoléon et belle-sœur de Joseph Bonaparte, alors ambassadeur auprès du pape à Rome.

Le 12 novembre, Bonaparte octroie à Duphot "un congé de quatre décades pour se rendre à Rome et y vaquer à ses affaires". Il retrouve à Rome sa fiancée et le mariage est décidé pour la fin décembre, mais Duphot y rencontre aussi les partisans locaux des idées républicaines. Le 28 décembre, des révolutionnaires viennent manifester sous les fenêtres de l’ambassade ; Duphot et quelques autres sortent pour s’interposer et dans la confusion qui s’ensuit, les soldats du pape tirent et Duphot est tué. C’est la version officielle, mais certains commentateurs avancent que Duphot avait en fait pris la tête des révolutionnaires, version étayée par le fait qu’il a été tué loin de l’ambassade... Peut-être s’est-il laissé entraîner par sa fougue... Mais conduit-on une révolution la veille de son mariage ?

statue de Duphot
Deux mois plus tard, la mort de Duphot est vengée par la prise de Rome par Berthier, la déportation du pape Pie VI (mort à Valence en 1799) et l’établissement d’une "République Romaine" (février 1798). Quant à son ex-fiancée, Désirée Clary aura un destin exceptionnel : elle épousera par la suite Bernadotte et deviendra Reine de Suède et de Norvège...

Le lyonnais Duphot laisse le souvenir d’un général plein d’ardeur et riche d’avenir disparu trop tôt... Dans le 3ème arrondissement de Lyon, une petite rue perpétue le souvenir de Duphot, ainsi qu’une statue dans le jardin de la Préfecture.

source : Martin BASSE - Le Général Léonard DUPHOT - Berger-Levrault 1908