Les COMBATS de CHASSELAY 19-20 juin 1940

Lundi 6 septembre 2010 // 11 : L’ENTRE-DEUX-GUERRES et la CAMPAGNE de 1940

Les COMBATS de CHASSELAY 19-20 juin 1940 :

A la mi-juin 1940 les forces allemandes foncent vers le sud en direction de la vallée du Rhône. Deux bataillons du 25° RTS (Régiment de Tirailleurs Sénégalais) (1800 hommes), aux ordres du colonel Bouriand, régiment de réservistes de l’Armée des Alpes et renforcés par des éléments d’artillerie sont mis à la disposition du général commandant la 14° Région de Lyon, qui le charge de tenir une ligne de résistance le long des routes nationales 6 et 7 au nord de Lyon. Les tirailleurs et artilleurs sont en poste le 17 juin ; le lendemain la ville de Lyon est déclarée "ville ouverte". Le choc a lieu le 19 juin, les avant-gardes allemandes sont repoussées.

Les allemands bombardent alors avec leur artillerie les points d’appui français : Chasselay, Montluzin, Lissieu défendus par le 1er bataillon du 25° RTS. La résistance des tirailleurs, qui subissent l’épreuve du pour la première fois, est acharnée face à un ennemi supérieur en armement et disposant de chars, en particulier la 3° compagnie. A Montluzin les sœurs du couvent accueillent et soignent les blessés. Le 20 juin à Chasselay soixante tirailleurs épuisés doivent se rendre. Parmi leurs prisonniers, les allemands vont séparer les européens d’avec les africains ; en représailles 48 tirailleurs sont fauchés à la mitrailleuse dans un champ à Chasselay, 18 autres exécutions sommaires ont lieu à Lentilly, d’autres dans les montées Lanessan et Balmont à Lyon (20 exécutés). Les pertes sont de 122 tués, 51 blessés et 1210 disparus. Ci-dessous le panneau du musée relatant ce combat héroïque sans espoir.

Les combats pour l’honneur

Le 16 janvier 1941, le général Frère, gouverneur militaire de Lyon, décore de la croix de guerre sœur Clotilde la supérieure du couvent de Montluzin.

Soeur Clotilde décorée

Après les combats, le secrétaire général des anciens combattants du Rhône M. Marchiani fait rassembler les corps laissés sans sépulture et achète un terrain à Chasselay pour les y faire reposer. Il a l’idée de faire ériger autour des tombes un enclos à l’imitation des enceintes sacrées africaines, les "tata". L’ensemble est inauguré le 8 novembre 1942.

Le "Tata sénégalais" de Chasselay, classé nécropole nationale, est un lieu de commémoration unique en France. Il accueille 196 tombes.

30 juin 1945 les sénégalais devant le tata

Source : Henri Amoretti - Lyon capitale 1940-1944 - France-empire 1964