EMMANUEL-PHILIBERT Duc de SAVOIE

Lundi 11 octobre 2010 // 4 : Des GUERRES d’ITALIE à la REVOLUTION

EMMANUEL-PHILIBERT Duc de SAVOIE dit "Tête de fer" (1528-1580) :

JPEG - 11.5 ko
Charles II duc de Savoie

UN DUC BIEN MALCHANCEUX
Succédant à son demi-frère Philibert II le Beau, Charles II le Bon est le 9ème duc de Savoie pendant 49 ans (1504-1553). Son épouse Béatrice de Portugal, fille du roi Manuel ou Emmanuel de Portugal, est la sœur d’Isabelle femme de Charles-Quint Empereur et roi d’Espagne.
Emmanuel-Philibert de Savoie, né à Chambéry en 1528, est leur deuxième fils ; il est donc le neveu par alliance de Charles-Quint.
En 1536 le Roi de France François Ier fait occuper la Bresse, le Bugey, la Savoie et le Piémont. Il ne reste plus à Charles II que Vercelli (Verceil) où il réside et Nice. Fin 1536 la mort de son frère aîné fait d’Emmanuel-Philibert l’héritier d’un duché amputé de la majeure partie de son territoire. Il grandit à Nice de 1536 à 1543. Le Piémont occupé par les troupes françaises est le théâtre de luttes continuelles contre les troupes impériales : 1541-1544 bataille de Cérisoles et 1551-1559 campagnes du maréchal de Brissac.

L’HÉRITIER HOMME de GUERRE
Emmanuel-Philibert adopte une devise latine qui peut se traduire par : "aux spoliés, il reste les armes" ; il quitte Vercelli en 1545 et va naturellement mettre son épée au service de Charles-Quint, adversaire de François Ier. Dès 1546 - il n’a pas 20 ans - il combat avec les nobles de la maison de l’empereur : batailles de Nordlingen 1546 et de Muhlberg 1547 contre les Protestants d’Allemagne. En 1551 il accompagne en Espagne le fils de Charles-Quint et s’illustre dans la défense de Barcelone, c’est là qu’on lui donne le surnom de "Tête de fer", puis en 1552 il est dans la cavalerie de Charles-Quint qui assiège Metz en vain.

Le DUC VICTORIEUX
En 1553 Emmanuel-Philibert reçoit le commandement des troupes impériales aux Pays-Bas ; au cours de la campagne il prend Hesdin et Doullens en Artois. A la fin de l’année, il devient Duc de Savoie à la mort de son père, mais ne possède plus que le comté de Nice.
Après l’abdication de Charles-Quint (1555), il est nommé gouverneur des Pays-Bas espagnols, remplaçant Marie de Hongrie sœur de l’Empereur. Le duc remporte en 1557 pour son cousin Philippe II d’Espagne la brillante victoire de Saint-Quentin sur l’armée du connétable de Montmorency.
1559 est une année faste pour lui : la France lui restitue enfin ses états au traité de paix de Cateau-Cambrésis et il épouse en juin à Paris Marguerite de France, née en 1523, sœur du Roi Henri II, alors que ce dernier est mourant, ayant été mortellement blessé au cours d’un tournoi. Le duc va à Bruxelles se démettre de son gouvernement des Pays-Bas, puis assiste au sacre du roi François II, avant de rejoindre enfin ses états.

Le SOUVERAIN
La récupération de ses états est progressive : la France garde le droit d’occuper 3 ans cinq garnisons piémontaises, dont Turin et doit démanteler 19 places fortes... Emmanuel-Philibert retrouve ses terres en novembre 1559 à Nice, où il séjourne un an, puis il rejoint Vercelli et fait enfin son entrée à Turin, Chambéry et Annecy en 1563. Pignerol ne sera évacuée qu’en 1574 après le passage à Turin d’Henri III de retour de Pologne. Après plus de 20 ans d’occupation française, il réorganise ses états, restaure les finances et améliore les communications avec Nice. Emmanuel-Philibert gouverne sagement, assurant 20 ans de paix à ses sujets.
Il fait construire ou adapter des forteresses : d’abord la citadelle de Turin et côté Savoie Saint-Maurice à Bourg-en-Bresse, l’Annonciade près de Rumilly et le fort nouveau de Montmélian et des fortifications (Nice et Villefranche sur Mer). Il renforce son armée et crée une petite marine : trois galères savoyardes participent à la bataille de Lépante contre les Turcs (1571).
Malheureusement pour la Savoie, jugeant Chambéry trop près de la frontière, il transfère sa capitale, son administration et ses trésors (dont le Saint-Suaire) à Turin : désormais la maison de Savoie sera préférentiellement tournée vers l’Italie...

JPEG - 19.9 ko
Signature d’Emmanuel-Philibert

Avec Emmanuel-Philibert, la maison de Savoie a de nouveau bénéficié d’un grand homme d’état et d’un grand stratège. Sa statue équestre en bronze orne la place centrale de Turin.
Son fils unique et successeur Charles-Emmanuel Ier mènera une politique plus hasardeuse envers la France, qui lui fera perdre la Bresse et le Bugey au traité de Lyon (1601).

dernière modification 05/2017