CHENELETTE, l’artilleur du siège de Lyon

Lundi 27 décembre 2010 // 5 : REVOLUTION et SIEGE de LYON

Jean-Baptiste AGNIEL de CHENELETTE (1739-1823) :

Pierre Agniel, originaire d’Uzès, drapier, échevin de Lyon en 1724, acquiert la seigneurie de Chénelette en 1740. Chénelette est une commune du Rhône située entre Beaujeu et les Echarmeaux. Son petit-fils Jean-Baptiste Agniel de Chenelette entreprend une carrière militaire. Il est lieutenant colonel d’artillerie et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, quand il met fin à sa carrière militaire en 1791, ce qui lui vaut la réputation d’être royaliste.

En juillet 1793 lorsque Lyon est déclarée "ville rebelle", il reprend du service au coté de Perrin de Précy pour la défense de la ville contre l’armée de la Convention.
Il fait édifier autour de la ville un ensemble de défenses échelonnées en profondeur, composées de bastions d’artillerie et de maisons fortifiées, soit isolées, soit reliées par des tranchées. Le plateau de la Croix-rousse est très vulnérable : Chénelette y installe trois lignes de défense : la première ligne du cimetière de Cuire à l’Oratoire, la deuxième du cimetière de la Croix-Rousse à la montée de la Boucle et la troisième sur les fortifications existantes et bien garnies de canons. Seules les deux premières lignes seront prises après des combats acharnés. Il édifie également une redoute à l’est du pont Morand : le 29 septembre bien défendue par Chénelette, la redoute qui porte son nom est prise et reprise quatre fois.

Tous ces efforts ne peuvent empêcher la prise de la ville le 9 octobre. Chénelette n’est pas cité parmi les participants à la sortie des défenseurs ce jour-là. Il est plus probable que pour sauver sa tête, il ait réussi à quitter la ville discrètement sans être arrêté. Car il est ensuite assuré qu’il se soit caché en 1793-1794, d’abord sur la rive droite de la Saône, puis ensuite dans la vallée de l’Azergues. Plusieurs dénonciations à la section Saône semblent en apporter la preuve.

Sous l’Empire, Jean-Baptiste de Chénelette fait partie des listes des notables fidèles au Régime établies par les préfets . Il est conseiller Général du Rhône et maire de Chénelette. Il décède sur ses terres à Chénelette en 1823. Il avait épousé en 1787 Charlotte-Françoise de Ferrary et eu un fils en 1797 : sa descendance masculine s’est éteinte en 1927.