Le Général DEGOUTTE

Lundi 28 mars 2011 // 10 : La GRANDE GUERRE 1914-1918

Le GENERAL Jean-Marie DEGOUTTE (1866-1938) :

Fils d’agriculteur, Jean-Marie-Joseph Degoutte naît à Charnay en Beaujolais. Pensionnaire au lycée de Bourg-en-Bresse, il est un élève brillant. En1887 il s’engage au 30° Régiment d’Artillerie, où le colonel le fait entrer à Saint-Cyr en 1888 (promotion "Grand Triomphe").

La CARRIERE COLONIALE :
Degoutte choisit la Coloniale, il sert 4 ans au 4ème zouaves en Tunisie. Volontaire pour l’expédition de Madagascar, sa candidature n’est pas retenue : contournant sa hiérarchie, il prend alors 6 mois de congé sans solde, apprend le malgache et rejoint l’île à bord d’un paquebot civil. Quand les troupes françaises débarquent à Madagascar (avril 1895), il offre ses services au général Duchesne, qui le met aux arrêts. Degoutte est sauvé par le colonel Bailloud, responsable des étapes, qui obtient de conserver ce jeune lieutenant connaissant le malgache, qui participe efficacement à la campagne. En 1896, il rejoint son corps en Tunisie, puis nommé capitaine, il est affecté au 21° RI pour préparer l’Ecole de Guerre, où il est reçu en 1899.

Degoutte est à l’Ecole de Guerre, quand Bailloud devenu général le réclame pour participer au corps expéditionnaire de Chine (guerre des Boxers) où il se distingue, cité 2 fois à l’ordre du corps. En 1902 il réintègre l’Ecole de Guerre pour terminer son cursus ; il y suit les enseignements de Foch et de Pétain. Le capitaine Degoutte renforce son enracinement régional en épousant Eléonore Péguet originaire de Miribel (01). En 1905 il est à Alger dans l’Etat-major du Général Bailloud. Commandant en 1906, il est affecté au 112° RI à Antibes. Il est de retour à l’Etat-major du 19° Corps à Alger en 1909. En 1911 il est à nouveau avec le Général Bailloud comme organisateur des étapes du corps expéditionnaire au Maroc ; il y reste en 1912. Promu lieutenant-colonel, il rentre en France et suit l’enseignement du Centre des Hautes Etudes d’Etat-major. En 1914 il est nommé chef d’état-major du 4° corps d’Armée.

La GRANDE GUERRE :
Le 4° CA avec Degoutte vient renforcer la VI° armée de Maunoury et participe à la bataille de la Marne ; Degoutte se distingue par son sang-froid en ces heures difficiles ; il est promu colonel. En 1915 le 4° CA passe à la IV° armée qui effectue pendant toute l’année de coûteuses offensives pour des gains minimes ; Degoutte est cité à l’ordre du CA. Début 1916 il est nommé chef d’Etat-major de la IV° armée alors commandée par le Général Gouraud et promu général de brigade. En août 1916 il est nommé au commandement de la Division Marocaine. Sa division s’illustre en avril 1917 à Moronvilliers en Champagne ; elle participe en août avec succès à la deuxième bataille de Verdun.


Degoutte est promu général de division ; il prend le commandement du 21° CA qui participe à l’offensive de la Malmaison. En mai 1918 son CA s’oppose à l’avance allemande sur l’Aisne ; en juin Degoutte est nommé commandant de la VI° armée. En juillet il enraye l’attaque allemande sur la Marne et passe à l’offensive. En septembre 1918 Degoutte devient Major-général du groupe d’Armées des Flandres auprès du Roi des Belges ; il conduit une offensive dans les Flandres qui repousse les Allemands, qui se poursuit en octobre : la côte belge est libérée. L’armistice est signé le 11 novembre ; Degoutte reprend le commandement de la VI° Armée. Les troupes françaises vont occuper la rive gauche du Rhin.

L’OCCUPATION en ALLEMAGNE et le CONSEIL SUPERIEUR de GUERRE :

En octobre 1919, le général Degoutte est nommé par Foch commandant de l’Armée du Rhin et également nommé au Conseil Supérieur de la Guerre. Il s’installe au château de Mayence. Degoutte est partisan de l’occupation complète de la Ruhr pour forcer l’Allemagne à honorer ses engagements. L’occupation de la Ruhr a lieu en janvier 1923 ; la France brise la résistance des allemands. Mais en 1924 avec le plan Dawes, la France doit évacuer la Ruhr ; Degoutte qui n’approuve pas cette décision demande à être relevé de son commandement. Il est alors un membre du Conseil Supérieur de la Guerre, où il se consacre à la réorganisation de la défense de la frontière des Alpes. Le général Degoutte quitte la vie militaire en 1931 à 65 ans. Il meurt à Charnay en octobre 1938 : ce grand chef, ce meneur d’hommes est enterré à Miribel.

Source : Gazette du Musée n°67 (2004)