La Révolution en Savoie

LA SAVOIE PENDANT LA RÉVOLUTION 1792-1800

L’OCCUPATION de la SAVOIE 1792
Le 20 avril 1792 l’Assemblée Législative déclare la Guerre à l’Autriche et à ses alliés. Le roi de Piémont-Sardaigne et duc de Savoie Victor-Amédée III tente de rester neutre, mais il est soupçonné de connivence avec l’Autriche.

Le général de Montesquiou

Le commandant de l’armée du midi est le lieutenant-général ex-marquis de Montesquiou. Malgré de grandes difficultés pour réunir et équiper ses troupes, son dispositif est cohérent début septembre. Il reçoit le feu vert de Paris et dans la nuit du 21 au 22 septembre (premier jour de la République) ses troupes entrent en Savoie par Chapareillan. Les maigres troupes de Victor-Amédée ne sont pas en en état de résister et se replient sur les cols. La Savoie est facilement conquise et dès la fin du mois; Montesquiou a ordre de se tourner vers Genève. Il vient s’établir sur la frontière et préfère négocier. La Convention le met en accusation en novembre et il s’échappe en Suisse. Genève bénéficie d’un sursis. Montesquiou est remplacé par le général Kellermann, le vainqueur de Valmy qui rejoint la Savoie vers Noël.
Entre temps réunis en la cathédrale de Chambéry, une assemblée de notables, bien manipulée par quelques fervents révolutionnaires, finit par solliciter de « faire partie de la nation française ». Cette réunion est votée par la Convention les 19 et 27 novembre : la Savoie devient le département du Mont-Blanc.

L’entrée des français à Chambéry

1793 NOUVEAU RÉGIME et CONTRE-OFFENSIVE
Le nouveau régime se met en place ; il impose dès février 1793 le serment constitutionnel au clergé, ce qui cause une grande émotion populaire. La levée de volontaires suscite beaucoup de réfractaires. La répression contre les réfractaires et les prêtres non-jureurs commence. Kellermann réorganise au mieux son armée qui manque de souliers et de fusils.
Malgré la menace d’une contre-offensive piémontaise, Kellermann est envoyé début août commander le siège de Lyon. Les piémontais en profitent pour passer les cols et s’avancent jusqu’à Cluses, Moutiers, St-Jean-de-Maurienne. La contre-révolution triomphe dans les vallées libérées. Devant le danger, le 19 septembre Kellermann est écarté du siège de Lyon et renvoyé à l’armée des Alpes. Dans la « ci-devant Savoye » il mène habilement la contre-offensive : les piémontais sont repoussés sur les cols, malgré de durs combats en Maurienne. Kellermann est ensuite démis de ses fonctions et arrêté comme suspect. C’est le temps de la Terreur.

Le département du Mont-Blanc 1793

1794 La TERREUR
Avec Albitte le « Robespierre savoyard » représentant zélé de la Convention, le régime révolutionnaire va alors s’appliquer dans toute sa rigueur : le calendrier républicain est imposé, les prêtres doivent abjurer sous peine d’être déportés, les églises sont fermées et vidées, les cloches fondues et près de 800 clochers abattus, les nobles emprisonnés : les prisons sont pleines… Toutefois la guillotine n’arriva pas jusqu’en Savoie, il n’y eut pas d’exécution politique, excepté 3 prêtres insoumis.
Sur le plan militaire le général Dumas conduit une difficile offensive de printemps pour venir occuper les grands cols du Mont-Cenis et du Petit-Saint-Bernard et la ligne des crêtes alpines.

1795-1796 DÉBUT du DIRECTOIRE
La chute de Robespierre amène une certaine détente : les prisons s’ouvrent, des prêtres et des nobles réapparaissent. Le culte catholique se rétablit progressivement et l’esprit contre-révolutionnaire se développe. Kellermann libéré est de retour en mars 1795 au commandement de l’armée d’Italie et de celle des Alpes, pour ne garder en septembre que celle des Alpes.

Victor-Amédée III

En mars 1796 Bonaparte prend le commandement de l’armée d’Italie et passe à l’attaque. Un mois plus tard, Victor-Amédée III battu plusieurs fois doit négocier un armistice à Cherasco (mai 1795). Il reconnait à la France la possession de la Savoie et Nice et doit accepter l’occupation du Piémont : il meurt de chagrin quelques mois plus tard. Son successeur Charles-Emmanuel IV sera contraint fin 1798 de quitter Turin et de se réfugier en Sardaigne.

1797-1798 Le DIRECTOIRE
En septembre 1797 le coup d’état de fructidor annule les élections et rétablit la rigueur républicaine. À nouveau l’administration est épurée, les prêtres réfractaires, les insoumis, les émigrés sont traqués. 70 prêtres sont déportés. La résistance se manifeste par une agitation sporadique : manifestations, émeutes… Toute une violence diffuse qui va jusqu’à l’incendie du château de Chambéry en décembre 1798. La mise en vente des biens nationaux commencée en juin 1796 lie définitivement au régime républicain une minorité de bourgeois et de spéculateurs, qui accaparent les richesses. La ville d’Annecy supporte mal la tutelle de Chambéry. En août 1798 est créé le nouveau département du Léman, avec pour chef-lieu Genève annexée en avril, mais Annecy reste dans le département du Mont-Blanc.

1798 le partage en 2 départements

1799-1800 Du DIRECTOIRE au CONSULAT
Au printemps de 1799 les armées françaises en Italie commandées par Schérer puis Moreau reculent devant les coalisés austro-russes commandés par Souvaroff. La Lombardie puis le Piémont sont perdus. Des cosaques apparaissent sur la frontière. Le général Championnet nommé à la tête d’une nouvelle armée des Alpes envoie des colonnes de contre-attaque par tous les grands cols, tandis qu’en Italie Joubert est tué à la bataille de Novi. Championnet prend ensuite le commandement en Italie, alors que les russes passent en Suisse, où ils seront battus 2 fois par Masséna (batailles de Zürich et du St-Gothard). Championnet recule toutefois devant les autrichiens.
Entre temps le général Bonaparte revenu d’Egypte avait pris le pouvoir à Paris (coup d’état du 18 brumaire 9/11/1799) et était devenu Premier Consul. Il remplace Championnet par Masséna au commandement de l’armée d’Italie (12/1799).
Le nouveau régime va réorganiser le pays, avec un redécoupage des départements : le Faucigny passe entièrement au département du Léman en février 1800, ce qui fait que le Mont-Blanc n’est plus dans le département du même nom…
Début avril les autrichiens passent le col du Mont-Cenis, mais leur tentative est vite repoussée. Il faut attendre le mois de juin et l’entrée en campagne de Bonaparte, avec la victoire de Marengo pour que le Piémont et la Lombardie soient à nouveau occupés par la France.

1800 les deux départements remaniés

De 1800 à 1814 du Consulat à l’Empire, la situation de la Savoie est stabilisée. Les péripéties militaires se dérouleront alors loin de son territoire. La guerre fera son retour en 1814 avec la chute de l’Empire et le retour de la Maison de Savoie.

Article de 2017 – Sources : A.Doumenc – mémorial de la terre de France : Savoie Dauphiné Provence – Arthaud 1944 / A. Palluel-Guillard & col. – la Savoie de la Révolution à nos jours – Ouest-France 1986

La Chimie de Guerre

L’INDUSTRIE CHIMIQUE de GUERRE dans la REGION 1914-1918 :

En 1914, dès les premiers mois de la Grande Guerre, la consommation des obus d’artillerie est énorme et l’industrie peine à y faire face, mais fabriquer des obus implique en amont la production de poudre et d’explosifs. L’industrie chimique de notre Région va alors jouer un rôle essentiel dans la production des matières premières nécessaires ; essentiellement le phénol pour les explosifs, l’acétate de cellulose pour l’aéronautique et enfin les « gaz de combat ».

Les sites importants de l’industrie chimique

Les EXPLOSIFS 
Dès le début de septembre 1914, une pénurie d’explosifs est redoutée. A Saint-Fons la Société Chimique des Usines du Rhône ne produit que quelques kilogrammes de phénol par jour. Les usines du nord de la France étant perdues, c’est une production de masse qu’il faut organiser. En novembre le chimiste Joseph Koetschet et l’ingénieur Nicolas Grillet réussissent à passer à 4 tonnes par jour, puis en février 1915 à 40 t/j. Une nouvelle usine est ouverte à Roussillon (38) qui permet d’atteindre 70 t/j, puis 120 t/j en octobre 1915.

Usines du Rhône à Saint-Fons

Ce phénol est utilisé pour la fabrication de la mélinite (trinitrophénol-acide picrique) à Feyzin et de tolite et de nitro-naphtalène à Neuville-sur-Saône usine ex-filiale de la BASF allemande (Badische Anilin und Soda Fabrik). Cette usine explose le 14 février 1915 faisant au moins 11 victimes, plus de 50 blessés et laissant un trou énorme.

Porte de l’usine de Neuville

Malgré cela en 1917, la chimie de Lyon fournit 80% des besoins de la guerre : le parc d’artillerie de Lyon chargeait 25000 obus/jour et l’arsenal de Vénissieux 30000: ce dernier est le théâtre d’une grave explosion en octobre 1918.

Arsenal de Vénissieux

L’ACETATE de CELLULOSE 
Les usines de Saint-Fons fabriquent plus de 6000 tonnes de ce vernis ininflammable utilisé en aéronautique militaire par les alliés.

Parc d’artillerie fusion de la mélinite

Les « GAZ de COMBAT » 
La Grande Guerre a largement fait appel à la guerre chimique. Elle est inaugurée par les allemands le 22 avril 1915 par une attaque au chlore, un gaz suffocant. Dès lors il faut pouvoir répliquer. A la demande du ministère, l’industriel lyonnais Edmond Gillet réunit ses homologues et des financiers pour créer la Société du Chlore Liquide. Une usine est aménagée au Pont-de-Claix (Isère) ; elle utilise l’électrolyse du sel marin. Le service militaire des poudres installe à proximité un atelier de chargement des obus avec le chlore. D’autres usines à Jarrie (38) Prémont et Pomblière (73) fabriquent également du chlore et ses dérivés comme le phosgène, autre gaz suffocant utilisé en 1916.

Usine de chlore de Pont-de-Claix


En juillet 1917, les allemands introduisent l’ypérite (gaz moutarde), toxique vésicant. Ce sont les Usines du Rhône qui vont en fabriquer dans leur usine de Roussillon, où le toxique est chargé dans les obus jusqu’à l’armistice. Vingt tonnes de ce toxique redoutable sont produites par jour à Roussillon en 1918 par une main d’oeuvre majoritairement féminine.


Les ouvrières de l’usine de Roussillon

Article de 2011 – Dernière modification 09/2021
Documents : professeur Michel Laferrère / BML / Roland Racine – Lyon 14-18 – Sutton 2015

Libération de l’Est Lyonnais

COMBATS et LIBÉRATION de L’EST-LYONNAIS août 1944

Du 20 au 28 juillet 1944 l’opération des troupes allemandes contre les maquis retranchés dans le massif du Vercors fait subir de lourdes pertes à la Résistance. Celle-ci est théoriquement unifiée : Alban-Vistel est nommé le 15 juillet chef unique civil et militaire de la région ; son chef d’état-major est le colonel Descour qui exerce déjà le commandement militaire en Isère et Drôme. Cette équipe sera efficace à l’est, mais son autorité sera contestée à l’ouest du Rhône.

CRÉATION du GROUPEMENT CHABERT

Huet (à gauche) et Bousquet

Après le drame du Vercors, il est clair que les résistants doivent être réorganisés en formations plus mobiles tournées vers l’offensive. D’où la constitution du Groupement Chabert. « Chabert » est le commandant René Bousquet résistant dans l’ORA, adjoint du Cdt Huet au Vercors, qui après les combats regroupe une compagnie dans une forêt à l’ouest du plateau. Le débarquement des Alliés en Provence le 15 août ouvre un nouveau front et la situation ne permet plus à la Wehrmacht d’occuper le terrain. Cela permet à Bousquet de faire descendre ses hommes dans la plaine dans la région de Tullins – Chambaran. C’est là que sur ordre de Descour il va constituer son Groupement formé de 3 bataillons:

Le bataillon de Chambaran
C’est un groupe de résistants implantés dans le triangle de Chambaran, créé par un médecin le docteur Valois et commandé par René Marriotte.
Le bataillon de Chartreuse
Formé en juillet 44 par le regroupement de différents maquis du massif de Chartreuse, il est aux ordres du commandant Robert de Loisy.
Le 6° Bataillon de Chasseurs Alpins (6°BCA) du commandant Roland Costa de Beauregard Durieux. Cette unité de l’armée d’Armistice était passée à la Résistance. Dans les combats du Vercors après avoir lutté, elle échappe à la destruction en se regroupant dans une forêt au nord du massif, qu’elle quitte ensuite pour se réorganiser dans le secteur de la Côte-St-André Beaurepaire.

5/09/44 le Cdt de Loisy saluant le Gal De Lattre – le Cdt Huet à droite du général

Le PASSAGE à L’OFFENSIVE 18-23 août
À partir du 18 août les allemands se replient. L’unité qui a mené l’assaut du Vercors la 157° DI allemande se replie sur les cols des Alpes, alors que les unités territoriales doivent se replier sur Lyon en empruntant la RN85 Grenoble – Bourgoin. Sur cet itinéraire le col du Banchet est favorable aux embuscades. Le 18 août une colonne de véhicules allemands venant de Lyon est attaquée ; elle sera à nouveau harcelée à son retour par le bataillon de Chartreuse, puis par le bataillon de Chambaran. Le 6° BCA lance des reconnaissances en direction de Vienne. D’autres attaques de convois auront lieu jusqu’au 23, date de la prise de Bourgoin par les résistants du nord-Isère.

Carte de l’est-Lyonnais

L’APPROCHE de LYON
Bousquet établit alors son PC à Bourgoin et fait avancer son groupement dans la plaine de l’Isère : le 24 le bataillon de Chartreuse est à Crémieu puis Pont-de-Chéruy, le 27 le bataillon de Chambaran à la Verpillière, le 28 à Grenay et St-Bonnet-de-Mure. Là ils se heurtent à une unité de Panzergrenadieren allemande en couverture de Lyon ; les maquisards refluent dans la plaine en terrain découvert, ils perdent 35 tués (bat. de Chambaran et secteur de Bourgoin).
Au même moment plus au nord une unité d’avant-garde américaine est venue occuper le pont de Loyettes sur le Rhône et la bataillon de Chartreuse tient Pont-de-Chéruy, alors que l’unité mécanisée allemande remonte en direction du pont de Loyettes. C’est alors que le 31 août un bataillon FTP « Henri Barbusse » formé d’éléments venus de Villeurbanne et de Savoie marche imprudemment à la rencontre des allemands, malgré les mises en garde du commandant de Loisy. Le choc a lieu à Pusignan faisant 23 tués parmi les maquisards FTP. Le 31 au soir les allemands sont à Pont-de-Chéruy ; ils vont être contenus le 1er septembre par l’artillerie américaine, alors qu’au nord du Rhône la bataille de Meximieux fait rage. Les allemands n’ont pu atteindre le pont et se replient sur Lyon qu’ils traversent en direction du nord.

La MARCHE sur LYON
Le 1er septembre Descour rejoint Bousquet au PC de Bourgoin. La voie est alors libre pour marcher sur Lyon. Le 2 septembre au matin alors que les allemands commencent à faire sauter les ponts de Lyon , le groupement Chabert se met en route.
Au nord le bataillon de Chartreuse passe à Meyzieu, est à Décines vers 14h et par Villeurbanne se déploie dans le 6ème arrondissement. Au centre le bataillon de Chambaran arrive à Bron vers midi, trouve la base vide et sur continue dans Lyon jusqu’au Rhône et occupe le quartier de la Préfecture vers 16h. Alban-Vistel et Yves Farge commissaire de la République peuvent entrer à la Préfecture avec Descour et Bousquet, alors que le bâtiment est encore la cible de quelques tirs venus de la rive droite. Le 6° BCA remonte la vallée du Rhône, passe à Vienne, passe la nuit à Feyzin et arrive dans le 7° arrondissement le 3 vers 7h.

14/09/44 Le Gal De Gaulle décore le fanion du bataillon de Chambaran

Le RÔLE des AMÉRICAINS
Le soir du 1er septembre 2 unités de la 36°USID se sont approchées de Lyon de Meyzieu à Corbas. Elles pouvaient facilement être à Lyon le lendemain, mais le commandement américain préfère en laisser l’honneur au forces françaises. Donc le 2 septembre les unités américaines s’avancent jusqu’aux limites sud et est de la ville, se contentant d’envoyer des reconnaissances à la périphérie de Lyon ; l’une de ces patrouilles atteindra le Rhône vers 17h au pont Galliéni (détruit) et échangera des tirs avec les derniers allemands restés dans le quartier de Perrache.

LYON LIBÉRÉE
Au matin du 3 septembre des éléments de la 1ère DFL du général Brosset font leur entrée dans la ville confirmant la Libération de Lyon.

Article de 2015 – Source : François Lescel – Objectif Lyon – DG communication -2004

Le 13° BCA

Le 13ème BATAILLON de CHASSEURS ALPINS de CHAMBÉRY

En novembre 1853 un décret décide la création de 10 nouveaux bataillons de Chasseurs à pied (du 11° au 20° BCP) et parmi eux le 13° BCP formé en janvier 1854 à Besançon.
Envoyé en Algérie, il participe en 1857 à la pacification de la Kabylie et en 1860 est engagé aux confins du Maroc.
De retour en France, il passe dans de nombreuses garnisons : Auxonne, Chalons, Toulouse, Besançon, Vincennes, Paris, Metz et Strasbourg.

Pendant la guerre de 1870, il est décimé à Frœschwiller : le reste du bataillon forme une compagnie qui se battra à Bazeilles.
En avril 1871 il est reconstitué à Tours, puis va tenir garnison à Besançon, Embrun, Mont-Dauphin et enfin s’établit en 1882 à Chambéry qui est encore sa garnison actuelle. En 1888 il fait partie des 12 bataillons qui deviennent « Alpins » (BACP). Voir la création des troupes alpines.

L’entrée de la caserne de Chambéry
Equipages muletiers du 13

Pendant la Grande Guerre dans le 14° corps d’armée, le 13° BACP est engagé en août 1914 en Alsace, où son chef de corps le Cdt Verlet-Hanus est tué. Ce brillant officier s’était distingué avec la mission Foureau-Lamy au Tchad et dans la pacification du Maroc. Il a donné son nom à la caserne de Chambéry et à une rue de Lyon.
En 1915 le bataillon combat dans les Vosges (Hartmannswillerkopf), puis en juillet 1916 sur la Somme.

Chasseurs du 13 en 1917

Après un hiver passé dans les Vosges, le 13 est en 1917 au chemin de Dames, avant de partir en novembre pour l’Italie. En avril 1918 retour sur le front des Flandres, puis en Champagne et enfin en Picardie. Il obtient 7 citations et reçoit la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire. Il est devenu officiellement Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) en 1916.
Après l’armistice, il participe à l’occupation en Rhénanie, puis en Haute-Silésie jusqu’en juillet 1922 (garnisons à Oppeln puis Gross-Strelitz).

De retour à Chambéry le 13°BCA est envoyé dans la Ruhr en 1923 et en Tunisie en 1924.

A la mobilisation de 1939 il est en Alsace. En 1940 participe à l’expédition de Norvège (bataille de Namsos) puis à la résistance sur la Somme, où son héroïsme lui vaut une citation à l’ordre de l’armée. Le bataillon fait ensuite partie de l’Armée d’Armistice. Il est dissout en novembre 1942 après l’invasion de la zone sud par les allemands. Beaucoup de cadres et de chasseurs rejoignent alors la Résistance.

Le 13° BCA place Bellecour en 1941

A la Libération les bataillons FFI de Savoie et de Tarentaise sont fusionnés pour reconstituer un bataillon, qui reprend le n°13 le 1er janvier 1945. Il participe à la campagne des Alpes de mars avril 1945 en Tarentaise et en Maurienne, où il se distingue au Roc Noir, position clé du col du Petit-St-Bernard qu’il prend après 16 jours de combat menés à plus de 2000 m d’altitude, au prix de 40 morts et 60 blessés, ce qui vaut une 9ème citation.

La SES du 13° BCA à Chambéry en 1945 (Béraud)
Insigne du 13° BCA

Après 7 ans d’occupation en Autriche, il revient à Chambéry et est transformé en centre d’instruction. En février 1963 il est reconstitué par fusion du centre d’instruction avec le 15°BCA qui rentre d’Algérie. Il fait partie de la 27°DIM (Division d’Infanterie de Montagne), depuis 1999 réduite à une brigade (27°BIM).

En juin 1980, il quitte le quartier Verlet-Hanus pour s’installer à Barby dans la banlieue de Chambéry dans un nouveau quartier baptisé « Roc Noir ». A partir des années 1980, le bataillon va participer à de nombreuses opérations extérieures : Liban, Bosnie, Kosovo, Côte d’Ivoire.
En mai 2004 le bataillon a fêté ses 150 ans de présence à Chambéry. Ses missions le conduisent ensuite en Afghanistan, où 3 tués sont à déplorer. Depuis une partie du bataillon a participé à l’opération Sangaris en Centre-Afrique (2014), à l’opération Barkhane au Mali (2017, 2021).

Sa devise est « Sans peur et sans reproche ». L’insigne du bataillon reprend le blason de Chambéry (croix de Savoie avec une étoile).

Article de 2014 – Dernière modification 10/2026

La Caserne de Serin

Le GRENIER D’ABONDANCE ou CASERNE DE SERIN à LYON 

Ce majestueux bâtiment de 130 m de long et de 18 m de largeur, avec un corps central surmonté d’un fronton triangulaire, est situé à Lyon sur la rive gauche de la Saône, quai Saint-Vincent, au pied de la falaise rocheuse de la Croix-Rousse. Il est mitoyen du côté nord avec le fort Saint-Jean, bastion de l’enceinte de la Croix-Rousse. Au pied du fort se trouvait la porte de la ville au XVII° siècle, qui ouvrait au nord sur le faubourg de Serin.

La Caserne de Serin

Du « GRENIER D’ABONDANCE » à la « CASERNE de SERIN »

Le bâtiment est construit de 1722 à 1728 sur les plans de l’architecte Bertaud de la Vaure pour stocker le blé nécessaire à l’alimentation de la ville de Lyon, soit 60000 hl, d’où le nom de Grenier d’Abondance. Son architecture est très fonctionnelle et l’escalier central est remarquable. Le fronton de l’édifice porte des cornes d’abondance.

Le fronton aux cornes d’abondance


Cette première destination ne durera qu’une trentaine d’années, car dès 1763, l’Edit de libre circulation des grains le rend inutile. En 1777 le bâtiment devient une emprise militaire, la seule de Lyon, pour loger les compagnies suisses. A la Révolution le rôle militaire du bâtiment demeure sous le nom de « Caserne de Serin« .

HISTOIRE DE LA CASERNE

Un décret impérial de 1810 transfère aux villes la propriété de certains bâtiments militaires, dont  » le grand Quartier de Serin pour l’infanterie, y compris la partie de dernier bâtiment qui sert de manutention ou de magasin de vivres ». Dès 1810 une partie servait donc de stockage. Cela sera confirmé en 1829: la caserne abrite les subsistances militaires, transférées en 1840 à l’ex-couvent Ste Marie aux Chaînes proche, qui devient alors les « Subsistances » . Le quartier de Serin est à nouveau une caserne qui abrite 1260 hommes en 1864 et 750 hommes en 1886. Diverses unités d’infanterie s’y succèdent (…52° RI, 157° RI, 5° RIC…) et enfin la Gendarmerie jusqu’en 1987.
L’histoire d’une caserne au XIX° siècle est complexe, car souvent le régiment qui l’occupait n’y revient pas après les manœuvres d’été et intègre une autre caserne. Ainsi deux bataillons du 52° RI y séjournent en 1885-86, avant le 157°RI, dont nous allons parler plus longuement.

Le 157ème RÉGIMENT D’INFANTERIE

Une loi de 1887 crée 18 régiments d’Infanterie (RI) supplémentaires, formés de bataillons prélevés sur 54 autres régiments, soit 18 nouveaux régiments à 3 bataillons. Le recrutement de ces unités devait se faire sur leur région d’implantation, d’où leur nom de « régiments régionaux« . Parmi ces nouvelles unités, les 157°, 158° et 159° RI vont être orientés vers la défense des Alpes. Les 157° et 158° basés à Lyon doivent fournir un ou deux bataillons en poste en montagne. Le 157° d’Infanterie est créé le 1er octobre 1887 : le 1er bataillon est logé à Modane, le 2° au camp de Sathonay et le 3° à Lyon. A l’été 1888 tout le régiment se regroupe à Briançon pour des manœuvres. Les 1° et 3° bataillons reviennent à Lyon à la caserne de Serin et au fort Saint-Jean et le 2° va s’établir au fort de Tournoux en Ubaye en amont de Barcelonnette (04).

Carte envoyée par un Engagé Volontaire du 157° RI

En 1890 les 157° et 158° sont réunis en une brigade la « Brigade Régionale de Lyon » commandée par le général Zédé, futur gouverneur militaire de Lyon. Le 159° RI est très vite affecté à Briançon, il sera appelé le « Régiment de la Neige ». Ces 2 régiments participent en 1891 aux travaux des routes stratégiques des Alpes (col de Vars…).

La cour avec le fort St-Jean et le rocher


Le 157° forme en 1891 un 4ème bataillon destiné à s’établir à Jausiers en Ubaye entre Barcelonnette et le fort Tournoux. Le 157° RI va conserver ce dispositif jusqu’en 1913 : 2 bataillons à Lyon à la caserne de Serin, 2 bataillons en Ubaye. En 1906 les 1° et 4° Bat. sont à Lyon, le 2° au Fort-Tournoux et le 3° à Jausiers. La photo ci-dessous est prise dans la cour devant la falaise. Le 157 utilise l’esplanade du Clos-Jouve à la Croix-Rousse comme terrain d’exercice.

1906 : Le drapeau et sa garde à Lyon

En 1913 la brigade régionale de Lyon est dissoute, le 157° d’Infanterie est déplacé à Gap. Puis c’est la Grande Guerre : après 3 ans sur le front de France, le 157 est débarqué en janvier 1917 à Salonique, où il va participer à la campagne de l’Armée d’Orient. Au moment de l’Armistice, il est en Hongrie sur les bords du Danube, où il reste jusqu’en août 1919. Il revient en France pour y être dissous à la fin de l’année.

Le 5ème RÉGIMENT d’INFANTERIE COLONIALE

Après les grandes manœuvres de 1913, ce régiment d’infanterie coloniale (RIC), créé en 1890, composé de recrues de la métropole effectuant leur service, arrive à Lyon en octobre 1913 et s’installe à la caserne de Serin libérée par le départ du 157°. Moins d’un an après le régiment part au front. Il doit revenir à la caserne de Serin à la fin de la guerre, car il y est présent en 1922 et il y est dissout en 1924.

La DRAC RHÔNE-ALPES

Le bâtiment libéré par la Gendarmerie en 1987 est affecté au ministère de la Culture, qui fait appel aux architectes Valode et Pistre pour rénover et adapter les locaux à leur nouvelle destination dans le respect de la structure de cet édifice historique. La Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) de la région Rhône-Alpes s’y installe en 1993, ainsi que la classe de danse du Conservatoire de Musique.

La DRAC en 2010

Notre histoire militaire du bâtiment est incomplète et difficile à reconstituer. Quand la Gendarmerie s’y est-elle installée ? Si un visiteur de ce site peut nous aider à la compléter, qu’il nous contacte par le mail museemilitairelyon@hotmail.fr ; son apport sera le bienvenu.

La cour en 2012 avec le fort Saint-Jean

Article de 2012 Dernière modification 01/2023
Sources : le 157° régiment d’Infanterie – historique – Lyon 1892 / album photographique – A.Gelly 1906

Le Royaume de Bourgogne

Le ROYAUME de BOURGOGNE – PROVENCE 888-1032 :

Le TRAITÉ DE VERDUN
L’an 840… À la mort de Louis le Débonnaire, successeur de Charlemagne, ses 3 fils se déchirent pour la succession, qu’ils se partagent au traité de Verdun (843) :
- à Charles le Chauve la partie occidentale qui va former le royaume de France
- à Louis le germanique la partie orientale qui sera l’Allemagne
- à Lothaire la zone intermédiaire de la mer du Nord à l’Italie.
Dans notre région, le Lyonnais-Forez et le Vivarais font partie de ce royaume, qui n’est pas viable ; de plus la descendance mâle de Lothaire s’éteint dès 875. Dans cet espace entre les royaumes carolingiens, où le pouvoir s’affaiblit également, la place est libre pour l’émergence de nouvelles principautés.

Partage au traité de Verdun

Ce sont des princes apparentés aux carolingiens qui vont être élus par l’aristocratie régionale.
En 879 Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonde un royaume de Provence, de Lyon à la mer, capitale Vienne, qui par des luttes incessantes va s’étendre au royaume d’Italie.

Les DÉBUTS DU ROYAUME DE BOURGOGNE
De même en 888 Rodolphe Ier, fils de Conrad d’Auxerre, de la famille des Welf de Bavière est élu roi de Bourgogne transjurane (ouest de la Suisse -nord de la Savoie et du Piémont, centré sur le lac Léman) en l’abbaye de St-Maurice d’Agaune (Valais), qui sera la résidence royale de la dynastie avec Genève et Besançon. Les premiers « Rodolphiens », (Rodolphe Ier +912, Rodolphe II + 937) étendent leur territoire vers l’ouest (Franche-Comté) et visent aussi le royaume d’Italie. Leurs possessions sont en permanence menacées par des envahisseurs : les hongrois atteignent la Bourgogne à partir de 911. Les abbayes de l’Île Barbe et de Savigny sont dévastées vers 934 et celle d’Ainay vers 939.

L’APOGÉE DU ROYAUME
Le troisième roi de la dynastie Conrad le pacifique (937-993) va conclure un sage arrangement en 942 : il renonce à l’Italie et obtient en échange le royaume de Provence. Ce territoire agrandi, étendu de la Suisse à la Provence, correspond à celui de l’ancien Royaume des Burgondes ou Burgondie qui a donné le nom de Bourgogne.


La sœur de Conrad, Adélaïde, est donnée en mariage à Lothaire roi d’Italie. Cette femme exceptionnelle sera ensuite l’épouse d’Otton Ier, roi de Germanie puis empereur du Saint-Empire. Cultivée et fondatrice de monastères, elle sera régente pour ses fils et petit-fils Otton II et Otton III et reconnue comme sainte (+999).

Le territoire du Royaume de Bourgogne et le duché de Bourgogne

L’AFFAIBLISSEMENT
Vers la fin du X° siècle, le pouvoir royal s’affaiblit. Il institue des comtes pour mieux tenir les régions de son territoire. C’est ainsi que de nouvelles principautés laïques ou ecclésiastiques vont apparaître et se développer.
En 972 Mayeul, abbé de Cluny, est capturé au Mont-Genèvre par une bande de sarrasins venus de Provence. Cet affaire déclenche un sursaut de la noblesse de Provence conduite par Guillaume d’Arles, qui élimine les sarrasins (983) et crée le comté de Provence.

D’autres grands sont élevés à la dignité comtale : Humbert aux blanches mains devient comte de Savoie, Gérold comte de Genève et le vicomte Artaud est promu comte de Lyon : il va très vite s’opposer à l’archevêque Burckard frère de Rodolphe III. Plus au nord Otte-Gullaume devient comte de Bourgogne : la comté de Bourgogne correspond à la Franche-Comté, alors que le duché de Bourgogne (capitale Dijon) était déjà un apanage inclus dans le royaume de France.

La FIN DU ROYAUME
Le dernier roi de la dynastie est Rodolphe III (993-1032). Le royaume affaibli est sous la tutelle croissante de l’Empire Germanique. Sa femme Ermengarde cède vers 1030 ses biens en Viennois à l’archevêque de Vienne, qui en confie la « garde » à Humbert de Savoie au nord et au sud à Guigues d’Albon qui sera la tige des Dauphins de Viennois (principauté du Dauphiné). Cette division des territoires sera source de conflits au XIII° siècle.


Rodolphe III meurt en 1032 sans descendance ; il lègue son royaume à l’empereur germanique Conrad II le salique. Dans notre région le Lyonnais, le Forez et le Vivarais deviennent terres d’Empire, mais ce n’est qu’une suzeraineté lointaine, la réalité du pouvoir appartient aux principautés féodales.

Article de 2015 -Dernière modification : 05/2020

Lyon de 1245 à 1320

LYON de 1245 à 1320 : RATTACHEMENT au ROYAUME et LIBERTÉS COMMUNALES

Au XIII° siècle le comté de Lyon est une principauté féodale ecclésiastique indépendante. La ville de Lyon demeure sous l’autorité directe de son archevêque-comte. La révolte de 1208 n’a rien obtenu de l’archevêque Renaud de Forez qui refusait toute autonomie communale.
La bourgeoisie lyonnaise aspire toujours à l’émancipation municipale, mais le statut de la ville n’évolue pas pendant cette période marquée par le premier concile de Lyon.

PHILIPPE de SAVOIE
Dernier fils de Thomas Ier comte de Savoie (1189-1233), il reçoit en apanage le nord-Viennois (St-Georges d’Espéranche). Il s’oriente vers la carrière ecclésiastique sans prononcer de vœux, il est évêque de Valence dès 1242. En 1245 Philippe de Savoie va accueillir et protéger le pape Innocent IV qui a dû fuir Rome et va tenir à Lyon un concile (1244-1251). En échange il va être élu archevêque de Lyon.
En 1266 notre archevêque renonce à sa charge pour pouvoir succéder à son frère le comte de Savoie Pierre II sans enfants. Il se marie et devient Philippe Ier comte de Savoie (1268-1285).

Le premier Concile de Lyon

La RÉVOLTE de 1269
Le siège épiscopal de Lyon va rester vacant de 1268 à 1272, le chapitre de Saint-Jean assure l’intérim et a la main lourde en matière de justice. En 1269 des arrestations arbitraires déclenchent la révolte contre le pouvoir du chapitre.

Cloître Saint-Just (plan de 1550)

Les chanoines-comtes abandonnent le grand cloître de St-Jean, pour aller se réfugier au cloître fortifié de Saint-Just. Un des chanoines Hugues de la Tour du Pin, prévôt de l’église de Lyon soutient les lyonnais et fait appel à son frère Humbert seigneur de la Tour du Pin (futur dauphin Humbert Ier) qui vient aider la révolte. Les lyonnais dévastent le cloître de Saint-Jean abandonné et se lancent à l’assaut du cloître St-Just. Malgré leur ardeur et leur cri de ralliement « Avant ! avant ! Lion le melhor ! », leurs assauts sont repoussés à cinq reprises. Le comte de Forez Renaud intervient et réprime la révolte. Une trêve est acquise (19 juin), mais dès le départ des foréziens, les lyonnais reprennent leurs exactions. Ils s’attaquent aux biens des chanoines-comtes à Cuire, Civrieux, Genay, Couzon. Le pire survient à Écully, quand les émeutiers mettent le feu à l’église, où s’étaient réfugiés les habitants : une centaine de personnes y périssent (29 novembre). L’évêque d’Autun, administrateur du diocèse excommunie la ville et les troupes du comte de Forez reviennent l’occuper.

En juin 1270 le roi Louis IX et le légat du pape imposent une trêve générale. Il semble qu’il ait existé un conseil non autorisé de 12 citoyens. En 1271 au passage du roi Philippe III le hardi, ramenant de Tunisie le corps de son père Louis IX/St-Louis, les lyonnais sollicitent sa protection par une lettre scellée d’un sceau de la ville. L’excommunication est levée en juillet 1271. Le roi envoie un viguier royal et impose comme archevêque le légat Pierre de Tarentaise (1272-1274), qui consent l’hommage simple au roi. Pendant son épiscopat il accueille le pape Grégoire X venu présider le deuxième concile de Lyon 1273-74. Le pape condamne les prétentions citoyennes lyonnaises.

Le sceau de 1271 : le pont de pierre, le château Pierre-Scize à gauche

INTERMÈDE SAVOYARD et EXPÉRIENCE MUNICIPALE
L’archevêque suivant est Aymar de Roussillon (1274-1283) ; il est en conflit avec le chapitre. Le pape impose en 1276 une justice unique. En 1286 les lyonnais appellent à la protection du comte de Savoie Amédée V. Ils vont former en 1286 un conseil communal constitué des principaux notables bourgeois, c’est la « cinquantaine ». Ce protectorat savoyard dure quelques années.

La VILLE SOUS LA GARDE ROYALE 1293
Sous l’archevêque Béraud de Got (1289-1295), les lyonnais veulent toujours s’affranchir du pouvoir comtal et la révolte gronde à nouveau (1292). Le roi Philippe IV le Bel met la ville sous garde royale et envoie un gardiateur (1293).
En décembre 1305 Philippe le Bel est à Lyon pour le couronnement du pape Clément V, Bertrand de Got, frère de l’ancien archevêque, qui sera le premier pape d’Avignon. Par les conventions dites « Philippines » le roi fait reconnaitre sa suzeraineté et la supériorité de la justice royale à l’archevêque Louis de Villars, qui reste titulaire du comté ; les lyonnais y sont encore oubliés…

Sceau de Pierre de Savoie

L’ANNEXION AU ROYAUME 1312
L’archevêque suivant est Pierre de Savoie (1308-1332), neveu du comte Amédée V. Il veut revenir en arrière, refuse l’allégeance au roi et chasse les agents royaux, soutenu par les lyonnais furieux d’avoir été oubliés. Le roi envoie une armée conduite par son héritier Louis le Hutin en juillet 1310 : Lyon capitule. Pierre de Savoie, retranché au château Pierre-Scize, qui espérait le soutien du comte de Savoie, doit se rendre et est emmené prisonnier à Paris. Béraud de Mercœur lieutenant du roi prend en main Lyon et le comté avec le soutien du comte Jean de Forez. Les nobles de la région et bourgeois assemblés proclament l’appartenance de Lyon au royaume (1311). Après 2 ans d’emprisonnement, Pierre de Savoie se soumet : au concile de Vienne en 1312 (affaire des Templiers…), il signe l’acte qui rattache Lyon et son comté au royaume de France et le prive de son pouvoir temporel. Par l’édit de Pontoise (juin 1313) est créé un sénéchal de Lyon, qui sera le plus souvent en même temps bailli de Mâcon, mais les lyonnais sont toujours oubliés…

Les Jacobins (plan de 1550)

En 1316 Philippe le long, frère du roi Louis X le Hutin, transfère à Lyon les cardinaux qui tergiversaient à Avignon pour élire un nouveau pape et les enferme au couvent des Jacobins sous la garde du comte de Forez. Ils finissent par élire le pape Jean XXII.

Le sceau de 1320

Les LIBERTÉS COMMUNALES 1320
en avril 1320 Philippe le long devenu le roi Philippe V restitue le premier degré de juridiction du comté à l’archevêque, le second degré étant assuré pour le roi par le sénéchal et le dernier ressort par le parlement de Paris.
Cette décision est ratifiée par les lyonnais en juin et trois jours après le 21 juin 1320, Pierre de Savoie concède (enfin) par la charte dite la « Sapaudine » la commune aux lyonnais. Ils gagnent le droit de s’administrer eux-mêmes, d’élire un consulat, de s’imposer des tailles, de détenir les clés de la ville et d’assurer la garde de la ville.

Les consuls en 1336

Les consuls seront 12, élus pour 2 ans et renouvelés par moitié tous les ans à la St-Thomas (21 décembre). La ville se dote d’un sceau, où figurent le lion et le lis royal. Lyon a enfin gagné ses libertés communales. La réalité du pouvoir est en fait immédiatement accaparée par l’oligarchie bourgeoise de la ville.

Cette organisation avec un consulat de 12 membres se maintiendra jusqu’en 1595. À cette date, suite aux troubles de la Ligue, Henri IV imposera un « prévôt des marchands » avec 4 échevins, système qui durera jusqu’à la Révolution (1791).

Article de 2017 – Dernière modification 11/2019
Sources : André Steyert – Nouvelle histoire de Lyon – Bernoux & Cumin 1897 / Jacques Rossiaud – Lyon 1250-1550 – Champ Vallon 2012 / Claude Brossette – Éloge historique de la ville de Lyon – 1711 –

1362 La Bataille de Brignais

La BATAILLE de BRIGNAIS (6 avril 1362) : l’Armée royale battue par les « Tard-Venus »

Les ROUTIERS
Pendant la Guerre de Cent Ans, le Roi et les grands féodaux n’ont aucune confiance dans les « gens de pied » des milices des villes et établissements religieux ; ils préfèrent solder des mercenaires ou routiers ou « soudoyers » réunis en compagnies ou « routes ». Ils sont allemands, catalans, gascons, bretons… Ce sont des professionnels entraînés, mais plus intéressés par la solde que par les dangers du combat…

Les « TARD-VENUS » en LYONNAIS
Après le traité de Brétigny (1357), devenus sans emploi et sans solde, les compagnies de mercenaires ou routiers se répandent dans le Royaume et dans notre Région ; ils sont appelés les « Tard-venus ». A la fin de 1361, ils s’emparent du bourg de Brignais fortifié, mais mal défendu, appartenant au chapitre de Saint-Just de Lyon. Le sénéchal de Lyon Jean de Groslée qui vient de s’opposer à eux près d’Anse n’a pas assez d’hommes pour tenir tout le Lyonnais.

Brignais est tout proche : Lyon a peur ; le sénéchal, l’Eglise et le chapitre de St Just s’adressent au lieutenant du roi récemment nommé, Jean de Melun sire de Tancarville, qui lui-même requiert l’aide de l’armée royale. Celle-ci arrive commandée par le Connétable de France Jacques de Bourbon comte de la Marche. Les féodaux de la région s’assemblent sous Melun de Tancarville, ainsi que les milices de Lyon, des cités et des abbayes menées par Jean de Groslée. Cette armée réunie s’avance en direction de Brignais, en venant de Saint-Genis-Laval.
Ces mouvements de troupes ont naturellement alerté les routiers qui pillent les provinces voisines : ils viennent du Charolais, du Forez, du Vivarais, du Velay renforcer ceux de Brignais.

La BATAILLE de BRIGNAIS
Les chroniqueurs ont donné des versions différentes de la bataille.
D’après Villani, un auteur italien, les renforts de routiers attaquent à revers à l’aube le campement de l’armée royale sous Brignais, en même temps que les assiégés font une sortie. Ce 6 avril 1362, mercredi devant les Rameaux, c’est une déroute totale, car les chevaliers et miliciens surpris n’ont pas eu le temps de s’équiper.

Plan hypothétique du Champ de Bataille


Le chroniqueur français Froissart donne une toute autre version. Les routiers se seraient retranchés sur une hauteur en vue de la route de Saint-Genis-Laval à Brignais, vraisemblablement au Bois-Goyet, selon les recherches d’un historien du XIX° siècle. Ils auraient dissimulé les forces de renfort derrière les replis du terrain et sur les hauteurs des Barolles au nord. Les chefs de l’armée font preuve de la même arrogance qu’aux batailles de Crécy et de Poitiers, pensant balayer leurs adversaires, ce qui les conduit à attaquer de front les positions visibles des routiers, attaques qui sont repoussées. Ils sont alors pris à revers par tous les contingents dissimulés et taillés en pièces. Cette version parait plus crédible, car d’autres sources relatent également l’imprudence de l’armée royale.

Les VICTIMES de la BATAILLE
Louis comte de Forez, Robert de Beaujeu sire de Joux sont parmi les morts. Le connétable de France et son fils aîné blessés mourront après leur transport à Lyon. Jacques de Bourbon par un autre fils est l’ancêtre des Bourbons-Vendôme qui aboutiront au roi Henri IV…

Epitaphe de Jacques de Bourbon et de son fils Pierre

Nombreux sont les prisonniers nobles conservés pour en tirer une rançon : Melun de Tancarville, Jean de Forez frère du comte, Louis de Beaujeu sire d’Alloignet, Jean de Groslée… Quant à ceux qui n’ont pas de valeur marchande, ils sont massacrés.

Jean de Forez devenu le comte Jean II, blessé à la tête, en demeura aliéné et mourut sans descendance en 1372 : c’est la fin de la lignée des comtes de Forez, le comté passera en héritage au Duc de Bourbon.

Les SUITES de la BATAILLE
Ceux qui ont pu fuir se réfugient derrière les remparts de Lyon, que le sénéchal avait laissée bien garnie de troupes commandées par le capitaine de la ville Henri Chevriers. Les Routiers n’osent pas attaquer Lyon et quittent Brignais en 1364/1365.
A noter enfin que le chanoine de Saint-Just, qui tenait Brignais en manse, était le renommé médecin et chirurgien Guy de Chauliac, mort en 1368 : ses neveux et héritiers seront forcés de payer pour reconstruire les défenses du bourg.

Article de 2010 – Dernière modification 05/2019 – Sources : André Steyert – Nouvelle histoire de Lyon, tome 2- Bernoux & Cumin 1897  / Histoire de Brignais et de sa région – Editions des Traboules 2012

1701 La Guerre de Succession d’Espagne

Le FRONT des ALPES pendant la GUERRE de SUCCESSION D’ESPAGNE 1701-1712

les CAUSES du CONFLIT
Novembre 1700 : le roi d’Espagne Charles II meurt sans héritier. Son héritage comprend l’Espagne, la Belgique, le Milanais, Naples et la Sicile et l’Amérique hispanique. Le roi de France Louis XIV et l’Empereur Léopold sont tous les deux fils et maris de princesses espagnoles et peuvent revendiquer la succession. Or Charles II a fait un testament en faveur du duc d’Anjou, deuxième petit-fils du roi de France. Louis XIV accepte ce testament et proclame roi d’Espagne son petit-fils sous le nom de Philippe V qui rejoint l’Espagne en février 1701. Il fonde ainsi la dynastie des Bourbons d’Espagne.

L’empereur et les autres puissances européennes soutiennent l’archiduc Charles deuxième fils de l’Empereur qui s’institue Charles III. La guerre est officiellement déclarée en mai 1702 : elle sera longue, coûteuse et difficile pour la France. Elle va se dérouler sur la frontière nord et en Espagne, mais aussi en Italie et donc sur le front des Alpes.

Titulature de Victor-Amédée II

CONFLIT en ITALIE – CATINAT et VILLEROY : 1701
Dès 1701 il faut défendre le Milanais espagnol. En avril 15000 hommes commandés par Tessé passent en Piémont et viennent stationner à Parme et Modène. Le Duc de Savoie Victor-Amédée II est au départ notre allié ; le maréchal Catinat est envoyé auprès de lui. L’armée impériale, commandée par le prince Eugène de Savoie, cousin du Duc, bouscule Tessé au combat de Carpi, qui doit se replier. Catinat regroupe les troupes sur Villafranca, mais le duc de Savoie étant très attentiste, il se replie. Louis XIV envoie le maréchal de Villeroy prendre le commandement – mauvais choix – ; il passe à l’attaque à Chiari et se fait battre. De plus en décembre Villeroy est fait prisonnier à Crémone sur un coup de main du prince Eugène.

Le Duc de Vendôme

CONFLIT en ITALIE – VENDÔME 1702-1706
Louis XIV envoie alors au commandement le duc de Vendôme. Tessé est assiégé dans Mantoue ; les deux armées manœuvrent sans résultat décisif ; la bataille de Luzzara en août reste indécise.


En 1703 le duc de Savoie est déçu, car Louis XIV ne peut plus lui céder le Milanais espagnol promis ; il change de camp et s’allie à l’Empereur. Pendant l’été Vendôme fait désarmer une partie des troupes piémontaises, la Savoie est occupée par les troupes françaises, sauf Montmélian qui résiste un an pour être ensuite démantelée.
En 1704 Vendôme prend Suse, Vercelli, Bard et Verrua prise après 6 mois de siège en avril 1705. À cette date le maréchal de la Feuillade a investi le comté de Nice, dont les forteresses se rendent sauf le château de Nice. Vendôme assiège Chivasso et affronte le prince Eugène en août à Cassano dans une bataille indécise. En fin d’année le maréchal de Berwick assiège Nice et son château est pris en janvier 1706 et démantelé.

Montmélian en 1691

Au printemps 1706 Vendôme est le plus rapide et met en déroute une partie de l’armée impériale à Calcinato et la Feuillade commence le siège de Turin, que le duc de Savoie quitte. Vendôme appelé en Flandres est remplacé par Marsin. Celui-ci débordé par les impériaux passés au sud du Po, est vaincu et tué devant Turin en septembre : l’armée française doit se replier en désordre sur la frontière des Alpes. L’Italie du nord est perdue.

Eugène de Savoie

La DÉFENSE des FRONTIÈRES – TESSÉ, VILLARS et BERWICK 1707 -1712
En 1707 Tessé reconstitue une armée des Alpes et organise la défense. En juillet-août le prince Eugène passe le col de Tende avec 30000 hommes, prend Nice, passe le Var et vient assiéger Toulon : mais la garnison contre-attaque et les impériaux doit faire retraite. L’année se termine mal, car le prince Eugène réussit à s’emparer de Suse et du mont-Cenis.
1708 le maréchal de Villars prend le commandement, reste sur la défensive et contient une tentative du duc de Savoie sur Briançon. Il est remplacé en 1709 sur les « frontières du Piémont » par le maréchal de Berwick qui continue une politique d’organisation défensive très organisée. Le gros de ses troupes reste en position centrale à Briançon, prêt à soutenir les points d’appui en cas d’attaque. Berwick crée le camp retranché de Tournoux ; il dispose de 84 bataillons et 30 escadrons. À l’été 1709 une attaque austro-piémontaise (comte de Thaun) pénètre en Savoie par la Maurienne et la Tarentaise, s’avance vers Annecy, mais rebrousse chemin devant le gros des forces de Berwick , tandis qu’une attaque au col de Montgenèvre est vigoureusement repoussée.

Le Maréchal de Berwick

En 1710 une nouvelle tentative d’invasion en direction de la vallée de l’Ubaye avorte devant les forces que Berwick a positionnées à Tournoux et au col de Vars. Des 7 fortifications crées par Berwick, il en subsiste une (reconstruite) la « redoute de Berwick » dans la haute vallée de l’Ubaye sur la route du col de Vars. En 1711 tandis que des pourparlers secrets sont engagés avec le duc de Savoie, celui-ci fait une tentative en direction de la Maurienne et de la Tarentaise, descend jusqu’à Montmélian et sa cavalerie vient occuper Chambéry. Berwick vient se positionner devant Fort-Barraux : il attend que le duc de Savoie qui n’ose pas attaquer décide de se retirer…
En 1712 pas d’action majeure dans les Alpes, alors que la victoire du maréchal de Villars à Denain met fin au conflit.

La « redoute de Berwick » près de fort-Tournoux (04)

La PAIX de 1713
Les pourparlers de paix (Traité d’Utrecht) sont très favorables à Victor-Amédée II : il obtient la Sicile avec le titre de Roi et une partie du Milanais. Louis XIV lui restitue la Savoie et le comté de Nice, lui cède l’est du Briançonnais (aujourd’hui en Italie) avec Exilles, Fénestrelle, Oulx, Bardonnèche. La France perd donc une commodité de débouché sur le Piémont à partir du col du Montgenèvre, mais en compensation la France garde la vallée de Barcelonnette.
Le Duc de Savoie avec le titre de Roi prend une autre dimension et devient un acteur de plus en plus important de l’histoire d’Italie, même s’il doit renoncer à la Sicile en 1720 et se contenter de la Sardaigne en dédommagement.


Cette nouvelle occupation française de la Savoie, après celle de 1690-96, a été encore plus dure pour les paysans soumis aux réquisitions militaires, alors que les autorités civiles françaises firent preuve de modération. L’occupation suivante de la Savoie sera espagnole (1740-48)…

Article de 2017dernière modification 12/2024

Sources : A.Doumenc – Mémorial de la terre de France – contribution à l’histoire militaire de nos provinces -Arthaud 1944 /R.Devos B.Grosperrin – La Savoie de la Réforme à la Révolution

Le Baron des Adrets

François de BEAUMONT, BARON des ADRETS 1513-1587 

Le Baron des Adrets

C’est un gentilhomme dauphinois de bonne famille, né et mort au château de la Frette ; il combat avec valeur dans les campagnes successives en Italie, mais estime n’avoir pas été justement récompensé pour ses services.

Après 1560 commencent les guerres de Religion : Des Adrets se rallie au prince de Condé, chef des Protestants. Bien qu’il soit sans conviction religieuse affirmée, c’est pour la cause des Réformés qu’il va démontrer des capacités militaires exceptionnelles, alliées à une cruauté restée légendaire.

L’ENTRÉE EN CAMPAGNE
Le 1er mars 1562 le massacre de Wassy inaugure la première guerre de religion. En avril, le baron des Adrets prend la tête d’une troupe de Réformés en Provence ; il entre dans le Dauphiné, prend le 27 Valence qui sera sa base. La Motte-Gondrin lieutenant-général du Dauphiné y est massacré puis pendu à une fenêtre.

La prise de Valence

LA PRISE DE LYON PAR LES PROTESTANTS
Le 29 avril 1562 au soir des protestants en armes se réunissent à la Guillotière ; dans la nuit ils investissent la ville. Il y a très peu de résistance. Les protestants sont maîtres de la ville. Pour se conforter ils font appel au baron des Adrets, qui arrive avec sa troupe le 5 mai. Il assiège le château Pierre Scize qui se rend le 7 mai. Il n’y a pas eu de massacre à Lyon.  


Les réformés les plus fanatiques détruisent les statues de la cathédrale Saint-Jean à coups d’arquebuse, pillent les églises et les couvents et s’emparent des objets précieux, car le baron a besoin d’or pour payer ses troupes et repartir en campagne. La ville va rester sous le pouvoir des réformés jusqu’en juillet 1563, période au cours de laquelle seront conduits de grands travaux. Voir l’article sur les protestants à Lyon.

Le sac de la cathédrale St-Jean par les protestants

La SUITE DE LA CAMPAGNE DU BARON DES ADRETS
Entre temps des Adrets a poursuivi sa folle chevauchée : en mai 1562, il chasse de Grenoble le nouveau lieutenant-général du Dauphiné, Maugiron, puis s’empare de Vienne, dont l’évêque s’enfuit. En juin il fonce sur Pierrelatte, exerce sa férocité sur la garnison qui a capitulé et dévaste les environs d’Avignon, mais doit revenir sur Grenoble d’où il chasse à nouveau Maugiron. Il repasse à Lyon, puis en juillet se lance sur le Beaujolais, puis le Forez et s’empare de Montbrison, où plusieurs centaines de personnes sont massacrées (16 juillet), puis de Montrond.

Après un nouveau passage à Lyon, il se lance vers le sud, se bat à Valréas, menace Avignon et échoue devant Carpentras qui appartiennent au Pape. Ses troupes se vengent à Mornas, où les habitants sont jetés du haut de la falaise (il n’est pas sûr que des Adrets ait été effectivement présent). Fin août à peine de retour à Valence, il part au secours de Sisteron, puis ravitaille Montpellier assiégée et repousse le vicomte de Joyeuse (15 septembre).

La FIN de la CAMPAGNE
Pendant ce temps le duc de Nemours au service du roi a repris Vienne ; des Adrets repart avec 4000 hommes : il est battu à Beaurepaire. Renforcé par 2000 suisses, il contraint Nemours à s’enfermer dans Vienne (19 octobre), mais même ses co-religionnaires en ont assez de ses ravages et de sa férocité sans frein. Informé, il signe une trêve avec Nemours. Des Adrets court encore vers le sud redresser la situation, s’empare encore de Montélimar et d’Annonay. Mais, soupçonné de double jeu et de défection, il est destitué par le prince de Condé et est arrêté à Romans en janvier 1563 par ses lieutenants et enfermé à Nîmes. L’Édit d’Amboise (mars 1563) provoque son élargissement.

CHANGEMENT de CAMP
Par la suite en 1567, il offre son épée aux Catholiques ; on lui confie 2000 hommes avec lesquels il reprend aux Réformés la Côte-St-André, St-Antoine, puis assiège Romans. Mais on se méfie de lui : De Gordes, lieutenant-général du Dauphiné le fait arrêter en juin 1570 et enfermer à Lyon au château Pierre Scize. Libéré en janvier 1571, il se présente devant le Roi Charles IX pour se justifier. Des Adrets se retire ensuite de la scène publique et se contente d’administrer ses biens : il est à noter qu’il ne s’est pas enrichi…

La campagne du baron des Adrets dans le sud-est du royaume en 1562 est restée légendaire ; pourtant elle n’a duré que 10 mois… Elle est effectivement exceptionnelle par la rapidité d’action et par les qualités manœuvrières déployées. Ce caractère extraordinaire, lié à la terreur qu’il semait sur son passage peut expliquer que son souvenir persiste encore…

Article de 2010 – Dernière modification 05/2021
Sources : Le Baron des Adrets -Abbé Brisard – Edition Jules Céas Valence 1890 Yves Krumenacker -Lyon 1562 capitale protestante – Olivétan 2009