L’Armée d’Armistice

L’ARMÉE D’ARMISTICE dans la RÉGION MILITAIRE de LYON 1940-1942 :

L’Armistice du 17 juin 1940 prévoyait dans la zone sud de la France, non occupée par les allemands, la mise en place d’une « Armée d’Armistice » limitée à 120000 hommes. Beaucoup d’unités sont dissoutes : le 14° Corps d’armée de Lyon est réduit en 14° Division Militaire (14° DM).
Son chef du 17 août 1940 au 13 juillet 1941 est le général Frère, Gouverneur Militaire de Lyon, qui s’emploie à relever le moral de ses troupes, tout en invitant à camoufler des armes et à se préparer à l’action clandestine.

Les unités ayant échappé à la dissolution et composant cette 14° DM sont les suivantes :

- le 6° BCA (Bataillon de Chasseurs Alpins) de Grenoble, dont beaucoup rejoindront le maquis du Vercors.

Le 6° BCA à Grenoble


- le 13° BCA de Chambéry
- le 27° BCA d’Annecy, commandé par le chef de bataillon Vallette d’Osia, et avec sous ses ordres le lieutenant « Tom » Morel, premier chef du maquis des Glières.

Le 27° BCA à Lyon avec Vallette d’Osia en 2ème ligne


- le 153°RIA (Régiment d’Infanterie Alpine) stationné à Lyon (fort Lamotte) avec 3 sections d’éclaireurs skieurs dans le Vercors.

Le 153° RIA place Bellecour


- le 159° RIA le « Régiment de la Neige » auquel Briançon est interdit par l’occupation italienne, est reconstitué à Grenoble (2 bataillons) et Gap (un bataillon).

Le 159° RIA à Grenoble


- le 1er Régiment de Chasseurs à cheval à Vienne.

la fanfare du 1er Chasseurs


- le 11° RC (Régiment de Cuirassiers) à la caserne de la Part-Dieu à Lyon : le commandant Descour futur chef militaire de la Résistance y est affecté et les cuirassiers formeront un groupe de combattants du Vercors.

Le 11° Cuirassiers


- le 2° RAM (Régiment d’Artillerie de Montagne) avec 2 groupes à Grenoble et un groupe hippomobile à Lyon.

Le 2° RAM à Grenoble


- le 405° RADCA (Défense contre Avions) à Sathonay.
- le 4° Bataillon du Génie à Grenoble – le 4°RG a été réduit à un bataillon…
- la 14° Compagnie Divisionnaire du Train à la Vitriolerie et Sathonay.

Les photos ont été prises à l’automne 1940.

Le général Robert de Saint-Vincent


En juillet 1941 le général Frère est remplacé par le général Robert de Saint-Vincent, qui l’année suivante refusera le concours de sa division à la déportation des juifs et sera limogé le 31 août 1942. La distinction de « Juste parmi les nations » lui a été attribuée.
Suite au débarquement allié en Afrique du nord, les allemands envahissent la zone sud le 11 novembre 1942 : ils investissent les casernes le 27 novembre à l’aube et jettent à la rue les soldats. Beaucoup d’hommes rejoindront la Résistance.

Article de 2014 – Dernière modification 07/2018
Source : La 14° DM devant le maréchal – plaquette mai 1941

La 27° Brigade de Montagne

La 27ème DIVISION/BRIGADE ALPINE/DE MONTAGNE – SUITE de L’HISTOIRE des TROUPES de MONTAGNE

L’APRÈS GRANDE GUERRE
Après l’Armistice de 1918 les bataillons de réserve de Chasseurs Alpins sont dissous. Cinq bataillons de Chasseurs Alpins (BCA) occupent la Rhénanie, tandis que 6 autres sont envoyés en Haute-Silésie et un à la frontière danoise pour encadrer les plébiscites qui doivent partager ces régions.

Les ANNÉES 1920
La 27° division d’Infanterie est l’une des deux divisions (27 et 28) créées en 1873 au sein du 14° Corps d’Armée (CA) avec un état-major à Grenoble. Lors de la réorganisation de 1923 la 27° Division regroupe les unités alpines. Les chasseurs alpins sont regroupés en 2 demi-brigades : la 5° avec les (Albertville), 13° (Chambéry) et 27° BCA qui vient remplacer le 11° à Annecy ; la 7° demi-brigade avec les 6° (Grenoble), 23° (Gap) et 15° BCA (Barcelonnette). La division comprend aussi le 99°RI (Lyon), le 159°RI (Briançon et Embrun) et le 2° RAM (Grenoble).

Sept bataillons de Chasseurs participent ensuite à la guerre du Rif au Maroc (1925-1929).
L’artillerie de montagne est réorganisée : en 1923 le 1°RAM devient à Grenoble le 93° Régiment d’artillerie de Montagne (aujourd’hui à Varces).

02/1931 le général Dosse décore un officier à la fin des manoeuvres alpines.

Les ANNÉES 1930
En 1929-31 le général Dosse, futur gouverneur militaire de Lyon, commande la 27°DI à Grenoble. En 1932 il ouvre l’École Militaire de Haute Montagne (EMHM) de Chamonix et la même année dans toutes les unités alpines (BCA et RIA) est créée une Section d’Éclaireurs Skieurs (SES). La composition de la division n’a pas changé : 2 RI, 6 BCA (le 23° a été dissous et remplacé par le 11° à Gap) et 2 régiments d’artillerie (2° et 93°).

Le général Dosse gouverneur militaire de Lyon

De plus en 1935 pour défendre la frontière des Alpes sont créés 7 Bataillons Alpins de Forteresse (BAF) eux-mêmes dotés d’une SES :
le 70° BAF à Bourg-Saint-Maurice
le 71° à Modane
le 72° à Briançon
le 73° à Jausiers.
Les 3 autres sont dans la 15° Région.

159° RI manoeuvres août 1939

À la mobilisation de 1939 la 27°DI (général Doyen) fait partie avec d’autres divisions de l’Armée des Alpes, mais dès le mois d’octobre elle est envoyée sur le front du nord-est. Toutefois les skieurs des SES de chaque unité restent dans les Alpes. Ces SES seront très efficaces pour s’opposer à l’attaque italienne de juin 1940, alors que les unités parties affronter les allemands au nord seront très éprouvées.
L’Armée d’Armistice (1940-1942) dans la région ne compte plus que 3 BCA (6,13,27) et le 159° RI est réfugié à Grenoble et Gap.

Insigne de la 27° DIA

1944 RECONSTITUTION D’UNE DIVISION ALPINE
Dès la Libération en septembre 1944, est créée, pour encadrer les FFI des Alpes, une « Division Alpine » confiée au colonel Vallette d’Osia qui installe son PC à Challes-les-Eaux. Elle est progressivement réorganisée en 4 demi-brigades. Les 2 premières deviennent des demi-brigades de chasseurs alpins. Deux bataillons FFI sont regroupés pour reconstituer un bataillon de chasseurs alpins (BCA) : les BCA 7, 13, 27 pour la 5° demi-brigade et 6, 11, 15 pour la 7° demi-brigade. Les 2 autres demi-brigades deviennent les 99° et 159° RIA (régiment d’Infanterie Alpine). En décembre la division est rebaptisée 27° DIA (Division d’Infanterie Alpine) ; elle reprend l’insigne avec la gentiane sur fond de sommets.

La 27° DIA de 1945 à 1962
En janvier 1945 le général Molle prend le commandement de la 27°DIA (1945-46). À cette date les allemands tiennent toujours les cols des Alpes. La 27°DIA est l’élément principal de l’Armée des Alpes confiée au 1er mars au général Doyen, qui va passer à l’offensive du 23 mars au 28 avril. Les allemands doivent abandonner la crête des Alpes et les troupes françaises pénètrent en Italie (Campagne des Alpes de 1945).

En-tête de l’hebdomadaire de la 27°DIA en 1946

Les Chasseurs Alpins partent ensuite dans les forces d’occupation en Autriche du Tyrol et du Vorarlberg (1945-1954). Vallette d’Osia devenu général en reprend le commandement en 1952-55.
Le retour en métropole est de courte durée, car c’est ensuite le départ pour la guerre d’Algérie (1954-1962) et la zone montagneuse de Kabylie. Le commandement de la 27°DIA s’implante à Tizi-Ouzou. Il dispose de 6 BCA répartis en 2 demi-brigades : 6, 7, 27 et 15, 22, 28. Chaque bataillon perd en moyenne 80 tués. Le retour en métropole a lieu en novembre 1962 et la 27°DIA est dissoute en décembre et réduite en brigade…

Insigne du 159° RIA

La 27° BRIGADE ALPINE 12/1962 – 08/1976
La 27° BA ne comprend plus que 4 BCA (6 à Grenoble, 7 à Bourg-St-Maurice, 13 à Chambéry, 27 à Annecy), le 4° Chasseurs (cavalerie) à la Valbonne et le 93°RAM à Grenoble.

La 27° DIVISION ALPINE 08/1976-1994
La division est recréée par le général Thénoz gouverneur militaire de Lyon, ancien chef de la 27°BA (1965-67). Un 27° RCS (Régiment de Commandement et de Soutien est créé en 1977 à Grenoble. En 1984 la division fait partie de la Force d’Action Rapide (FAR).

Insigne du 27° RCS

La 27° DIM (Division d’Infanterie de Montagne) 1994-1999
C’est un changement de dénomination qui intervient en 07/1994 ; la FAR étant dissoute, la division passe au 3° CA en perdant le 6°BCA et le 159°RI dissous et en intégrant des unités nouvelles : le 5° Régiment de Dragons du Valdahon, le 92° RI de Clermont-Ferrand et le 3°RAMa de Canjuers.


Malgré les opérations extérieures (OPEX) qui prennent de l’importance (Liban, Somalie, Bosnie, Kosovo) et avec la suspension du Service National, l’heure est à la réduction des forces. En 1999 sont dissous le 27°RCS et le 4° Génie ; les unités intégrées en 1994 sont dissoutes ou changent d’affectation.

Insigne de l’EMHM

La 27° BIM (Brigade d’Infanterie de Montagne) depuis 1999
En 07/1999 par la réorganisation des armées consécutive à la professionnalisation, la division est à nouveau réduite au format brigade, soumise au CFAT (Commandement de la Force d’Action Terrestre). Les OPEX se succèdent : Côte d’Ivoire, Afghanistan, Centre-Afrique, Mali… Le 27° RCS est remplacé par la 27°CCTM (Compagnie de Commandement et Transmissions de Montagne) auprès de l’Etat-major à Varces.

En 2010 est créé pour la division un Centre de Formation Initiale Militaire (CFIM) basé à Gap et en 2012 l’EMHM de Chamonix qui dépendait du commandement des Écoles militaires est rattachée à la 27°BIM.

En 2016 la Brigade est rattachée à la 1ère Division des Forces Terrestres et comprend le 27° CCTM, les 3 bataillons de Chasseurs Alpins (le de Varces, le 13° de Chambéry et le 27° d’Annecy), le 4° Chasseurs de Gap, le 93° RAM de Varces, le 2°REG (Régiment Étranger de Génie) de St-Christol, le 7° RMat (Matériel) de Lyon, l’EMHM de Chamonix et le CFIM de Gap. La brigade comprend aussi le GCM (Groupement Commando Montagne), dont les sections ont intégrées aux unités de la brigade.

2017 la 27°BIM participe à l’opération Chammal sur le sol irakien, en particulier le 93°RAM avec 4 canons Caesar. Les OPEX successives se déroulent en Afghanistan puis au Sahel africain.
Décembre 2018 : les Troupes Alpines fêtent leurs 130 ans d’existence. En 2019 le CFIM de Gap reçoit le drapeau et hérite des traditions de l’ancien 6°BCA et devient CFIM-6°BCA.

Insignes des unités de la 27° BIM

Article de 2019 – Dernière modification 08/2025
Sources : Revue Historique des Armées : les troupes de montagne 03/1988 / revue Terre Magazine / photos l’Illustration

La Caserne de la Mouche

La CASERNE de la MOUCHE – QUARTIER SABATIER / Le 7° RMat

En 1887 l’Arsenal de Lyon implanté rue Bichat dans le quartier Perrache devient insuffisant pour la fabrication industrielle d’obus à la mélinite. Un nouvel établissement industriel est créé dans le quartier de Gerland/ la Mouche sur une vaste emprise militaire entre le boulevard de l’Artillerie à l’ouest et les vois ferrées à l’est. Les bâtiments les plus anciens datent de 1890. Dans le quartier sont regroupés : la caserne de la Mouche, dont l’entrée est à l’angle nord-ouest du quartier et l’Arsenal de la Mouche qui s’ouvre sur le boulevard de l’Artillerie.

Le Portail à l’angle nord-ouest

Avant 1914 le travail est assuré par la 7° Compagnie d’ouvriers d’Artillerie logés à la caserne et par des ouvriers civils.

Sortie des Ouvriers Civils par la porte du boulevard de l’Artillerie

Durant la Grande Guerre l’arsenal est étendu ; il est raccordé aux voies ferrées et au réseau du tramway. On y effectue la préparation de la poudre, le remplissage des obus de 75, le sertissage, le conditionnement et l’expédition de ces munitions. Il y également un atelier de charronnage pour le montage de voitures hippomobiles. De nombreuses femmes y sont employées, ainsi que des « ouvriers coloniaux » surtout algériens. Le président de la République Raymond Poincaré y fait une courte visite en septembre 1915.

Le président Poincaré, suivi d’Albert Thomas et Edouard Herriot

Insigne du 14° Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie

En 1918 l’arsenal devient le Parc d’Artillerie Régional de Lyon, servi par la 7° compagnie d’ouvriers d’artillerie puis en 1928 par le 14° Bataillon d’Ouvriers d’Artillerie qui a des détachements à Leyment (01), Grenoble et Valence. Les attributions du Parc d’artillerie sont élargies entre 1929 et 1933 ; il devient Parc Régional de Réparation et Entretien du Matériel.


En 1943 est créé en Afrique du nord le Service du Matériel. Après la Libération, en 1946 le quartier de la Mouche devient Etablissement régional du Matériel (ERM), puis en 1994 Etablissement du Matériel de Lyon qui deviendra en 1999 le 7° RMat. En septembre 1986, le quartier est baptisé « Quartier Ingénieur Général Sabatier » (QGS).

Le 7ème RÉGIMENT du MATERIEL (7° RMat)

Insigne du 7° RMat

Créé en 1985 à Trèves dans le cadre des FFA, un premier 7° RMat est dissous en 1993.

Le 7° RMat est recréé à Lyon le 1er juillet 1999 à partir des établissements du matériels de Lyon, Leyment, St-Egrève et des bataillons du matériel des 27° Division d’Infanterie de Montagne (27°DIM) et 6° Division Légère Blindée (6°BLB).
En 2002 il est inclus dans la 27° Brigade d’Infanterie de Montagne (BIM) et se spécialise dans soutien technique en zone montagneuse. C’est pourquoi le personnel porte le béret alpin, la « tarte » depuis 2004.

Le drapeau du 7° RMat place Bellecour le 11/11/2018

Le 7° RMat est implanté à Lyon au quartier Sabatier (portion centrale) avec un atelier à Clermont-Ferrand et à Varces près de Grenoble avec l’état-major de la 27° BIM. Il comprend :
-une compagnie de Commandement et Logistique à Lyon
-la 1ère compagnie de Maintenance Mobilité à Lyon et Clermont-Ferrand
-la 2° compagnie de Maintenance Mobilité à Varces
-la 3° compagnie de maintenance électronique armement à Lyon
-la 4° compagnie d’approvisionnement à Lyon
-une compagnie multi-technique.
Le régiment est engagé en permanence en opérations extérieures : Afghanistan, Mali opérations « Serval » et « Barkhane »…

L’entrée en 2013 : le pilier central a été enlevé

2013 : l’ancienne porte d’angle de la caserne


Le quartier héberge également une Unité d’Intervention de Réserve (UIR) et la Musique Régionale rebaptisée depuis 2016 Musique de l’Artillerie.

Si un lecteur de cet article possède des informations complémentaires, qu’il n’hésite pas à nous contacter par le mail museemilitairelyon@hotmail.fr
Article de 2013 – Dernière modification 10/2019

Renaud de Forez

RENAUD de FOREZ, ARCHEVÊQUE-COMTE de LYON de 1193 à 1226 :

Blason du Forez

Vers 1150, un conflit éclate entre le comte de Forez Gui II et l’archevêque de Lyon Héraclius de Montboissier pour la possession du comté de Lyon, conflit qui culmine avec la bataille d’Yzeron (1158) où les troupes de l’évêque sont battues. Ce dernier fait appel à l’Empereur Frédéric Barberousse qui en 1157 concède le comté de Lyon à l’Archevêque, ce que le pape Alexandre III confirme en 1173.
Le comte de Forez qui avait alors prêté hommage au Roi de France Louis VII, doit renoncer au comté de Lyon en 1173. Mais en 1193 le second fils de Gui II, Renaud de Forez, est nommé archevêque de Lyon. Celui-ci est le type du prélat guerrier et bâtisseur, allié et soutenu par le comte de Forez Gui III son frère aîné.

Les campagnes de Renaud de Forez

Le BÂTISSEUR
À Lyon il fait terminer le « grand cloître » entourant l’ensemble cathédral, ainsi que le château Pierre-Scize, dont il semble faire sa résidence dès 1197. Il fait creuser les « fossés de la Lanterne » barrant la presqu’île au niveau des Terreaux. Il lance la reconstruction du pont du Rhône écroulé au passage d’une troupe de croisés (1190) et continue la construction de la cathédrale St Jean. Le chœur est achevé : un vitrail de l’abside représente Renaud de Forez.

Vitrail de la cathédrale

Pour défendre le comté de Lyon, principauté féodale ecclésiastique indépendante, il fait édifier tout un réseau de châteaux : près de Lyon Dardilly et Francheville, face au sire de Beaujeu Anse, Chasselay, Albigny, au sud Condrieu, Givors, dans les monts du Lyonnais Châteauvieux à Yzeron. D’autres châteaux sont érigés sur le comté par des seigneurs locaux : le seigneur d’Oingt emprunte à Renaud pour élever le château d’Oingt, le seigneur du lieu construit Rochefort près de St-Martin-en-haut, le chapitre de St-Just à Irigny, l’abbaye de Savigny à Sain-Bel, Montrottier, l’Arbresle, St-Romain de Popey…

Le Château de Francheville

L’ORGANISATEUR
L’archevêque-comte ne possède donc pas directement toutes les terres de sa principauté : une grande part dépend encore de seigneurs laïcs ou ecclésiastiques.
Renaud organise l’administration en créant l’officialité (chancellerie) et en faisant lever un état des biens du comté. Il partage le comté en manses : chacune sera administrée par un chanoine du chapitre de la cathédrale St Jean. Ces chanoines qui prennent le titre de « chanoines-comtes de Lyon » et créent un justice capitulaire, faisant double emploi avec la justice épiscopale.

Le GUERRIER
Pour que soit reconnue sa suzeraineté, il fait la guerre à l’abbaye de Savigny, puissance féodale au cœur du comté, soutenue par le sire de Beaujeu Guichard IV (incendie de Savigny, prise de Montrottier 1196). Il mène une campagne dans la vallée de l’Ain contre le sire de Coligny ; avec le comte de Forez le soutien est réciproque au cours de plusieurs campagnes.

Bulle de Renaud de Forez

La RÉVOLTE des LYONNAIS
L’archevêque, qui a besoin d’argent pour ses constructions, impose des taxes sur les denrées et marchandises de première nécessité. Les lyonnais qui s’enrichissent par l’artisanat et le négoce réclament des « libertés et franchises » ; ils se heurtent à une fin de non-recevoir… Mais les bourgeois lyonnais en ont assez des droits féodaux, en 1208 c’est la révolte. Ils se retranchent dans la presqu’île, en barrant le pont de pierre sur la Saône. Renaud réprime la révolte de manière si brutale, qu’à l’appel des lyonnais le pape Innocent III lui impose la mansuétude et ordonne de trouver un accord avec les révoltés. La ville n’obtient que quelques concessions minimes (contrôle des poids et mesures), mais rien sur le fisc, la double justice et encore moins la commune. La ville connaîtra d’autres révoltes au cours du XIII° siècle et n’obtiendra le droit de s’administrer elle-même qu’en 1320.

Le RÉGENT du FOREZ
Après la mort de Gui III en croisade à Acre en 1203, Renaud de Forez assure aussi la régence du Forez pendant la minorité de son neveu Gui IV, par la suite mort aussi au retour de croisade (1241). L’archevêque et son neveu sont coalisés vers 1220 contre le sire de Beaujeu Humbert V qui doit renoncer à ses prétentions sur le Roannais.

Gisant de Gui IV comte de Forez à la cathédrale de Montbrison

La lignée des comtes de Forez se poursuit jusqu’à la deuxième moitié du XIV° siècle. En 1362, le comte Louis est tué à la bataille de Brignais et son frère Jean blessé mourra sans descendance (1372) : le comté ira par leur nièce en héritage au duc de Bourbon.

Article de 2010 – Dernière modification 08/2017

Le Dauphin en Dauphiné

Le DAUPHIN LOUIS (FUTUR ROI LOUIS XI) en DAUPHINÉ (1447-1456) 

Depuis qu’en 1349 le dauphin Humbert II, sans héritier, a légué son territoire au fils aîné du Roi de France, celui-ci porte le titre de « Dauphin » et il est donc le suzerain de cette province. En 1355 le traité de Paris met fin aux guerres avec le comte de Savoie et fixe la frontière nord du Dauphiné sur le Rhône et le Guiers.
En 1419 le dernier comte de Valentinois et Diois lègue son comté au dauphin de France futur Charles VII. Cet héritage est contesté par le duc de Savoie Amédée VIII qui investit la région : Valence est occupée 3 ans et un certain nombre de places fortes seront occupées pendant 25 ans par les savoyards. En 1446 le Valentinois est enfin annexé définitivement au Dauphiné, dont l’unification a été longue.

Blason du Dauphiné Royal

Le Dauphin Louis, futur Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d’Anjou, est né à Bourges en 1423, alors que son père n’avait que 21 ans. Son enfance au château de Loches est solitaire et il souffre de l’indifférence de son père. Bien qu’on lui confie épisodiquement quelques responsabilités, comme lieutenant-général au Languedoc en 1438 par exemple, il complote et intrigue très vite contre son père et son entourage, qui se méfient de lui. Pour l’éloigner et l’occuper, le Roi l’autorise à aller en Dauphiné recevoir l’hommage de sa province.

le Dauphin Louis (vitrail de la cathédrale de Toulouse)

Début janvier 1447 le dauphin Louis chevauche vers son apanage : libéré de la tutelle paternelle, il va gouverner un état tout récemment agrandi du Valentinois, où il va séjourner près de 10 ans. Louis visite la province, qu’il veut moderniser et unifier. Il fait rédiger un registre des droits, privilèges et libertés le « Registre Delphinal » par Mathieu Thomassin, son conseiller. Louis organise la province en créant deux bailliages : le Viennois avec 3 sièges (Grenoble, Bourgoin et St-Marcellin) et les Montagnes avec 4 sièges (Briançon, Embrun, Serres et Buis-les-Baronnies) et une sénéchaussée Valentinois et Diois avec 3 sièges (Crest, Montélimar et Valence). Louis soumet les féodaux et abolit la guerre privée. Il réduit les pouvoirs temporels des évêques : celui de Valence doit lui rendre hommage en 1450, ainsi que les évêques de Vienne et Grenoble. Celui de Gap rebelle est contraint par le pape à se soumettre. Montélimar est réunie complétement au Dauphiné en 1451.

Le Dauphin Louis reçoit le Registre Delphinal

Sa résidence principale est à la Côte-St-André, mais il se déplace fréquemment. En 1452 il crée une université à Valence et en 1453, le Conseil Delphinal est transformé en Parlement du Dauphiné à Grenoble. Le gouvernement du Dauphiné est pour lui un excellent apprentissage et il se comporte de plus en plus en souverain indépendant. Dès 1450, Charles VII s’en irrite, d’autant plus que Louis veut épouser une fille du Duc de Savoie Louis Ier : le roi refuse. Le Dauphin passe outre et épouse en février 1451 à Chambéry Charlotte de Savoie âgée de 12 ans…

Carte ancienne du Dauphiné

A l’été 1452 le roi fait pression sur le duc de Savoie pour le détacher de son fils ; l’armée royale fait mouvement vers le sud-est : le duc de Savoie se désolidarise du Dauphin. Les capitaines du roi inspectent les défenses de Lyon et remplacent le commandant du château Pierre-Scize. L’armée royale repart vers le sud-ouest et la victoire de Castillon sur les Anglais (1453), qui termine la guerre de Cent-Ans. Louis peut alors mener une expédition en Italie, allié à René d’Anjou, mais l’affaire tourne court. En 1454 Louis se venge de son beau-père Savoie en ravageant le pays de la Valbonne et en occupant Montluel.

En 1455 le Dauphin est isolé diplomatiquement et en décembre Charles VII se met en route avec l’Armée Royale. Louis tente de négocier, mais ses conditions sont inacceptables pour le roi qui veut une soumission complète. Charles VII arrive en Lyonnais, il loge au château d’Yvours (à Irigny) et au château de Saint-Priest. En août 1456 Antoine de Chabannes entre en Dauphiné avec l’Armée Royale qui se positionne à Saint-Priest et Saint-Symphorien d’Ozon : le Dauphin Louis s’enfuit à travers la Franche-Comté pour se réfugier à Bruxelles auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne

Charles VII se fixe à Lyon et réunit par deux fois à Vienne les trois états du Dauphiné : par un habile mélange de promesses et de menaces, il amène à soumission les administrateurs et officiers de son fils. Une démonstration militaire achève de convaincre les hésitants. Le Dauphiné est rattaché au domaine royal, mais le Roi ne modifie pas l’administration mise en place ; le gouverneur du Dauphiné Louis de Laval et le Parlement sont maintenus. Charles VII réside au château de Saint-Priest au sud-est de Lyon jusqu’en juillet 1457, chassé par la peste. Quant au Dauphin, le Duc de Bourgogne met à sa disposition le château de Genappe en Brabant, où il est rejoint par Charlotte. Là il va attendre encore pendant 5 ans la mort de son père (juillet 1461), qui le fait Louis le onzième, Roi de France : il a alors 38 ans, ce qui est relativement âgé pour un avènement…

Article de 2011 / Dernière modification 02/2020
Sources : Bernard Bligny & coll. – Histoire du Dauphiné – Privat 1973 // Paul Murray Kendall – Louis XI – Fayard 1974 // Ch.Ponsoy – quelques pages de notre passé – Valence 1941

La Répression après le Siège de Lyon

La RÉPRESSION APRÈS LE SIÈGE DE LYON 10/1793 – 04/1794

Le 9 octobre 1793 le Siège de Lyon est terminé; le gros de ses défenseurs menés par Précy a tenté une sortie désespérée, qui s’est terminée tragiquement pour la plupart des participants. L’armée conventionnelle entre dans la ville. Les représentants de la Convention sont dirigés par Couthon. Les membres de l’ancienne municipalité (maire Bertrand) sont libérés et retrouvent leurs postes. Les premières arrestations ont lieu. Dès le 11 il est créé une Commission de justice populaire et une Commission militaire pour les combattants, ainsi que des comités de surveillance.

Décret de la Convention « Lyon n’est plus »

LES REPRÉSAILLES, PREMIÈRE PHASE
À Paris le 12 octobre, la Convention publie un décret vengeur resté célèbre : « Lyon fit la guerre à la liberté , Lyon n’est plus« . La ville doit être détruite et ce qu’il en restera sera dénommé « Ville Affranchie« .
Le Comité de Salut Public envoie une lettre signée de Robespierre demandant aux représentant sur place de : « démasquer les traîtres et de les frapper sans pitié… de faire exécuter avec une sévérité inexorable les décrets salutaires » de la Convention. Le général Kellermann qui vient de repousser les Piémontais est arrêté le 18 et emprisonné à Paris. À partir du 17 les premières condamnations à mort sont prononcées : Bemani administrateur est le premier guillotiné place Bellecour. Jusqu’au 28 novembre la commission militaire juge 176 personnes ayant tenu un rôle militaire pendant le siège avec 106 condamnations à mort par fusillade. Le tribunal de justice populaire présidé par Dorfeuille s’installe à partir du 30/10 près de la prison de Roanne (à St-Jean).

Prison de Roanne sur la Saône quartier St-Jean

Les démolitions ordonnées par la Convention sont symboliques. Couthon et les autres représentants donnent le premier coup de marteau le 26/10. Sont concernées les façades est et ouest de la ci-devant place Bellecour, appelée place de la Fédération, ainsi que le château Pierre-Scize « l’effroi du genre humain » . À la fin d’octobre la Convention rappelle Couthon jugé trop modéré à Paris.

La démolition des immeubles de la place Bellecour

Les représentants de la Convention Collot d’Herbois et Fouché sont envoyés à Lyon pour accélérer la répression sur les personnes ; ils sont sur place début novembre . Le commandant militaire est le général Declaye ; il est éclipsé par une force armée révolutionnaire composée de volontaires parisiens commandée par le général Ronsin envoyée pour tenir la ville. Le maire active la recherche et l’arrestation des suspects. Le 12 brumaire an II (2 novembre) Dutroncy, officier municipal de Montbrison passe le premier sur la guillotine. Dès lors la guillotine va fonctionner tous les jours : le 9 novembre 10 condamnés sont exécutés dont l’ex-maire Coindre; le 17 ce sont 5 membres de l’équipe municipale de la Croix-Rousse. La guillotine est par la suite déplacée place des Terreaux.
Collot d’Herbois et Fouché mettent en place le 10/11 une « Commission temporaire de surveillance républicaine » de 20 membres, qui doit « former un supplément révolutionnaire à toutes les autorités constituées » et maintenir leur zèle révolutionnaire ; elle doit veiller aux arrestations et établir une taxe révolutionnaire sur les riches. La commission temporaire est dotée d’un uniforme ; elle fait arrêter tous les hommes de loi, les prêtres et les nobles. La délation est fortement encouragée.
Une instruction parue le 20/11 au nom de l’idéal révolutionnaire condamne toutes les élites, prévoit la redistribution des richesses et abolit toute religion. C’est le premier écrit nettement communiste bien avant Karl Marx… Pendant le mois de novembre les exécutions continuent. Le juge de paix Ampère, père du futur physicien, est exécuté le 2 frimaire (22/11) ; 11 exécutions le 6 frimaire. Plus de 300 têtes sont tombées dans cette première phase.

Deuxième liste de condamnés à mort (décembre 1793)

Les MITRAILLADES
La commission de Justice Populaire prononce sa dernière condamnation le 9 frimaire et cède la place au Tribunal des Sept présidé par le général révolutionnaire Parein, tribunal créé pour accentuer la répression et pratiquer une justice encore plus expéditive. Le rythme s’accélère : le 14 frimaire (4 décembre) 60 condamnations à mort, le 15, 208 condamnations et 37 acquittements. La guillotine n’est pas assez rapide ; les exécutions vont se faire par mitraillade dans la plaine des Brotteaux. Les 60 condamnés du 14 sont mitraillés à courte distance par 3 canons ; le lendemain (5/12) ce sont les 208 condamnés du 15 qui sont amenés attachés deux par deux et canonnés sur le chemin de la Part-Dieu : c’est une horrible boucherie. Des soldats sont chargés d’achever les blessés. Dans une lettre Collot d’Herbois se réjouit de cette efficacité…

Exécutions par canonnade

Pendant ce mois de frimaire le tribunal continue à un rythme soutenu : 44, 14, 39, 13, 50 condamnations à mort selon les jours. 67 condamnés le 1er nivôse (21/12) , 23 le 2… Les personnes arrêtées sont détenues dans les prisons de Roanne ou St-Joseph, transférées ensuite dans les salons de l’hôtel de ville, pour passer devant le tribunal dans le salon du Consulat. Les condamnés sont enfermés dans les caves, exécutés sur la guillotine place des Terreaux ou fusillés aux Brotteaux. À la mi-décembre Collot d’Herbois quitte Lyon pour défendre leur action devant la Convention. Fouché reste le principal responsable ; il habite en famille l’hôtel Tolozan réquisitionné.

L’Hôtel de Ville Tribunal Révolutionnaire

JANVIER-FÉVRIER 1794
Le mois suivant condamnations et exécutions sur la guillotine se poursuivent sans relâche. L’évêque de Lyon, Lamourette, qui avait été conduit à Paris y est guillotiné, bien que constitutionnel. À Lyon le 5 pluviôse (24/01/1794) meurt l’architecte Jean-Antoine Morand, constructeur du pont. Les condamnations frappent beaucoup de personnes de condition modeste et des prêtres, car la politique antireligieuse est à son maximum ; le 22 pluviôse ce sont 12 femmes et un prêtre.
Le 23 pluviôse le cruel représentant dans la Loire Javogues est rappelé à Paris et le tribunal de Feurs dissous : 49 condamnations à mort y ont été prononcées. Puis c’est Albitte représentant en Savoie et dans l’Ain qui envoie à Lyon 18 citoyens de Bourg en Bresse ; ils sont aussitôt jugés et condamnés sauf trois. La Convention intime alors l’ordre au tribunal de ne s’occuper que Lyon : le tribunal suspend son action quelques jours pour faire appel, mais le 5 ventôse Fouché ordonne la reprise des jugements. Le sculpteur Chinard est relâché.
Le 20 ventôse (10/03) les sans-culottes lyonnais célèbrent la fête de l’Égalité : un cortège rejoint une montagne symbolique élevée aux Brotteaux et les discours glorifient l’abolition de l’esclavage.

La PHASE FINALE mars- avril 1794

Après le 9 thermidor qui voit la chute de Robespierre et la fin de la Terreur, les représentants Reverchon et Laporte sont remplacés par Charlier et Pocholle. Le maire Bertrand est destitué ; il sera arrêté avec d’autres officiers municipaux accusés d’abus et de tyrannie… Ils sont envoyés à Paris. Il faudra attendre le 16 vendémiaire an III (2/10/1794) pour que Commune-Affranchie retrouve son nom de Lyon

Le BILAN DE LA RÉPRESSION
Au total d’octobre 1793 à avril 1794 1876 lyonnais de toutes conditions sont condamnés à mort et exécutés.
Les victimes ont entre 16 et 80 ans ; l’âge moyen est de 42 ans. Sur l’ensemble 10% sont des nobles, 7% sont membres du clergé, 2 % sont des femmes. Les militaires comptent 97 condamnés, les gendarmes 25, les hommes politiques (conseillers municipaux) sont 29, les hommes de loi 104, les petits fonctionnaires 40, les enseignants 25, les métiers de l’alimentation 170, les artisans du textile 316 dont 57 canuts, les artisans 155, les professions de santé 32, les domestiques, commis, affaneurs 40, artistes et musiciens 13…

LA MÉMOIRE DU SIÈGE
Sous la Restauration, un monument commémoratif du Siège en forme de pyramide recueille les ossements des victimes des Brotteaux ; il accueille les restes de Précy en 1821. Ce monument situé rue Vendôme sera démoli en 1906 pour créer la rue de Créqui et l’ossuaire transféré dans la crypte d’une chapelle de style roman-byzantin construite en 1901 (architecte Pascalon) tout près rue de Créqui. La photo ci-dessous a été prise pendant les quelques années de coexistence des deux monuments.

La Pyramide et la Chapelle

Cette chapelle consacrée à la Sainte-Croix en 1906 garde le souvenir des victimes du Siège de Lyon, dont les noms sont affichés avec leur âge et leur profession. Propriété d’une association, elle est desservie aujourd’hui par la « Famille Missionnaire de Notre-Dame ».

Article de 2018

Sources : Edouard Herriot – Lyon n’est plus -3 la répression – Hachette 1939 / Guy Bérat – Lyon fit la guerre à la liberté – Généalogie & histoire n°127 / B.Benoit, R.Saussac – Lyon, la Révolution, le Consulat et l’Empire – ELAH 2017

1814 La Bataille de Limonest

20 MARS 1814 : LIMONEST, UNE BATAILLE OUBLIÉE

Février 1814 : Pendant que Napoléon lutte pied à pied en Champagne contre les armées coalisées contre lui, le maréchal Augereau commandant en chef de l’Armée de Lyon a été chargé de créer une diversion venant du sud, pour diviser les forces alliées.
L’Armée de Lyon est passée à l’offensive le 17 février, a repris Bourg-en-Bresse et Mâcon, puis Lons-le-Saunier et Poligny le 4 mars.

Fantassin du 1er léger

Les Autrichiens réagissent : ils détachent un corps d’armée vers le sud par la vallée de la Saône sur le flanc de l’armée de Lyon. Le 5 mars Augereau ordonne le repli et le redéploiement dans la vallée de la Saône. Le 11 mars la division Musnier en pointe se heurte aux Autrichiens supérieurs en nombre au sud de Mâcon : elle doit reculer sur Belleville. Le 18 mars c’est la bataille de St-Georges-de-Reneins (voir l’article) : attaquée à la fois dans la vallée et sur la route venant de Beaujeu, malgré une belle résistance, l’armée doit se replier sur Limas, puis Limonest. Augereau y établit son quartier général au château de la Barollière.

Château de la Barollière

Le 20 mars à l’aube le front autrichien s’étend de la Tour de Salvagny à Anse avec environ 56000 combattants. L’armée d’Augereau est disposée de Couzon à Tassin par Limonest et compte 16800 combattants. Elle s’est renforcée par l’arrivée les 18 et 19 mars de nouvelles troupes venant de Catalogne (division Beurmann). La division Musnier (brigades Passelac et Ordonneau) occupe la ligne des hauteurs entre Couzon, Limonest et le ruisseau le Semonet. Au centre la division Pannetier défend le plateau de Dardilly : la brigade Gudin est sur la colline du Paillet, la brigade Estève occupe Dardilly et le contrefort au dessus du ruisseau des Planches. Le 13° cuirassiers et le 4° hussards sont en 2ème ligne. À l’aile gauche la division Digeon avec les troupes arrivées d’Espagne est sur le plateau d’Ecully et le 12° hussards surveille le route de Moulins.

Logement des renforts le 19 mars à Lyon

La bataille de Limonest commence vers 13 heures. Après une préparation d’artillerie, les autrichiens passent à l’attaque sur le plateau de Dardilly. Les combats sont rudes et le village est pris et repris. Sur Limonest les engagements sont moins vifs, car une brigade ennemie est en train de contourner le massif des Monts-d’Or, de prendre Couzon et St-Romain et de s’infiltrer sur les hauteurs du massif. Le général Musnier qui commande l’aile droite, de crainte d’être tourné, ordonne prématurément le repli sur Vaise. Les brigades Gudin puis Estève doivent alors décrocher sur Ecully et la Duchère.

Plan de la bataille (R.Zins)

Pendant ce temps l’aile gauche française avance en direction de Charbonnières, mais menacée d’être tournée, elle recule en se défendant pied à pied. Vers 15 heures la situation est critique pour les divisions repliées sur Vaise. Augereau envoie la brigade Estève en renfort à Digeon sur l’aile gauche. La division Musnier et la brigade Gudin contre-attaquent à la Duchère et Rochecardon et tiennent jusqu’à la nuit. pendant ce temps à l’aile droite, Digeon attaqué sur 3 côtés doit faire retraite. Pour protéger la retraite le 13° cuirassiers et le 12° hussards chargent sur les routes à partir de la Demi-Lune, s’emparent de canons et font des prisonniers.

Contre-attaque à partir de la place Valmy à Vaise

Pendant ce temps les forces françaises dans la Bresse ont dû également se replier sur Lyon. La ville est en voie d’encerclement. Les autorités lyonnaises ne veulent pas subir de siège et estiment toute résistance vaine. Dans la nuit, l’armée d’Augereau se replie en bon ordre vers le sud sur Vienne puis Valence. Le 21 mars les autorités municipales de Lyon (maire d’Albon, préfet de Bondy) portent les clés de la ville aux Autrichiens qui entrent en ville vers 11 heures.
Le 8 avril parvient la nouvelle de la reddition de Paris, alors que les Autrichiens menacent Romans et Grenoble. Augereau signe alors le 12 une suspension des hostilités. Le 15 il est officiellement informé de l’abdication de Napoléon : le maréchal signe alors le 16 avril une proclamation de ralliement à Louis XVIII, que le maire de Lyon André d’Albon accueille avec satisfaction…
L’Armée de Lyon a rempli sa mission de détourner une partie de l’armée autrichienne vers le sud, mais ce n’a pas été suffisant pour empêcher la chute de l’Empire.

Ralliement de la Mairie de Lyon


La bataille oubliée de Limonest parfois appelée bataille de Lyon a vu s’affronter près de 80000 combattants ; les pertes françaises sont d’environ 1000 hommes, celles des ennemis de 3000. Sur cet épisode le maréchal Augereau a été accusé de laxisme et de défection. C’est injuste, car c’était une mission impossible vu la supériorité numérique de l’ennemi ; il n’a pas trahi Napoléon, même si après sa chute, comme beaucoup, il s’est rallié au nouveau régime.

Le 23 février 2014 le bicentenaire de cette bataille a été commémorée au parc de Lacroix-Laval par une reconstitution historique de grande ampleur en présence d’une foule nombreuse.

La Reconstitution historique au parc de la Croix-Laval


Article de 2010 – Dernière modification 11/2015
01/2014 article modifié suite à la mise en ligne de l’article sur la bataille de St-Georges de Reneins / Sources : Ronald ZINS – 1814 la bataille de Limonest et la chute de Lyon – Horace Cardon 2014 / Ronald ZINS – 1814, l’armée de Lyon ultime espoir de Napoléon – Horace Cardon 1998

Un site internet spécialisé (R.Zins) : www.academie-napoleon.com/

La Fortification de Lyon

ROHAULT de FLEURY et la PREMIERE CEINTURE FORTIFIEE de LYON 

Le Général baron Hubert Rohault de Fleury (1779-1866) a été un acteur majeur de la politique de fortification.
Né à Paris, il entre à 16 ans à l’Ecole Polytechnique. A sa sortie en 1798 il va à l’Ecole du Génie de Metz. Il participe aux différentes campagnes de l’Empire : il est à Austerlitz (1805) et à Iéna (1806). Il est en Catalogne en 1808 et est blessé au siège de Gérone (1809). Lieutenant-colonel en 1814, il se rallie à Louis XVIII, auquel il reste fidèle pendant les Cent-Jours. Colonel en 1816, il commande pendant 6 ans le 2° régiment du Génie. Maréchal de camp (général de brigade) en 1823, il commande le génie de l’Armée de Catalogne.

le Général Rohault de Fleury

En 1830 à l’instauration de la Monarchie de Juillet, Rohault de Fleury est nommé « inspecteur du Génie chargé des travaux défensifs de Lyon« . Pour son action pendant la révolte de canuts de 1831, il est fait grand officier de la Légion d’Honneur. En avril 1832 la ville (maire Prunelle) concède au département de la guerre la faculté d’exécuter les travaux de défense nécessaires. Il était nécessaire de fortifier la ville de Lyon, qui avait pu être occupée par les Autrichiens sans combat en 1814-1815. Rohault de Fleury reprend les projets de défense de Haxo en les adaptant.
Il conserve l’enceinte continue sur la Croix-Rousse et Fourvière, mais il y ajoute des forts détachés en avant de l’enceinte. Il y aussi nécessité de protéger à l’est les nouveaux quartiers des Brotteaux et de la Guillotière par une série de forts sur la rive gauche du Rhône.
Rohault de Fleury commande les troupes de la Croix-Rousse lors de la répression de la Révolte des Canuts d’avril 1834, il est promu lieutenant-général. Il quitte Lyon en 1837 et participe à la prise de Constantine en Algérie. Mais les travaux de fortification de Lyon seront continués selon ses plans.

Les premiers travaux de construction commencent dès 1831, concernant en premier les forts détachés. L’enceinte de la Croix-Rousse est relevée sur son ancien tracé ; le bastion St-Jean côté Saône est transformé en un puissant ouvrage d’artillerie et une caserne est construite sur le bastion St-Laurent. L’enceinte de Fourvière est reconstruite de 1834 à 1838.

Les Fortifications de la première Ceinture

Sur la rive droite de la Saône on trouve : le fort de Sainte-Foy aujourd’hui caserne de CRS, la lunette du Petit Sainte-Foy, le fort Saint-Irénée (1831) doté d’une grande caserne devenu résidence universitaire, le fort de Loyasse (1838) sur le versant ouest du coteau aujourd’hui à l’abandon avec une annexe la « lunette du fossoyeur » dans le cimetière de Loyasse bien conservée, le fort de Vaise (1835) géré par une fondation et le fort de la Duchère (1844) de forme pentagonale étoilée sur le plateau du même nom, plus éloigné pour contrôler la route de Paris et aujourd’hui disparu.

Fort Saint-Irénée : pavillon d’entrée et caserne
« Lunette du Fossoyeur » dans le cimetière de Loyasse
Caserne du fort de la Duchère

Entre Saône et Rhône, en avant de l’enceinte de la Croix-Rousse, ce sont le fort de Caluire (1831) disparu (emplacement du stade Henri Cochet) et le fort de Montessuy (1831) dont il reste quelques vestiges. Un projet d’ouvrage barrant le sud de la presqu’île ne sera pas réalisé.

Sur la rive gauche du Rhône du nord au sud sont construits : la batterie du haut-Rhône (1854) démolie 15 ans après pour aménager l’entrée du parc de la Tête-d’Or, le fort de la Tête d’Or (1832) à l’emplacement de l’ex-musée Guimet, la lunette des Charpennes (1842) remplacée par le lycée du Parc, le fort des Brotteaux (1831) remplacé par l’ex-gare des Brotteaux, le fort de Villeurbanne ou Montluc (1831) le plus important de la rive gauche, dont il ne reste que la partie centrale, le « cavalier », transformé en hôtel de Police.

Plan du Fort Montluc


Le fort Lamotte (1832) transformé en caserne (quartier Sergent Blandan) et aujourd’hui restructuré en parc de loisirs le « Parc Blandan », le fort du Colombier (1831) disparu sous les rues à l’est de la place Jean Macé et le fort de la Vitriolerie (1840) au bord du Rhône, dont il ne reste que la caserne fortifiée au milieu du quartier Général Frère.
L’ensemble de la ceinture fortifiée doit être armée de 7 à 800 pièces d’artillerie. Les ouvrages avancés sont construits progressivement jusqu’en 1854. Le maréchal de Castellane les visitera tous et sera satisfait de leur construction.

Les plans de Rohault de Fleury ne prévoyaient pas d’enceinte continue – inutile – sur la rive gauche. C’est sur la pression des autorités civiles, qui veulent percevoir l’octroi, qu’une enceinte sans intérêt militaire est finalement édifiée sur la rive gauche entre 1839 et 1847 reliant tous les forts entre eux. C’est un gros bourrelet de terre de 7-8 m d’épaisseur dont le terre-plein est une voie de desserte et dont les fossés sont irrégulièrement remplis par la nappe phréatique.

Une vingtaine d’années plus tard, la portée de l’artillerie a progressé, la ville s’est agrandie, les forts en sont trop proches et cette ceinture fortifiée construite sous Louis-Philippe est devenue obsolète…

Après la Guerre de 1870 sous la III° République, une deuxième ceinture fortifiée, faite de forts beaucoup plus éloignés de la ville, sera construite sur les plans de l’ingénieur Séré de Rivières.

Article de 2011 – Dernière modification 03/2025
Sources : R.Bonijoly – les systèmes fortifiés de Lyon – Association Vauban 2005 / Dallemagne & coll. – les Défenses de Lyon – ELAH 2006

Le XIV° CA de Lyon

Le XIV° CORPS D’ARMÉE de LYON 1900-1914

Le XIV° Corps d’Armée (CA) implanté sur la XIV° Région Militaire est créé en 1873. Son territoire s’étend sur les 5 départements de l’ensemble Dauphiné et Savoie, plus la bordure est du Rhône avec Lyon , ainsi que le nord des Alpes de Haute-Provence (Basses-Alpes à l’époque) avec Barcelonette.
L’état-major est fixé à Lyon, où le général commandant le XIV° CA a rang de Gouverneur Militaire.

Carte de la XIV° Région

De 1900 à 1914 se succèdent les généraux Zédé (1895-1902), Grasset (1902-03), de Lacroix (1903-06), Galliéni (1906-08), Robert (1908-11), Courtebaisse (1911-13) et Pouradié-Duteil (1913-14) qui en août 1914 part pour le front d’Alsace avec son corps d’armée.

Général de Lacroix Gouverneur Militaire de Lyon


Pendant cette période les régiments sont beaucoup plus stables et les mouvements d’une garnison à l’autre plus limités par rapport à la fin du XIX° siècle. Parmi les régiments et unités présentes dans la XIV° Région Militaire, il faut distinguer les unités appartenant au XIV° CA et les unités indépendantes stationnées sur la région.

UNITÉS du XIV° CORPS D’ARMÉE

Infanterie
L’infanterie rattachée au CA compte 2 divisions (DI) les 27° et 28° DI, 4 brigades et 8 régiments d’Infanterie (RI).


27° Division (QG Grenoble)

53° brigade (Grenoble)1900190519101914
Romans75°RI75°RI75°RI75° RI
Grenoble140°RI140°RI140°RI140°RI
54° brigade (Gap)
Gap22° RI99°RI17°RI157°RI
Montélimar52° RI52°RI52°RI52°RI

28° Division (QG Chambéry)

55° brigade (Annecy)1900190519101914
Annecy / Rumilly / Thonon30°RI30°RI30°RI30°RI
Lyon / Vienne96°RI96°RI99°RI99°RI
56°brigade (Chambéry)
Sathonay / Bourgoin99°RI22°RI22°RI22°RI
Chambéry97° RI97°RI97°RI97°RI

Le 17°RI qui apparait à Gap en 1910 a été « éloigné » de sa garnison de Béziers au moment de la crise viticole de 1907, remplacé par le 96°RI qui quitte la région. Une partie de ce 17° est à Lyon (Ancien Petit Séminaire de St-Jean). Les « petites » garnisons de Vienne et Bourgoin n’accueillent qu’un bataillon, la partie principale du régiment est à Lyon ou Sathonay. Les 22° RI et 99° RI sont importants dans l’histoire militaire de Lyon. Après la Grande Guerre la 27° division regroupera les troupes alpines.

Cavalerie 14° brigade Valence :
4° Dragons Chambéry et 1er Hussards Valence

Les officiers du 4° Dragons de Chambéry vers 1906

Artillerie 14° brigade Grenoble :
2° RA Grenoble et 6° RA Valence ; 54° RA créé en 1910 (Lyon Vitriolerie)

Génie : 14° bataillon Grenoble
Train des Équipages : 14° escadron Lyon (Part-Dieu)
Santé : 14° SIM Lyon

Adjudants du 14° escadron du Train

UNITÉS EN DEHORS du XIV° CA

Infanterie
Brigade régionale de Lyon : 157° RI (Serin) et 158° RI (St-Irénée), régiments d’infanterie alpine, qui envoient chacun 2 bataillons dans la Alpes. En 1913 cette brigade est dissoute : le 158° part dans les Vosges et le 157°RI inclus dans le XIV°CA est envoyé à Gap.
Une unité est non embrigadée : 159° RI de Briançon, le « régiment de la neige »

159° RICaserne Ste-Catherine, Briançon

Infanterie Coloniale
En 1913 les 5° et 6° Régiments d’Infanterie Coloniale (RIC) viennent à Lyon remplacer respectivement les 157° et 158° RI.

Bataillons alpins de Chasseurs à pied
11° BACP à Annecy, 12° BACP Embrun, 13° BACP à Chambéry, 22° BACP à Albertville, 14°, 28° et 30° BACP à Grenoble. En 2023 le 13°BCA est toujours à Chambéry.

6ème division de Cavalerie

7° & 10° Cuirassiers, 2° Dragons à Lyon (Part-Dieu) – 17° puis 19° Dragons (en 1907) à Vienne

La Part-Dieu quartier des Dragons

Génie : 4° RG Grenoble
Artillerie à pied : 12° Bat. Briançon
Ouvriers d’Artillerie : 7ème compagnie Lyon (la Mouche)

Régiments du XIII° CA (Clermont-Ferrand)
stationnés en partie à Lyon (Sathonay) : 98° RI (Roanne) et 121° RI (Montluçon).

Article de 2018dernière modification 08/2023

La Mobilisation de 1914

La MOBILISATION GÉNÉRALE de 1914 À LYON et dans LA RÉGION

Le 1er août 1914 la mobilisation générale est décrétée pour commencer le lendemain dimanche 2 août.

L’Affiche de la Mobilisation Générale

Le 14ème CORPS d’ARMÉE 
En 1914 le Gouverneur militaire de Lyon commande le 14° Corps d’Armée (14° CA) dont le territoire couvre Lyon et les 5 départements du Dauphiné et de la Savoie. Le 14° CA est articulé en deux divisions d’infanterie les 27° et 28°DI accompagnées des « Eléments Organiques de Corps d’armée » (EOCA) avec les moyens de soutien.
La 27° Division, répartie en 2 brigades, comprend
- 4 régiments d’infanterie (RI), les 75° (Romans), 140° (Grenoble), 52° (Montélimar) et 157° (Gap)
- 4 bataillons alpins de Chasseurs à pied (BACP), les 12° (Embrun), 14°, 28° et 30°(Grenoble).
- le 2° Régiment d’artillerie (RA) de Grenoble.
- un escadron, compagnie ou batterie du 9° Régiment de Hussards de Chambéry, du 4° régiment de Génie de Grenoble et du 1° régiment d’Artillerie de montagne (RAM) de Grenoble

Organigramme du 14° CA

La 28° Division comprend de même :
- 4 régiments d’infanterie, les 22° (Sathonay /Bourgoin), 99° (Lyon fort Lamotte / Vienne), 30° (Annecy) et 97° (Chambéry).
- 3 BACP, les 11° (Annecy), 13° (Chambery) et 22° (Albertville)
- le 54° régiment d’Artillerie (Lyon Vitriolerie).
- un escadron ou compagnie du 9° Hussards et du 4° Génie

Les EOCA sont composés de :
- la partie principale du 9° Hussards,
- du 6° RA de Valence,
- de 4 compagnies du 4° Génie de Grenoble
- d’une compagnie de quartier général
- du 14° Escadron du Train de Lyon (Part-Dieu)
- de la 14° Section d’Infirmiers Militaires (SIM) de Lyon.

Mobilisation du XIV° CA


UNITÉS NE FAISANT PAS PARTIE du 14° CA :
La région accueille une partie de la 6° Division de Cavalerie. Ce sont les 7° et 10° Cuirassiers et le 2° Dragons de Lyon Part-Dieu et le 13° Chasseurs de Vienne.
Les 5° et 6° Régiments d’Infanterie Coloniale (RIC) de Lyon (Serin et St-Irénée) forment une brigade coloniale rattachée au 14° CA transférée dès le 13/08 au 13°CA. Les régiments d’infanterie de Réserve (222°, 299°,275°…) font partie des 64° et 74° DI de réserve.

Le DÉPART du 14° CA 
Dès le 1er août le CA fait partir en couverture la 6° Division de Cavalerie stationnée dans la région : elle rejoint le 21°CA sur la crête des Vosges.
L’ordre de mobilisation est reçu ce même jour à 17h30. Le 4 août au matin départ des officiers de cantonnement et du personnel des subsistances sur Epinal. Le général Pouradier-Duteil, gouverneur de Lyon, commandant le CA part le soir et arrive le lendemain au matin à Épinal. Le 5 août la fraction principale du QG du CA part par train de nuit pour Épinal. Le QG est installé à Arches au sud d’Épinal le 6 à 12h ; le 10 il est déplacé à Bruyères.
Du 5 au 10 les unités combattantes du 14°CA effectuent leur concentration selon les plans établis ; l’artillerie débarque ensuite. Le 14° CA (44000 hommes) fait partie de la 1ère Armée (Général Dubail). Très vite des bataillons de chasseurs vont être transférés à l’armée d’Alsace (12° 22° 28°), alors que le 7° BCA de Draguignan est affecté au 14°CA.

Départ du 99° à Vienne


Chaque régiment suit un plan établi à l’avance. Par exemple pour le 22°RI, la partie principale du régiment (EM + 2 bataillons) quitte le camp de Sathonay par la route à pied le 2 août pour rejoindre le bataillon stationné à Bourgoin et de là partir en train pour Épinal le 6 au soir.
Pour le 99°RI le 6 août, la partie principale du régiment gagne la gare des Brotteaux. Le même jour à Vienne le 2ème bataillon du 99° après une prise d’armes dans la cour de la caserne rejoint la gare pour être transporté à Lyon et rejoindre la partie principale du régiment.

Le départ de Vienne

En même temps le 299°RI, régiment de réserve dérivé, se constituait à Ste Colombe les Vienne et le 7 août embarquait dans 2 trains pour gagner la région de Chambéry. L’Italie ayant affirmé sa neutralité, le régiment part le 20 août pour les Vosges.

Le DÉBUT des OPÉRATIONS 
Dès le 8 août les bataillons de chasseurs sont poussés sur Corcieux et montent aux cols du Bonhomme et de Ste-Marie (Vosges centrales), où ils se trouvent face aux allemands. Le 13/08 le 14° CA tient la ligne de crête du col d’Urbeis au nord au col du Bonhomme au sud, puis progresse sur le versant est, où se produisent les premiers affrontements et le 19-24 août c’est la bataille sur la Bruche, suivi du retrait général de la 1° Armée. Le général commandant le 14°CA sera remplacé dès le 24 août, sans motif avéré.

La MOBILISATION de L’ARRIERE 
À la mobilisation militaire succède pour les régions en arrière du front une mobilisation des industries métallurgiques et chimiques, ainsi qu’une mobilisation sanitaire sans précédent.

Article de 2013 – Dernière modification 08/2014

Source : JMO du 14°CA –