Le Fort Lamotte /Blandan

CHÂTEAU et FORT LAMOTTE – QUARTIER SERGENT BLANDAN 

Cette emprise militaire du 7° arrondissement de Lyon se distingue par une riche histoire. Sur la rive gauche du Rhône, il existait un certain nombre de petites éminences naturelles : le nom de celle qui nous intéresse, aussi écrit LA MOTTE ou LAMOTHE vient du fait qu’elle a très probablement porté une « motte » féodale (XI°-XII° siècles). Située au sud-est du faubourg de la Guillotière, elle devait contrôler le nœud routier des communications vers l’est et le sud.

LE CHÂTEAU
Le château est mentionné pour la première fois en 1476, le châtelain est alors Jean de Villeneuve. Son petit-fils Charles, baron de Joux vend la seigneurie en 1530 à maître Hugues du Puy, procureur, échevin de Lyon en 1537/38 qui se titre Sieur de la Motte. Château et seigneurie sont transmis par héritage en lignes féminines. Vers 1602, les Platel de Vaux et Bourdon de Chazottes se partagent la seigneurie. Les uniques descendantes Platel, religieuses, cèdent leurs droits à leur couvent Sainte-Elisabeth de Bellecour. Quant à la part Bourdon, elle passe après des transactions successives à Jacques de Laube qui vend en 1687 sa part à cette même maison religieuse.

Le Château de la Motte par Leymarie


Entre temps le château accueille des hôtes illustres. Le 6 juin 1556 le cardinal-légat Caraffa, neveu du pape Paul V y loge. De même Marie de Médicis y séjourne le 3 décembre 1600, avant son entrée solennelle à Lyon et son mariage avec Henri IV à la cathédrale Saint-Jean. Le château est à nouveau le lieu de réunion et le point de départ des festivités pour la réception de Louis XIII (11 décembre 1622) venu de Montpellier rejoindre à Lyon les deux reines, sa mère et sa femme. En 1642, c’est Gaston d’Orléans qui loge au château.

LE FORT
Le couvent Sainte-Elisabeth conserve ses biens jusqu’à la Révolution ; le château et son domaine devient alors bien national : en 1791 il est vendu 13000 livres au sieur Verdet. Le propriétaire est par la suite M° Ducreux avoué à Lyon. En 1831 ce dernier est exproprié pour 249000 F par l’autorité militaire.

En effet, le roi Louis-Philippe a chargé le maréchal de camp Rohault de Fleury de fortifier la ville de Lyon ; pour protéger l’extension de l’agglomération sur la rive gauche du Rhône, il fait construire une ceinture de forts, dont le fort La Motte édifié de 1832 à 1848 et orienté vers l’est. Rohault de Fleury, soucieux du patrimoine, préserve heureusement le château, en l’englobant dans le bastion sud-ouest du fort, ce qui donne au plan de ce bastion une forme quadrangulaire. De ce fait le château est le seul conservé de la rive gauche du Rhône (Montvert, les Tournelles, Montchat disparus, Champagnieux inclus dans l’hôpital St-Jean-de-Dieu…). Le fort La Motte, qui pouvait être armé de 58 pièces d’artillerie, abritait le commandement du secteur fortifié oriental de la ville et le château le logement des officiers.

Plan Original du fort La Motte


LA CASERNE
Avec l’augmentation de la portée de l’artillerie, les forts du type Rohault de Fleury deviennent vite obsolètes. Dès le second Empire le fossé ouest est remblayé et remplacé par une grande esplanade fermée à l’ouest en 1863 par un « Grand Casernement » de 230 m de longueur à 2 niveaux (elle sera portée à 3 niveaux à la fin du siècle). À la même époque on ferme l’esplanade au sud par 2 pavillons et un magasin d’armes. À partir de 1873, une nouvelle ceinture de forts plus éloignés est construite selon les concepts du général Séré de Rivières et en 1884, le fort La Motte est déclassé. La caserne fortifiée du réduit est détruite, le réduit lui-même est arasé et on y construit trois bâtiments de logement des troupes (1881/82). Le fort est devenu une caserne de la garnison pouvant contenir deux régiments. Beaucoup d’unités y séjournent. Deux bataillons du 52° RI en 1889 ; la partie principale du 96°RI en 1894-1905, puis celle du 99° RI y est logée en 1905-1914. Ces régiments y cohabitent avec le 98° RI, unité du XIII° CA (Clermont-Ferrand) dont la partie centrale est à Roanne.
/

Exercice militaire devant le château
Le 99° RI réuni en 1906 sur la grande esplanade


Après la Grande Guerre, le 99° RI ou sa partie principale est à nouveau hébergée au quartier Lamotte.

LE QUARTIER SERGENT BLANDAN
En octobre 1942, à l’occasion du centenaire du combat de Beni-Mered, la caserne la Motte est rebaptisée caserne Sergent Blandan. Des hangars sont construits à l’est (1947). Dans les années 1950, la CRT8 (Compagnie Régionale du Train), la 8° SIM (Infirmiers Militaires) y sont logées. En 1964-68 elle accueille le 99° RI, puis en 1968 le GMR5 (Groupement des Moyens Régionaux) regroupe les éléments du train, de la Santé, des transmissions, la musique…
Le GMR5 devient en 1984 GMR5/22° RI, redevenu par la suite 22° RI. Le quartier loge aussi la 2° compagnie du 45° Régiment de Transmissions de Montélimar qui gère les centres de transmissions de la CMD de Lyon. Le château abrite également depuis 1963 de manière inconfortable un centre de recrutement de la Légion Etrangère. Dans les années 2000, l’armée abandonne progressivement les bâtiments, le grand casernement est occupée par la police, puis encore aujourd’hui par l’Université Lyon 2 et le CROUS.

Plan du Quartier Sergent Blandan
Vue aérienne du Quartier

Une association de sauvegarde réussit à éviter une opération immobilière et obtient la création d’un parc urbain.

Le Grand Casernement en 2012

LE PARC BLANDAN
L’ensemble du quartier de 17 hectares est donc acquis par le Grand Lyon en juillet 2007 pour 15 millions d’euros et fait l’objet d’un projet de rénovation urbain et paysager, le « parc Blandan ». Les espaces libres sont envahis par la végétation et le château est bien dégradé. Début 2012, 11 bâtiments sont promis à la démolition. En septembre 2013 la première tranche du parc est inaugurée. Le grand casernement devenu résidence universitaire est séparé de l’esplanade par une longue grille. La muraille et les 2 bastions est du fort ont été dégagés et rénovés, avec une vaste pelouse baptisée « Plaine des douves ».

La façade est du fort en 09/2013 avec un bâtiment de 1882


La clôture le long de la rue du Repos a été abattue et les murs du bastion sud-ouest en partie dégagés, rendant le château mieux visible. Une deuxième tranche de travaux devrait aménager la partie centrale du fort.
En 2018 après appel à projet le magasin d’armes, bâtiment à droite de l’entrée devrait être transformé en Hôtel et le château être dédié à la restauration avec 2 restaurants et 2 bars.

Des fouilles archéologiques effectuées en 2019-2020 dans la cour du château ont découvert les traces d’une implantation gallo-romaine.

Le Château en janvier 2018

Dernière modification 09/2021
Source : Jean-Pierre Philibert – Le château de la Motte – Conférence 2001 /
ADPB – la fabuleuse histoire de l’Association Parc Blandan -plaquette 2014

La Libération de Lyon

LIBÉRATION de LYON et de sa RÉGION (15 août- 14 septembre 1944)

Les ALLIÉS DÉBARQUENT
15 août 1944 : débarquement allié en Provence Les forces alliées du général Patch remontent en direction de Lyon. Le 6° corps d’armée américain (6° CAUS) du général Truscott emprunte la route des Alpes, pendant que l’armée B (future 1ère Armée Française) du général De Lattre de Tassigny, libère Toulon et Marseille.
L’armée de Lattre est partagée ensuite en un 1er CA (général Béthouart 3°DIA 9°DIC 2°DIM) qui prend la route de Alpes et un 2ème CA (général de Monsabert – 1°DB + 1°DFL) qui franchit le Rhône et remonte la rive droite du Rhône sur les talons de la XIXème armée allemande (général Weise) qui se replie.

La RÉSISTANCE SE MOBILISE
Les résistants FFI de chaque département passent à l’action pour faciliter l’avance des troupes alliées et participer à la Libération. Le chef des FFI de la région est Alban-Vistel, successeur de Chambonnet ; son commandant militaire est le Lcl. Descour « Bayard ».

- 22 août : Le maquis de la Loire (Cdt Marey « Hervé ») fait capituler une forte colonne allemande venant du Puy, à Estivareilles à l’ouest de Saint-Etienne, où il défile le 25 août.

Villeurbanne, barricade rue Edouard Vaillant


- 22-23 août : Les FFI du Rhône (Cdt Basset « Mary ») accrochent des colonnes ennemies venant de Roanne et Tarare.
- 23 août : libération de la Tarentaise, mais le Cne Bulle a été tué à Albertville, alors qu’il traitait avec l’ennemi encerclé (20 août). Descour ordonne aux maquis de converger vers la nationale 7 dans la vallée du Rhône. Le Cne Faure fait sauter le pont de Livron, bloquant temporairement le repli de l’armée allemande attaquée sur son flanc par les américains entre Loriol et Montélimar (bataille de Montélimar 24-29 août).
- 24 août : appel à la grève générale
- 24-26 août : À Villeurbanne action spontanée prématurée de la population, avec le soutien des FTP : les habitants élèvent des barricades, la réaction allemande fait nombre de victimes. Fusillade de la rue Tronchet à Lyon.
- 24-28 août : Des FTP de l’Ardèche sont à Brignais, mais ils doivent décrocher le 28.
- 27-29 août : libération prématurée et barricades FTP à Oullins, détruites le 29. Des FFI du Rhône (Cne Challéat) tâtent le terrain de Tassin à Charbonnières.

La CONVERGENCE sur LYON
– 28 août : Grenoble est contrôlée par les FFI, quand l’avant-garde du 6° CAUS y parvient. Descour ordonne aux FFI de converger sur Lyon.
- 28-30 août : Le maquis de la Loire (Cdt Marey) est engagé sur la RN 86 de Givors à Brignais pour gêner le repli ennemi. Le 31, la 11° Panzerdivision (Général von Wiedersheim) traverse Lyon vers le nord en bon ordre.

- 1er-2 septembre : Pour permettre au reste de la XIX° armée allemande de traverser Lyon, la 11° PzD conduit une offensive sur la Valbonne et Meximieux pour retarder la 45°DI du 6° CAUS, soutenu par un important détachement des maquis de l’Ain (600 hommes – Cne Colin). Des unités de la 36°DIUS (américains) arrivent au sud-est de Lyon (Heyrieux), elles n’entreront pas dans la ville, se contentant d’envoyer quelques patrouilles de reconnaissance.

Les Allemands s’en vont…

LIBÉRATION de LYON
– 2 septembre : La XIX° Armée a traversé Lyon ; les allemands évacuent la ville, et mettent en oeuvre la destruction méthodique des ponts, ceux du Rhône en premier dans la journée, puis ceux de la Saône en soirée. Les maquisards du Cdt Bousquet « Chabert », partis de Bourgoin, atteignent la rive gauche et la Préfecture à Lyon dans l’après-midi. Le Commissaire de la République Yves Farge s’y installe, alors que sautent les ponts de la Saône. Il n’y a pas eu de bataille pour la libération de Lyon… Dans la soirée l’avant-garde du 2°RSAR (Régiment de Spahis algériens de reconnaissance) en provenance de Rive-de-Gier tient les carrefours à Tassin et Ecully.

Insigne du 1er RFM

– dimanche 3 septembre : au matin l’avant-garde du 1° régiment de fusiliers marins de la 1ère DFL (général Brosset) remontant la rive droite du Rhône, puis de la Saône passent par le pont de l’homme de la Roche resté intact et arrivent dans la presqu’île vers 9 heures. Le général Brosset arrive à l’Hôtel de ville au volant de sa jeep : Lyon est libérée.

Le général Brosset au volant de sa jeep

Brosset fait fonction de commandant de la place de Lyon pendant 3 jours. FFI et FTP entrent en nombre dans la ville. Au soir Anse et Villefranche sont libérées avec l’aide des FFI du Rhône.

Résistants à Lyon: à droite casqué le Cne Jean Hourst

Les SUITES DE LA LIBÉRATION de LYON
– 4 septembre : Des désordres ont lieu dans les rues de Lyon, où circulent beaucoup d’hommes en armes. Des tirs depuis la rive gauche du Rhône provoquent l’incendie du dôme de l’Hôtel-Dieu. Libération de Bourg-en-Bresse avec l’appui des maquis de l’Ain.

4 septembre: incendie du dôme de l’Hôtel-Dieu


- 5 septembre : Le général de Lattre de Tassigny arrivé à Lyon passe en revue vers 16h place Bellecour les unités qui ont participé à la Libération de Lyon en compagnie du général de Monsabert et du général Brosset : éléments de la 1ère DFL et les unités de la Résistance : FTP du Rhône, SAS Cne Hourst, FTP de l’Ardèche, FFI de la Loire (bataillon Marey), FFI du Rhône (bataillon Berthier) FFI de l’Isère Cne Thivollet. De Lattre nomme le Lcl. Descour gouverneur militaire de Lyon.

De gauche à droite: Brosset, Yves Farge, de Lattre, de Monsabert

Défilé de la 1ère DFL le 5 septembre


- 12 septembre : nouvelle prise d’armes place Bellecour présidée par Descour pour honorer et récompenser FFI et FTP.
- 14 septembre : le Général de Gaulle rend visite à la ville de Lyon libérée. Arrivé à Bron il se rend à la Préfecture, puis passant le pont de la Guillotière (le seul rétabli) descend de voiture et parcourt à pied la rue de la Barre et la rue de la République jusqu’à l’Hôtel de Ville. Du balcon il prononce un discours face à une foule enthousiaste.

Préfet Longchambon, De Gaulle, Yves Farge, Justin Godart et Descour

Grâce à l’aide des FFI, il n’a fallu que 19 jours pour libérer Lyon, alors que le général Patch estimait ce délai à trois mois à partir du débarquement. Mais la région n’est pas complètement libérée : les allemands s’accrochent sur la frontière italienne et il faudra attendre la Campagne des Alpes de mars-avril 1945 pour les en déloger.

Premier journal le la Libération: 3 septembre 1944

Article de 2010 – Dernière modification 09/2019

Sources : Marcel Ruby – Lyon et le Rhône dans la guerre – Horvath 1990 / général Lescel -Objectif Lyon – L’Histoire Proche 2004

Les Hôpitaux Temporaires Lyonnais

HÔPITAUX PERMANENTS & TEMPORAIRES à LYON et dans le RHÔNE en 1914-1918

Août 1914, premier mois de guerre, les premiers trains sanitaires transportant des blessés arrivent à partir du 21 à la gare de Vaise, puis également à la gare de la Part-Dieu, remplacée par la suite en 11/1915 par la gare des Brotteaux.
La ville de Lyon, éloignée des combats, bien placée sur un grand axe d’évacuation et bien dotée en infrastructures va jouer un rôle majeur dans le traitement des blessés et malades.
La capacité importante d’accueil des Hôpitaux Permanents et des Hôpitaux Temporaires déjà prévus va être immédiatement insuffisante, ce qui amène à organiser d’autres hôpitaux temporaires dans tous les bâtiments disponibles : écoles, institutions religieuses… Ils sont répartis en plusieurs catégories administratives (complémentaires, auxiliaires, bénévoles). Leur numérotation couvre l’ensemble des formations de la 14° Région Militaire (par exemple le HC 2 est à Vienne).

Train Sanitaire à la Gare de Vaise

Les HÔPITAUX PERMANENTS
En 1914 Lyon compte deux hôpitaux militaires (HM) : l’hôpital Desgenettes, quai Gailleton (2°) et l’hôpital Villemanzy, montée St-Sébastien (1°) qui accueille des soldats allemands. Début septembre 1914 le lieutenant Charles de Gaulle est soigné à Desgenettes pour une blessure au genou.

Dès les premiers jours de la Guerre, les hôpitaux civils s’ouvrent largement aux patients militaires. Les hôpitaux des Hospices Civils de Lyon (HCL) (Hôtel-Dieu, hôpital de la Croix-Rousse, Hospice de la Charité et hôpital de l’Antiquaille) apportent le plus grand nombre de lits : 1800 lits, jusqu’à 2200 fin 1915, diminuant à 1450 lits fin 1918. Ces hôpitaux, qui doivent aussi assurer les soins pour la population, organisent et gèrent des hôpitaux annexes pour les militaires.
- Hôpital de la Charité : 10 annexes
- l’Hôtel-Dieu : 29 annexes dans des bâtiments divers, dont le palais de la Bourse, la salle Rameau, l’école dentaire…
Les autres hôpitaux civils participent à l’oeuvre sanitaire : hôpital de Villeurbanne…et les hôpitaux du Rhône : Villefranche, Beaujeu, Anse, Belleville, Givors…

Annexe au Palais de la Bourse

Les HÔPITAUX COMPLÉMENTAIRES (HC)
Ils dépendent directement du Service de Santé Militaire, qui les a réquisitionnés. Ils sont ouverts en août -septembre 1914 et ferment dans le courant de 1919.
- HC 9 : École du Service de Santé, avenue Berthelot, 200 lits qui soigne des soldats allemands.
- HC 10 : groupe scolaire, 4 rue Tissot (9°), puis 18 rue Bossuet (6°), 180 lits
- HC 11 : Groupe scolaire, 2 place Cdt Arnaud (4°) jusqu’en 1916, puis Brasserie Dupuis, 136 bvd Croix-Rousse (ex H26bis).
- HC 12 : Hôpital du Vinatier, Bron, 245 lits, où le professeur Lépine soigne les troubles psychiques.
- HC 13 : Ecole St-Thomas d’Aquin, 18 rue du Perron, Oullins, 110 lits. Retour ligne manuel
- HC 14 : Ecole d’Agriculture d’Ecully, 110 lits.
- HC 15 : Institution Leidrade, 59 montée du Chemin-Neuf.
- HC 16 : Lycée de jeunes filles, pl. Edgar Quinet (6°), jusqu’en 07/1917, 430 lits.
- HC 17 : restaurant Pré-aux-Clercs, 79 cours Vitton (6°), 150 lits, coordonné avec HC 34.
- HC 18 : Externat St-Joseph, 15 rue Ste-Hélène (2°), ??
- HC 19 : Clinique du Dr Albéric Pont, 22 rue de St-Cyr & quai Jaÿr (9°), 150 lits pour les « Gueules Cassées » un des pôles d’excellence lyonnais, (aujourd’hui groupe scolaire de la Gare d’Eau) .

HC 19 quai Jaÿr


- HC 20 : groupe scolaire, 19 av. Berthelot (7°), en face de l’Ecole de Santé, 150 lits.
- HC22 : Ecole mariste de théologie, de 09/1914 à 02/1915 devient H246bis
- HC 21 : institution Lamartine, 3 chemin des Chassagnes, Oullins, 150 lits.
- HC 34 : Brasserie du Parc et Ecole ménagère, 16 rue Masséna (6°), (voir HC 17)
- HC 35 : Piscine boulevard Pommerol (Stalingrad), 09/1915, ?
- HC 38 : locaux Exposition Universelle de 1914, avenue des Nations (rue Challemel-Lacour 7°), de 02/1915 à 1922, 1650 lits. Dépot de convalescents coordonné avec le centre de réforme, 83 avenue Leclerc (7°).
- HC 40 : groupe scolaire, 40 rue Boileau (6°), 280 lits.
- HC 44 : groupe scolaire, 6 place Morel, , 210 lits.
- HC 45 : Nouveau Lycée (Lycée du Parc), de 08/1915 à 05/1919, 830 lits. accueille les prisonniers rapatriés ou échangés.
- HC 67 : Frères Maristes à St-Genis-Laval, 400 lits pour malades, ex HA 63

1915 Arrivée de rapatriés au Lycée du Parc

Les HÔPITAUX AUXILIAIRES (HA)
Ils sont organisés par des sociétés d’assistance humanitaire. Au nombre de 48 dans le Rhône, ouverts en août septembre 1914, ils ferment au début ou dans le cours de 1919.

Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM) faisant partie de la Croix-Rouge :
- HA 1 : les Minimes, 11 rue des Macchabées (5°), 360 lits.
- HA 2 : les Lazaristes, 24 montée St-Barthélémy (5°), 220 lits avec une salle d’opération.
- HA 3 : les Anglais, chemin des Massues, 205 lits (mutilés)
- HA 4 : Grand Séminaire de Francheville, 17 rue des Fonts / Ste-Foy, 140 lits avec une salle d’opération et radiologie.
- HA 5 : Pensionnat St-Louis, 1 cours des Chartreux (1°), 210 lits avec une salle d’opérations.
- HA 6 : les Chartreux, 58 rue Pierre Dupont (1°), 150 lits avec une salle d’opérations.
- HA 7 : Collège Montgres à Villefranche, 210 lits.
- HA 19 : Frères des Écoles Chrétiennes (aujourd’hui mairie) à Caluire, 370 lits dont 60 lits pour aveugles.
- HA 20 : École de la Croix-Rouge, 84 rue des Charmettes (6°), 130 lits avec 2 salles d’opérations, encore en fonction en janvier 1920.
- HA 21 : École Ozanam, 145 rue de Créqui (6°), 150 lits pour convalescents.

Ecole Ozanam salle de soins


- HA 23 : École ménagère, 16 rue Masséna (6°), 56 lits, fermé en avril 1916.
- HA 24 : les Dames Auxiliatrices, 9 rue Bossuet (6°), 15 lits avec une salle d’opérations et un service psychiatrique.
- HA 25 : Œuvre des Messieurs (orphelinat), 14 rue Bourgelat (2°), 100 lits, réservé en 1918 pour les malades de la grippe espagnole.
- HA 26 : Petites Sœurs de l’Assomption, 13 rue Nicolaï (7°), 25 lits pour convalescents.
- HA 27 : religieuses du Verbe Incarné, 29 rue de la Reconnaissance – Villeurbanne, 20 lits pour convalescents.
- HA 28 : hôpital St-Joseph, 7 rue Parmentier (7°), 110 lits, avec les sœurs de la Charité, 2 salles d’opération et radiologie.
- HA 30 : villa de Mme Gillet, 31 bvd des Belges (6°), 50 lits pour convalescents, fermé en 04/1917.
- HA 31 : ancien hôtel du Gouverneur Militaire, 11 rue Boissac (2°), 60 lits pour blessés ORL en provenance de Desgenettes.

Ancien Hôtel du Gouverneur HA 31 avec la drapeau de la Croix Rouge


- HA 32 : Fondation Simon Rousseau, Fontaines-sur-Saône, 35 lits, fermé 09/1917 sur demande de la municipalité.
- HA 33 : Filles de la Charité, 22 rue Duguesclin (6°), 65 lits.
- HA 36 : Religieuses du Bon Secours, 3 rue Ste-Hélène (2°), 33 lits
- HA 36b : ancien externat des Dames du Sacré-Coeur, 6 rue Boissac (2°), 50 lits
- HA 37 : groupe scolaire de Vaugneray, 61 lits, rendu à la commune 12/1915.
- HA 45 : Infirmerie Protestante, 11 cours des Chartreux (1°), 50 lits pour grands blessés, 2 salles d’opération et radiologie.
- HA 47 : œuvre des convalescents, 27 montée St-Barthélémy (5°), 40 lits
- HA 48 : École Normale Libre d’institutrices Ste-Marie, St-Genis-Laval, 179 lits
- HA 49 : La Soie (maison Bianchini-Ferrier), 4 rue Vaucanson (1°), 200 lits avec 2 salles d’opération et radiologie.

HA 49 hôpital de la Soie, chambre des blessés


- HA 51 : Clinique St-François-d’Assise, 17 rue St-F-d’Assise (1°), 60 lits grands blessés, 2 salles d’opération.
- HA 52 : Infirmerie St-Jean, 8 avenue du Doyenné (5°), 50 lits pour convalescents.
- HA 53 : Hôpital – Hospice, 10 chemin de Montray – Ste-Foy-les-Lyon, pour convalescents
- HA 54 : École Gerson (Ecole nomale libre d’institutrices), 9 montée des Génovéfains (5°), 41 lits pour convalescents
- HA 55 : immeuble de la société « la Protectrice », 1 rue Sébastien Gryphe (7°), 145 lits pour grands blessés, une salle d’opérations
- HA 56 : pensionnat de l’ Immaculée Conception, place de la Mairie – Villeurbanne, 112 lits de convalescents

Tampon de l’HA 63


- HA 57 : Petit Lycée de St-Rambert (9°), 450 lits pour convalescents, cédé en 04/1916 au comité anglais de la Croix Rouge.
- HA 58 : usine C.J.Bonnet, 3 rue de l’Enfance (rue H. Gorjus)(4°), 60 lits
- HA 60 : lycée de St-Rambert (9°), pour malades de la garnison.
- HA 63 : Frères Maristes à St-Genis-Laval, 400 lits pour malades typhiques et tuberculeux, repris ensuite par le Service de Santé (HC 67)
- HA 64 : groupe scolaire, 94 rue Tronchet (6°), 160 lits


Formations sanitaires de l’Union des Femmes de France
Autre société d’assistance avec 8 hôpitaux, on peut citer : Retour ligne manuel
- HA101 : École Vétérinaire, quai Pierre Scize (q. Chauveau)
- HA107 : École Normale d’Instituteurs, 80 bvd Croix-Rousse
- HA108 : La Sainte Famille, 10 av. Debrousse
- HA110 : L’Oratoire, rue de l’Oratoire à Caluire
- HA111 : religieuses des Missions Africaines, rue Ernest Renan à Vénissieux
- HA112 : Groupe Scolaire, 23 rue Jacquard (4°)
- HA114 : péniches ambulances sur la Saône

Péniches-ambulances devant le fort Saint-Jean

HÔPITAUX BÉNÉVOLES (ou municipaux – numérotés en « bis »)
Gérés par des collectivités locales, des associations, des communautés… Au nombre de 64 dans le Rhône, parmi lesquels on peut citer :
- H 3bis : Armée du Salut, 71 rue Servient (3°)
- H 5bis : ancien collège de Jésuites, 35 rue Bossuet (6°) aujourd’hui mairie du 6°
- H 6bis : Ets Mercier & Chaleyssin, 7 rue Félix Jacquier (6°)
- H16bis : Pensionnat Jésus-Marie, pl.de Fourvière (5°)
- H22bis : Clinique St-Louis, 105 Grande rue de la Guillotière (7°)
- H26bis : brasserie Dupuis, 140 bvd de la Cx-Rousse – en 08/1916 devient HC11
- H187bis : hôpital St-Luc, 20 quai Claude Bernard (7°)
- H192bis – Couvent du Sacré-Cœur, 69 rue de l’Enfance (Henri Gorjus) 70 lits
- H197bis : Frères de St-Jean de Dieu, 206 route de Vienne (7°)
- H213bis : hôtel de Russie, rue Gasparin (1°)
- H222bis : hôtel Royal, place Bellecour
- H246bis : École mariste de théologie, 14 chemin du gd Roule/ Ste-Foy, ex HC22, 165 lits.

Infirmerie de la Gare de Vais


INFIRMERIES de GARE
- Infirmerie de la gare de Vaise, 08/1914 – 01/1919
- Infirmerie de la gare des Brotteaux , 11/1915 – 01/1919
- Poste de secours de la gare Perrache, pour blessés en transit, avec une cantine tenue par une bénévole Mme Bizolon.

Cantine de Mme Bizolon à Perrache

BILAN DE LA GUERRE
La ville et sa région ont participé à l’immense effort qui a permis la victoire dans la Grande Guerre : effort industriel, rôle dans les télécommunications et mobilisation sanitaire comme pour la guerre de 1870/71. Dans le Rhône, environ 190 formations sanitaires (120 dans la Métropole de Lyon actuelle) accueillirent entre 150 et 200 000 blessés et malades, dans environ 7000 lits. Il y eut environ 3000 décès (469 en 1914, 1035 en 1916), pour les 2/3 de maladies (tuberculeux et grippe espagnole). Cet énorme effort de solidarité n’a été possible que par la mobilisation des autorités et des œuvres charitables et surtout par le dévouement du personnel soignant (10/12000 personnes) dont une majorité de femmes.

DEUX AUTRES ARTICLES
Dans ce site sur le même sujet 2 autres articles classent les centres de soins par localisation ( arrondissement, commune) ; le premier pour la mobilisation sanitaire de 1914 et le deuxième pour l’année 1916. L’importance de l’activité est évaluée par le nombre de décès enregistrés dans l’état-civil.

dernière modification 10/2019 — Documents : Musée Militaire / R.Racine – Lyon 1914-8 – Sutton 2015

Le Quartier Général Frère

Le QUARTIER GENERAL FRERE / ex- FORT de la VITRIOLERIE

Avant le XIX° siècle cette zone de la rive gauche du Rhône était une zone basse inondable. Avant la Révolution, il s’y était implanté une manufacture de vitriol (acide sulfurique) et de salpêtre, d’où le nom de Vitriolerie. Pendant la Révolution l’entreprise souffre des réquisitions et du pillage par l’armée conventionnelle. L’activité continue sous l’Empire et la Restauration.

Le FORT 
Après 1830 le général Rohault de Fleury devient commandant supérieur des fortifications de Lyon avec pour mission de fortifier la ville : il décide la construction d’une série de forts détachés formant une ceinture défensive autour de la ville. Sur la rive gauche du Rhône, cette ceinture forme un demi-cercle, dont le dernier fort au sud au bord du Rhône se situe à côté de la vitriolerie et va prendre naturellement le nom de fort de la Vitriolerie. Les expropriations sont lancées en 1838 et les travaux commencent en 1840.

Plan de 1845 – le nord est à droite

Ce plan montre l’emplacement de la vitriolerie ; la place Louis XVIII est la place Carnot et les lignes colorées sont des projets de tracé de chemin de fer. Le fort est d’une symétrie parfaite, orienté au sud-est, avec un front d’attaque en forme de V aplati comportant à sa pointe une grosse caponnière et aux extrémités deux demi-bastions. A l’arrière incorporée dans le mur de gorge une caserne fortifiée à deux étages est traversée par le passage d’entrée et couverte par une terrasse crénelée. L’armement prévu s’élevait à 46 pièces d’artillerie.

Plan de 1847 après la mise en eau des fossés


Dès 1860 un troisième étage avec un toit en pente est ajouté à la caserne lui donnant son aspect actuel. Dans les années qui suivent, pour éviter les inondations on endigue le Rhône en construisant le quai de la Vitriolerie (aujourd’hui quai Claude Bernard et avenue Leclerc).

La CASERNE 
Après 1870 ce type de fort devient obsolète dans son environnement urbain ; les fossés sont comblés et le fort est réduit à n’être plus qu’une caserne. Il abrite après 1900 le 16° bataillon d’artillerie à pied chargé de mettre en oeuvre l’artillerie de forteresse.

Le 16° BAP


Ce bataillon est dissous en 1910 et remplacé par une unité nouvellement créée le 54° Régiment d’Artillerie. Un grand bâtiment, le bâtiment de l’Horloge est construit selon le modèle du « portefeuille du Génie » 1907. Il est parallèle à la caserne fortifiée délimitant une place d’armes ; il porte la date de 1916. D’autres bâtiments plus médiocres sont construits par la suite.

L’Entrée du Quartier


L’entrée du quartier se situe au nord : on voit à droite le coin de la caserne fortifiée et au fond le bâtiment de 1916. Le 54° RA occupe la caserne jusqu’en 1939.
En 1940-42 dans le cadre de l’Armée d’Armistice, la 14° compagnie Divisionnaire du Train y est logée.
Après la Libération, le quartier accueille en 1945 le 14° ERT, rebaptisé en 1946 8° ERT (Escadron Régional du Train). Il y restera jusqu’en mai 1968. Dans les années 50 toute la zone nord du quartier le long de la rue Nadaud est un terrain en friche.

Le QUARTIER GENERAL FRERE 
En 1968 la caserne de la Vitriolerie est rebaptisée quartier Général Frère : une stèle en son honneur y est dressée. Un nouveau Cercle des Officiers (aujourd’hui Cercle Bellecour) est construit à l’emplacement de l’ancienne vitriolerie et inauguré en octobre 1971. Un Cercle des Sous-Officiers (aujourd’hui fermé) est ensuite construit le long du Rhône.

La Place d’Armes vers 1980


Dans les années 1970 les 2 casernes principales sont occupées par l’état-major de la 51° DMT. Le Centre de Sélection (CS8) est installé au sud-ouest du quartier. Le Bureau du Service National (BSN) au nord-est rue Yves Farge depuis 1966. Une compagnie du 45° RT de Montélimar gère un Centre de Transmissions Principal. En 1994 un bâtiment multi-services est construit le long de la rue Nadaud. En 1990 l’Etat-major de la Région a quitté la caserne Bissuel place Carnot pour venir dans le bâtiment de 1916, en attendant d’occuper de nouveaux bâtiments de l’Etat-Major construits de 1995 à 1997. Cette nouvelle construction symétrique en forme d’ancre de marine est orientée vers le sud-est dans le même axe que les deux édifices principaux, orientation qui était celle de l’ancien fort.

Le nouvel Etat-Major


La caserne fortifiée de 1844 a été réhabilitée intérieurement en 2005 pour accueillir le GIACM (Groupe Interarmées des Actions Civilo-Militaires), devenu en 2012 Centre Interarmées des Actions sur l’Environnement (CIAE). Le Musée qui y était hébergé a été transféré dans le bâtiment de l’ancien Cercle des Sous-Officiers le long du Rhône jusqu’à la fin 2013. Le QGF abrite aussi les services du Commissariat et depuis 1996 l’antenne lyonnaise de la Légion Étrangère.

La Caserne Fortifiée en 2011
Insigne du GIACM


2011 : la dernière réorganisation des Armées institue les Bases de Défense. Le bâtiment de 1916 héberge le Groupement de Soutien de la Base de Défense (GSBdD) interarmée de Lyon Mont-Verdun, ainsi que la DIRISI (Direction Interarmée des Réseaux d’Infrastructure et Systèmes d’Information).
2013/2014 : Rénovation soignée des façades du bâtiment de 1916.
2014 : La Direction Régionale du Service de Santé (DRSSA) a quitté le bastion St-Laurent à la Croix-Rousse pour venir s’installer dans l’aile droite du bâtiment d’état-major, jusqu’à sa dissolution en 2018.

Le panneau d’entrée en 2020

2019 : la place d’Armes a été rénovée ; les vieux arbres ont été enlevés et remplacés par des plus jeunes.
La base de Défense de Lyon s’est agrandie par la réunion des BdD de la Valbonne et de Valence devenant la Base de Défense de Lyon-Valence-la Valbonne.

Article de 2011Dernière modification 03/2020

Le Camp de la Valbonne

Le CAMP MILITAIRE de la VALBONNE 1873-2021

Après 1870 le camp de Sathonay, créé sous le Second Empire par le maréchal de Castellane, apparait vite insuffisant. L’armée a besoin pour ses manoeuvres d’un espace plus vaste et plus éloigné de la ville. Le général Bourbaki, gouverneur militaire de Lyon, soutient le projet de création d’un vaste camp utilisant la plaine agricole au nord du Rhône à l’est de Lyon, à proximité de la route nationale et de la voie ferrée Lyon-Genève.

Le Camp de la Valbonne appelé « Champ de Tir »

Arrivée d’un train de Réservistes

Sa création est approuvée par le président Thiers en septembre 1872 : il est aménagé par une compagnie du 2° Génie qui y séjournera jusqu’en 1876. Le camp s’étend sur les communes de Balan, Béligneux, St-Maurice-de-Gourdan et St-Jean-de-Niost ; il fera l’objet de plusieurs extensions en 1904-06 et 1927-30. Les 86° et 92° régiments d’infanterie s’y installent en 1873 ; le 29°BCP (Bataillon de Chasseurs à Pied) en 1874. Des baraquements puis des bâtiments en dur sont progressivement construits, mais de nombreux hommes de passage seront longtemps logés sous des tentes.
Avant 1914 une compagnie hippomobile du 14° Escadron du Train est établie sur le camp.

Le camp de tentes

L’ÉCOLE D’APPLICATION de TIR
Cette école de tir est créée à la Valbonne en 1874. Ses bâtiments sont construits au nord-est du camp près du hameau de Chânes (cette zone est aujourd’hui une zone résidentielle militaire). L’Ecole de Tir est une petite unité aux ordres d’un commandant avec 5 autres officiers permanents. Elle accueille 8 groupes de stagiaires lieutenants de toutes unités. On y apprend en particulier le tir à la mitrailleuse.

Les Officiers de l’Ecole de Tir en 1906

Les ZOUAVES
Depuis une loi de 1899, les régiments de zouaves en garnison en Afrique du nord doivent détacher un bataillon en métropole. Ainsi le 2° Zouaves d’Oran envoie en 1901 son 1er bataillon au camp de Sathonay d’où sont détachées à la Valbonne les 17° et 18° compagnies. De même pour le 3° Zouaves de Constantine qui détache son 3° bataillon à Sathonay et les mêmes compagnies à la Valbonne.

Bivouac des Zouaves

D’UNE GUERRE à L’AUTRE
Pendant la Grande Guerre de nombreux régiments de réserve y sont constitués et instruits. D’autres unités transitent par le camp avant leur départ pour l’armée d’Orient. Une partie de l’Ecole de Tir est transformée en hôpital. En 1917/18 la Valbonne accueille l’armée américaine dans un éphémère centre d’instruction d’infanterie, ainsi qu’un centre d’instruction de pilotage pour biplans DH4 de l’aviation américaine.

Chars Renault réunis à la Valbonne


Entre les deux guerres en 1926-1930 un centre de formation de la Garde Républicaine mobile s’installe dans une partie des locaux de l’Ecole de Tir, laquelle sera dissoute en 1938. Le reste du camp semble n’avoir été occupé que par des unités de passage en manœuvre.

Années 1930 le tir

En 1938 à la veille de la guerre le camp héberge un détachement du 5° Régiment de Tirailleurs marocains de Bourg-en-Bresse (depuis 1935), un détachement de la 14° compagnie d’Ouvriers d’Administration et une Infirmerie-hôpital..

1939-1945
La Valbonne concourt à la mobilisation de septembre 1939 en constituant le 14° régiment de Zouaves à partir de réservistes. Le camp accueille aussi avec Sathonay un dépot métropolitain de la Légion Etrangère, qui recrute, équipe et instruit des volontaires, constituant 2 régiments, le 11° REI en novembre et le 12° REI en février 1940. Ces régiments participeront vaillamment à la campagne de France avant d’être dissous après l’armistice.
Dans le cadre de l’Armée d’Armistice le camp de la Valbonne va accueillir en septembre 1940 le 10° Génie réduit à un bataillon et un groupe du 61° régiment d’artillerie. Les autres groupes sont à Sathonay où l’ensemble du 61° RA se réunira en 1941.
En novembre 1942, le camp est occupé par les allemands jusqu’au 24 août 1944.

Maquisards de l’Ain

Ce jour-là les maquisards de l’Ain libèrent le camp, mais le 31 août la 11° Panzer allemande tente de le reprendre pour s’opposer à l’avance des américains ; le lendemain le camp est investi et 11 élèves de l’Ecole d’Autun devenus maquisards sont tués. Ce même jour et le lendemain a lieu la bataille de Meximieux, après laquelle les allemands évacuent définitivement la région.

L’APRES-GUERRE de 1946 à 1964
Le camp accueille le Centre d’Instruction du Train pour la formation à la conduite des véhicules : ce centre sera fermé en 1960. Un bataillon du 99° RI s’y installe en 1949-50. Retour ligne manuel
En 1949 le 8° Régiment de Chasseurs d’Afrique (RCA) est transféré à Lyon et la Valbonne. Totalement regroupé à la Valbonne début 1954, il échange son appellation avec le 8° Régiment de Cuirassiers (RC) stationné à Bizerte (Tunisie). Ce régiment prestigieux, les « Cuirassiers du Roy », à 3 escadrons de chars, doté à la fin des années 50 d’AMX 13, reste dix ans à la Valbonne jusqu’à sa dissolution en 1964.

Le 4° RÉGIMENT de CHASSEURS (RCh)
Fin 1962, le 4° Chasseurs dit « Clermont Prince » de retour d’Algérie s’installe progressivement au camp, subordonné à la 27° division Alpine. La partie est du camp qu’il occupe sera baptisée en 1974 « quartier de Langlade » du nom d’un jeune sous-officier premier tué en Algérie. Il compte 4 escadrons blindés équipés d’AML Panhard. En 1983 le 4° chasseurs est transféré à Gap, où il est aujourd’hui.

Le 4° Chasseurs à la Valbonne


Le 4° RÉGIMENT de GÉNIE (RG)
En 1967 le 4° Génie rejoint le 4° Chasseurs à la Valbonne. Il s’établit dans la partie ouest du camp, rebaptisée « quartier sergent Bobilllot« , du nom d’un sous-officier du 4° RG tué au Tonkin en 1885. Un casernement moderne y est construit, avec en particulier un poste de commandement logé dans une tour carrée à 4 étages.

Au premier plan le nouveau « quartier Bobillot »


Le 4° Génie met en oeuvre des moyens de franchissement des rivières : ponts, bacs… Il est dissous en 1993 pour laisser la place au 7° BGDA (Bataillon du Génie de la Division Alpine), qui 6 mois plus tard reprend l’appellation de 4° Génie, rattaché à la division alpine. Le régiment participe à plusieurs mandats en Bosnie et y perd 8 hommes en 1995. Il est dissous en 1999.
Pendant ces mêmes années la Valbonne a hébergé de 1975 à 1999 l’Ecole de Plongée de l’Armée de Terre (EPAT CEPAT) avec des infrastructures importantes (fosses de plongée), ainsi qu’un Centre de Transmissions géré par le 45° RT de Montélimar.

Le 68° RÉGIMENT d’ARTILLERIE (RA)

Insigne du 68

En 1984, le 68° d’Artillerie vient prendre la place du 4° Chasseurs au quartier de Langlade. Intégré à la FAR (Force d’Action Rapide) il est semi-professionnalisé et participe à de nombreuses opérations extérieures (OPEX) (Rwanda, guerre du Golfe, Bosnie). En 1999 il est transféré au quartier Bobillot après la dissolution du 4° Génie et rattaché à la 3° Brigade Mécanisée. En 2004 il reprend l’appellation de Régiment d’Artillerie d’Afrique (68° RAA) et plus récemment le quartier est rebaptisé quartier Colonel Rousset du nom de son chef de corps tué en 1944. Equipé de canons Caesar et de système Mistral (antiaérien) il participe aux OPEX en Côte-d’Ivoire, en Afghanistan, en Irak, au Mali…

Le RÉGIMENT MÉDICAL (RMed)

Insigne du RMed

En 1999 un Groupement Médical (GMed) s’installe à la Valbonne, où existait déjà un 2° RMed, unité de réserve (1997-2007). Le GMed devient en 2001 le 3° Régiment Médical, acteur de la logistique santé, dont le chef de corps est un médecin-en-chef (colonel). Il occupe le quartier de Langlade. Ce 3° RMed va fusionner en 2011 avec le 1° RMed de Metz pour former un RMed unique, subordonné à la Brigade Logistique et techniquement au Service de Santé des Armées (SSA). Sa mission principale est la mise en œuvre d’unités médicales opérationnelles (matériels et véhicules de soins et de secours, personnel paramédical aguerri).

Le CEFOS (Centre de Formation Opérationnelle Santé) établi en juillet 2012 prépare les personnels santé partant en opération extérieure et assure des formations paramédicales aux sous-officiers des armées de Terre et de l’Air.

La BASE de DÉFENSE
Dès 1999 sur le camp certains services, comme l’infirmerie, avaient été mutualisés. Cette situation désignait la Valbonne pour devenir dès 2009 une Base de Défense (BdD) interarmes avec regroupement du soutien commun.

Insigne de la Base de
Défense de la Valbonne

La BdD de la Valbonne -Ambérieu regroupe pendant 10 ans: le Groupement de Soutien (GSBdD), le 68° RAA, le RMed, le CeFOS, la BA 278 d’Ambérieu et le Centre Médical des Armées (CMA) « ex-infirmerie ».
En 2019 la base de défense de la Valbonne – Ambérieu a fusionné avec celle de Lyon.

Article de 2012 Dernière modification 10/2021
Source : CE Philippe PASTEAU – Le Camp militaire de la Valbonne et ses régiments 1873-2012 -SIRPA 2012
/ documents bibliothèque militaire

Le Camp de Sathonay

SATHONAY et le QUARTIER MARECHAL de CASTELLANE

Sathonay est un village perché au bord du plateau de la Dombes, cité depuis le XII° siècle. Le village est une seigneurie sous la suzeraineté des sires de Beaujeu jusqu’en 1327, puis brièvement du dauphin de Viennois et enfin des comtes et ducs de Savoie de 1354 jusqu’en 1601, année du traité de Lyon qui rattache la Bresse au royaume de France. Retour ligne manuel
En 1790 Sathonay est placée dans le département de l’Ain. Le 20 mars 1814 pendant que Augereau s’oppose au gros de l’armée autrichienne à Limonest, une division de réservistes et de conscrits aux ordres des généraux Bardet et Gay tente en vain de faire barrage aux Autrichiens sur le plateau, où le passage des troupes entraîne réquisitions, pillages et dégradations.

Emprise du camp avec les voies ferrées

CRÉATION du CAMP
En 1851 le maréchal de Castellane, commandant supérieur à Lyon, cherche un terrain de manoeuvres suffisamment vaste en dehors de la ville. Le plateau triangulaire en friche au sud du village de Sathonay et séparé du village par un profond ravin convient parfaitement et un camp de toile s’y installe. Le 1er juin 1853, après avoir été passées en revue place Bellecour par Castellane, les premières troupes montent au camp et s’y installent. Les 2 dimanches suivants, Castellane y assiste à la messe, suivie d’un défilé des troupes. Dès 1855 il y établit une bibliothèque pour les officiers.
Les tentes sont remplacées progressivement par des baraques en planches et en briques, que Napoléon III lui-même vient visiter en en 1856 et 1860. Pour faciliter les mouvements des troupes et des attelages, Castellane fait creuser par le Génie à Caluire deux voies d’accès au camp : côté Rhône la « montée des Soldats » et côté Saône la montée Castellane, inaugurées le 15 août 1856.
Castellane vient souvent au camp et y emmène toutes les personnalités de passage à Lyon. L’Empereur Napoléon III visite le camp en juin 1856. En 1863 une ligne de chemin de fer relie la Croix-Rousse à Sathonay, elle sera prolongée jusqu’à Trévoux.
Le maréchal Canrobert, successeur de Castellane, poursuit les aménagements : une machine hydraulique assure l’approvisionnement en eau pour 8000 hommes et 400 chevaux, ainsi que pour la population civile. L’état achète les terrains du camp pour 92000 F. Les 3 divisions d’infanterie de Lyon viennent à tour de rôle passer trois mois à Sathonay.

De 1870 à 1914
Avec la construction de la 2ème ceinture de fortifications (Séré de Rivières) le fort de Vancia protège le camp et entraîne l’édification d’une poudrière dans le ravin de Sathonay. Dans les années 1880 les baraquements sont remplacés et modernisés et le camp est clôturé. En 1900 est inaugurée une voie ferrée de Lyon Saint-Clair à Sathonay (aujourd’hui utilisée par le TGV) reliant Sathonay au réseau national.

Autour du camp militaire s’est développé une agglomération de commerçants, à la population différente de celle du village au nord du ravin essentiellement agricole. La séparation en 2 communes distinctes Sathonay-Camp au sud et Sathonay-Village est entérinée en 1908.

L’allée des cuisines
Le Poste Divisionnaire

Les fréquents changements de garnison des régiments au XIX° siècle compliquent la reconstitution de l’histoire précise du camp. Par exemple, trois bataillons du 38°RI y séjournent une année sur deux entre 1871 et 1880. La partie principale du 99°RI y est de 1875 à 1885. Deux bataillons du 52° RI y stationnent en 1888-89; puis au début des années 1890 le 98°RI régiment du XIII° CA de Clermont-Ferrand. C’est également une unité du XIII° CA le 121°RI qui y est logée, quand en 1895 le président Félix Faure assiste à une prise d’armes pour le départ du corps expéditionnaire à Madagascar.

De 1902 à 1914 la partie principale du 22° RI y est cantonnée. Depuis 1901 les régiments de zouaves d’Afrique du nord envoient un bataillon en métropole ; ainsi les 2° et 3° zouaves à Sathonay, avec détachement de 2 compagnies par régiment au camp de la Valbonne. En 1914 le camp héberge également un escadron du 10° Cuirassiers de la Part-Dieu.

Les Zouaves au repos

De 1914 à 1939 
Pendant la guerre de 1914-1918, le camp sert de base arrière et de centre d’instruction et voit passer de nombreuses unités, dont beaucoup d’unités africaines : un foyer du soldat y est créé.

Canon de 75 antiaérien – années 1920
Insigne du 405° RADCA

Entre les deux guerres, Sathonay héberge principalement le 405° RA DCA (défense contre avions 1920-1939) et le 28° RTT (tirailleurs tunisiens). Une stèle avec une plaque de bronze (photo ci-dessus) commémorant le maréchal de Castellane est érigée en 1932. En 1936 est inauguré un grand bâtiment infirmerie-hôpital, qui par la suite hébergera le PC et l’administration, la place de l’infirmerie ayant été réduite.
À la veille de la Guerre en 1938 héberge la partie principale du 405° RA DCA, des détachements du 99°RI et du 28° RTT et un centre de mobilisation d’artillerie.


La DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
En 1939-40 le camp héberge avec le camp de la Valbonne le dépôt métropolitain de la Légion Etrangère, qui après le départ des régiments de réserve mobilisés (11° et 12° REI) forme avec les éléments restants un bataillon de marche, qui tente en vain de s’opposer entre Saône et Rhône à l’avance des allemands vers Lyon, le 19 juin en même temps qu’ont lieu les combats de Chasselay. Entre 1941 et 1942 le camp héberge le 61° RA dans le cadre de l’Armée d’Armistice et accueille les prisonniers rapatriés. En novembre 1942 la Wehrmacht occupe le camp jusqu’en 1944. À la libération, il est à nouveau un centre d’accueil des prisonniers libérés.

Vue générale vers 1960

De 1945 À 2002
De 1945 à 1968 le camp héberge de nombreuses unités : CIT 158 (Centre d’Instruction du Train 1956-1966), 1° RTM (Tirailleurs Marocains), 22° RI, EMAS 1962-1970 (École des Armes Spéciales transférée ensuite à Grenoble).

En 1968 Sathonay-Camp est rattaché au département du Rhône et le 22° RI devient le 99° RI, régiment qui avait déjà séjourné à Sathonay en 1875/ 1885. Ce régiment le « 9-9 » va occuper pendant 30 ans le camp, dont les bâtiments vont être renouvelés ou modernisés. Les alignements de baraques côté nord du camp sont démolies.

Vue Aérienne 1994

En 1977 le camp couvre 32 hectares ; il prend le nom de « Quartier Maréchal de Castellane« . 20 ans plus tard en 1997 un plan de restructuration des armées entraîne la dissolution du 99° RI. Le camp est encore occupé par un groupement d’instruction du 22° RI, mais l’abandon est progressif et devient effectif en 2002.

La façade de l’ancien Poste Divisionnaire

2008-2013 LE RENOUVEAU
Le Grand-Lyon et la commune travaillent alors sur un projet d’aménagement, sur lequel vient se greffer le projet de création d’un « pôle de Gendarmerie« . Le projet comprend au nord une extension du centre de la commune et une zone d’habitat et au sud un complexe sportif et la gendarmerie qui occupe la surface le plus importante.
L’aménagement a commencé avec quelques démolitions, avec en 2008 la réouverture du boulevard de l’Ouest, qui comprend un rond-point sur lequel a été replacé la façade du premier étage du poste divisionnaire de 1877. Le bâtiment PC, propriété du Grand Lyon, a été conservé, mais en 2022 il est bien dégradé et son avenir est encore incertain.

Le Pôle Gendarmerie en chantier 09/2011

Les bâtiments du « pôle gendarmerie » sont achevés ; il comprend : l’état-major (gendarmerie départementale et mobile), cercle-mess, installations sportives, zone technique, zone d’habitations. L’installation de la Gendarmerie a eu lieu pendant l’été 2012. En 2013 le prolongement de la rue de la République qui passe devant l’ancien PC a été ouvert à la circulation.


Le 15 février 2019 l’espace triangulaire où se trouve la stèle du maréchal de Castellane a été baptisé place Arnaud Beltram en présence des autorités civiles et militaires, dont le Gouverneur Militaire de Lyon et le préfet du Rhône.

Article de 2011dernière modification : 04/2022
Sources : A. Mudler, R. Honnay, A. Loiseau – Le camp de Sathonay 1851-2008 – Amicale Royal Deux-Ponts 2008 / Association Sath’nâ – Sathonay, un village, un camp – La Taillanderie 2008 / Journal du maréchal de Castellane tome 5 – Plon 1897
/ documents musée militaire & perso.

Charles-Martel dans le sud-est

Charles (Karl), major domus « maire du palais », appelé plus tard « Charles Martel » a réuni depuis 715 sous son autorité la Neustrie et l’Austrasie au nom des rois mérovingiens « fainéants ». Bien que faisant partie du Royaume des Francs, la Burgondie (sud-est de la France) échappe à son autorité, de même que l’Aquitaine, dominée par le duc Eudes.

INFILTRATIONS MUSULMANES 719-730
Au sud les musulmans ont envahi et conquis la péninsule ibérique en 711; ils passent les Pyrénées à l’est et s’implantent à Narbonne (719). En 721 le duc Eudes les repousse près de Toulouse. Après un temps d’arrêt, ils progressent vers l’est, s’emparent de Carcassonne et Nîmes, puis Avignon en 730. Certains comme le patrice Mauronte à Marseille les accueillent bien.

Le Royaume des Francs au VIII° siècle

UNE INVASION REPOUSSÉE 732 -733
En 732 Abd-Er-Rahman gouverneur d’Al-Andalous franchit les Pyrénées et lance 2 armées sur le royaume des Francs. Il conduit celle de l’ouest, bat Eudes et est finalement défait et tué à la bataille de Poitiers par Charles Martel (10/733). L’autre armée remonte à l’est le Rhône, passe à Vienne, contourne Lyon, Mâcon, Chalon, Beaune, Autun et s’empare de Sens.
Après Poitiers, Charles Martel file en Burgondie : les musulmans se retirent vers le sud, les villes se soumettent : Lyon, Vienne, Valence ouvrent leurs portes. Charles y installe des hommes chargés de maintenir son autorité, mais ne va pas plus loin que la Durance, car il doit vite remonter au nord combattre les Frisons (734).

INTERVENTION au SUD 735/ 736
À la mort d’Eudes, Charles Martel envahit l’Aquitaine pour s’assurer de la soumission de ses fils en 735/36. Il revient ensuite en Burgondie, passe à Lyon, descend en Provence : Avignon, Arles, Marseille se soumettent. Le maire du palais y investit des comtes, comme il l’avait fait en Bourgogne. Mais la population gallo-romaine provençale n’apprécie guère la tutelle brutale des francs.

Une NOUVELLE INVASION 737
À peine Charles Martel est-il reparti vers le nord, que Yusuf gouverneur de Narbonne renoue des liens avec Riculfe comte à Nîmes et Mauronte à Marseille. Uqba (+741) nouveau gouverneur d’Al-Andalous envahit la Provence jusqu’aux cols des Alpes, prend Arles, Avignon, puis Valence.

La CAMPAGNE de 737
Charles Martel est alors en campagne en Austrasie contre les Saxons. Il sollicite l’aide de son allié Luitprand roi des Lombards, pour repousser les sarrazins par l’est, tandis qu’il envoie son frère Childebrand vers le sud. Ce dernier atteint Lyon en chasse les Arabes. Les musulmans attaqués de 2 côtés refluent dans Avignon, que Childebrand vient assiéger. Le siège est long : cela donne le temps à Charles Martel de descendre par la rive gauche du Rhône. Les sarrazins ont constitué des camps retranchés en Vivarais. Les francs doivent livrer plusieurs combats successifs : près du Pouzin, puis près de Viviers. Puis Charles les surprend sur le plateau d’Aurelle et les poursuit dans la plaine de St-Just. Le dernier accrochage se déroule au lieudit lou Comba près de Comps (région des Vans).

Le Vivarais au temps des Sarrazins

Charles peut enfin parvenir à Avignon, qui tombe peu après. La chute est suivie d’un massacre général. Après cela Arles et Marseille ouvrent leurs portes – Mauronte disparait – ; puis Charles vient mettre le siège devant Narbonne. La ville résiste ; Uqba envoie une armée de secours par la mer, qui est défaite à la bataille des Corbières (ou de la Berre). Le siège de Narbonne s’éternise (la ville ne sera prise qu’en 759 par Pépin le Bref ) et Charles lassé se retire non sans ravager Béziers, Agde, Maguelonne, Montpellier et Nîmes. Il installe des comtes à Uzès et en Vivarais. Les prisonniers musulmans sont parqués dans les mines d’argent de Largentière.
Charles Martel ne remplace pas le roi Thierry IV mort en 737, il est alors le seul maître du royaume.

La CAMPAGNE de 739
Après une expédition contre les Saxons en 738, Charles apprend le retour des sarrazins à Arles et Avignon et la réapparition de Mauronte conduisant la révolte. Il doit une nouvelle fois redescendre dans le sud, il reprend Avignon, pousse jusqu’à Aix. Les musulmans font retraite dans les Alpes et les gallo-romains dans le massif des Maures, où Mauronte disparaitra à nouveau… Charles entre à Marseille ; il affirme son autorité sur la Provence et il fait exécuter Arconce évêque de Viviers, jugé trop conciliant avec les musulmans.

Les campagnes de Charles Martel par notre région vers le sud sont terminées ; il meurt en octobre 741 à Quierzy sur Oise à environ 52 ans usé par 25 ans de campagnes guerrières continuelles…

Article de 2016

Source : Jean Deviosse – Charles Martel – Tallandier 2006