Un GENERAL LYONNAIS : Claude CARRA SAINT-CYR, Baron d’Empire
De LYON à l’AMERIQUE
Baptisé à Saint-Martin d’Ainay en juillet 1760, il est le fils de Jean Carra, écuyer, seigneur de Vaux et Saint-Cyr.

En 1774 sa famille désirant lui faire entamer une carrière militaire alors qu’il n’a que 14 ans, lui fait présenter le certificat de baptême d’un frère aîné décédé Jean-François baptisé en septembre 1856… Il devient alors Jean-François! Il entre comme sous-lieutenant au régiment de Bourbonnais stationné en Corse. Deux ans après le régiment rejoint Nancy, où il demeure jusqu’en 1779. Cette année-là il part pour la Bretagne et en avril 1780 embarque pour l’Amérique. Avec 3 autres régiments, dont le Royal-Deux-Ponts, il fait partie de l’armée de Rochambeau venue au secours de la lutte pour l’indépendance des insurgés américains. Il participe au siège et à la victoire de Yorktown et revient en France en 1783 pour tenir garnison à Metz. Il est lié d’amitié avec le lieutenant Aubert-Dubayet.
Carra-Saint-Cyr est promu capitaine et achète une charge de commissaire des guerres en 1785. Il remplit ses fonctions à Rochefort, au Quesnoy puis en 1790 à Lyon sa ville natale. Il quitte le service début 1792.

OFFICIER de la REPUBLIQUE et DIPLOMATE
La République a été proclamée et la patrie est en danger… Carra s’engage au bataillon de volontaires de Rhône et Loire et redevient officier. En 1793 son ami Dubayet, promu général à l’armée du Rhin le choisit comme aide de camp, mais Dubayet est bientôt destitué. Carra devient alors quelques mois commerçant, mais l’appel des armes (et de l’amitié ?) est le plus fort et il rejoint fin 1794 à nouveau Dubayet réhabilité. Sa progression est alors rapide : en 1795 il est promu chef de bataillon puis général de brigade. Aubert-Dubayet devient un éphémère ministre de la guerre ; il démissionne en échange d’une ambassade à Constantinople, où il emmène Carra-Saint-Cyr. Mais une brouille survient entre les 2 amis : Dubayet détache Carra-Saint-Cyr comme consul à Bucarest. Mais l’ambassadeur meurt fin 1797, Carra prend le relais à l’ambassade et rentre en France dans le courant de 1798. En 1799 il est à l’Armée d’Italie, où il exerce des fonctions administratives et il épouse à Paris la veuve de Dubayet. Au printemps 1800, il est général de brigade à l’armée de réserve et s’illustre à la bataille de Marengo et à Arezzo en Toscane. Carra-Saint-Cyr est promu général de division en 1801.

GENERAL d’EMPIRE
En 1805 il commande l’armée d’occupation au royaume de Naples. En 1806 après les défaites de la Prusse, il est nommé gouverneur de la place de Magdebourg, il participe à la campagne de 1807 contre la Russie et s’illustre à la dure bataille d’Eylau : il devient grand officier de la Légion d’Honneur. En 1808 Carra-Saint-Cyr devient baron d’Empire. Il commande une division lors de la campagne de 1809 contre l’Autriche et se bat à Essling et Wagram. A la suite de cette campagne il est promu baron d’Empire et gouverneur de Dresde en Saxe. Après un passage par les provinces illyriennes, il est muté gouverneur de Hambourg en 1812. Puis c’est la campagne d’Allemagne (1813) et la campagne de France (1814), où il défend Valenciennes et Condé.
LA GUYANE AVANT LA RETRAITE
Carra Saint-Cyr se rallie à la Restauration ; il devient Chevalier de l’ordre de Saint-Louis et obtient le titre de Comte. Il était écrit qu’il devait revoir l’Amérique, car il est nommé commandant et administrateur de la Guyane, où il demeure deux ans (1817-1819).
A son retour, il passe dans le cadre de réserve et doit se retirer dans l’Aisne. C’est à Vailly-sur-Aisne que décède le 5 janvier 1834 âgé de 77 ans « Monsieur le Comte Jean François Carra Saint Cyr, lieutenant général en retraite, grand Officier de la Légion d’Honneur ». Sa tombe porte le prénom de Jean-François. Son nom (sans prénom) est inscrit sous l’Arc de Triomphe. En 1835 sa veuve demande et obtient la rectification de son prénom à l’Etat-Civil; il redevient Claude…
Sources : Martin BASSE – Lyonnais oubliés, quelques soldats de la révolution et de l’Empire – P.Masson, Lyon 1923 / Wikipedia / Archives Municipales Lyon / Archives de l’Aisne
Article de 2013 / modifié 01/2025

