1er REGIMENT DE SPAHIS

Les Spahis sont des cavaliers indigènes recrutés d’abord en Algérie après la conquête, puis en Tunisie et enfin au Maroc en 1912 au moment de l’établissement du protectorat sur le pays.
DU MAROC à CONSTANTINOPLE 1912-1920
En 1912 suite à l’établissement du protectorat sur le Maroc, le général Lyautey crée des « escadrons auxiliaires marocains » de cavalerie : quatre escadrons sont envoyés en France à la déclaration de guerre en août 1914. Ils vont former un « Régiment de marche de Chasseurs Indigènes à cheval » (RMCIC), qui dès septembre participe à la bataille de la Marne dans le corps de cavalerie du général Conneau. Le RMCIC est très vite rebaptisé en janvier 2015 « Régiment de Marche des Spahis Marocains » (RMSM).


Les spahis combattent en 1915-16 sur le front de France, avant d’être envoyés début 1917 à l’Armée d’Orient. Le RMSM est engagé en Grèce à Larissa (1917), en Albanie en 1917-18 et en septembre 1918 il fait partie de la brigade de cavalerie du général Jouinot-Gambetta qui lors d’un raid audacieux perce le front, s’empare de la ville d’Uskub (aujourd’hui Skopje capitale de la Macédoine) entraînant la capitulation de la Bulgarie. Le régiment continue sur sa lancée traverse le Danube pénètre en Hongrie, stationne à Temesvar (Timisoara )(décembre 1918) puis est envoyé aux environs de Budapest pour s’assurer de la personne du maréchal Mackensen. Il fait partie des troupes d’occupation à Sofia d’août 1919 à janvier 1920, puis fait partie du corps d’occupation français de Constantinople / Istamboul.

AU LEVANT EN SYRIE
En 1920 le RMSM change 2 fois de nom devenant le 1er RMSM, puis le 21ème Régiment de Spahis Marocains (21°RSM). Entre temps il a débarqué à Beyrouth en juillet 1920 et très vite engagé (Khan Meyssaloun 1920). Stationné à Alep il participe à de nombreuses opérations de pacification en Syrie (révolte Druze 1925, Ghouta 1926).


En 1929 il devient le 1er RSM qui assure le maintien de l’ordre dans le territoire sous mandat de la France au Levant pendant les années 1930. A la mobilisation en 1939, sont mis sur pied 2 Groupes de Reconnaissance de Division, le GRD 191 à Alep et le GRD 192 à Damas, qui ne seront pas engagés. Dans l’incertitude d’après l’armistice, dès le 30 juin 1940 le Capitaine Jourdier commandant le 1er escadron avec les hommes volontaires passe en Palestine et rejoint la France Libre. Nos spahis sont alors divisés et suivent 2 chemins différents pendant la Seconde Guerre Mondiale…

SECONDE GUERRE MONDIALE: Le 1er RSM
Un an après le 1er RSM resté aux ordres du gouvernement de Vichy s’oppose aux alliés en Syrie (bataille de Damas juin 1941) et est embarqué à Beyrouth en juillet 1941.

Rapatrié en France il est très vite dirigé sur l’Afrique du nord et au Maroc début 1942. Il fait partie des troupes françaises qui s’opposent au débarquement anglo-américain de novembre 1942. Le régiment est ensuite en attente d’être motorisé, il rejoint la France en octobre 1944. Il participe aux combats de la poche de Royan en avril 1945 avant de rejoindre l’Allemagne où il est dissous fin 1945.
SECONDE GUERRE MONDIALE: Le 1er RMSM
Pendant ce temps l’escadron Jourdier a combattu en Syrie, en Erythrée. Dotés d’automitrailleuses les spahis sont engagés à El Alamein. Renforcé ils forment le noyau d’un nouveau régiment de marche le 1er RMSM qui combat en Tunisie (1943). Il fait ensuite partie de la 2ème DB comme unité de reconnaissance dotée d’automitrailleuses et de chars légers. Il débarque en Normandie le 1er août 1944 et participe à la libération de Paris et de Strasbourg. Le Régiment porte la fourragère de « Compagnon de la Libération ».


LE TEMPS DE LA DECOLONISATION 1946-1962
Après la capitulation de l’Allemagne le 1er RMSM détache des escadrons en Indochine et s’installe à Tours. En 1947 il reprend l’appellation de 1er RSM et part à Trèves en 1951.

Fin 1955 il retrouve l’Afrique du nord pour des opérations de maintien de l’ordre au Maroc. En 1956 à Taza les automitrailleuses M8 sont remplacées par des EBR. A l’indépendance du Maroc en 1956, il passe en Algérie et perd le qualificatif de Marocain pour devenir le 1er Régiment de Spahis, rebaptisé 2 ans plus tard à nouveau 21° RS qui vient en 1962 stationner à Sedan.
DE L’ALLEMAGNE A VALENCE ET LE TEMPS DES OPEX
Fin 1962 ce 21°RS est transformé en 12° chasseurs… mais renait quelques mois plus tard en Allemagne à Spire, où le 22° spahis devient le 21°, lequel en 1965 reprend l’appellation de 1er Spahis qu’il conservera jusqu’à nos jours.

Après 21 ans à Spire, il vient s’installer à Valence en juillet 1984 et se professionnalise dans le cadre de la création de la Force d’Action Rapide (FAR).

En 1990 il fait partie de la division « Daguet » engagée dans la guerre du Golfe. Le régiment va ensuite enchaîner les opération extérieures (OPEX) : Bosnie, Kosovo (1999) où ses AMX10 RC sont les premiers à pénétrer, puis c’est l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, le Mali (opération Barkhane)…

En 2020 il est doté d’AMX 10 RC et de VBL et réside toujours au quartier Baquet à Valence.
Il fait partie de la 6°BLB (Brigade Légère Blindée) de Nîmes elle-même subordonnée à la 3ème Division Scorpion.

mis en ligne 01/2026 — Sources : Th. Moné -les Spahis du 1er Marocains – Lavauzelle 1998 / 1er Régiment de Spahis -livret histoire & traditions -2015

