Le Général Degoutte

Le GENERAL Jean DEGOUTTE (1866-1938) 

Fils d’agriculteur, Jean-Marie-Joseph Degoutte naît à Charnay en Beaujolais au pays des Pierres Dorées. Pensionnaire au lycée de Bourg-en-Bresse, il est un élève brillant. Il part à Paris pour préparer le concours de l’Ecole Normale, mais prend soudain une autre orientation: en 1887 il s’engage au 30° Régiment d’Artillerie, où le colonel le fait entrer à Saint-Cyr en 1888 (promotion « Grand Triomphe »).

La CARRIERE COLONIALE 
Degoutte choisit la Coloniale, il sert 4 ans au 4ème zouaves en Tunisie. Volontaire pour l’expédition de Madagascar, sa candidature n’est pas retenue : contournant sa hiérarchie, il prend alors 6 mois de congé sans solde, apprend le malgache et rejoint l’île à bord d’un paquebot civil. Quand les troupes françaises débarquent à Madagascar (avril 1895), il offre ses services au général Duchesne, qui le met aux arrêts. Degoutte est sauvé par le colonel Bailloud, responsable des étapes, qui obtient de conserver ce jeune lieutenant connaissant le malgache. Il participe alors efficacement à la campagne. En 1896, il rejoint son corps en Tunisie, puis nommé capitaine, il est affecté au 21° RI pour préparer l’Ecole de Guerre, où il est reçu en 1899.

Degoutte est à l’Ecole de Guerre, quand Bailloud devenu général le réclame pour participer au corps expéditionnaire de Chine (guerre des Boxers) après la prise de Pékin. Il se distingue, cité 2 fois à l’ordre du corps. En 1902 il réintègre l’Ecole de Guerre pour terminer son cursus ; il y suit les enseignements de Foch et de Pétain. Le capitaine Degoutte renforce son enracinement régional en épousant Eléonore Péguet originaire de Miribel (01). En 1905 il est à Alger dans l’Etat-major du Général Bailloud. Commandant en 1906, il est affecté au 112° RI à Antibes. Il est de retour à l’Etat-major du 19° Corps à Alger en 1909. En 1911 il est à nouveau avec le Général Bailloud comme organisateur des étapes du corps expéditionnaire au Maroc ; il y reste en 1912. Promu lieutenant-colonel, il rentre en France et suit l’enseignement du Centre des Hautes Etudes d’Etat-major. En 1914 il est nommé chef d’état-major du 4° corps d’Armée.

Le colonel Degoutte avec le général Boêlle du 4° CA

La GRANDE GUERRE
Le 4° CA avec Degoutte vient renforcer la VI° armée de Maunoury et participe à la bataille de la Marne ; Degoutte se distingue par son sang-froid en ces heures difficiles ; il est promu colonel. En 1915 le 4° CA passe à la IV° armée qui effectue pendant toute l’année de coûteuses offensives (en Champagne) pour des gains minimes ; Degoutte est cité à l’ordre du CA. Début 1916 il est nommé chef d’Etat-major de la IV° armée alors commandée par le Général Gouraud et promu général de brigade. En août 1916 il est nommé au commandement de la Division Marocaine. Sa division s’illustre en avril 1917 à Moronvilliers en Champagne ; elle participe en août avec succès à la deuxième bataille de Verdun.

Gouraud et Degoutte

Degoutte est promu général de division ; il prend le commandement du 21° CA qui participe à l’offensive de la Malmaison. En mai 1918 son CA s’oppose à l’avance allemande sur l’Aisne ; en juin Degoutte est nommé commandant de la VI° armée. En juillet il enraye l’attaque allemande sur la Marne et passe à l’offensive. En septembre 1918 Degoutte devient Major-général du groupe d’Armées des Flandres auprès du Roi des Belges ; il conduit une offensive dans les Flandres qui repousse les Allemands, qui se poursuit en octobre : la côte belge est libérée. Il est aux cotés du Roi Albert Ier lors de son entrée triomphale à Bruges libérée. L’armistice est signé le 11 novembre ; Degoutte reprend le commandement de la VI° Armée. Les troupes françaises entrent en Allemagne et Degoutte organise une entrée solennelle à Aix-la-Chapelle: sur le tombeau de Charlemagne, il s’écrie « Charlemagne je te ramène tes légions!! ». L’Armée française occupe la Rive gauche du Rhin.

1921 Degoutte avec Foch et Weygand à la sortie du Conseil de Guerre

L’OCCUPATION en ALLEMAGNE et le CONSEIL SUPERIEUR de GUERRE
En octobre 1919, le général Degoutte est nommé par Foch commandant de l’Armée du Rhin et également nommé au Conseil Supérieur de la Guerre. Il s’installe au château de Mayence. Degoutte est partisan de l’occupation complète de la Ruhr pour forcer l’Allemagne à honorer ses engagements. L’occupation de la Ruhr a lieu en janvier 1923 ; la France brise la résistance des allemands. Mais en 1924 avec le plan Dawes, la France doit évacuer la Ruhr ; Degoutte qui n’approuve pas cette décision demande à être relevé de son commandement.

Toujours membre du Conseil Supérieur de la Guerre, il est nommé Commandant de la 6° Armée qui regroupe les unités des 14° (Lyon) et 15° (Nice) régions militaires, chargée de la protection de la frontière italienne, d’où le surnom d’Armée des Alpes. il se consacre à la réorganisation de la défense de la frontière des Alpes. Il prévoit de la diviser en trois secteurs fortifiés, ce qui se réalisera; mais toutes ses recommandations ne sont pas adoptées, si ce n’est après 1930 la mise en place d’avant-postes sur les crêtes dominantes, postes qui seront très utiles en 1940

Le général Degoutte quitte la vie militaire en 1931 à 65 ans. Il s’établit à Nice jusqu’au décès de son épouse début 1937; il revient alors à Charnay, où il décède en octobre 1938 : ce grand chef, ce meneur d’hommes qui fait honneur à notre Région est enterré à Miribel, où une rue porte son nom.

Article de 2011 – dernière modification 10/2026 – Sources : Gazette du Musée n°67 (2004) / Sébastien Parra – le général Degoutte soldat du Lyonnais -Editions du Poutan 2021

Conférences et Evénements au CCML

CONFERENCES ET EVENEMENTS PROGRAMMES AU CENTRE CULTUREL MILITAIRE DE LYON

EVENEMENT A VENIR

Les 29 et 30 mai prochains un salon de la bande dessinée historique et militaire aura lieu dans les locaux du Cercle Général Frère, pour les scolaires le vendredi et pour tout public le samedi. De nombreux auteurs seront présents et l’ entrée est gratuite.

CONFERENCES

Le Centre Culturel Militaire de Lyon organise régulièrement des conférences sur des sujets historico-militaires. Elles ont lieu dans la salle de conférences « André Bollier » au premier étage du Cercle Général Frère à 18h 15.

La dernière conférence a eu lieu le jeudi 30 avril et retracera la carrière d‘Albert Chambonnet, qui fait l’objet d’un article sur ce site, par monsieur Olivier LE GOUIC et le colonel Alain REVOYARD.

[Article créé 02/2026]

Les Spahis de Valence

 1er REGIMENT DE SPAHIS

insigne actuel

Les Spahis sont des cavaliers indigènes recrutés d’abord en Algérie après la conquête, puis en Tunisie et enfin au Maroc en 1912 au moment de l’établissement du protectorat sur le pays.

DU MAROC à CONSTANTINOPLE 1912-1920

 En 1912 suite à l’établissement du protectorat sur le Maroc, le général Lyautey crée des « escadrons auxiliaires marocains » de cavalerie : quatre escadrons sont envoyés en France à la déclaration de guerre en août 1914. Ils vont former un « Régiment de marche de Chasseurs Indigènes à cheval » (RMCIC), qui dès septembre participe à la bataille de la Marne dans le corps de cavalerie du général Conneau. Le RMCIC est très vite rebaptisé en janvier 2015 « Régiment de Marche des Spahis Marocains » (RMSM).

1916 garde au fanion

Les spahis combattent en 1915-16 sur le front de France, avant d’être envoyés début 1917 à l’Armée d’Orient. Le RMSM est engagé en Grèce à Larissa (1917), en Albanie en 1917-18 et en septembre 1918 il fait partie de la brigade de cavalerie du général Jouinot-Gambetta qui lors d’un raid audacieux perce le front, s’empare de la ville d’Uskub (aujourd’hui Skopje capitale de la Macédoine) entraînant la capitulation de la Bulgarie. Le régiment continue sur sa lancée traverse le Danube pénètre en Hongrie, stationne à Temesvar (Timisoara )(décembre 1918) puis est envoyé aux environs de Budapest pour s’assurer de la personne du maréchal Mackensen. Il fait partie des troupes d’occupation à Sofia d’août 1919 à janvier 1920, puis fait partie du corps d’occupation français de Constantinople / Istamboul.

AU LEVANT EN SYRIE

En 1920 le RMSM change 2 fois de nom devenant le 1er RMSM, puis le 21ème Régiment de Spahis Marocains (21°RSM). Entre temps il a débarqué à Beyrouth en juillet 1920 et très vite engagé (Khan Meyssaloun 1920). Stationné à Alep il participe à de nombreuses opérations de pacification en Syrie (révolte Druze 1925, Ghouta 1926).

En 1929 il devient le 1er RSM qui assure le maintien de l’ordre dans le territoire sous mandat de la France au Levant pendant les années 1930. A la mobilisation en 1939, sont mis sur pied 2 Groupes de Reconnaissance de Division, le GRD 191 à Alep et le GRD 192 à Damas, qui ne seront pas engagés. Dans l’incertitude d’après l’armistice, dès le 30 juin 1940 le Capitaine Jourdier commandant le 1er escadron avec les hommes volontaires passe en Palestine et rejoint la France Libre. Nos spahis sont alors divisés et suivent 2 chemins différents pendant la Seconde Guerre Mondiale…

SECONDE GUERRE MONDIALE: Le 1er RSM

Un an après le 1er RSM resté aux ordres du gouvernement de Vichy s’oppose aux alliés en Syrie (bataille de Damas juin 1941) et est embarqué à Beyrouth en juillet 1941.

1941 : un sous-officier avec son peloton de spahis

Rapatrié en France il est très vite dirigé sur l’Afrique du nord et au Maroc début 1942. Il fait partie des troupes françaises qui s’opposent au débarquement anglo-américain de novembre 1942. Le régiment est ensuite en attente d’être motorisé, il rejoint la France en octobre 1944. Il participe aux combats de la poche de Royan en avril 1945 avant de rejoindre l’Allemagne où il est dissous fin 1945.

SECONDE GUERRE MONDIALE: Le 1er RMSM

Pendant ce temps l’escadron Jourdier a combattu en Syrie, en Erythrée. Dotés d’automitrailleuses les spahis sont engagés à El Alamein. Renforcé ils forment le noyau d’un nouveau régiment de marche le 1er RMSM qui combat en Tunisie (1943). Il fait ensuite partie de la 2ème DB comme unité de reconnaissance dotée d’automitrailleuses et de chars légers. Il débarque en Normandie le 1er août 1944 et participe à la libération de Paris et de Strasbourg. Le Régiment porte la fourragère de « Compagnon de la Libération ».

Les spahis devant l’hôtel de ville de Paris
Campagne d’Alsace

LE TEMPS DE LA DECOLONISATION 1946-1962

Après la capitulation de l’Allemagne le 1er RMSM détache des escadrons en Indochine et s’installe à Tours. En 1947 il reprend l’appellation de 1er RSM et part à Trèves en 1951. 

1956: Taza les EBR

Fin 1955 il retrouve l’Afrique du nord pour des opérations de maintien de l’ordre au Maroc. En 1956 à Taza les automitrailleuses M8 sont remplacées par des EBR. A l’indépendance du Maroc en 1956, il passe en Algérie et perd le qualificatif de Marocain pour devenir le 1er Régiment de Spahis, rebaptisé 2 ans plus tard à nouveau 21° RS qui vient en 1962 stationner à Sedan.

DE L’ALLEMAGNE A VALENCE ET LE TEMPS DES OPEX

Fin 1962 ce 21°RS est transformé en 12° chasseurs… mais renait quelques mois plus tard en Allemagne à Spire, où le 22° spahis devient le 21°, lequel en 1965 reprend l’appellation de 1er Spahis qu’il conservera jusqu’à nos jours.

Spire une prise d’Armes avec les EBR

Après 21 ans à Spire, il vient s’installer à Valence en juillet 1984 et se professionnalise dans le cadre de la création de la Force d’Action Rapide (FAR).

1991 Guerre du golfe

En 1990 il fait partie de la division « Daguet » engagée dans la guerre du Golfe.  Le régiment va ensuite enchaîner les opération extérieures (OPEX) : Bosnie, Kosovo (1999) où ses AMX10 RC sont les premiers à pénétrer, puis c’est l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique, le Mali (opération Barkhane)…

En 2020 il est doté d’AMX 10 RC et de VBL et réside toujours au quartier Baquet à Valence.

Il fait partie de la 6°BLB (Brigade Légère Blindée) de Nîmes elle-même subordonnée à la 3ème Division Scorpion.

mis en ligne 01/2026 — Sources : Th. Moné -les Spahis du 1er Marocains – Lavauzelle 1998 / 1er Régiment de Spahis -livret histoire & traditions -2015

Le « Fonds Devez »

LE « FONDS DEVEZ », UNE DONATION EXCEPTIONNELLE

UNE LIVRAISON VOLUMINEUSE

Le 5 mai 2025 un camion de déménagement arrive au Cercle Général Frère: une trentaine de palettes sont transférées dans le hall du Cercle. Elles contiennent les cartons de livres de la collection de monsieur Devez.

La moitié du chargement livré…

Monsieur BERNARD DEVEZ

Monsieur Bernard Devez (né en 1936) habite la région Île-de-France (91). Lors d’un stage pendant son service militaire à Chalons-en-Champagne, il découvre les vestiges des champs de bataille de la Grande Guerre 1914-1918… Cette découverte le bouleverse et il devient passionné par cette période de l’histoire, passionné au point de vouloir collecter toutes les informations possibles sur le sujet. Dès lors il va acheter tous les livres, journaux, revues qu’il peut trouver traitant de cette guerre et de son époque, mais aussi plus largement de la période de 1870 à 1940 en abordant tous les sujets. Ces achats se sont poursuivis sans discontinuer jusqu’à nos jours, au point de remplir sa maison par plus de 28000 ouvrages divers…

Monsieur Devez souhaitait que sa collection ne soit pas dispersée et soit disponible pour les chercheurs; il l’a léguée au Patrimoine Militaire, qui l’a ensuite proposée au Centre Culturel Militaire de Lyon en cours de constitution et donc à la Bibliothèque. C’est une opportunité exceptionnelle pour nous et elle est acceptée.

ACCUEIL DE CETTE DONATION

Pour se préparer à accueillir cette colossale donation appelée maintenant « Fonds Devez », il a fallu réorganiser la bibliothèque Humbert de Groslée: il a fallu faire de la place dans la réserve et dans la salle de lecture; transférer une partie de notre fonds patrimonial dans des locaux au sous-sol et dans les locaux laissés libres par le transfert du musée. Une fois les palettes arrivées, il a fallu monter les cartons un par un et ranger les livres… Tout cela n’a été possible que par le travail de toute une équipe de jeunes stagiaires.

Les ouvrages les plus anciens impeccablement rangés dans la réserve

Les livres récents de la donation ont été disposés dans la salle de lecture pour être mieux disponibles; les livres plus anciens occupent tout l’étage de la réserve (10 travées) et les journaux et revues trop volumineux sont dans l’ancien musée.

Les livres les plus récents garnissent tout un mur de la salle de lecture

INAUGURATION DU « FONDS DEVEZ »

Le 3 octobre 2025 a eu lieu l’inauguration du « Fonds Devez ». Notre donateur monsieur Devez a pu venir accompagné par une douzaine de membres de sa famille et d’amis. La journée a commencé dans la salle de conférence par les discours d’hommage et de remerciements du colonel Vallès chef du Centre Culturel, du général Peraldi président de l’association du musée et du colonel Leroy représentant le Gouverneur Militaire, qui a tenu à participer avec un enregistrement video.

Le discours du colonel Vallès

Monsieur Devez a ensuite coupé le ruban tricolore barrant l’accès à l’étage de la réserve, où les participants ont pu mesurer l’ampleur et la richesse de cette donation.

Un apéritif dinatoire a clôturé cette inauguration officielle.

Un livre parmi des milliers d’autres…

La Bibliothèque Humbert de Groslée s’est donc enrichie d’un fonds documentaire d’une incroyable diversité: documents officiels, études historiques, analyse politique et militaire, récits de bataille, souvenirs de soldats, biographies de personnalités connues, biographies de combattants, propagande, mémoriaux d’institutions, album de dessins, chansons, poésies et théâtre patriotiques…

Le catalogage de ce fonds documentaire est en cours… Une mine de documents à la disposition des chercheurs, des enseignants, des auteurs… Mais le « fonds Devez » est aussi un trésor documentaire accessible à tous… Comme l’était déjà notre « fonds patrimonial ».

« Un peuple sans passé est un peuple sans avenir » Maréchal Foch.

Article d’octobre 2025

Les Gouverneurs Militaires des années 2000

LES GOUVERNEURS MILITAIRES DE LYON AU XXI° SIECLE

2000-2012 – RÉGION TERRE SUD-EST 

RTSE

Au 1er juillet 2000 la RMD-Med est devenue la Région Terre Sud-Est (RTSE) ; de plus le gouverneur militaire de Lyon est officier général de la zone de défense sud-est (OGZD-SE) zone administrative de sécurité civile sous autorité préfectorale. L’insigne de la RTSE associe les blasons de Lyon et de Marseille.

- général Gilles BARRIÉ (08/2001-09-2004) : chasseur alpin, montagnard, chef de corps du 27°BCA.
- général Thierry de BOUTEILLER (10/2004-08/2006) : officier d’infanterie, commande le 92°RI à Clermont-Ferrand, opex en Bosnie.
- général François-Pierre JOLY (10/2006-07/2008) : officier du Génie, commande le 3°RG à Charleville.
- général Xavier BOUT de MARNHAC (09/2008-07/2010) : officier de cavalerie, centré sur le renseignement, directeur des opérations à la DGSE, commande la KFOR au Kosovo.
- général André HELLY (09/2010-07/2012) : parachutiste infanterie de marine, commande le 2°RPIMa à la Réunion.

2012 – ETAT-MAJOR de SOUTIEN DÉFENSE

En 2012 l’échelon intermédiaire régional devient inter-armées, d’où l’apparition des ancres et des ailes sur l’insigne. C’est maintenant un Etat Major de Soutien Défense (EMSD), en soutien des 15 Bases de Défense (BdD) interarmées du sud-est, lesquelles dépendent directement du commandement central du soutien .

- général Martial de BRAQUILANGES (07/2012-07/2014) : infanterie de marine, commande le 8°RPIMa à Castres.

Le GCA Chavancy

– général Pierre CHAVANCY (08/2014 -05/2018 ) : infanterie, Légion Étrangère, Guyane, Tchad, Bosnie, commande la 13°DBLE à Djibouti, 3° BM à Limoges, Afghanistan, Gouverneur Militaire pendant quatre années jusqu’à fin mai 2018.

2018 – ZONE de DÉFENSE AUVERGNE- RHÔNE-ALPES

Depuis le 1er octobre 2018 la zone de Défense correspond maintenant à la région Auvergne-Rhône-Alpes, d’où l’apparition d’un nouvel insigne avec un blason associant Lyonnais, Auvergne, Dauphiné et Savoie.

.général Philippe LOIACONO (07/2018 -07/2021 )

Le GCA Loiacono

Artillerie de marine, Somalie, Rwanda, ex-Yougoslavie, chef de corps du 4°RSMA (Service Militaire Adapté) à la Réunion, inspection de l’Armée de Terre, divers postes d’état-major. Promu général de corps d’armée le 1er juillet 2018 et Gouverneur Militaire de Lyon.
En plus des fonctions de commandant de la place de Lyon, il est Officier Général de Zone de Défense et de Sécurité (OGZDS) sous l’autorité du Chef d’Etat-Major des Armées et commandant de Zone Terre (COMZT).

Général Gilles DARRICAU (08/2021 – 07/2023)

En fonction au 1er août 2021, officier de l’ALAT, guerre du Golfe, Yougoslavie, Côte d’Ivoire, chef de corps du 5° RHC (hélicoptères de combat), OTAN…

-Général Denis MISTRAL (08/2023-07/2025)

Affecté le 1er août 2023, originaire de Marseille, officier de Cavalerie, il a servi au 3° régiment de Cuirassiers puis au 1er REC (Régiment Etranger de Cavalerie). Il a commandé la Légion Etrangère en 2018-2020.

Le Général Denis Mistral à Aubagne

Général Alain LARDET (08/2025-

GCA Alain Lardet

Originaire de Saint-Etienne, officier d’infanterie, il choisit la Légion Etrangère. Il sert à 2 reprises au 2° REP de Calvi et participe à de nombreuses OPEX. Chef de Corps du 3°REI en Guyane, il commande par la suite la Légion Etrangère (COMLE) en 2020-2023.

Sa photo officielle le représente en l’hôtel du Gouverneur devant le portrait du maréchal de Castellane son lointain prédécesseur…

.

Article de 09/2025 – Sources : B.Demotz et coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011

Le Général des Galères

Antoine ESCALIN , dit « POLIN » DE LA GARDE, Général des galères 

Antoine Escalin (vers 1498-1578) est né à la Garde-Adhémar dans la Drôme. Sa filiation est incertaine. Il est peut-être un fils naturel de Louis d’Adhémar de Monteil, comte de Grignan mort en 1558. Cette hypothèse repose sur la donation que lui a faite le comte de Grignan de la seigneurie de la Garde-Adhémar le 26 décembre 1544. Une autre hypothèse est que sa mère soit de la famille Adhémar. La légende veut qu’il ait été berger… En fait très jeune vers 1516, il s’engage comme soldat et sert dans l’armée en Piémont, sous le pseudonyme de Polin / Paulin qu’il gardera toute sa vie.

Après une vingtaine d’années obscures sa carrière va progresser. Il est nommé en 1536 capitaine de Château-Dauphin (aujourd’hui Casteldelfino dans la vallée de la Varaïta en Piémont, vallée qui faisait alors partie du Dauphiné) . Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, lieutenant-général en Piémont (oncle du poète) le remarque en 1537, le signale au Roi et l’emploie comme émissaire. Dès lors il commence une carrière exceptionnelle.

Le Roi François Ier l’envoie en ambassade à Venise (1540) puis par voie terrestre il gagne Constantinople (1541) auprès du sultan turc Soliman II le Magnifique, pour nouer une alliance (contestable) avec les turcs pour prendre à revers Charles-Quint. Escalin revient de Constantinople à Fontainebleau en 21 jours ; il est nommé en mai 1542 commandant de l’Armée de mer. Le nouvel amiral repart pour Constantinople, où le sultan met à sa disposition la flotte barbaresque de Khair-ed-Din dit Barberousse, sur laquelle Paulin embarque vers la Méditerranée occidentale avec 120 galères et 27000 hommes qui viennent mouiller à Villefranche-sur-mer pour assiéger Nice, appartenant au Duc de Savoie allié de Charles-Quint son beau-frère (été 1543). La ville résiste avec acharnement, les turcs ravagent et pillent la ville basse et la région, mais n’arriveront pas à prendre le château. Escalin fait replier la flotte barbaresque sur Toulon, dont il fait évacuer la population. Les turcs occupent Toulon jusqu’au printemps suivant 1544 et il faut acheter leur départ.
Cette même année Escalin est nommé général des galères : il crée une véritable flotte avec laquelle il combattra les Anglais, les Génois, les Espagnols. Le comte de Grignan lui fait en fin d’année donation de la seigneurie de son village natal, il devient donc baron de la Garde.

En avril 1545, avec ses mercenaires, contre son gré, il doit participer sous les ordres de Maynier d’Oppède, premier président du Parlement de Provence à la sanglante répression ordonnée par le Roi menée contre les hérétiques vaudois du Lubéron : les villages sont pillés et incendiés, les villageois massacrés, 600 hommes sont envoyés aux galères. Cette même année, Escalin retrouve ensuite son vrai rôle en conduisant la flotte sur les côtes anglaises et en occupant l’île de Wight.

La flotte devant l’île de Wight

Sa participation au massacre des vaudois lui vaut d’être emprisonné pendant 3 ans en attendant un procès devant le Parlement de Paris, le premier procès où la notion de crime contre l’humanité est évoquée, mais D’Oppède et Escalin de la Garde sont acquittés en 1551. Celui-ci retrouve ses fonctions et prérogatives. Commandant une flotte de 36 galères, il se bat contre les Espagnols et les Génois. En récompense pour ces opérations, il est nommé gouverneur de Marseille et lieutenant-général de Provence (1557), charges de son père supposé.

Eglise Saint-Michel de la Garde-Adhémar

Après la paix de 1559, il réside souvent en son château de la Garde, qu’il a bâti au sommet du lieu : il y reçoit Charles IX le 20 septembre 1564. Ce sont ensuite les guerres de religion : le baron de la Garde combat les protestants à Beaucaire, Pont-Saint-Esprit et Mornas en 1567, contribue à la reprise de Montpellier et occupe Orange (1568). Il reprend la mer en 1569 pour commander la flotte royale lors de l’attaque de Rochefort et du siège de la Rochelle, complétés sur terre par les troupes du Duc d’Anjou : c’est un échec dont Escalin est accusé. Ceci ne l’empêche pas d’être toujours bien en cour auprès du nouveau roi Henri III, qui lui donne la charge de gentilhomme de la chambre et le titre de marquis de Brégançon (1574). Il est même chevalier d’honneur de la reine Catherine de Médicis et général de l’armée navale sur les côtes de la Rochelle et Brouage. En 1576 il contribue à la pacification du Comtat Venaissin et c’est de retour de Paris qu’il meurt dans son château de la Garde.

« Polin » de la Garde ne s’est pas marié ; il a toutefois eu un fils d’une dame d’honneur de la reine qu’il a reconnu. A noter que son arrière-petit-fils, sans descendance, lègue en 1713 la Garde à Pauline de Grignan, petite fille de marquise de Sévigné. Ce legs va aussi dans le sens d’une parenté proche d’Escalin avec les Adhémar de Grignan. Par ailleurs son blason reprend les couleurs des Adhémar.

Article de 2012 – remis en ligne modifié 09/2025
Sources : Charles Ponsoye -Quelques pages de notre passé (histoire de Valence) – Charpin & Reyne 1941
/ Eric Deschodt – le général des galères -JC Lattès/EMOM 1979

Le Capitaine Bulle

Le CAPITAINE BULLE (1913-1944) HÉROS de LA RÉSISTANCE en SAVOIE

Jean Bulle est né à Pontarlier en 1913, fils aîné d’un couple de postiers. Après le Prytanée, il entre en 1934 à Saint-Cyr promotion « roi Alexandre de Yougoslavie ». Il y est un excellent élève, réfléchi, très mûr et d’esprit très militaire. À l’été 1936, le jeune sous-lieutenant choisit pour commencer sa carrière d’officier le 60° Régiment d’infanterie de Besançon.

Bulle (lunettes) au 60°RI

Devant ensuite être muté dans une unité de forteresse, il choisit le 70°Bataillon Alpin de Forteresse (BAF) de Bourg-St-Maurice qu’il rejoint en mars 1938. Il y découvre la montagne, pratique l’escalade et le ski et est promu lieutenant. En janvier et juillet 1939, il fait deux stages à l’École de Haute Montagne de Chamonix ; il souhaite obtenir le commandement d’une SES (Section d’Éclaireurs Skieurs).

La CAMPAGNE des ALPES de 1939-40
À la mobilisation, son bataillon se dédouble : Bulle passe au 80°BAF, où il devient officier de détail. En octobre il se marie avec la fille d’un de ses anciens capitaines. le 7°BCA part pour le nord, en laissant sa SES/7 qui passe aux ordres du 80°BAF. En février 1940 Bulle obtient le commandement de la SES du 80°BAF, avec laquelle il rayonne sur l’ensemble du Beaufortain, se rapprochant de la frontière au fur et à mesure de la fonte de la neige. Il escalade l’aiguille des Glaciers au dessus du col de la Seigne pour observer les préparatifs des italiens. Le 10 juin 1940 l’Italie déclare la guerre à la France.

.

(Coll.particulière)

Les premiers contacts ont lieu au col de la Seigne le 14 juin ; une 2ème attaque est repoussée le 16. Le 17 l’attaque est massive, la crête est conquise et la SES doit se replier dans la nuit et le 19 Bulle reçoit la mission de défendre le col de l’Enclave. Les italiens avancent dans la vallée des Glaciers, se heurtent aux défenses françaises et menacent la position du col de l’Enclave. Le 23 au moment où ses hommes envoient des grenades sur les italiens, Bulle suspendu dans le vide au bout de 20m de corde les mitraille avec son FM. Le 24 juin au soir l’armistice entre en vigueur.

10/1940 Jean Bulle décoré

L’ARMÉE D’ARMISTICE
Le 80° BAF quitte le Beaufortain pour être dissous. Bulle rejoint le 7°BCA à Chambéry, puis celui-ci étant dissous, en septembre le 6°BCA à Grenoble dans le cadre de l’armée d’Armistice. Son fait d’armes lui vaut 2 citations et la Légion d’Honneur. En 1942 son chef de corps est le Cdt de Reyniès, futur chef de la Résistance en Isère, désireux de reprendre le combat et le préparant clandestinement, tout comme son homologue Valette d’Osia au 27°BCA. En novembre 1942, les allemands envahissent la zone sud : paralysés par des ordres contradictoires, les chasseurs alpins sont dissous. Bulle fait partie du bureau liquidateur, qui tente de camoufler le maximum de matériel.

1941 Bulle avec des militaires italiens

L’ARMÉE SECRÈTE
Fin février 1943 il est démobilisé et va peu à peu glisser dans l’action clandestine. En mai il vient s’établir dans le Beaufortain. En cette année 1943 les différents courants de la Résistance se structurent : la Savoie est divisée en 5 secteurs et Bulle devient le chef du Beaufortain (secteur 3) avec Albertville, Ugine, Beaufort. Il a la lourde tâche de discipliner, d’entraîner, d’équiper, d’armer et de nourrir ses hommes. En septembre les italiens sont remplacés par les allemands. Les sabotages des maquisards progressent en efficacité.
Au début de 1944 3 envoyés de Londres (mission Union) sont parachutés ou transférés en Savoie. Ces envoyés vont reconnaitre les terrains possibles de parachutage et transmettre les informations à Londres. Les maquisards ont en effet un grand besoin d’armement et d’équipement. Un premier parachutage a lieu la nuit du 10 au 11 mars à la Plagne ; un autre échoue le 10 mai. Bulle déploie une activité incessante malgré le danger ; il échappe de justesse à l’arrestation à Albertville le 19 mai. Un parachutage réussit le 26 mai au mont Coin.

Du DÉBARQUEMENT À LA MORT de JEAN BULLE
Le débarquement du 6 juin entraîne une mobilisation générale des résistants « sédentaires » environ 1500 hommes non armés. Mobilisation prématurée : Bulle est obligé de les renvoyer dans leurs foyers. Le mois de juillet se passe dans l’attente, alors que se déroule le drame du Vercors ; les sabotages continuent. Le 1er août un grand parachutage est réceptionné de jour sur le terrain « Ebonite » au col des Saisies : 78 avions larguent de quoi armer 3000 hommes.
Dans les jours qui suivent, les FFI de Tarentaise libèrent de fait la vallée de Moutiers à Bourg-St-Maurice.
Pour les allemands, c’est une voie de passage vers l’Italie. Ils envoient des troupes pour reprendre la vallée. Pour appuyer ceux de Tarentaise Bulle prend la tête d’une compagnie du Beaufortain, débouche au dessus de la vallée, mais doit se replier : le 15 août les allemands contrôlent à nouveau la Tarentaise.

Bulle (lunettes) avec un officier américain parachuté 7/08/1944

Ce même jour le débarquement en Provence change la donne et le 19 les FFI de Haute-Savoie obtiennent par la négociation la reddition des allemands d’Annecy et libèrent leur département. Le 20 août, Bulle tente la même opération sur Albertville : il y amène un officier allemand d’Annecy pour prendre contact. Sans nouvelles de cet officier, il prend lui-même contact avec la Kommandantur d’Albertville, qui l’invite à se présenter. Il ne reviendra pas… Son corps est retrouvé au nord de Chambéry. En trahison des assurances qu’on lui avait donné, il a été emmené en direction de Chambéry, exécuté en cours de route et abandonné…

LIBÉRATION
Le 23 août les allemands évacuent Albertville, que les FFI occupent. Les compagnies FFI poursuivent les allemands en Tarentaise : ils s’accrochent aux pentes du Petit-St-Bernard. Le 3 septembre arrivent des éléments de la 3° DIA (3°RTA puis 5° RTM) qui appuient les FFI. Le bataillon du Beaufortain devenu le bataillon Bulle regroupé à Albertville devient au 1er janvier 1945 le 7° BCA reconstitué, qui participera à la bataille des Alpes de mars et avril 1945.

Les obsèques de Jean Bulle sont célébrées de manière grandiose à Albertville : il est inhumé dans son Jura natal. Il est un des combattants de la Résistance les plus prestigieux par son ardeur, son désintéressement et son héroïsme. Le quartier du 7°BCA à Bourg-St-Maurice a porté son nom.

Source : Jean d’Arbaumont – vie et mort du capitaine Bulle – Gardet Annecy 1972

Article de 2018 – remis en ligne 08/2025

Soliman Pacha

Joseph SEVE dit « SOLIMAN PACHA » (1788-1860)

Joseph Sève est né à Lyon en 1788, fils d’Anthelme Sève, tondeur de draps et originaire du Bugey. Sa famille maternelle est de Fontaines-Saint-Martin.

Acte de baptême du 19 mai 1788 – paroisse St-Pierre-St-Saturnin de Lyon – Archives Municipales cote 1GG647

C’est un garçon insoumis, qui s’engage à 11 ans et demi dans la marine à Toulon. Il est blessé à la bataille navale de Trafalgar. Toujours insubordonné, il casse la canne d’un officier sur le dos de celui-ci. Emprisonné, le général de Ségur, dont il avait sauvé la vie, le fait évader et le fait engager sous le nom d’Anthelme Sève au 6° Hussards en Italie (1807). En 1809 il combat en Allemagne ; en patrouille près de Munich, il est blessé et capturé : il reste prisonnier pendant 2 ans en Hongrie.

En 1811 maréchal-des-logis, il part avec le 6° Hussards pour le Hanovre, puis en Russie. Promu adjudant pendant la retraite de Russie, il est blessé devant Posen (1813), est promu sous-lieutenant et se distingue à Bautzen. En 1814 il est lieutenant au 14° Chasseurs à cheval ; il rentre à Lyon à la chute de l’Empire, mais reprend du service en 1815 comme capitaine attaché à l’état-major de Grouchy. En demi-solde après les Cent-Jours, il s’essaye sans réussite au commerce de chevaux à Paris. Endetté, il part en Italie comme représentant de commerce.

Soliman Pacha

Sa vie bascule en 1819, quand il obtient du comte de Ségur une lettre de recommandation pour Mehemet-Ali, vice-roi d’Egypte, qui veut moderniser le pays. Pour le tester, le vice-roi l’envoie dans le sud à la recherche de charbon, qui n’existe pas. Au retour, il est présenté à Ibrahim, fils du vice-roi qui rentre de campagne militaire. En 1820 il est envoyé à Assouan pour instruire une armée nationale nouvelle. En 1821 nommé agha, il prend le nom de Soliman et se convertit à l’islam pour être mieux accepté de ses hommes. Il ramène son armée sur le Caire et mate une révolte. En 1824 Soliman est nommé bey et reçoit des terres et des gratifications. Cette même année, Mehemet-Ali est appelé à l’aide par le sultan turc pour l’aider à reconquérir la Morée (Péloponèse) sur les grecs révoltés. Il envoie Ibrahim et son armée. Le colonel Sève enlève à la baïonnette les batteries de l’île de Sphactérie. Blessé dans cette action, il est nommé gouverneur de Tripolitza jusqu’à la paix signée après la défaite navale de Navarin (1828).

Mehemet Ali

En 1831 pendant la campagne de Palestine et de Syrie contre la Turquie menée par Ibrahim, Soliman bat les turcs de Hussein Pacha à Homs (Syrie) puis à Bailan : Mehemet-Ali le nomme major-général de son armée et pacha. Il bat une autre armée turque de Reshid Pacha à Konieh (Konya – Turquie). C’est le contexte international qui arrête l’armée égyptienne victorieuse (1833). La Syrie et la Palestine sont difficilement pacifiées. Soliman retourne en Egypte administrer ses terres. Il est rappelé au Liban pour mater une nouvelle révolte et faire face à une nouvelle tentative de reconquête du sultan turc. Une armée turque conseillée par le prussien von Moltke (futur chef d’état-major allemand en 1870) se retranche sur les collines de Nesib (aujourd’hui Nizip – Turquie) : Sève par un mouvement audacieux contourne le retranchement et met en fuite l’armée turque (juin 1839). La diplomatie européenne soucieuse de l’équilibre entre puissances arrête l’élan égyptien. Après un débarquement anglo-turc au Liban, l’armée égyptienne doit quitter la Syrie et la Palestine (fin 1840), mais Mehemet-Ali obtient de garder l’Egypte à titre héréditaire. Soliman Pacha reste major-général de l’armée.

En 1845/46 Soliman Pacha accompagne Ibrahim en Europe, en Italie puis en France. Ibrahim va faire une cure à Vernet-les-Bains, ce qui permet à Joseph Sève / Soliman de rencontrer le futur maréchal de Castellane à Perpignan. Dans ses mémoires, Castellane écrit de lui : »c’est un homme de 63 ans, bien conservé, assez gros et plein d’esprit« , dont il trouve la conversation intéressante et les avis pertinents. Le voyage se poursuit par Bordeaux, Tours et enfin Paris, où ils sont logés au palais de l’Elysée et reçus par le roi Louis-Philippe. Sève va se recueillir sur le tombeau de Napoléon et est décoré Grand Officier de la Légion d’Honneur. Ils passent ensuite en Angleterre, où Sève quitte Ibrahim pour revenir en France et enfin pouvoir s’arrêter 8 jours à Lyon en septembre 1846 : il y voit sa famille et va à Collonges rencontrer le maire, le colonel Arnaudet qui commandait le 14° chasseurs à cheval. Rentré en Egypte, il meurt en 1860.

Le lyonnais Joseph Sève s’est révélé sur un terrain étranger être un excellent meneur d’hommes et un grand homme de guerre, apportant une importante contribution à la modernisation de l’Egypte. Une de ses descendantes épousera le roi Fouad d’Egypte.

A Lyon une petite rue des pentes de la Croix-Rousse porte son nom.

Article de 2011 -remis en ligne augmenté 03/2025 Source : Aimé Vingtrinier – Soliman-Pacha – Firmin Didot 1886

Carra St-Cyr

Un GENERAL LYONNAIS : Claude CARRA SAINT-CYR, Baron d’Empire 

De LYON à l’AMERIQUE
Baptisé à Saint-Martin d’Ainay en juillet 1760, il est le fils de Jean Carra, écuyer, seigneur de Vaux et Saint-Cyr.

Acte de Baptême de Claude à St-Martin d’Ainay / Archives Municipales de Lyon cote 1GG371

En 1774 sa famille désirant lui faire entamer une carrière militaire alors qu’il n’a que 14 ans, lui fait présenter le certificat de baptême d’un frère aîné décédé Jean-François baptisé en septembre 1856… Il devient alors Jean-François! Il entre comme sous-lieutenant au régiment de Bourbonnais stationné en Corse. Deux ans après le régiment rejoint Nancy, où il demeure jusqu’en 1779. Cette année-là il part pour la Bretagne et en avril 1780 embarque pour l’Amérique. Avec 3 autres régiments, dont le Royal-Deux-Ponts, il fait partie de l’armée de Rochambeau venue au secours de la lutte pour l’indépendance des insurgés américains. Il participe au siège et à la victoire de Yorktown et revient en France en 1783 pour tenir garnison à Metz. Il est lié d’amitié avec le lieutenant Aubert-Dubayet.
Carra-Saint-Cyr est promu capitaine et achète une charge de commissaire des guerres en 1785. Il remplit ses fonctions à Rochefort, au Quesnoy puis en 1790 à Lyon sa ville natale. Il quitte le service début 1792.

OFFICIER de la REPUBLIQUE et DIPLOMATE
La République a été proclamée et la patrie est en danger… Carra s’engage au bataillon de volontaires de Rhône et Loire et redevient officier. En 1793 son ami Dubayet, promu général à l’armée du Rhin le choisit comme aide de camp, mais Dubayet est bientôt destitué. Carra devient alors quelques mois commerçant, mais l’appel des armes (et de l’amitié ?) est le plus fort et il rejoint fin 1794 à nouveau Dubayet réhabilité. Sa progression est alors rapide : en 1795 il est promu chef de bataillon puis général de brigade. Aubert-Dubayet devient un éphémère ministre de la guerre ; il démissionne en échange d’une ambassade à Constantinople, où il emmène Carra-Saint-Cyr. Mais une brouille survient entre les 2 amis : Dubayet détache Carra-Saint-Cyr comme consul à Bucarest. Mais l’ambassadeur meurt fin 1797, Carra prend le relais à l’ambassade et rentre en France dans le courant de 1798. En 1799 il est à l’Armée d’Italie, où il exerce des fonctions administratives et il épouse à Paris la veuve de Dubayet. Au printemps 1800, il est général de brigade à l’armée de réserve et s’illustre à la bataille de Marengo et à Arezzo en Toscane. Carra-Saint-Cyr est promu général de division en 1801.

Blason de baron d’Empire

GENERAL d’EMPIRE
En 1805 il commande l’armée d’occupation au royaume de Naples. En 1806 après les défaites de la Prusse, il est nommé gouverneur de la place de Magdebourg, il participe à la campagne de 1807 contre la Russie et s’illustre à la dure bataille d’Eylau : il devient grand officier de la Légion d’Honneur. En 1808 Carra-Saint-Cyr devient baron d’Empire. Il commande une division lors de la campagne de 1809 contre l’Autriche et se bat à Essling et Wagram. A la suite de cette campagne il est promu baron d’Empire et gouverneur de Dresde en Saxe. Après un passage par les provinces illyriennes, il est muté gouverneur de Hambourg en 1812. Puis c’est la campagne d’Allemagne (1813) et la campagne de France (1814), où il défend Valenciennes et Condé.

LA GUYANE AVANT LA RETRAITE
Carra Saint-Cyr se rallie à la Restauration ; il devient Chevalier de l’ordre de Saint-Louis et obtient le titre de Comte. Il était écrit qu’il devait revoir l’Amérique, car il est nommé commandant et administrateur de la Guyane, où il demeure deux ans (1817-1819).
A son retour, il passe dans le cadre de réserve et doit se retirer dans l’Aisne. C’est à Vailly-sur-Aisne que décède le 5 janvier 1834 âgé de 77 ans « Monsieur le Comte Jean François Carra Saint Cyr, lieutenant général en retraite, grand Officier de la Légion d’Honneur ». Sa tombe porte le prénom de Jean-François. Son nom (sans prénom) est inscrit sous l’Arc de Triomphe. En 1835 sa veuve demande et obtient la rectification de son prénom à l’Etat-Civil; il redevient Claude…

Sources : Martin BASSE – Lyonnais oubliés, quelques soldats de la révolution et de l’Empire – P.Masson, Lyon 1923 / Wikipedia / Archives Municipales Lyon / Archives de l’Aisne

Article de 2013 / modifié 01/2025

Livres Anciens

QUELQUES TRESORS DE LA BIBLIOTHEQUE

La Bibliothèque Militaire de Lyon, créée en 1860, aujourd’hui baptisée Bibliothèque Humbert de Groslée, a été hébergée dans plusieurs bâtiments à Lyon, pour trouver enfin sa place depuis plus de 50 ans au Cercle Général Frère. Elle renferme un Fonds patrimonial très important de livres historiques et militaires des XX° et XIX° siècles. Elle possède également des ouvrages plus anciens, dont voici quelques exemples.

La place de Grenoble, extrait de « Introduction à la fortification » par Nicolas de Fer 1723
« Histoire de la Milice Françoise » ouvrage de 1724
Livre de 1744 sur les « Subsistances Militaires« 
« Le Bombardier François » ouvrage de 1750
Ouvrage de 1786

D’autres ouvrages ont un grand intérêt par leur auteur, ainsi l’histoire médicale de la campagne d’Egypte par le médecin en chef Desgenettes daté de l’an X -1802

Un petit livre de 1872 sur « les Drapeaux de France » fait l’objet d’un article dans la dernière « Newsletter » de décembre 2024 en ligne sur ce site.

Vitrine mise en place à l’entrée du Fonds Patrimonial

mise en ligne 01/2025 – dernière modification 05/2025