Le 28° RT

Le 28° RÉGIMENT de TRANSMISSIONS D’ISSOIRE

FILIATION
Le 28° Régiment de Transmissions (28°RT) est l’héritier du 28°Bataillon de Génie (28°BG) créé à Belfort en 1914. Celui-ci assure glorieusement les travaux du Génie pendant toute la Grande Guerre, avec des compagnies envoyées en Orient ou sur le front italien. Il est dissous en 1919.

Insigne du 28° RG

Dix ans plus tard en 1929 est créé à Montpellier un 28° Régiment du Génie (28°RG) de la spécialité « Sapeurs-télégraphistes ». Pendant 10 ans il participe aux manœuvres et établit des lignes de communication dans le secteur fortifié des Alpes.
À la mobilisation en 1939, selon les plans établis, le 28°RG est dissous. Il devient à Montpellier un Centre Mobilisateur (CM28) qui met en route 17 compagnies de télégraphistes et 19 compagnies radio affectées dans les unités combattantes. En mai -juin 1940 les compagnies du Génie engagées avec la 28° DI se battent héroïquement sur l’Ailette ; elles sont dissoutes après l’armistice.

1931 Sergents du 28° RG

CRÉATION de L’ARME des TRANSMISSIONS
L’Armée d’Armistice compte huit groupes de transissions – un par division. Le Gouvernement de Vichy décide au 1er juin 1942 la création d’une Arme des Transmissions indépendante de l’arme du Génie. Elle est balayée par l’invasion allemande et la dissolution de l’armée d’Armistice en novembre 1942 et de nombreux transmetteurs rejoignent la Résistance.

NAISSANCE et RENAISSANCE du 28ème RT
Après la Libération, début 1945 il est mis en place des Centres d’Organisation et d’Instruction des Transmissions (COIT), dont le COIT 617 à Toulouse, rebaptisé en novembre 28° régiment de Transmissions (28°RT). Celui-ci instruit les recrues et met sur pied des compagnies et bataillons de transmissions envoyés en renfort en Indochine. En mai 1946 le 28 est transféré à Montpellier à la caserne Joffre avec un groupe d’instruction à Sète. En avril 1947 le régiment est réduit en bataillon (28°BT), éclaté entre Montpellier, Sète, Marseille et Nice. Il contribue toujours à l’expédition de détachements en Extrême-Orient, avant d’être dissous en mars 1951.

Le drapeau du 28 à Saïgon

En 1953 le drapeau du 28 est attribué aux unités des Transmissions en Indochine. Leur conduite exemplaire justifiera la mention sur l’emblème « Indochine 1953-1956 »

L’organisation des Transmissions est variable : La Direction de l’Arme dissoute en 1948 est recréée en 1953. La fin de la guerre d’Algérie voit une modernisation des équipements et pour les Transmissions l’augmentation des effectifs. Sont créés l’École annexe des Transmissions à Agen et l’École d’enseignement technique à Issoire et 4 nouveaux régiments, dont un nouveau 28ème.

Le drapeau du 28 à Nice 1965

Le 28e RIT
Le 28e Régiment d’Instruction des Transmissions est créé au 1er juillet 1965 à Nice, caserne Auvare. Il regroupe des organismes dissous et est bien équipé en moyens de formation des recrues. Il forme 5750 recrues et 600 EOR pendant les 4 ans de son existence, car en octobre 1969 le 28 est à nouveau dissous…

Le 28e RT À ORLÉANS
Il faut attendre le 1er juillet 1979 pour que revive le 28e RT recréé à Orléans, quartier de Sonis. Il est rattaché au 3° corps d’Armée (3° CA) et participe à une première opération extérieure (Opex) l’Opération Manta au Tchad (1983/84). Neuf chefs de corps se succéderont à Orléans au 28, qui en 1984 devient le régiment de transmissions de la Force d’Action Rapide (FAR). En 1985 il est doté du système RITA.

Insigne du 28° RT

Au début des années 1990, il est professionnalisé à plus de 60%. Les Opex vont se multiplier : opération Daguet en Irak (1991), opération Oryx en Somalie (1992), APRONUC au Cambodge (1992), FORPRONU à Zagreb (1992-93) Sarajevo (1993-95), opération Salamandre à Mostar (1996-99), opération Alba en Albanie 1997, Trident au Kosovo (1999-2000).

Le 28° RT À ISSOIRE
En 1998 très engagé dans les Balkans, le régiment doit déménager d’Orléans à Issoire (63), où il reprend le quartier de Bange libre après la dissolution de l’École technique des Sous-officiers. Le 28 est alors intégré à la brigade de transmissions de la Force d’Action Terrestre. Il comprend 7 unités élémentaires : une compagnie de commandement et logistique (CCL), 5 compagnies d’emploi et une compagnie d’instruction. En 1999 une compagnie participe à l’opération Trident au Kosovo (1999-2004) ; cette année là des personnels du 28 sont présents dans 15 pays et 5 DOM-TOM. 
En 2000 le 28 est complètement professionnalisé ; il compte en plus une compagnie de réserve. Il va encore augmenter ses effectifs en reprenant 3 compagnies d’infrastructure du 45° RT de Montélimar qui est dissous. Ces compagnies (6,8,9) sont basées à Lyon, Marseille et Draguignan.
Les Opex se succèdent : opération Licorne en Côte d’Ivoire, Pamir en Afghanistan, Carbet en Haïti…


Dans l’organisation de l’Armée de Terre 2006, le 28° fait partie de la BTAC (Brigade de Transmissions et d’Appui au commandement) dont l’état-major est à Lunéville (54).
En 2009 est créée une 7° compagnie formée de personnels venant du 41°RT de Senlis dissous et les compagnies 6 et 8 sont rattachées à la DIRISI de Lyon. Le régiment compte alors 8 compagnies, toutes regroupées à Issoire.

Le quartier de Bange à Issoire

D’autres OPEX suivent : Tchad 2009, Afghanistan 2011. En 2015 Issoire est rattachée à la base de défense de Clermont-Ferrand.

Dans le schéma 2016 de réorganisation de l’armée « Au Contact » le 28° RT devient l’un des 5 régiments du Com-SIC (Commandement des Systèmes d’Information et de Communication) dont l’état-major est à Cesson-Sévigné (35). L’unité doit armer les groupements de transmissions (GTRS) et intégrer des modules SIC interarmées en opération. Les personnels sont sollicités par l’opération Sentinelle dans les villes de France. En 2022 opération « Barkhane » au Sahel.

Malgré les réorganisations continuelles, les transmetteurs du 28 ont mis en œuvre des matériels en évolution constante, de plus en plus sophistiqués et performants, passant de la télégraphie à la radio, puis aux communications électroniques. À la fois techniciens et soldats, les hommes portent fièrement la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 14-18 en souvenir du 28°BG.

Article de 2018Source : Pierre Dufour – 28, de la télégraphie aux communications du XXI° siècle – Lavauzelle 2001

Le Régiment de Lyonnais

Le RÉGIMENT de LYONNAIS 1616-1791

Ce régiment est associé à la famille de Neuville de Villeroy : ses membres en sont « mestres de camp » ou colonels, avant de devenir gouverneurs du Lyonnais au XVII° et XVIII° siècles.

NAISSANCE du RÉGIMENT 1616-1635 
En 1616 Nicolas de Villeroy, fils de Charles d’Alincourt gouverneur du Lyonnais, reçoit commission pour former un régiment d’infanterie (10 compagnies de 100 hommes). Le Régiment de Villeroy fait campagne au Piémont (1616-17), contre les protestants dans le sud-ouest (1621-22) et à nouveau au Piémont (1624-26). Entre les campagnes le régiment est réformé et la plupart des hommes renvoyés chez eux. En 1629, il est rétabli pour la guerre de succession du Monferrat. Assiégé en Italie l’année suivante, il capitule prématurément et est mis à l’entraînement à Pignerol. Nicolas de Villeroy cède le commandement à son frère cadet François d’Alincourt, qui participe aux campagnes en Vivarais (1632), en Lorraine (1634) et au Palatinat (1635). Le régiment prend alors le nom de Régiment de Lyonnais (RL), parce que le recrutement et les frais sont assurés par ce gouvernement.

Le recrutement d’un régiment

Le RÉGIMENT de LYONNAIS 1635-1659 
C’est le temps de la guerre contre les Habsbourg (Empire et Espagne). Les effectifs sont portés à 2000 hommes (1/3 mousquetaires 2/3 piquiers). En Piémont le RL se distingue à Buffalora (1636), défend Verceil d’où il sort avec les honneurs (1638). En 1639 François d’Alincourt est tué dans une bataille de rues à Turin. Nicolas reprend le commandement du RL, qui charge victorieusement sous Turenne à Rotta di Chieri.
Renforcé à 3000 hommes le RL part pour la Catalogne en révolte contre Madrid. Il se bat bien et en sort avec les honneurs, réduit à 439 hommes valides.
De nouveau en Italie (1646-1659), le RL est assiégé à Porto Longone (île d’Elbe) et en sort à nouveau avec les honneurs (1650). Il se distingue encore en Piémont à Borghetto (1650) et au siège de Mortara (1658).

Maniement du mousquet

Emblème du Régiment

Le TEMPS des RÉFORMES (1664-1670) 
Après la paix des Pyrénées (1659) les effectifs du RL sont réduits, mais il passe à 26 compagnies, quand Nicolas de Villeroy le cède à son fils François (1664-1683). Le RL est alors le 17ème dans la listé de préséance des régiments. Louvois modifie l’armement : les fantassins sont dotés de fusils et de baïonnettes, hormis les caporaux qui conservent la pertuisane et 4 soldats d’élite par compagnie dotés de grenades. Le drapeau est divisé en 4 cantons par une croix blanche avec 2 cantons noirs et 2 bleus. L’uniforme est en drap gris doublé de rouge, avec galons d’or pour les officiers, d’argent pour les sergents ; les pertuisaniers et les tambours ont une tenue verte.
Vers 1670 à la demande des lyonnais, est détachée une Compagnie Franche chargée de la garde des portes de la ville, qui sera logée dans une caserne construite pour elle à la Guillotière vers 1773.

Le RL dans les GUERRES de LOUIS XIV :
Le RL est de toutes les guerres et campagnes qui vont se succéder à un tel rythme que l’on ne peut les détailler.
- guerre de Dévolution (1667-68) : campagne de Flandre, de Franche-Comté, prise de Dôle. Retour ligne manuel
- guerre de Hollande (1672-78) : passage du Rhin, campagnes en Allemagne, Franche-Comté, Flandre, bataille de Cassel. Pendant la paix le RL participe à des travaux de fortification comme à Sélestat. Le régiment passe en 1683 à Louis-Nicolas de Villeroy fils de François, devenu gouverneur de Lyon.
- guerre de la Ligue d’Augsburg (1688-1697): le RL est de la campagne du Palatinat, en garnison à Trèves (1690), à la prise de Namur (1692), aux batailles de Steinkerke (1692) Neerwinden (1693).

1697 congé pour un Invalide


- Guerre de Succession d’Espagne (1701-1713) : le RL est engagé sous le duc de Vendôme en Italie (1702-1706 défaite de Turin), puis en Provence. C’est une période noire pour le RL : effectif insuffisant, ravitaillement réduit, solde non payée… En 1709 il est dans les Alpes sous Berwick et en 1712 sous Villars à la bataille de Denain qui sauve la France. En 1714 Louis-Nicolas cède le RL à son fils François-Louis de Villeroy. Le nombre de régiments est réduit et le RL est renforcé de soldats des régiments Mornac et Charolais.

Uniforme 1720-1734

Le RÉGIMENT de LYONNAIS sous LOUIS XV et LOUIS XVI :
Pendant une longue période de paix, le RL passe d’une garnison à l’autre, dont Lyon et Montbrison (1725-26). Le marquis de Beaupréau devient le colonel (1734-1745). En 1734 nouvel informe : habit, culotte blancs, collet et parements rouges. Les compagnies sont regroupées en 2 ou 3 bataillons selon les époques.
- Guerre de succession d’Autriche (1740-1748), il est engagé en Allemagne, puis au Piémont. Le RL est reconstitué à 4 bataillons et 2900 hommes, réduits à 1050 en temps de paix. Le comte de Lannion (1745-1749) passe la main à Gabriel-François de Villeroy (1749-1762).


- guerre de Sept Ans (1756-1763) : le RL se rend lors de la capitulation de Minden, mais se distingue dans une bataille sur la Fulda, dans une guerre désastreuse pour la France.
Le marquis de Bouzols en devient le colonel (1763-1782). En 1774 il est dédoublé : les 1er et 3ème bataillons continuent le RL qui connaît à nouveau diverses garnisons, dont Toulon (1778) où il fournit des troupes embarquées dans les vaisseaux partant pour la guerre en Amérique. Le RL participe à la prise de l’île de Minorque sur les anglais (1782), mais échoue au siège de Gibraltar.
Rentré en France, il a comme colonels le comte de Tillères (1782-1788) et le comte Philippe de Montesquiou-Fézensac (1788-1792) ; il est en garnison dans le sud et en 1788 à Aix et Marseille.

1788 Congé Militaire

DU RÉGIMENT de LYONNAIS au 27° RI 
Pendant les 2 premières années de la Révolution le bataillon d’Aix garde sa discipline, mais après les troubles de décembre 1790, le bataillon quitte la ville pour Tarascon, où le régiment est réuni. Le 1er janvier 1791, le RL devient le 27ème Régiment de Ligne et part pour l’Armée du Rhin. Montesquiou le commande jusqu’en février 1792, il conduira ensuite l’armée d’occupation de la Savoie en septembre 1792.

Le 1er janvier 1795 est opérée une scission des régiments et un amalgame avec les bataillons de volontaires : le 1er bataillon du 27° forme la 53° demi-brigade avec 2 bat. du Haut-Rhin et de la Moselle. Le 2ème bataillon forme la 54° demi-brigade avec 2 bat. du Puy-de-Dôme et de l’Eure. Un « 2ème amalgame » en 1796 mélangera à nouveau les unités : une 27° demi-brigade nouvelle deviendra par la suite le 27°Régiment de Ligne puis Régiment d’Infanterie.

Insigne du 27° RI

Le 27° RI est à Lyon en 1834 au moment de la révolte des canuts, puis en 1870 -1874. En 1889, il est à Dijon, où il va demeurer jusqu’à sa dissolution (vers 1980).

Le 27° RI, devenu régiment de Dijon, se considère par tradition comme l’héritier du régiment de Lyonnais : son insigne reprend les couleurs du RL, le lion et la date de 1616.

Article de 2014 Source : général Susane – Histoire de l’infanterie française tome 3 – J.Dumaine 1876 / Cdt Carnot – le Régiment de Lyonnais – Pierre Masson – Lyon 1929

Visite du Musée /7

VISITE DU MUSÉE / 7 : FIN de LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET SUJETS THÉMATIQUES (SALLE 6)

La première moitié de cette dernière salle est consacrée à la phase finale de la Seconde Guerre Mondiale, celle de la Libération.

LIBÉRATION DE LYON ET DE LA RÉGION
Cette phase débute avec le débarquement allié en Provence le 15 août 1944 des forces américaines et de l’armée du général de Lattre. Des panneaux modernisés relatent la progression rapide des alliés, la bataille de Montélimar, pendant que se déroulent des actions de résistance prématurées (Oullins, Villeurbanne) et la bataille de Meximieux.

Le Fusilier-marin

Les allemands font sauter les ponts de Lyon, avant de laisser la place aux résistants qui convergent sur la ville. Le 3 septembre les fusiliers marins du général Brosset entrent en ville. Lyon est libérée : l’ordre y est rétabli et le 5 septembre une prise d’armes a lieu place Bellecour en présence du général de Lattre.


En uniforme un américain, un fusilier-marin et une vitrine avec la grande tenue de colonel du général Brosset et ses décorations illustrent ces épisodes historiques.

Une autre vitrine est consacrée au général Descour chef militaire de la Résistance dans la région, puis gouverneur militaire de Lyon, aujourd’hui bien oublié.

Les vitrines des généraux Descour et Brosset (à droite)

SUJETS THÉMATIQUES
La seconde partie de la salle est utilisée pour mettre en valeur des sujets particuliers. ils sont présentés autour de la salle et dans un meuble-vitrine qui occupe toute la largeur du mur.
Sont illustrées : la Gendarmerie Nationale, la Légion Étrangère, les troupes alpines
sont exposés : des coiffures , des décorations, des insignes…

Le meuble-vitrine

Avec la salle 6 se termine cette visite rapide de notre musée. Nous souhaitons que ces 7 articles de visite virtuelle vous auront donné l’envie d’une visite réelle…

Article de 11/2020

Les Nemours Gouverneurs de Lyon

Les DUCS de NEMOURS, GOUVERNEURS du LYONNAIS pendant les GUERRES de RELIGION  

Au XVI° siècle, les « Nemours » sont une branche cadette de la maison de Savoie, branche qui commence avec Philippe de Savoie (+1533), frère cadet du duc de Savoie Charles II, qui lui concède en apanage le comté de Genève (Annecy) et le Faucigny. Mais il est aussi demi-frère de Louise de Savoie, mère de François Ier et le Roi lui confère en 1528 le Duché de Nemours. Son fils et son petit-fils seront gouverneurs du Lyonnais pendant les guerres de Religion avec des choix politiques diamétralement opposés.

JACQUES de NEMOURS, gouverneur après l’épisode protestant (1563-1571) 

Blason des Savoie-Nemours

Jacques de Savoie, Duc de Nemours (1531-1585), fils de Philippe, est donc le cousin du Roi et du duc de Savoie Emmanuel-Philibert. Il est l’un des princes les plus accomplis de son temps, ce qui lui vaut de figurer comme personnage dans le célèbre roman du XVII° siècle « la Princesse de Clèves« .

Jacques de Nemours participe sous Henri II aux campagnes contre Charles-Quint ; en 1552 il se distingue au siège de Lens, puis se jette dans Metz assiégée et contribue à sa défense sous les ordres de François de Guise. Il sert ensuite en Flandre et en Italie, toujours avec distinction ; il est promu capitaine-général de l’infanterie légère.

Jacques de Nemours

En 1560 commence le temps des Guerres de Religion : Nemours se place résolument dans le camp des catholiques et prend part aux offensives menées par Montmorency, Guise et Saint-André. En 1562, les Réformés prennent la pouvoir à Lyon, soutenus par le baron des Adrets. En décembre 1562, le roi Charles IX nomme le duc de Nemours gouverneur du Lyonnais en remplacement du maréchal de Saint-André tué à la bataille de Dreux. Nemours tente de libérer Lyon : il s’empare de Vienne et s’avance jusqu’à Saint-Genis-Laval, mais il échoue à prendre la ville.
Il bat le baron des Adrets à Beaurepaire, mais celui-ci renforcé contraint Nemours à se retrancher dans Vienne. Nemours négocie une trêve qui éloigne des Adrets. Son gouvernement comprend l’ensemble Lyonnais, Forez, Bourbonnais, Auvergne, Marche et Combraille. Mais Lyon est toujours aux mains des Réformés ; l’autorité royale est rétablie seulement en juin 1563 par le maréchal de Vieilleville, lieutenant-général (1563-1564). Le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis visitent Lyon en juin 1564 et décident la construction d’une citadelle en haut des pentes de la Croix-Rousse, pour maintenir la ville dans l’obéissance. Les lieutenants-généraux sont ensuite Beaulieu de Losses (1564-66), Birague (1566-68) puis Mandelot.

Le Duc de Nemours n’entre à Lyon qu’en septembre 1565, suivi par son épouse Anne d’Este, veuve de François de Guise, un an plus tard. La guerre reprend en septembre 1567 : Lyon est à nouveau menacée et Nemours chasse les insurgés des alentours et s’empare de Vienne ; il fait une entrée triomphale à Lyon. Quelque temps après, lassé de toutes ces guerres, il se démet du gouvernement de Lyon en février 1571, en proposant son lieutenant-général François de Mandelot pour lui succéder.
Jacques de Nemours se retire à Annecy pour se consacrer à la culture et aux lettres ; il y meurt en juin 1585.

CHARLES-EMMANUEL de NEMOURS: la VILLE aux MAINS de LA « LIGUE » (1589-1594)

Charles-Emmanuel de Savoie, Duc de Nemours

Charles-Emmanuel est fils aîné de Jacques et d’Anne d’Este, né en 1567; il est donc le demi-frère utérin d’Henri duc de Guise. A la mort de Mandelot en novembre 1588, Henri III le nomme gouverneur de Lyon, car il doit encore composer avec le duc de Guise, qu’il fait assassiner le mois suivant. Nemours est arrêté ; la ville de Lyon indignée se soulève en faveur de la « Ligue » catholique (février 1589) et Nemours s’évade.

Contre l’avis du roi, la ville l’accueille comme gouverneur ; il évince le lieutenant-général nommé par le Roi Guillaume de Gadagne. Son gouvernement sera celui de l’épisode « ligueur » de la ville. La Ligue ultra-catholique s’oppose au protestant Henri de Navarre, héritier du trône, devenu Henri IV en août 1589, après l’assassinat d’Henri III.

Nemours fait campagne autour de Lyon, se distingue au cours des batailles perdues par la Ligue à Arques (1589) et Ivry (1590) contre Henri IV. Revenu à Lyon en avril 1591, il tente de rendre son gouvernement indépendant et prétend à la couronne royale ; il prend Vienne. Mais l’abjuration d’Henri IV (juillet 1593) change tout ; Nemours est arrêté par l’archevêque Pierre d’Epinac avec l’aide du Consulat de la ville et enfermé au château Pierre-Scize en septembre 1593. En février 1594 la ville se rallie à Henri IV et les troupes royales commandées par Alphonse d’Ornano entrent en ville. Sept consuls de Lyon sont destitués et remplacés. Nemours réussit à s’évader de Pierre-Scize en juillet… Charles-Emmanuel reprend la lutte en vain et se retire à Annecy, où il meurt de la tuberculose l’année suivante.

Entrée d’Henri IV à Lyon septembre 1595

Henri IV fait une entrée triomphale à Lyon en septembre 1595. Il met fin au système du consulat, le remplaçant par un prévôt des marchands nommé pour 2 ans assisté de 4 échevins. Le premier prévôt des marchands est René Thomassin. Cette organisation durera jusqu’à la Révolution (1791).

Article de 2011 – Dernière modification 01/2022
Source : B.Demotz & coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011

François Ier dans la Région/2

FRANÇOIS Ier À LYON ET DANS LE SUD-EST EN 1536

OCCUPATION DE LA SAVOIE ET NOUVELLE GUERRE
Le duc de Milan Francesco Sforza meurt en novembre 1535. Cette mort attendue relance la revendication de François Ier sur le Milanais au profit de son 2ème fils Henri ; il menace de guerre l’empereur et roi d’Espagne Charles Quint .

Charles II duc de Savoie

Le roi avait par ailleurs demandé au duc de Savoie Charles II, qui est le demi-frère de sa mère mais aussi le beau-frère de l’empereur, le passage de ses troupes sur son territoire. Celui-ci refuse : le roi décide alors l’occupation des terres de Savoie. En février 1536 l’amiral Chabot de Brion envahit la Bresse puis le Bugey ; d’autres troupes partent de Grenoble et de Briançon. En mars la Savoie est occupée ; c’est ensuite le tour du Piémont : Suse, puis Turin sont prises. À la mi-avril Chabot de Brion arrive à la frontière du Milanais. Entretemps le roi vient résider à Lyon.

Cette occupation déclenche une nouvelle guerre avec Charles-Quint : les impériaux investissent la plaine piémontaise, seule Turin résiste. Le 25 avril le roi fait une entrée solennelle à Montbrison comme comte de Forez, territoire inclus dans le royaume l’année précédente.
En juillet Charles-Quint envahit la Provence. Le connétable de Montmorency envoyé sur place, fait occuper Avignon, territoire pontifical, d’où il va mener une politique de la terre brûlée pour contenir l’invasion.

Connétable Anne de Montmorency

La MORT DU DAUPHIN et L’INVASION DE LA PROVENCE


Le 2 août le dauphin François, 19 ans, boit de l’eau glacée après une partie de jeu de paume disputée à la maison du Plat près de l’abbaye d’Ainay où il logeait ; il tombe malade, mais part le lendemain avec le roi et sa suite en direction du sud. Le 4 ils sont à Vienne. Le dauphin très fiévreux est laissé en route au château de Tournon, où il meurt le 10 août. À Lyon la rue François Dauphin dans le quartier Bellecour perpétue son souvenir.

Le dauphin François


Le roi apprend la mort de son fils aîné à Valence : ce deuil inattendu va bouleverser le roi. L’écuyer du dauphin le piémontais Montecuculi qui lui avait donné l’eau est accusé sans preuve de l’avoir empoisonné : il avoue sous la torture…
Le 12 septembre le roi rejoint le camp d’Avignon, d’où l’armée française surveille l’offensive de Charles-Quint, que le manque de ravitaillement va contraindre à la retraite. L’empereur a été vaincu sans bataille ; la Provence est libérée, mais elle est ravagée, surtout Aix. Le roi visite Arles et Marseille, puis reprend le chemin de Lyon où il arrive le 2 octobre.

NOUVEAU SÉJOUR À LYON
Le 7 octobre en séance publique le roi entouré des princes du sang et des ambassadeurs valide la condamnation à mort de Montecuculi. Celui- ci est trainé sur une claie de la prison de Roanne sur la place de la cathédrale où il demande pardon, puis jusqu’à la Grenette, où il est écartelé à 4 chevaux… Ses restes sont déchiquetés par la foule.
Le roi a t’il assisté à l’exécution ? Des sources l’affirment, d’autres n’en parlent pas… L’une d’elle dit que seule Marguerite de Navarre sœur du roi y aurait assisté et qu’elle en aurait été horrifiée…

Le Cardinal de Tournon

En remplacement de Pomponne de Trivulse, le roi nomme le cardinal de Tournon, grand diplomate et homme de confiance, gouverneur à Lyon pour tout le sud-est du royaume et des provinces de la maison de Savoie récemment occupées. Avant de repartir fin novembre le roi autorise l’installation à Lyon d’une manufacture de soie par les piémontais Etienne Turquet et Barthélémy Naris.

Le second fils de François Ier, Henri, devient le nouveau dauphin et sera le roi Henri II.

La Savoie et le Piémont sont administrativement rattachés au royaume : Il ne reste plus au duc de Savoie que Verceil et le comté de Nice. Son successeur Emmanuel-Philibert devra attendre 1559 pour récupérer ses états par le traité de Cateau-Cambrésis.

Article de 11/2020Sources : Didier Le fur – François Ier – Perrin 2015 / René Guerdan – François Ier – Flammarion 1976

Le Camp de Chambaran

Le CAMP MILITAIRE de CHAMBARAN (Isère)

Le camp de Chambaran (écrit aussi Chambarand) s’étend sur 1450 ha à la limite de la Drôme et de l’Isère dans le canton de Roybon sur la commune de Viriville. C’est un plateau argileux acide peu fertile avec des tourbières et des étangs.

Carte du camp appelé « Champ de Tir » (1967)

Le camp est acquis après décision du ministère de la guerre en 1881 sur l’initiative du général de Miribel, commandant de la 28° division d’infanterie.
C’est d’abord un champ d’expérimentation du canon de 75 par l’artillerie sur le champ de tir du plateau des Monettes.

Nettoyage des canons

Canon de 155 court

L’abreuvoir

Cyclistes et cantiniers

Le mess officiers et le kiosque à musique (années 1930)

Les baraquements (années 1930)

Aujourd’hui le camp possède des salles d’instruction, des installations sportives, une zone vie avec logements et restauration et diverses zones d’entraînement et champs de tir. Géré par le 7° BCA de Varces, il accueille divers groupes de stagiaires pour la formation militaire initiale (FMI) (engagés, santards, réservistes, élèves-infirmiers…)


À l’été 2014 le camp a reçu le label « Natura 2000 » attribué aux sites pilote pour la protection de la biodiversité : la faune et la flore y sont riches et préservées.

Article de 2018Documents : Musée Militaire Lyon

Le Comté de Savoie

De HUMBERT Ier à AMEDEE V: DE L’AN 1000 à 1323

LE FONDATEUR: HUMBERT Ier « aux Blanches Mains« 

Ce féodal, d’ascendance incertaine apparait après l’an mille. Il est Comte de Savoie propre (Chambéry) et de Belley. Il est l’homme de confiance d’ Ermengarde, épouse du roi Rodolphe III de Bourgogne-Provence dit « le fainéant » (997-1032) ; il bénéficie de ses faveurs et arrive à obtenir vers 1024 le comté d’Aoste. Vers 1029 l’évêque de Vienne partage son territoire entre Humbert et Guigues le vieux premier comte de ce qui sera le Dauphiné. Guigues prend le sud du Viennois et Humbert obtient le nord- Viennois, bande de terre allant de Chambéry jusqu’au Rhône entre Lyon et Vienne, ce qui sera source de conflits (Guerre de « Septante Ans »).

Signature d’Humbert Ier

Selon la volonté de Rodolphe III décédé en 1032, Humbert se rallie à l’empereur germanique Conrad II le Salique, son héritier et le soutient avec énergie contre le comte de Genève. Il y gagne le Chablais en 1035. En 1033, il soumet l’évêque rebelle de Maurienne après un long siège de Saint-Jean-de-Maurienne. En récompense, il reçoit le comté de Maurienne avant 1043.

Vers 1045, Humbert conclut le mariage de son fils cadet Odon avec Adélaïde de Suse, héritière du marquisat de Turin côté italien des Alpes, qui apporte la vallée de Suse et l’expectative de l’héritage de tout le Piémont.
Humbert réside le plus souvent au château de Charbonnières au dessus d’Aiguebelle ; il meurt en 1047/48, laissant le comté bien agrandi à son fils aîné Amédée Ier (+1051), auquel succédera Odon.

DE AMEDEE Ier à PHILIPPE Ier

Humbert Ier, premier comte de Savoie, a ainsi pendant la première moitié du XI° siècle jeté les bases d’une principauté assise sur les deux versants des Alpes. Ses successeurs continueront à l’affermir, en particulier Amédée III (1103-1148) et Thomas Ier (1189-1233). Parmi les 10 enfants de Thomas Ier comte de Savoie (+1233) et de Marguerite de Genève, trois seront comtes de Savoie Amédée IV (+1253), Pierre II (+1268) et Philippe Ier. Ce dernier résilie sa charge d’archevêque de Lyon pour assurer la succession de son frère. Sans héritier, il pressent son neveu Amédée, 2ème fils de son autre frère Thomas II (+1259) sire de Piémont. Il lui fait épouser en 1272 Sibylle de Bâgé, héritière de la Bresse. Ce mariage fait entrer la Bresse dans les possessions de la maison de Savoie : elle y restera jusqu’en 1601 au traité de Lyon.
Amédée devenu sire de Bresse, soutient son oncle Philippe Ier, engagé dans la 1ère guerre contre le Dauphiné (« guerre de septante ans »).

Les principautés vers 1280

AMÉDÉE V le Grand, Comte de SAVOIE (1243-1323) 

En 1285 à la mort de Philippe, l’héritier légitime est un enfant de 6 ans fils du frère aîné d’Amédée : il est écarté. Pour arrêter la contestation de son frère cadet Louis, il lui cède en apanage le comté de Vaud (Lausanne).
Devenu Amédée V comte de Savoie, il va être un prince féodal infatigable pendant 38 années marquées chacune par des opérations militaires. En 1286 il prend la ville de Lyon sous sa protection pour 3 ans. Il s’oppose victorieusement au Dauphin, au comte de Genève et au sire de Thoire-Villars lors des 2ème et 3ème guerres contre le Dauphiné 1289-1293 et 1299-1314, secondé par son héritier Edouard.

Grand sceau d’Amédée V

Entre ces deux conflits, il soutient le Roi de France Philippe le Bel en envoyant Edouard combattre en Flandre en 1304. Sa plus célèbre opération est sa contribution à la descente sur Rome (1310-1312) pour permettre le couronnement de l’Empereur Henri VII, après une série de combats acharnés. Il y gagne le titre de prince d’Empire et en Piémont la ville d’Ivrée. Il meurt en Avignon, alors qu’il y préparait un projet de Croisade.


Le Comté de Savoie a de nouveau bénéficié avec lui d’un bon capitaine et d’un excellent administrateur. Deux de ses fils lui succéderont : Edouard le libéral (1323-1329) et Aymon le pacifique (1329-1343).

Blason de Savoie

Humbert Ier et Amédée V ont été les personnalités les plus marquantes des 3 premiers siècles du comté de Savoie. Par la suite, malgré plusieurs occupations françaises et une occupation espagnole au XVIII° siècle, cette principauté composite perdurera plus de 8 siècles, jusqu’en 1860, année où le roi Victor-Emmanuel II, lointain descendant (à 25 générations…) d’Humbert Ier, deviendra Roi d’Italie avec l’aide de Napoléon III en acceptant d’abandonner définitivement la Savoie (et Nice) à la France.

Article de 12/2021, fusion de 2 articles de 2010
source : B. Demotz – Les comtes qui en 400 ans firent la Savoie-L’Histoire en Savoie -sans date / le comté de Savoie du XI° au XV° siècle – Slatkine 2000

Visite du Musée / 6

VISITE DU MUSÉE / 6 : La DEUXIÈME GUERRE MONDIALE (SALLE 5)

L’Artilleur du 54

MOBILISATION ET CAMPAGNE DE 1940
Le parcours dans cette salle commence par la mobilisation des unités de la région en septembre 1939, illustrée par un soldat artilleur du 54° RA régiment lyonnais et un spahi en grande tenue. Dans l’angle opposé un tirailleur sénégalais rappelle le sacrifice de ces soldats dans les combats sans espoir de Chasselay et Lentilly en juin 1940 et les massacres qui ont suivi.

La séquence suivante est consacrée à l’Armée de l’Air et au rôle de la base aérienne de Bron. Pour illustrer la guerre aérienne, en plus d’une tenue d’aviateur, le Musée possède une pièce de prestige : la dérive marquée de la croix gammée d’un avion allemand abattu en avril 1940 par un équipage de Bron.

L’officier de chars, l’aviateur et le tirailleur


La campagne de 1940 est figurée par la tenue d’un officier de chars et par celle d’un capitaine de Chasseurs Alpins avec sa cantine ayant participé à l’expédition de Narvik. La bataille de Voreppe est à l’honneur, ainsi que la bataille des Alpes contre les italiens. Diverses armes individuelles et un mortier sont exposés.

OCCUPATION ET RÉSISTANCE
L’occupation est représentée par deux uniformes allemands, dont un officier.
L’organisation des mouvements de Résistance dans la région est détaillée. La Résistance est illustrée par la tenue d’un maquisard et celle d’un parachutiste SAS. Un conteneur parachuté a sa place à coté d’un exceptionnel traineau utilisé sur la neige par le maquis du Vercors.

Le résistant, le traineau, le conteneur et le parachutiste

Les panneaux d’information relatent les conditions de retraite des allemands dans la vallée du Rhône en août 1944 sous la pression des maquis et la pression aérienne des alliés.
Un uniforme de tabor marocain annonce la phase finale de cette guerre, celle de la Libération, qui est exposée dans la salle suivante (6).

Le tabor marocain

La phase finale de cette guerre mondiale est illustrée dans la salle 6

Article de 09/2020

Rejoignez Nous!

Si vous êtes intéressés par l’Histoire de Lyon et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et plus particulièrement par l’Histoire Militaire, depuis l’époque des Gaulois jusqu’à nos jours, venez nous rejoindre!

De même si vous êtes un amateur d’armes, d’objets, de maquettes ou de figurines militaires, votre place est parmi nous!

Adhérez à l’Association du Patrimoine Militaire de Lyon et de sa Région en copiant le bulletin d’adhésion ci-dessous.

Le Comté de Genève

Le COMTÉ de GENÈVE

Au début du XI° siècle le roi de Bourgogne Rodolphe III investit comme comte de Genève un certain Gerold, peut-être un parent. Ce Gerold s’oppose au legs du royaume à l’empereur germanique Conrad II en 1032. Ce dernier, assisté d’Humbert Ier de Savoie, vient assiéger Genève : Gerold est forcé à faire allégeance à l’Empereur et le comte de Savoie y gagne le Chablais (1035).

Blason du Comté de Genève

De GENÈVE À ANNECY
En 1074 l’empereur Henri IV confie le pays d’Annecy au comte de Genève. Aymon Ier est en conflit avec l’évêque de Genève pour le contrôle de la ville. Le prélat excommunie le comte et celui-ci pour faire lever la sanction consent à la perte de Genève par l’accord de Seyssel (1124) : le comte ne possède plus dans sa capitale que le château du Bourg de Four. En 1162 l’évêque de Genève devient le vassal direct de l’Empereur Frédéric Barberousse. Le comte Amédée Ier doit s’installer à Annecy, où s’élèvera le château des comtes de Genève. Amédée (+1178) et ses descendants Guillaume Ier et Humbert (+1225) renforcent leur petit comté en Albanais, Genevois et Faucigny, mais Humbert doit renoncer à tous ses droits sur la ville de Genève en 1213. Après Humbert son frère Guillaume II spolie son neveu qui était en Irlande : ce dernier cédera ses droits au comte de Savoie…

Le comté de Genève vers 1300

Les GUERRES FÉODALES
De 1234 à 1329 les comtés de Genève et de Savoie vont être en conflit quasi-permanent. Cela commence quand son voisin le sire de Faucigny rompt son allégeance avec le comte de Genève et marie sa fille et héritière en 1234 avec Pierre de Savoie, qui vient de battre Guillaume II de Genève. Le Faucigny passera au dauphin de Viennois, car Pierre de Savoie, qui deviendra le comte Pierre II (1263-1268), marie sa fille unique Béatrice dame de Faucigny avec Guigues VII dauphin. Cette situation embrouillée est l’une des causes de la guerre de Septante ans entre Dauphiné et Savoie.

Le Château d’Annecy

Le comté de Genève est peu étendu enserré dans le comté de Savoie. Le comte n’a guère de vassaux ; les plus importants sont les seigneurs de Menthon, de Compey, de Ternier et de Duingt. Aussi dans le conflit entre Dauphiné et Savoie Amédée II, petit-fils de Guillaume II s’allie au Dauphin, espérant une extension de son domaine, mais il ne sera guère heureux. Guillaume III épouse Agnès de Savoie et leur fils Amédée III finit par prêter hommage au comte de Savoie en 1329. Il sera même le tuteur d’Amédée VI de Savoie trop jeune à son avènement.
Un frère de Gullaume III, Hugues de Genève, seigneur d’Anthon par mariage et donc vassal du dauphin commande l’armée dauphinoise vaincue à la bataille des Abrets (1354) qui termine la guerre de Septante Ans au profit du comte de Savoie.

Seigneurs de Thoire-Villars

La FIN du COMTÉ FÉODAL
À partir de 1367 vont se succéder 5 fils d’Amédée III tous morts sans descendance. Le dernier est Robert de Genève auparavant antipape d’Avignon sous le nom de Clément VII. En 1394 Robert désigne comme héritier Humbert, fils de sa sœur Marie avec Humbert VII de Thoire-Villars (Villars-les-Dombes). Il meurt en 1400 sans descendance. Il lègue le comté à son oncle Odon qui finalement le vend à Amédée VIII de Savoie en 1402. Annecy et sa région sont alors annexés au comté de Savoie (duché en 1416).

L’entrée du château

Le COMTÉ en APANAGE
Le duc de Savoie va pouvoir octroyer en apanage le comté de Genève à des princes cadets de sa famille au XV° siècle et plus particulièrement au XVI° siècle avec la branche des Savoie-Nemours.
Cette branche commence avec Philippe (+1535) frère cadet du duc Charles II, qui sera titré duc de Nemours par le roi de France François Ier. Son fils et son petit-fils Jacques et Charles-Emmanuel de Nemours seront tous les deux gouverneurs du Lyonnais pendant les guerres de religion, avant de se retirer dans leur château d’Annecy. Vient ensuite Henri (+1631) à l’époque où François de Sales est l’évêque d’Annecy.
Au milieu du XVII° siècle leur territoire fera retour au duché par le mariage de l’héritière des Savoie-Nemours avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel II.
Quant à la ville de Genève elle-même, elle ne pourra jamais être récupérée par les ducs de Savoie malgré plusieurs tentatives au XV° et XVI° siècles. Genève devient ville protestante vers 1530 et l’évêque doit se réfugier à Annecy. Une dernière tentative du duc de Savoie échouera en 1602 (« Nuit de l’Escalade »).

Succession des Comtes de Genève

Gérold+ vers 1061Conon+ vers 1080
Aymon Ier+ vers 1128Amédée Ier1128 – 1178
Guillaume Ier1178-1195Humbert1188 <1225
Guillaume II<1225 – 1252Rodolphe1252-1265
Aymon II1265-1280Amédée II1280-1308
Guillaume III1308-1320Amédée III1320-1367
Aymon III1367Amédée IV1367-1369
Jean1369-1370Pierre1370-1392
Robert1392-1394Humbert de Villars1394 -1400

Article de 2016dernière modification 02/2017
source : Alain Kersuzan -Défendre la Bresse et le Bugey – PUL 2005