1944 les Ponts de Lyon Détruits

La DESTRUCTION des PONTS de LYON le 2 SEPTEMBRE 1944

Depuis le débarquement en Provence du 15 août 1944 et la percée des alliés en Normandie suivie de la marche sur Paris, les forces allemandes stationnées dans dans le sud-est de la France sont menacées d’encerclement. La XIX° armée allemande se replie difficilement vers le nord par la vallée du Rhône, retardée par les sabotages de la Résistance et attaquée de flanc par les forces américaines (bataille de Montélimar).
Le 31, la 11° Panzerdivision traverse Lyon ; elle va mener les 1 et 2 septembre une offensive sur la Valbonne et Meximieux (bataille de Meximieux) pour retarder l’avance des américains et permettre au reste de la XIX° armée de traverser Lyon pour continuer vers le nord. Mais les allemands vont être débordés par l’ouest par l’avance rapide de la 1°DB et 1°DFL françaises qui atteignent Anse dès le 3 septembre.

Ordre de Destruction des Ponts

Les allemands ont programmé la destruction des ponts de Lyon pour retarder la progression des troupes alliées. Depuis le 28 août la préparation pyrotechnique est effectuée sous bonne garde. Le samedi 2 septembre les derniers allemands quittent Lyon ; leurs artificiers vont faire sauter les ponts méthodiquement du sud au nord, sur le Rhône puis sur la Saône dans l’ordre du schéma. L’opération est commencée vers 8 heures : les détonations successives ébranlent les immeubles et font éclater les vitres.

PONTS DU RHÔNE 

- 1 -Le pont Pasteur complètement détruit

Viaduc ferroviaire de Perrache


- 2 -Le viaduc du chemin de fer de Perrache : seule une demi-travée est détruite, la moitié restante permettra un passage piétons et routier.
- 3 -Le pont Galliéni : la travée côté presqu’île est effondrée.
- 4 -Le pont de l’Université : la travée centrale est détruite.

Le pont de la Guillotière franchi par un convoi militaire


- 5 – Le pont de la Guillotière à l’époque en pierre, le plus vieux de Lyon, seule une travée sur 8 (la centrale) est coupée. Dès le 5 septembre un pont métallique jeté sur la brèche permet aux convois militaires de le franchir.

Le Canon Abandonné


- 6 – Le pont Wilson, inauguré le 14 juillet 1918 au cours d’une cérémonie interalliée, est très solide : la moitié aval de la travée centrale a basculé laissant côté amont le tablier en place, emprunté dès le lendemain par les lyonnais. Pour tenter d’aggraver les dégâts, les allemands tirent 3 fois sur le pont avec un canon de 88 posté à l’entrée de la rue de la Barre. Ce canon sera détruit avant d’être abandonné.

Affiche d’époque


- 7 -Le pont Lafayette : la partie centrale est effondrée.
- 8 -La passerelle du Collège : tout le tablier est tombé dans le fleuve

 9 -Le pont Morand, dont la travée centrale est détruite
- 10 -Le pont Vaïsse ou pont de Saint-Clair, détruit. Reconstruit il sera démoli en 1952 pour laisser la place au pont de Lattre de Tassigny.
- 11 -Le pont de la Boucle (aujourd’hui pont Churchill) entièrement métallique : une arche côté colline est tombée.
- 12 & 13 -Le viaduc ferroviaire et le pont Poincaré, non encore en service, détruits.

Le Pont de la Boucle

PONTS DE LA SAÔNE 
Leur sabotage commence vers 20h30 et se poursuit dans la nuit, alors que la rive gauche du Rhône est déjà occupée par les FFI et le commissaire Yves Farge déjà à la préfecture.
- 14 & 15 -Les ponts de la Mulatière : le viaduc ferroviaire métallique est basculé.
- 16 -Le viaduc ferroviaire est peu touché
- 17 -Le pont Kitchener à l’époque passerelle suspendue effondré.
- 18 -Le pont d’Ainay complètement détruit : il ne sera pas reconstruit.
- 19 -La passerelle St-Georges : son tablier est basculé, mais tient encore.

Le Pont Tilsitt


- 20 -Le pont Tilsitt (aujourd’hui pont Bonaparte) : complètement détruit y compris les piles, il sera entièrement reconstruit.
- 21 -Le pont du Palais de Justice (aujourd’hui passerelle) : sa travée centrale est tombée.
- 22 -Le pont du Change : 2 travées en pierre sont endommagées. Réparé, il sera démoli en 1974 et remplacé par le pont maréchal Juin plus en aval.

Le Pont du Change


- 23 -Le pont la Feuillée : complètement détruit, il sera entièrement reconstruit.
- 24 -La passerelle St-Vincent : les charges destinées à la faire sauter ont pu être désamorcées.
- 25 -Le pont de l’Homme de la Roche (aujourd’hui passerelle) : il sera le seul pont sauvé par un résistant Joseph Laval qui désamorce les charges vers 17h sans être vu des sentinelles allemandes ; il récidive à la passerelle St-Vincent et au pont de Serin. Bien qu’inapte au passage de convois lourds, le pont de l’Homme de la Roche permettra le lendemain matin les premiers passages des véhicules des forces alliées venant de la rive droite.
- 26 -Le pont de Serin (aujourd’hui pont Koenig) : les charges désamorcées sont réactivées par les allemands ; mais le pont en pierre très solide est peu endommagé et vite réparé.

Le pont de Serin et fort St-Jean


- 27-Le pont Mouton (aujourd’hui pont Clémenceau) : pont suspendu totalement effondré.
- 28 -Le pont Masaryk suspendu : la travée rive droite est détruite, mais la pile centrale en pierre est intacte.
- 29 -Le pont de Île-Barbe détruit
- plus au nord les ponts de Collonges, de Fontaines, de Couzon et de Neuville sont également sabotés et très endommagés.

La RECONSTRUCTION
Les destructions paraissent gigantesques, mais sauf au pont Tilsitt, les piles et les culées sur les berges sont intactes, ce qui va faciliter la réparation ou la reconstruction. Les vieux ponts de pierre (Guillotière, Change et Serin) sont peu touchés. Les américains arrivés le 2 septembre aux portes de la ville détachent des éléments du 111th Engineer Battalion pour rétablir d’urgence quelques passages. Dès le 5 septembre un pont Bailey métallique de 30 m couvre la brèche du pont de la Guillotière, et le viaduc du chemin de fer de Perrache est utilisé comme pont routier de fortune. En septembre 5 passerelles en bois sont posées sur les ponts. Les ponts suspendus sont rapidement relevés. La réparation des ponts métalliques plus longue fut terminée fin 1946.

Le pont de l’Université avec passerelle piétonne en bois

Article de 2013 – Documents Musée militaire Lyon / François Lescel – Objectif Lyon – DG Communication Lyon 2004

Les Casernes de la Part-Dieu

Les CASERNES de la PART-DIEU à LYON 1860-1968

Très importante emprise militaire dans le 3ème arrondissement de Lyon, les casernes de la Part-Dieu ont marqué l’histoire militaire de Lyon pendant plus de 100 ans. Ci-dessous le panneau d’information du musée consacré à cet important établissement militaire.


NAISSANCE du QUARTIER
En 1830 la Part-Dieu est le nom d’un vaste domaine agricole appartenant aux Hospices Civils de Lyon, avec en son centre une maison forte la « grange de la Part-Dieu » située à l’intersection actuelle des rues de la Part-Dieu et Boileau.
Dans les années 1831 et suivantes dans le cadre de la 1ère ceinture de fortifiée de Lyon une petite fortification est édifiée, le fort ou redoute de la Part-Dieu à l’emplacement du boulevard Vivier-Merle.
En 1844 l’autorité militaire acquiert 24 hectares du domaine de la Part-Dieu. Les constructions débutent en 1847 avec le projet de transfert de l’école d’artillerie de Grenoble et de l’établissement d’une caserne d’artillerie pour 2 régiments entre la redoute et l’ancienne maison forte. Les plans prévoient un ensemble de bâtiments disposés symétriquement de part et d’autre d’une vaste cour centrale de 125 m de côté, avec l’entrée principale sur la rue Ste-Elisabeth (Garibaldi) et le manège dans l’axe de cette entrée au fond de la cour.
En 1854 le maréchal de Castellane,commandant militaire à Lyon, est hostile à l’établissement d’une école d’artillerie et il obtient en 1856 le soutien de Napoléon III, pour convertir la caserne d’artillerie en « un quartier pour 3 régiments de cavalerie et 4 batteries d’artillerie ». En 1856 seule l’aile sud est construite. En juin 1860 Castellane accompagne l’empereur Napoléon III pour visiter le chantier de construction en voie d’achèvement. Elle a été conçue avec toutes les installations nécessaires pour accueillir des unités de cavalerie, avec le manège au fond de la vaste cour dans l’axe de l’entrée principale côté rue Garibaldi.

Plan de 1874 (le nord est à gauche)

Sur ce plan de 1874 le quartier est encore appelé « casernes d’artillerie » et on remarque le fort des Brotteaux et le petit fort de la Part-Dieu qui aura disparu en 1880. La caserne sera agrandie vers le sud ; elle a porté le nom de quartier Margaron.

Entrée principale


Les RÉGIMENTS et UNITÉS de la PART-DIEU
Avant la Grande Guerre les unités de cavalerie se succèdent :
- Cuirassiers : 11° et 12° RC (1874-1880), 4° et 9° RC (1880-1889), 5° et 8° RC (1889-1893), 7° et 10° RC ( 1893 – 1914)
- Hussards : 5° et 10°RH (1874-1877), 3° et 8° RH (1877 – 1892)
- Chasseurs à cheval : 8° RCh (1892 -1895)
- Dragons : 2° dragons ( 1896 -1914).
- Train des Équipages : 14° Escadron depuis 1875.

La sortie des Cuirassiers


En 1914 2° dragons, 7° et 10° cuirassiers se partagent le quartier avec le 14° escadron du Train, ainsi que l’artillerie de la 6° division de Cavalerie. Le 2°Dragons est logé dans les bâtiments côté rue Garibaldi, les Cuirassiers sont plus à l’intérieur du quartier. Le quartier possède une zone d’embarquement par voie ferrée côté Est. Retour ligne automatique

Visite vétérinaire


RÉGIMENTS et UNITÉS après la GRANDE GUERRE
Entre les deux-guerres le quartier abrite :
à nouveau le 9° Cuirassiers , le 5° bataillon de dragons portés, groupes d’auto-mitrailleuses, compagnies d’artillerie du 54°RA, chasseurs cyclistes, escadron du train, intendance, gendarmerie mobile…

Le 9° Cuirassiers en septembre 1939


En 1940-1942 dans le cadre de l’Armée d’Armistice, le quartier abrite le 11° Cuirassiers, dont une partie rejoindra la Résistance dans le Vercors. Les allemands occupent le quartier de 1942 à 1944

Après la Libération de nombreux organismes ou services y sont installés : 8° Escadron du Train, Gendarmerie Mobile… Le bureau du Service National y restera jusqu’en 1966. La Légion Étrangère y tiendra son antenne de 1952 à 1963.

Entrée nord : porte de la rue Masséna


De la CASERNE au CENTRE COMMERCIAL
Le quartier est cédé à la ville de Lyon en 1960 et l’aménagement commence par la partie sud entre la rue du Lac et le bvd Vivier-Merle et la rue des Cuirassiers est créée. Les dernières structures militaires quittent la Part-Dieu en 1968. La démolition commence par le manège, qui méritait d’être conservé. Seront alors construits à la place un grand centre commercial (1975) et des immeubles d’affaires, comme la tour du Crédit Lyonnais, dite « le Crayon » (1977), la tour « Oxygène » (2011), la tour « Incity » (2016).

Monument à la Gloire de la Cavalerie

MÉMOIRE
En 1939 une stèle représentant un cuirassier est inaugurée dans le quartier à la gloire de ceux-ci. À la démolition du quartier, le monument a été déplacé dans un square rue du Lac avec l’inscription « À la GLOIRE de la CAVALERIE » avec une plaque sur laquelle est gravée la liste des unités ayant stationné à la Part-Dieu. Il a été inauguré en 1976 en présence du général Leborgne Gouverneur Militaire de Lyon.

Article de 2010 – Dernière modification 12/2015

Le Service de Santé

Le SERVICE de SANTÉ des ARMÉES à LYON et dans la RÉGION

Les HÔPITAUX MILITAIRES
Au début du XIX° siècle une « salle militaire » accueillait les soldats malades à l’Hôtel-Dieu.
Le premier hôpital militaire de Lyon est ouvert en 1831 sous le nom d’ »Hôpital de la Nouvelle Douane », quai de la Charité, aujourd’hui quai Gailleton, dans un ancien couvent devenu établissement des douanes, puis caserne pendant la Révolution. L’hôpital militaire de la Nouvelle Douane est rebaptisé en 1888 Hôpital Militaire Desgenettes. L’hôpital occupera les locaux pendant 115 ans jusqu’en juin 1946, date d’ouverture du nouvel hôpital Desgenettes dans le quartier du Vinatier. Les bâtiments de l’ancien hôpital ont été démolis pour faire place au Sofitel.

L’Hôpital Desgenettes sur le quai du Rhône

Le deuxième hôpital militaire est ouvert au moment de la guerre d’Italie en 1859, montée Saint-Sébastien sur les pentes de la Croix-Rousse, également dans un ancien couvent (les Collinettes), aussi reconverti en caserne à la Révolution. Appelé « hôpital des Collinettes » avant d’être baptisé hôpital Villemanzy en 1887, il aura en dehors de la Grande Guerre, une activité épisodique au XX° siècle pour fermer en 1946, devenant une annexe de l’Ecole du Service de Santé jusqu’en 1980. Il est aujourd’hui le Cercle Villemanzy, Résidence Internationale de Lyon.

L’Hôpital Villemanzy

Les ANCIENS ÉTABLISSEMENTS du SERVICE de SANTÉ
Le Centre de Recherche du Service de Santé des Armées (CRSSA), présent à Lyon dans l’enceinte de l’hôpital Desgenettes jusqu’en 1988, installé ensuite à la Tronche près de Grenoble dans les locaux de l’ancien hôpital militaire « Emile Pardé » a été fermé en juin 2013 pour être regroupé avec d’autres organismes de recherche sur le site de Brétigny-sur-Orge (91) (Institut de Recherche Biologique des Armées – IRBA).

Lyon a accueilli aussi la 14e SIM (Section d’Infirmiers Militaires) logée au fort de Sainte-Foy avant 1939, avec du personnel desservant les 2 hôpitaux militaires.

La 14e SIM

Une Pharmacie Régionale de 1932 à 1984, puis un magasin de mobilisation jusqu’en 1998 ont fonctionné au fort Saint-Jean à la Croix-Rousse.

Insigne de la DRSSA

La Direction Régionale du Service de Santé des Armées (DRSSA) de Lyon, à compétences inter-armées depuis 2005. Logée depuis 1936 au bastion St Laurent, place Bellevue, sur les pentes de la Croix-Rousse, elle a quitté en juin 2014 ce lieu historique pour se replier à l’état-major du quartier général Frère. Elle a été dissoute en 2017. Son rôle a été repris par les CMA.

SITUATION en 2019

En 2019 six organismes du Service de Santé des Armées sont établis à Lyon et dans sa Région :

L’HÔPITAL d’Instruction des Armées (HIA) DESGENETTES
boulevard Pinel dans le 3ème arrondissement, établissement hospitalier ouvert à tous. Voir l’article particulier.

Façade de l’Hôpital Desgenettes

Les ÉCOLES MILITAIRES de SANTÉ de LYON-BRON
Depuis le 1er septembre 2018 les deux écoles du site de Bron (ESA et EPPA) sont regroupées sur le plan administratif sous le nom d’Écoles Militaires de Santé de Lyon Bron (EMSLB).

L’École de Santé des Armées
l’École du Service de Santé des Armées est implantée à Lyon depuis 1888 ; elle accueille les élèves officiers Médecins et Pharmaciens pendant leur formation universitaire. Déménagée à Bron en 1981, elle est désormais la seule école par la fermeture de son homologue de Bordeaux. En juillet 2011 elle a pris le nom d’ École de Santé des Armées (ESA) héritière des traditions des 2 écoles. Voir l’article particulier.

Le site des écoles de Bron

L’École du Personnel Paramédical des Armées (EPPA)
Son transfert progressif depuis Toulon est achevé. La nouvelle promotion s’est installée à Bron à coté de l’ESA. Cette école prépare au diplôme d’infirmier des personnels des 3 armées et de la Gendarmerie, donc dans un cadre totalement interarmée. La nouvelle promotion a participé à la prise d’armes du 11 novembre 2016 place Bellecour. La garde du drapeau comprenait un personnel de santé, un pompier, un légionnaire, un transmetteur, un aviateur et un marin.

La garde interarmée du drapeau de l’EPPA en 2016

Le CeFOS Centre de Formation Opérationnelle Santé
installé au camp de la Valbonne, dépendant de l’École d’Application du Val-de-Grâce, prépare les personnels santé partant en opération extérieure et assure des formations paramédicales au profit des personnels des armées de Terre et de l’Air.

Le Fanion du CeFOS
Insigne du RMed

Le RÉGIMENT MÉDICAL (RMed)
Egalement à la Valbonne, c’est une unité de la Logistique de l’Armée de Terre (COM-LOG), dépendant techniquement du Service de Santé des Armées. Il vient de la fusion du 1er RMed de Metz, du 2° RMed (régiment de Réserve) et du 3° RMed de la Valbonne. Sa mission est la mise en œuvre des unités médicales opérationnelles (UMO) du SSA. Il dispose d’une antenne chirurgicale, d’un groupement hospitalier, d’une unité de décontamination, de postes médicaux… Il est de toutes les opérations extérieures. En avril 2020 son personnel a monté l’hôpital de réanimation sous tente de Mulhouse au moment de l’épidémie du Coronavirus.

Insigne du 7° CMA

Les CENTRES MÉDICAUX des ARMÉES 
Les Centres Médicaux des Armées (CMA) assurent le soutien santé des forces. Ils ne dépendent plus que du Service de Santé, contrairement aux anciens Services Médicaux d’Unité (SMU) « infirmeries » qui avaient une double subordination.
À la création des Bases de Défense en 2011, il y avait un CMA par Base de Défense. En 2017 leur nombre a été réduit à deux pour la région Auvergne-Rhône-Alpes avec la création le 1er septembre 2017 du CMA7 à Lyon (quartier général Frère) et du CMA8 à Clermont-Ferrand. Chaque CMA administre et coordonne les antennes médicales présentes dans tous les régiments ou bases éloignés de la région. Le CMA de Lyon coordonne les 17 antennes médicales de la base de Défense de Lyon-Valence-la Valbonne, auxquelles sont venues s’ajouter les antennes des unités de montagne de la base de Grenoble. Le CMA de Clermont-Ferrand gère 8 antennes médicales.

Article de 2010 dernière modification 11/2022

Les Gouverneurs Militaires de Lyon

COMMANDANTS et GOUVERNEURS MILITAIRES de LYON de la RÉVOLUTION à 1945 

Depuis 1310 le gouvernement militaire territorial à Lyon a été exercé au nom du Roi par des Sénéchaux puis par des Gouverneurs.
Ensuite pendant les deux derniers siècles de l’Ancien-Régime, les Gouverneurs du Lyonnais appartiennent tous à la famille de Neuville de Villeroy.

Les COMMANDANTS MILITAIRES après LA RÉVOLUTION
La fonction de Gouverneur était au cours du XVIII° siècle devenue progressivement honorifique. La Révolution la supprime. Le gouvernement militaire territorial va être exercé par des généraux commandants militaires, dépendant du ministère de la Guerre.
Pendant la période révolutionnaire les titulaires se succèdent très rapidement, dont le général de la Poype en 1795.

Pendant la Restauration en 1822 le commandant militaire s’installe à l’hôtel Varissan, à l’angle des rues Boissac et Sala (2°) près de la place Bellecour. Le premier occupant est le général Paultre de Lamotte (1822-1830). Sous Louis-Philippe, les généraux Roguet (1830-1831) et Aymard (1833-1841) doivent faire face aux révoltes urbaines des canuts à Lyon en 1831 et 1834.

Le Maréchal de Castellane 1851-1862

Sous le Second Empire, le personnage majeur est le maréchal de Castellane (+1862), organisateur remarquable, créateur du camp de Sathonay et de ses voies d’accès et des casernes de la Part-Dieu. Ses successeurs sont Canrobert puis Cousin de Montauban.

La III° RÉPUBLIQUE – Les GOUVERNEURS
Après la défaite de la guerre de 1870 et la réorganisation militaire qui marque les débuts de la IIIème République, à partir de 1873 à Paris et à Lyon, du fait de l’importance de ces places fortes, le commandant militaire prend officiellement le titre de Gouverneur. Le général Gouverneur militaire de Lyon (GML) a autorité sur la Région Militaire (ou zone de Défense) de l’Armée de Terre qui lui est rattachée. La Région militaire de Lyon devient le 14ème Corps d’Armée (CA).
Le premier titulaire est le général Bourbaki déjà en poste à Lyon (1871-1879), ancien chef de l’Armée de l’Est. Il est à l’origine de la création du camp de la Valbonne en 1873. Son successeur le général Farre reste moins d’un an à Lyon (1879), car il est nommé ministre de la Guerre.

Le général baron Bergé

Par la suite, il faut noter le général Baron Bergé (1889-1893) organisateur des troupes alpines et créateur des routes stratégiques des Alpes, que les alpins contribuent à construire.Retour ligne manuel
Lui succèdent le général Voisin (1893-1895) présent au coté du Président Carnot lorsque ce dernier est assassiné à Lyon le 23 juin 1894 et le général Zédé (1895-1902).

Le général Zédé Gouverneur 1895-1902

Ensuite nous trouvons le général Gallieni (1906-1908), grand soldat colonial en Afrique noire, au Tonkin et à Madagascar, où il est gouverneur général. Il sera gouverneur militaire de Paris en 1914, puis ministre de la guerre et promu maréchal à titre posthume.

Le départ du général Gallieni après une revue à Sathonay

Le Général Pouradier-Duteil

En 1913, le Gouverneur militaire réside toujours à l’hôtel Varissan dans un quartier devenu insalubre. Nommé en novembre 1913 le général Pouradier-Duteil vient début 1914 sur la proposition du maire Edouard Herriot, résider à l’hotel Vitta, propriété de la ville, place Puvis de Chavannes (6°) qui devient l’Hôtel du Gouverneur. Pouradier-Duteil partira au mois d’août suivant à la guerre avec le 14° CA dans les Vosges, mais sera remplacé dans son commandement – Joffre ne l’aimait pas – dès le 24 août.

L’ENTRE-DEUX-GUERRES

Après la Grande Guerre la région est agrandie avec le département de l’Ain. Entre les Deux Guerres parmi les gouverneurs on peut citer le général Dosse (1932-1936) créateur en 1930 des Sections d’Éclaireurs Skieurs dans les unités alpines et de l’École de Haute Montagne. Les troupes alpines lui ont rendu hommage par une plaque au sommet du Galibier. Ses successeurs sont le général Garchery (1936-38) puis le général Touchon (1938-1940), qui est nommé commandant de la 6° Armée en février 1940 et remplacé à Lyon par le général Hartung. Après l’armistice Touchon retrouve son poste à Lyon du 1er juillet au 20 août.

Le général Dosse décoré par le général Debeney place Bellecour (14/07/1935)

Les GOUVERNEURS dans la RÉSISTANCE
Le général Frère est gouverneur de Lyon d’août 1940 à juillet 1941 pour l’Armée d’Armistice. il incite au camouflage du matériel militaire et sera en 1942 la fondateur de l’ORA (organisation de Résistance de l’Armée). Son successeur le général Robert de Saint-Vincent (07/1941-08/1942) refuse la participation de l’armée dans la déportation des juifs, ce qui lui vaut le titre de « juste parmi les nations » et d’être limogé.

Le Colonel Descour

À la Libération de Lyon, le 3 septembre 1944, le général Brosset commande la place de Lyon pendant 3 jours. Il est remplacé par le colonel Descour, chef militaire régional de la Résistance (1944-1945). Cas unique, Descour devenu général sera à nouveau gouverneur de Lyon de 1956 à 1960.

Les GOUVERNEURS DEPUIS 1945
Leur succession est détaillée dans un article particulier.

Hôtel du Gouverneur avenue Foch

PUBLICATION
Une étude historique, « Les GOUVERNEURS MILITAIRES de LYON 1310-2010 – Le gouvernement militaire territorial« , est parue en avril 2011 aux Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire. Elle présente les différents « gouvernants » de Lyon pendant 7 siècles : sénéchaux, gouverneurs du Lyonnais d’Ancien Régime, commandants militaires, gouverneurs militaires à l’époque moderne.

Article de 2010remanié 09/2016Dernière modification 11/2019

Lyon pendant la Guerre

LYON et sa REGION PENDANT la GRANDE GUERRE 1914-1918

Lyon et sa région épargnées par les combats, ont été, pendant cette guerre, le théâtre d’un effort considérable au plan industriel, sanitaire, financier, dont le souvenir s’est effacé.

Canons allemands exposés place Bellecour

INDUSTRIE MÉTALLURGIQUE
Avec la stabilisation du front, l’Artillerie a pris une importance considérable et il faut dans l’urgence accélérer la fabrication des canons, surtout le 75 de campagne. La vallée du Gier, de Givors à St-Chamond, a produit avec Saint-Etienne et Le Creusot le canon de 75 mm classique, mais aussi la plus grande partie de l’Artillerie Lourde et de l’Artillerie Lourde à Grande Puissance (ALGP), artillerie qui n’existait pas en Août 14. Il faut aussi multiplier la production d’obus, tournés, par essentiellement une main d’œuvre féminine, un peu partout et en particulier à la Halle Tony Garnier (20000 obus par jour) et aux usines Berliet (6000 obus par jour).

Fabrication des obus de 75 à l’usine Berliet


La plus grande partie des mitrailleuses Hotchkiss fabriquées entre fin 1915 et fin 1918 (44000) l’ont été à Monplaisir. Le président de la République Poincaré est venu à Lyon et Saint-Etienne en septembre 1915 pour se rendre compte et encourager l’effort de guerre.

Mitrailleuse Hotchkiss


INDUSTRIE AUTOMOBILE et AÉRONAUTIQUE
Les usines Berliet qui s’étendent en 1915 à Vénissieux sortent 40 camions CBA par jour (camions de la « Voie Sacrée ») et 1100 chars FT Renault, entre fin 1917 et l’Armistice. D’autres industriels Cottin-Desgouttes, Rochet-Schneider, Luc Court produisent des camionnettes utilitaires.
La fabrication aéronautique est également considérable : productions de moteurs d’avion et de carlingues qui rejoignent l’aéroport de Bron. Certains fournisseurs travaillent pour l’automobile et l’aéronautique, comme les carburateurs Zénith.

Camionnettes Cottin-Desgouttes

INDUSTRIE CHIMIQUE
l’industrie chimique doit augmenter ses capacités de manière colossale pour la production massive des produits de base des poudres et explosifs.

Convoi d’obus tiré par un tram


Suite à l’utilisation de l’arme chimique par les allemands (avril 1915), il faut produire des armes comparables et les usines chimiques de la région produisent du chlore, du phosgène et de l’ypérite.

TÉLÉCOMMUNICATIONS
Dans le domaine des télécommunications la région a joué un rôle important avec le centre de radio télégraphie de La Doua (1914) et dans la fabrication de lampes radio TM des Ets. GRAMMONT.

EFFORT SANITAIRE
Un énorme effort sanitaire s’impose très vite pour l’accueil et le traitement des très nombreux blessés et malades évacués sur la région, avec l’ouverture dans toutes les structures disponibles d’environ 170 hôpitaux complémentaires et auxiliaires à Lyon et dans les communes voisines, représentant plus de 7000 lits de traitement.
Plusieurs pôles d’excellence sont à signaler. Le docteur Albéric Pont développe la chirurgie maxillo-faciale pour le traitement des « Gueules cassées« . Les frères Lumière développent la radiologie, inventent une prothèse de main et surtout inventent et fabriquent le Tulle gras, qui améliore grandement les soins aux blessés. Les troubles psychiques sont pris en compte et soignés à l’asile de Bron par le Docteur Lépine. La mairie de Lyon ouvre une école rue Rachais pour la rééducation des mutilés et handicapés.

Tramway ambulance

EFFORT FINANCIER
La collecte financière de l’or des « bas de laine » par, entre autres, le Crédit Lyonnais, à l’époque première banque européenne, a permis l’invraisemblable effort industriel nécessaire pour fournir le champ de bataille. Même Guignol y participe !

Affiche couleur locale!!


Pour gagner cette guerre, en plus des pertes humaines énormes (1.357.800 morts, 4.266.000 blessés pour une population de 38.500.000 d’habitants), nos aïeux ont dû fournir un effort industriel, financier et sanitaire considérable.

Mais la guerre n’a pas complètement arrêté l’activité économique et les travaux, ainsi la Foire de Lyon créée en 1916 et l’inauguration du pont Wilson à Lyon le 14 juillet 1918 au cours d’une importante prise d’armes interalliée.

Foire de Lyon place Bellecour en 1918

dernière modification 05/2016 / documents : musée militaire / Gérard Chauvy – Lyon disparu 1880-1950 ELAH 2010 / R.Racine – Lyon 14-18 – Sutton 2015

L’Hôpital Desgenettes

HISTOIRE de l’HÔPITAL MILITAIRE DESGENETTES à LYON 

Le PREMIER HÔPITAL DESGENETTES

Il n’y a pas d’hôpital militaire à Lyon avant 1831. Ce premier hôpital s’installe dans la Presqu’île, quai de la Charité (aujourd’hui quai Gailleton) avec la rue Sala au sud, dans des locaux mitoyens avec l’Hôpital de la Charité.
Depuis 1616, il y avait là le couvent des Religieuses de Sainte-Elisabeth en Bellecour. Ce couvent est vendu en 1747 à l’Aumône Générale, qui y installe le « Bicêtre de la Charité » destiné à recevoir les mendiants. Cette institution cesse son activité en 1783 faute d’argent. Rachetés les bâtiments sont reconvertis pour y accueillir l’administration des fermiers généraux et la Douane, qui s’y installe en avril 1789, d’où le nom de « Nouvelle Douane ». Cette activité sera très courte, car dès l’année suivante la Révolution reconvertit les locaux en caserne. Cette caserne est transformée en hôpital en 1831, qui prend le nom d’Hôpital de la Nouvelle Douane.

La façade sur le quai

Dès 1835 l’hôpital s’agrandit vers l’ouest en achetant aux hospices le terrain mitoyen jusqu’à la rue de la Charité. Les locaux sont agrandis par diverses constructions, dont ce qui sera le casernement des infirmiers. Pendant la guerre de 1870-71 l’hôpital accueille un grand nombre de blessés et de malades. En 1887 l’hôpital de la Nouvelle Douane est baptisé Hôpital Militaire Desgenettes, du nom du médecin-chef de l’expédition d’Egypte et médecin de la Grande Armée.

La cour principale

Deux ans plus tard il devient Hôpital d’Instruction par l’implantation à Lyon de l’Ecole du Service de Santé. Dans un premier temps les élèves sont logés à l’hôpital en attendant la construction de leur école achevée en 1894. Les élèves effectuent leurs stages cliniques à l’hôpital, qui compte 400 lits. Dès 1897 un appareil de radioscopie aide au diagnostic de la tuberculose. Un embranchement de rails permet à un tramway sanitaire d’entrer dans la cour.

Le tramway sanitaire

Pendant la Grande Guerre, l’hôpital soigne des milliers de blessés, mais l’afflux est tel que l’on doit très vite faire appel aux hôpitaux civils et ouvrir des hôpitaux complémentaires et auxiliaires.
Dans les années 1930 l’hôpital Desgenettes ne correspond plus aux normes d’un hôpital moderne, et son remplacement par une nouvelle structure est programmé. La guerre et l’Occupation lui donneront un sursis. En 1942 l’hôpital n’est pas évacué ; il continue à fonctionner sous l’occupation avec des médecins militaires habillés en civil, ainsi que tout le personnel. Les derniers services le quittent au premier semestre 1946. Sur cette photo aérienne de 1945 on voit le vieil hôpital à côté du nouvel Hôtel des Postes construit après démolition de l’hôpital de la Charité en 1934.

1945, l’hôpital Desgenettes à côté de la Grande Poste

L’hôpital du quai du Rhône abrite ensuite différents organismes et associations. Il ne sera démoli qu’en 1967 pour faire place au Sofitel côté quai et à l’Hôtel des Finances côté rue de la Charité.

Le SECOND HÔPITAL DESGENETTES

Dans les années 1930 le pôle médical de Lyon se déplace vers l’est, avec l’ouverture du grand hôpital à Grange-Blanche (H. Edouard Herriot), ainsi que la faculté de Médecine. Un terrain est acquis en face de l’hôpital du Vinatier en limite de Lyon, pour construire un hôpital militaire neuf. La construction débute en 1938 ; elle sera retardée par la guerre. La nouvelle structure accueille le service des contagieux dès 1941, mais l’ensemble sera terminé et complètement en service en juin 1946.

L’Hôpital Desgenettes vers 1950

L’entrée et la façade principale sont sur le boulevard Pinel. Il forme un bloc à 5 étages en forme de H ; le bâtiment du fond, au départ pavillon des contagieux est aujourd’hui relié à l’ensemble. Le bâtiment de 3 étages au sud côté avenue Rockefeller abrite de 1955 à 1988 le Centre de Recherche du Service de Santé (CRSSA) et aujourd’hui les laboratoires de l’hôpital.

Vue aérienne vers 2000

L’Ecole de Santé a été reconstruite à Bron en 1981, elle est à nouveau proche de son hôpital de formation. A partir de 1980, Desgenettes est modernisé : construction au sud entre les branches du H d’un bâtiment bloc opératoire réanimation radiologie et au nord d’un service d’urgence. Par ailleurs toutes les chambres sont peu à peu modernisées, avec une diminution du nombre de lits.
L’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes est aujourd’hui un établissement de soins performant ouvert à tous.

2016 : PARTENARIAT AVEC LES HCL
Un rapprochement est amorcé entre l’Hôpital Desgenettes et les HCL (Hospices Civils de Lyon) et en particulier avec l’Hôpital Édouard Herriot (HEH) voisin avec des transferts de personnel prévus. Les spécialités chirurgicales et l’anesthésie-réanimation seront transférées à l’HEH. Desgenettes gardera les urgences médicales et accueillera les services de l’hôpital Henri Gabrielle (médecine et physique et rééducation). Le médecin-chef, le médecin général Eric Kaiser est chargé de la mise en place de ce partenariat.

Fresque du hall d’entrée de Jean Coquet (1946) : Desgenettes s’inoculant la peste à Jaffa


site internet : www.hiadesgenettes.hautetfort.com
Article de 2013 – Dernière modification : 05/2021
Sources : Médecin-colonel Camelin – Lyon et la médecine militaire – Revue Historique des Armées Bimillénaire de Lyon 1957 / R.Cristau & R.Wey – Les hôpitaux militaires au XXe siècle – le Cherche-Midi 2006

Les Fortifications de la Croix-Rousse

Les FORTIFICATIONS de la CROIX-ROUSSE 

Les fortifications de la Croix-Rousse s’étendaient du Rhône à la Saône en ligne droite à l’emplacement du boulevard de la Croix-Rousse actuel. Un premier rempart existait probablement depuis le début du XV° siècle à cet endroit en avant du véritable rempart de Lyon qui était aux Terreaux. L’initiative du remplacement des « vieux fossés » par une enceinte bastionnée revient au Roi Louis XII en 1512. La construction commence dès 1513 mais est très lente ; François Ier en 1523 nomme Jean Pérréal responsable des fortifications, dont la construction se poursuit jusque vers 1550 sous l’impulsion de Jean d’Albon.

A cette date le Plan Scénographique de Lyon montre un rempart continu, dessiné de manière schématique percé d’une porte avec un pont-levis, la porte Saint-Sébastien. Après l’épisode du gouvernement protestant de la ville (1562-63), le roi Charles IX et sa mère visitent la ville en 1564. Il décide la construction d’une citadelle en haut des pentes de la Croix-Rousse, pour maintenir la ville dans l’obéissance. Construite elle reçoit en 1565 une garnison royale. Cette citadelle porte atteinte aux libertés de la ville et les lyonnais réclament sa démolition. En 1585 Henri III cédera aux revendications des lyonnais, les autorisant à la détruire, en leur faisant payer 40000£ pour lui en compensation. De même en 1602 le Consulat de Lyon craignant que les murailles puissent servir contre la ville obtient que les bastions soient ouverts vers la ville : des murs intérieurs sont donc démolis.

Plan de Simon Maupin vers 1620


XVII° XVIII° SIÈCLES
Vers 1600 l’ensemble compte 9 bastions à oreillons reliés par une courtine ; ils sont appelés en partant de la Saône :
- 1- bastion St-Jean dominant la Saône
- 2- bastion Notre Dame
- 3- bastion de la Grenouille,
- 4- bastion de la Tourette
- 5- bastion de St- André
- 6- bastion St-Sébastien. Dans ce bastion St-Sébastien s’ouvre la porte du même nom (ou porte de la Croix-Rousse), unique porte de l’enceinte au débouché de la montée de la Grand-Côte (rue des Pierres Plantées) donnant accès au plateau par la Grande Rue de la Croix-Rousse.
- 7- Bastion d’Orléans,
- 8- bastion St-Laurent,
- 9- bastion St-Clair au bord du Rhône.

Le fort St Jean en 1670

Pendant les années 1630 sur l’initiative du gouverneur Charles d’Alincourt, la fortification est complétée et modernisée par une suite de 6 demi-lunes en avant du rempart entre les bastions : leur emplacement se retrouve aujourd’hui dans le plan triangulaire de certaines places ou rues. En contrebas du fort St-Jean est ouverte sur la rive gauche de la Saône une porte fortifiée, la « porte d’Alincourt ».
Au début du XVIII° siècle les fortifications sont à l’abandon ; le bastion St-Clair sera démoli dès 1772 pour ouvrir le quai St-Clair le long du Rhône. Les pentes sont occupées en majorité par des établissements religieux.

Plan des Remparts en 1789

La RÉVOLUTION
En 1793 pendant le Siège de Lyon des batteries d’artillerie sont installées sur les bastions : sur le bastion 1 en direction de Vaise, 5, 6, 7 en direction du plateau et 8 en direction des Brotteaux. En 1796 certains bastions (Orléans et St-Laurent) sont vendus comme Biens Nationaux à des investisseurs privés et la ville doit les racheter en 1819.

Pendant les Cent-Jours en mai-juin 1815 sont entrepris dans l’urgence des travaux de remise en état des fortifications de Lyon : on aplanit les bastions et on élève des parapets en terre. Mais il n’y aura pas de nouveau siège de Lyon, car les hostilités sont suspendues le 12 juillet.

MONARCHIE DE JUILLET
Les bastions seront cédés à l’Etat en 1832 pour la réorganisation des fortifications (travaux du général baron Rohaut de Fleury directeur des fortifications de Lyon de 1831 à 1837).

Le Fort Saint-Jean

Les fortifications sont réparées et consolidées : le bastion St-Jean est incorporé dans un fort constituant un puissant ouvrage superposant 7 niveaux d’artillerie avec des casernes intérieures (1834). Le bastion 6 très réduit inclut la porte principale, il est défendu par la caserne fortifiée des Bernardines. Le bastion St-Laurent est équipé vers 1835 d’une petite caserne fortifiée à 2 étages pour 400 hommes, flanquée d’une porte monumentale avec 2 pavillons d’octroi. Cette porte devait permettre aux soldats des casernes des pentes de sortir rapidement sur le plateau en cas de révolte.

1853: de gauche à droite la caserne des Bernardines, la porte, caserne et bastion Saint-Laurent

DEUXIÈME RÉPUBLIQUE et SECOND EMPIRE
Dès la chute de Louis-Philippe des militants révolutionnaires commencent la démolition de l’enceinte, qui avait la réputation d’avoir été construite pour contenir les révoltes.
Ce type de fortification urbaine devient obsolète. L’enceinte est rétrocédée à la ville en 1862 et est percée par le chemin de fer de Sathonay, qui vient faire correspondance avec le funiculaire de la rue Terme en 1863. Le plan ci-dessous donne l’état des lieux vers 1865.

Plan de 1865

La demi-lune entre le bastion d’Orléans et la porte de la Croix-Rousse a été convertie en gymnase militaire (il en reste un portail isolé à l’intérieur du pâté de maison qui l’a remplacé). En 1867 le rempart est démoli pour faire place au boulevard de la Croix-Rousse (d’abord nommé boulevard de l’Empereur) ; en 1868 la porte St-Laurent est également démolie. Conservés pour leurs casernes, ne restent alors que le fort St-Jean et le bastion St-Laurent.

Le Bastion Saint-Laurent en 2005

XX° SIÈCLE
Le fort St-Jean côté Saône héberge une partie du régiment logé à la caserne de Serin en contrebas. Puis il abrite la Défense anti-aérienne en 1939, la Pharmacie Régionale du Service de Santé de 1932 à 1984, puis l’Inspection des services vétérinaires et un magasin de réserve de mobilisation du Service de Santé jusqu’en 1998. Bien réaménagé, il accueille depuis 2004 l’Ecole Nationale du Trésor.
Le bastion St-Laurent côté Rhône a hébergé depuis 1936 la Direction Régionale du Service de Santé des Armées : elle a déménagé dans le bâtiment de l’Etat-major au quartier général Frère en juin 2014.

Article de 2010dernière modification 05/2018

La Bibliothèque Militaire de Lyon

La BIBLIOTHÈQUE MILITAIRE de LYON : BIBLIOTHÈQUE HUMBERT DE GROSLÉE

ACCUEIL

La Bibliothèque Militaire de Lyon, baptisée depuis 2019 Bibliothèque Humbert de Groslée, est ouverte à tout public du lundi au jeudi de 9h15 à 11h45 et 13h30 à 17h et le vendredi de 9h15 à 11h45.

PAS DE FERMETURE PENDANT LES VACANCES DE LA TOUSSAINT

Blason d’Humbert de Groslée

Mesures spéciales Covid: Le retour des ouvrages se fait au moyen de paniers mis en place sur la mezzanine du mess. Les ouvrages rapportés seront placés en quarantaine et ne pourront pas être réempruntés avant 72 heures.
Pour emprunter un ouvrage, les lecteurs peuvent le réserver sur le site internet https://humbert-de-groslee.bibli.fr à partir de leur espace personnel.
Si des lecteurs ne disposent pas des identifiants de connexion ou rencontrent des difficultés, ils sont invités à nous contacter pour être aidés.
La Bibliothèque peut être contactée par téléphone au 04.37.27.20.66 (nouveau numéro) et courriel : bibliothèque.lyon.armees@orange.fr.
Les lecteurs peuvent emprunter les livres modernes ou anciens de leur choix, moyennant une cotisation annuelle de 20 euros par famille. Gratuit pour les personnels de la Défense et les étudiants. Bonne lecture !

NOUS TROUVER
Monsieur Christophe Chevassus bibliothécaire, son aide et son équipe de bénévoles seront heureux de vous accueillir. La Bibliothèque se situe au Cercle Bellecour, quartier Général Frère (QGF) 22 avenue Leclerc, Lyon 7°.
En entrant se garer sur la droite au parking visiteurs durée limitée : demander l’ouverture de la barrière avec le bouton d’appel. La bibliothèque se trouve dans le bâtiment en face, le Cercle Bellecour (ex Cercle des Officiers), au niveau mezzanine du grand hall sur la droite

La Bibliothèque Principale

CHOIX de LIVRES
Nous avons atteint en octobre 2022 46700 ouvrages répertoriés !!!. La bibliothèque achète régulièrement des livres de loisirs actuels (romans, romans policiers… ) et des ouvrages culturels sur tous les sujets : (histoire, histoire militaire, géopolitique, rayon lyonnais, biographies, mémoires, société…), sans oublier un rayon BD.
Elle bénéficie également de fréquentes donations. Les livres doivent être triés, cotés, enregistrés, étiquetés et couverts un par un… Beaucoup de travail pour les bénévoles ! (qui n’ont plus été autorisés à travailler pendant la crise sanitaire…).

Un rayon du Fonds Patrimonial

FONDS PATRIMONIAL ANCIEN
La Bibliothèque Militaire de Lyon détient de plus dans sa réserve un très important fonds patrimonial historique et militaire ancien, avec beaucoup de livres du XIX° siècle, à la disposition des amateurs et des chercheurs, à emprunter ou consulter sur place selon les cas.

Par exemple, nous détenons plus de 1400 livres sur la Grande Guerre, plus de 1800 sur la Seconde Guerre Mondiale et plus de 300 sur la guerre d’Algérie. Nous avons 50 ouvrages d’époque sur les guerres balkaniques de 1912/13…

UN NOUVEAU SITE INTERNET
Notre récent site internet (2017) est opérationnel et accessible sur https://humbert-de-groslee.bibli.fr. [Nous avons été contraints de changer d’adresse internet par un problème de serveur]. Largement supérieur au précédent en qualité et en potentialités, notre site évoluera. Sur la page d’accueil figure le moteur de recherche par mots-clés dans notre catalogue de livres (plus de 46000 ouvrages répertoriés à ce jour). Vous pouvez aussi naviguer dans la bibliothèque et ses différentes sections (en cours de répartition). Enfin en bas les images des couvertures des nouveautés défilent horizontalement. À consulter sans modération !!
Dans ce site il y a un support logiciel beaucoup plus performant, qui nous permet de gérer les prêts par l’informatique, avec prévu dans une étape ultérieure l’utilisation d’un lecteur de codes-barre.
Certains titres sont malheureusement encore altérés par des « bugs » hérités de notre ancien site (points d’interrogation à la place des lettres à accent) : la correction ligne par ligne sera longue… Chaque notice doit être revue pour préciser la localisation du livre.

Ouvrage de 1724

HISTOIRE de la BIBLIOTHÈQUE
Créée en 1860, la Bibliothèque possède de ce fait un important fonds de livres anciens du XIX° siècle. Elle a longtemps trouvé place dans l’ancienne caserne Bissuel place Carnot, ainsi qu’au cercle des officiers à l’angle de la place Bellecour au dessus de l’ancienne librairie Flammarion après 1945. Le fonds ancien est délaissé dans de mauvaises conditions (humidité) dans les caves de l’ex-hôpital Desgenettes en bordure du Rhône… En 1967 tous les livres sont transférés au Quartier général Frère dans un bâtiment désaffecté.

Enfin en 1972 la bibliothèque est déménagée au nouveau Cercle des Officiers dans un local en mezzanine ; le fonds ancien trouve sa place dans une annexe, où il est encore un peu oublié pendant 15 ans… Depuis le contenu de la réserve a été classé, étiqueté, catalogué et depuis quelques années saisi sur internet, opération longue qui est toujours en cours.

Le 16 avril 2019 la Bibliothèque a pris officiellement le nom d’HUMBERT DE GROSLÉE, homme de guerre et sénéchal de Lyon à l’époque de Jeanne d’Arc. Une plaque a été apposée à l’entrée du Cercle Bellecour.

Le général Gouverneur et monsieur Chevassus devant la plaque

Au printemps 2021 un nouveau local assez vaste nous a été attribué au rez-de-chaussée du Cercle. Nous y installons les romans des années 1980-90, ainsi que les romans en anglais, ce qui permet de desserrer la réserve bientôt saturée.

EXPOSITION À VENIR
Une exposition est en projet pour 2023 sur le sujet des Opérations Extérieures (OPEX).

ASSOCIATION des AMIS de la BIBLIOTHÈQUE
Une association des amis de la Bibliothèque domiciliée au quartier Général Frère a vu le jour en juillet 2013 : son but est de développer la notoriété et de soutenir les activités de la Bibliothèque. L’assemblée générale de l’association a eu lieu le 13 juin 2019 à la Bibliothèque.

Le Cercle Bellecour ex-Cercle de Garnison

Article mis à jour en permanence

Le Général FRERE

Le Général FRERE (1881-1944)

Aubert FRERE, natif d’une famille d’agriculteurs du Pas-de-Calais, prépare le bac à St-Omer, entre à Saint-Cyr en 1900 et commence sa carrière militaire en Algérie en Oranie et au Maroc sous les ordres de Lyautey. Sa brillante conduite lui vaut une citation et la Légion d’honneur à 8 ans de service. Rentré en France en 1912, affecté au 8° bataillon de Chasseurs à Amiens, il est promu capitaine l’année suivante et rejoint le 1er régiment d’Infanterie de Cambrai. Il se marie en mai 1914.

Le Lieutenant Frère

La GRANDE GUERRE
En août 1914 son régiment entre en Belgique et participe à la bataille de Charleroi, où le capitaine Frère est blessé. En 1915-1916 il endure courageusement les combats de la guerre des tranchées en Champagne, à Verdun et sur la Somme, ce qui lui vaut 2 citations. En 1917 le commandant Frère est au 6° BCA où il est à nouveau blessé. Il est blessé gravement pour la troisième fois en 1918 en Picardie, puis promu lieutenant-colonel.

Les ANNÉES 1920 et 1930
En 1919 il commande le 1er RI à Cambrai (1919-1924) ; promu colonel en 1925, il commande l’École des Chars (1925-1931), où il milite pour l’autonomie de l’arme blindée : il ne sera pas écouté.

1930 le colonel Frère devant un char Saint-Chamond et avec un officier japonais

Général de brigade à 50 ans en 1931, il prend le commandement de l’École de Saint-Cyr (1931-1935), puis comme général de division il devient le chef de la 11ème division à Nancy – la Division de Fer) (1935-1937), où il a le colonel de Gaulle sous ses ordres. Puis comme général de corps d’armée, il est à la tête de la 3ème RM (Rouen 1937-39), puis de la 10ème (Strasbourg 1939).

1939 Strasbourg, Frère avec à sa gauche le jeune général de Lattre. 14 juillet?

La GUERRE 1939-1940
À la déclaration de guerre, il prend le commandement du 8° CA à Strasbourg qui participe à l’opération Sarre en avant de la ligne Maginot (septembre-octobre 1939). Pendant les mois qui suivent le Général Frère manifeste son impatience et ses divergences avec le haut-commandement.

Frère avec le Général Gamelin

Mai 1940 : la vraie guerre commence et dans l’urgence, le Général Georges lui confie le 17 mai le commandement de la VIIème Armée en cours de renforcement, avec pour mission de barrer la route de Paris, en rétablissant la liaison entre la VI° armée et la IX° déjà profondément disloquée.
C’est une mission impossible : Frère tente de colmater la brèche ouverte, prépare une contre attaque sur Arras à laquelle il faut renoncer pour se replier sur la Somme-Aisne. Le 6 juin il déclenche une attaque d’aviation qui freine l’avance des blindés ennemis, mais l’ordre de repli général force l’armée du Général Frère à reculer en une suite infernale de journées de combat et de nuits de marches forcées jusqu’à la vallée de la Dordogne. Mais la VII° Armée n’a été ni rompue, ni encerclée et a gardé jusqu’au bout sa cohésion. « Vous n’avez pas connu la défaite » peut écrire le Général Frère le 24 juin à ses 12 divisions, dont la 11° DI.

Le Général Frère

L’ARMÉE D’ARMISTICE
Le Général Frère est nommé le 1er juillet 1940 au commandement de la 12° RM de Limoges ; il doit présider le conseil de guerre à Clermont-Ferrand, qui à la majorité des voix condamne à mort par contumace le Général De Gaulle pour désertion. Dès le 17 août il est muté à Lyon comme gouverneur militaire et commandant de la 14° RM succédant au général Touchon. Dans le cadre de l’ Armée d’Armistice il n’ a plus sous ses ordres que la 14° Division Militaire, qu’il encourage à travailler au redressement de la France. En même temps il donne en sous-main l’ordre de cacher et soustraire aux contrôles des commissions d’armistice le maximum d’armes et de matériel et de se préparer à l’action clandestine.

Titulature et signature du Général Frère à Lyon
Frère à Grenoble

En juillet 1941 promu Général d’Armée, il part à Royat prendre la tête du 2° groupe de divisions, ce qui lui donne autorité sur la moitié de l’Armée d’Armistice. Pendant cette année de commandement, il visite toutes les garnisons et encourage l’esprit de résistance. Le Général Frère est atteint le 1er septembre 1942 par la nouvelle limite d’âge, abaissée d’un an, probablement pour l’écarter discrètement.

1942 Frère Général d’Armée -à droite de Lattre

Le RÉSISTANT
Le 11 novembre 1942 les Allemands entrent en zone libre et le 27 novembre l’Armée d’Armistice est dissoute. Les généraux Verneau et Olléris et le général Revers activent l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée). Ces trois chefs appellent à leur tête le Général Frère, qui habite toujours à Royat et y demeure très surveillé. Il cherche le contact avec les autres mouvements de Résistance et refuse de partir à Londres. Il est arrêté le 13 juin 1943 à Royat, emprisonné à Vichy, puis à Fresnes et enfin en mai 1944 au camp de concentration du Struthof en Alsace, où il meurt de maladie le 13 juin 1944. Sa femme, arrêtée en même temps que lui, est déportée à Ravensbrück, d’où elle reviendra en 1945.

La promotion 1949 de Saint-Cyr porte le nom de « Général Frère ». Le Général Weygand a écrit en 1949 sa biographie sous le titre : « Le Général Frère : un chef, un héros, un martyr« .

Stèle à l’entrée du Quartier Général Frère

La ville de Lyon a dédié une avenue dans le 8ème arrondissement à celui qui a été un peu moins d’an son gouverneur militaire et la caserne de la Vitriolerie est devenue en 1968 le Quartier Général Frère (QGF), où lui a été élevée cette stèle.

Au premier étage du Cercle de Garnison, le Musée d’Histoire militaire de Lyon expose en permanence une grande vitrine de photographies, documents et souvenirs du Général Frère.

La vitrine au Cercle Bellecour

Article de 2010 – Dernière modification 10/2021Documents musée militaire Lyon

La Bataille des Alpes 1945

La CAMPAGNE des ALPES septembre 1944 – avril 1945 

Après le débarquement en Provence et la ruée des Alliés vers le nord, les allemands sont refoulés dans les Alpes sur les cols et la frontière par les bataillons FFI et les unités de la 2° DIM (Division d’Infanterie Marocaine), général Dody jusqu’au 18/09/1944 puis général Carpentier.

Insigne du 5° RTM

Le 5 septembre Briançon, qui avait été reprise par les Allemands est libérée. Le 14/09 après beaucoup de souffrances, la Maurienne est libre jusqu’à Modane grâce à la 2° DIM (5° RTM et 3° Tabors) et aux FFI des deux Savoie. Mais l’ennemi s’accroche sur les principaux cols, afin de couvrir les arrières de l’armée du maréchal Kesselring, qui se défend pied à pied en Italie contre les troupes alliées du général Clark.

RECONSTITUTION D’UNE DIVISION ALPINE
En septembre 1944 est créée, pour encadrer les FFI des Alpes, une « Division Alpine » confiée au colonel Vallette d’Osia, bientôt rebaptisée 27° DIA (Division d’Infanterie Alpine), Elle est progressivement réorganisée en 4 demi-brigades. Les 2 premières deviennent des demi-brigades de chasseurs alpins : les bataillons FFI sont regroupés deux par deux pour reconstituer les bataillons de chasseurs alpins (BCA). Les BCA 7, 13, 27 pour la 5° demi-brigade et 6, 11, 15 pour la 7° demi-brigade. Les 2 autres demi-brigades deviennent les 99° et 159° RIA (Régiment d’Infanterie Alpine). Jusqu’à la fin de 1944 les actions se limitent à l’envoi de patrouilles de reconnaissance pour repérer et tester les défenses ennemies. En janvier 1945 le général Molle prend le commandement de la 27°DIA et du front des Alpes.

L’hiver 1944-45 est d’une extrême rigueur empêchant toute opération d’envergure. Pourtant à la mi-février une vingtaine d’éclaireurs-skieurs du bataillon du Mont-Blanc repoussent une attaque allemande au col du Midi (3600m) dans le plus haut combat d’Europe.

Le général Doyen

L’ARMÉE des ALPES
Le 1er mars 1945 le front des Alpes est confié au général Doyen sous le nom de Détachement d’Armée des Alpes, qui est rattaché au VI° groupe d’armée US (général Devers). Doyen réorganise le dispositif en 3 secteurs du nord au sud. Du fait de la faiblesse des moyens en génie, train et artillerie (69° RA), il décide d’attaquer successivement en Tarentaise, en Maurienne, sur l’Authion dans les Alpes-Maritimes et enfin en direction du col de Larche (22-26 avril).


L’OFFENSIVE
En Tarentaise l’offensive commence le 23 mars au nord et au sud de la route qui mène au col du Petit-St-Bernard. Le 7° BCA enlève un poste sur les pentes est de Belleface, tandis que plus au sud le 13° BCA lance des assauts répétés avec l’aide de l’artillerie sur le Roc-Noir et le col des Embrasures qui sont complètement conquis le 31 mars, au prix de 40 morts et 60 blessés.

Chasseur Alpin dans la neige

En Maurienne, l’attaque du Mont-Cenis débute le 5 avril ; l’objectif est de réoccuper la crête frontière, appuyée par l’artillerie du 69° RA et du 93° RAM. Deux actions de débordements sont menées simultanément, à l’ouest et au sud par les 6°, 11° et 15° BCA, à l’est par 2 compagnies du 27° BCA, actions handicapées par l’épaisseur de la neige. A l’ouest le Mont-Froid est conquis et conservé malgré une contre-attaque de l’ennemi (11° BCA citation). Le fort de la petite-Turra ne peut être pris. L’action ne peut être poursuivie, car une partie de l’artillerie doit partir pour l’offensive sur l’Authion. Le 12 avril l’ennemi reprend le Mont-Froid sur le 6° BCA après une résistance acharnée (24 tués).

La 1ère DFL dans la neige

Sur l’Authion au nord de Nice, l’attaque commence le 10 avril menée par la 1° DMI (Division Motorisée d’Infanterie, ex 1° DFL) du général Garbay contre un ennemi solidement embastionné. Quatre jours de furieux combats sont nécessaires avec l’appui de l’artillerie et de l’aviation pour conquérir cette position. Le Bataillon d’Infanterie de Marine du Pacifique (BIMP) s’y est illustré.

Assaut de l’Authion par le 1° RFM

Au dessus de Barcelonnette la vallée de l’Ubaye est barré par des ouvrages fortifiés interdisant la route du col de Larche. L’assaut débute le 22 avril avec les 99°, 159° et 141° RIA, le 5° Dragons et le 24° BCA soutenu par l’artillerie et l’aviation ; la résistance est réduite en 3 jours.

Une CAMPAGNE VICTORIEUSE
Suite à ces actions et à la situation en Italie, le 24 avril l’ennemi abandonne ses positions dans la zone sud et se replie en Italie. Les 25 et 26 les Alpes-maritimes sont libérées, le col de Larche est atteint. Le 26 le Général Doyen ordonne aux unités de passer la frontière et d’avancer. Au nord les chasseurs passent les cols et descendent dans le Val d’Aoste ; de même au centre les bataillons passent le mont-Cenis par tous les cols et descendent en direction de Suse. Au sud la 1° DMI passe le col de Larche en direction de Coni. L’avance française vers Turin est stoppée en plein élan le 28 par un ordre américain, car la France n’était pas participante de l’armistice avec l’Italie. Le 29 les 2 dernières positions ennemies proches du Petit-St-Bernard (Redoute Ruinée) sont occupées.

L’Avance des Unités Françaises

Les unités du DAlp se sont arrêtées sur les positions atteintes : le Val d’Aoste est tenu par la 5° demi-brigade (7° 13° et 27° BCA), la vallée de Suse par la 7° demi-brigade (6° 11° 15° BCA) et le 99° RIA, la région sud aux abords de Coni par la 1°DMI et unités associées. Le 18 mai à Grenoble le général Doyen passe en revue les troupes avec le général Devers et le 24 mai une prise d’armes franco-britannique a lieu à Aoste.

Doyen et Devers à Grenoble
Prise d’Armes place de l’Hôtel de Ville à Aoste

ÉPILOGUE
Au traité de Paris (02/1947), des rectifications de frontière sont accordées à la France, sur les indications du général Doyen, environ 700 km² : plateaux des cols du petit-St-Bernard et du mont-Cenis, la vallée Etroite au dessus de Bardonecchia, le fort du Chaberton à Montgenèvre et dans les Alpes-Maritimes Tende et la haute vallée de la Roya.

Cartes des Rectifications de Frontière

Par la suite le général Doyen occupe brièvement le poste de gouverneur militaire de Lyon après Descour de septembre 1945 à mars 1946.

Article de 2011 – Dernière modification 08/2021
Sources : Général A. Doyen – La campagne du détachement d’armée des Alpes (mars-avril-mai 1945) – B. Arthaud 1948 / Revue Historique des Armées 1975-3 et 1995-2