La Garnison de Lyon en 1910

La GARNISON de LYON et SATHONAY en 1910

En 1910 le Gouverneur Militaire de Lyon, commandant la XIV° région militaire et le XIV° corps d’Armée (CA) est le général Virgile Robert. Il est encore logé à l’hôtel Varissan rue Boissac près de la place Bellecour. D’autres généraux ont leur résidence à Lyon: le général chef d’ état-major, le général commandant la 6° division de Cavalerie, les généraux commandant l’Artillerie, le Génie…

Le drapeau du 99°RI à la caserne Lamotte

Infanterie
Deux régiments d’infanterie (RI) du XIV° CA et traditionnels de Lyon sont présents :
- le 99° RI est au fort Lamotte avec un bataillon détaché à Vienne.
- le 22° RI est au camp de Sathonay avec un bataillon détaché à Bourgoin.

Appartenant à la brigade régionale de Lyon, deux régiments d’infanterie alpine stationnent à Lyon :
Le 157° RI est à la caserne de Serin et au fort St-Jean et détache un bataillon à Tournoux (05) et Jausiers (04)
Le 158° RI est au fort St-Irénée, au fort de Loyasse et une compagnie au fort de Vaise et envoie des détachements en Tarentaise (Bourg-St-Maurice, Moutiers) et en Maurienne (Modane).

Le 158° Régiment d’Infanterie

La ville héberge également des unités du XIII° CA de Clermont-Ferrand : un bataillon du 38° RI de Saint-Etienne logé à la caserne du Bon Pasteur et 2 bataillons du 98° RI de Roanne au fort Lamotte.
Enfin au camp de Sathonay les 5° bataillons des 2° et 3° Zouaves, régiments d’Algérie, apportent une note exotique.

Zouaves au camp de Sathonay

Cavalerie
Trois régiments appartenant à la 6ème division de Cavalerie sont en garnison à la caserne de la Part-Dieu : les 7° et 10° régiments de Cuirassiers et le 2° régiment de Dragons. Dans cette caserne stationne également le 14° Escadron du Train des Équipages du XIV° CA.

Exercices dans la cour de la Part-Dieu pour le 10° RC

Artillerie
Au début de 1910 l’artillerie est représentée à Lyon par le 16° bataillon d’Artillerie à pied (BAP artillerie de forteresse) logé au fort de la Vitriolerie. Celui-ci est dissous au 1er mars et le même jour est créé un nouveau régiment, le 54° régiment d’Artillerie qui vient le remplacer dans son quartier. L’artillerie de la 6° division de cavalerie est vraisemblablement logée à la Part-Dieu.
La 7° Compagnie d’ouvriers d’Artillerie occupe la caserne de la Mouche.

Le 16° BAP au bord du Rhône

Service de Santé: 4 formations
- École du Service de Santé pour les futurs médecins militaires, avenue Berthelot
- Hôpital militaire Desgenettes, quai Gailleton
- Hôpital militaire Villemanzy, montée Saint-Sébastien
- 14° SIM (Section d’Infirmiers Militaires), au fort de Ste-Foy

Elèves de l’ESSA en 1911

Administration
- État-major régional à la caserne Bissuel, place Carnot

– Bureau de recrutement de l’Intendance, cours du Midi (cours de Verdun)
- 14° Section de Secrétaires d’état-major et du recrutement
- 14° section de Commis et Ouvriers Militaires d’Administration, au fort de Villeurbanne avec un détachement au fort Saint-Jean à la Croix-Rousse.

La 14° section de Commis et Ouvriers d’Administration devant le fort de Villeurbanne

Établissements divers
- Ateliers de construction et parc d’Artillerie avec l’Arsenal de Perrache rue Bichat et le parc d’Artillerie à Gerland avec la caserne de la Mouche.
- Établissement des Subsistances, quai st-Vincent
- magasin de fourrages, quai Pierre Scize
- Prison militaire des Recluses (aujourd’hui groupe scolaire Michelet, angle rues Sala et de la Charité 2°)

Article de 2016 dernière modification 03/2025Documents : Bibliothèque militaire, Musée militaire

Lyon et Guerre de 1870

LYON dans la GUERRE de 1870-1871 : « MOBILES » et « LEGIONS » du RHONE 

Pendant la guerre de 1870-1871, Lyon et sa région sont épargnées par les combats, mais vont participer à l’effort de guerre par une mobilisation sanitaire et par l’envoi de renforts en hommes.

Les RÉGIMENTS de MOBILES 
En effet après les troupes d’active, il est fait très vite appel en août à la réserve mobilisable, la Garde Nationale mobile composée des hommes qui ont échappé au service militaire par tirage au sort que l’on appelle les « Mobiles« , appelés familièrement « Moblots ». Chaque département met en route un ou deux régiments de mobiles : le 16° et le 65° dans le Rhône, réunis le 13 août au camp de Sathonay, le 27° et le 80° en Isère… Beaucoup de régiments de mobiles venant du sud passent par Lyon et peuvent y rester quelques temps en garnison.

Les deux régiments de mobiles du Rhône sont envoyés début septembre à Belfort, ville fortifiée qui ne tarde pas à être assiégée du 3/11 au 16/02/1871. Les mobiles du Rhône s’illustrent particulièrement dans la défense de la redoute de Bellevue sous les ordres du capitaine de génie Thiers. La redoute et la place défendues par le colonel Denfert-Rochereau ne seront pas prises et la garnison quittera Belfort avec les honneurs. L’artillerie de la « mobile » du Rhône est envoyée à Paris. Les mobiles sont démobilisés vers la fin mars 1871.

Les LÉGIONS DU RHÔNE 
Le 4 septembre 1870, Lyon apprend la chute de l’Empire ; le colonel du Génie Séré de Rivières, commandant de la place de Lyon, parvient à garder le contrôle de la situation face à un climat semi-insurectionnel, tout en mettant en route les chantiers de fortifications.


Le gouvernement de la Défense Nationale fait appel à la Nation pour lever des régiments de volontaires : la ville de Lyon va équiper à ses frais et envoyer au combat deux « Légions de mobilisés » qui éprouveront de lourdes pertes. Elles combattront sur le front de Bourgogne (bataille de Nuits-St-Georges 18 décembre), avant de faire partie du 24° corps ci-dessous. Un article de ce site retrace l’aventure de ces combattants envoyés au front dans des conditions difficiles, peu entraînés et mal équipés dans un hiver glacial…

Buvette de la gare de Perrache en 1871

Le 24° CORPS D’ARMÉE 
En décembre 1870 dans l’urgence est mis sur pied à Lyon un 24° Corps, commandé par le général Bressoles, avec Séré de Rivières commandant le Génie. Formé de 3 divisions, il comprend :
- des « régiments de marche », qui sont des régiments provisoires formés en regroupant des éléments de plusieurs régiments d’infanterie.
- des régiments provisoires de mobiles de divers départements (Yonne, Lozère, Basses-Pyrénées, Var, Loire…)
- des 2 Légions du Rhône déjà au combat en Bourgogne.
Vers le 20 décembre ce corps d’Armée part rejoindre l’armée de l’est commandée par le général Bourbaki. Il participera en janvier 1871 aux combats de Villersexel et Héricourt.

MÉMOIRE des HOMMES 
Le Département et la ville de Lyon ont honoré la mémoire de ces soldats improvisés courageux par un monument dédié aux « Enfants du Rhône » sur la place Maréchal Leclerc devant l’entrée principale du Parc de la Tête-d’Or.

Le monument des « Enfants du Rhône » devant l’entrée du Parc de la Tête d’Or

Article de 2010 -augmenté 01/2016

Réorganisation Militaire de la III° République

La RÉORGANISATION MILITAIRE de la III° RÉPUBLIQUE

APRÈS LA DÉFAITE de 1871
Après la défaite de 1871 et la perte de l’Alsace-Moselle, la III° République s’installe progressivement, animée par un esprit de revanche.
Le chef du Gouvernement provisoire Adolphe Thiers doit d’abord faire face à la révolte de la Commune de Paris. La capitale doit être reprise (avril-mai 1871) par l’« Armée de Versailles » constituée d’unités de la Défense Nationale et de soldats revenus de captivité, sous le regard des Allemands qui occupent le nord-est de la France.

UNE ARMÉE À RÉORGANISER
Cette armée de Versailles compte 5 Corps d’Armée (CA). Thiers et son ministre de la Défense le général de Cissey ont la volonté de créer une armée nouvelle. Dès juillet 1871 un 6ème CA est créé à Lyon et confié au général Bourbaki. En juin 1872 le service militaire devient universel, mais reste inégalitaire (un ou 5 ans de service selon le tirage au sort). En septembre 2 CA supplémentaires sont créés : le 7° à Tours et le 8° à Bourges. En mars 1873 Thiers doit démissionner. Il est remplacé à la présidence de la République par le maréchal de Mac Mahon.

Une ORGANISATION DURABLE
Le nouveau gouvernement va poursuivre la réorganisation militaire, en modifiant les projets en cours. La loi du 24 juillet 1873 divise la France en 18 Régions Militaires correspondant chacune à un Corps d’Armée. Chaque Corps d’Armée est composé de deux Divisions d’Infanterie (DI), d’une brigade de cavalerie, d’une brigade d’artillerie, d’un bataillon du Génie et d’un escadron du Train.
Chaque DI compte 4 régiments d’infanterie (RI), soit 8 par CA, ce qui fait 144 RI répartis sur tout le territoire de la France. Pour atteindre ce nombre il faut créer 18 RI supplémentaires, dont le 140° à Grenoble. En plus il y a des divisions de cavalerie indépendantes. En temps de guerre, les commandants des CA partent en campagne avec leurs troupes.
Cette organisation durera jusqu’en 1946. La politique de défense et de fortification du territoire est confiée au Général Séré de Rivières.

XIII° et XIV° Corps d’Armée

RÉORGANISATION RÉGIONALE
Lyon devient le siège du XIV° Corps d’Armée – général Bourbaki – qui regroupe les 5 départements de l’ensemble Dauphiné et Savoie, plus la bordure est du Rhône avec les cantons de Lyon, Villeurbanne, Givors et St-Genis-Laval.
L’ouest du Rhône est rattaché au XIII° CA de Clermont-Ferrand, qui comprend la Loire, la Haute-Loire, l’Allier, le Puy-de-Dôme et le Cantal.
Le nord-est du Rhône (Neuville) et l’Ain font partie du VII° CA (Besançon).

Le général Zédé Gouverneur 1895-1902

Dans la décennie 1875-1885 les unités changent fréquemment de garnison. En attendant la construction de casernes dans leur garnison, Lyon accueille provisoirement des unités appartenant à d’autres corps d’armée. Cette situation perdurera jusqu’en 1914 pour le XIII° CA, dont le 98°RI de Roanne logera encore un bataillon à Lyon (fort Lamotte).
Dans les décennies suivantes les changements de garnison deviennent moins fréquents. Certaines d’unités d’infanterie sont coupées en une « partie centrale » et une « partie principale » : en pratique des « petites garnisons » comme Vienne et Bourgoin ne peuvent accueillir qu’un bataillon d’infanterie, le reste du régiment étant à Lyon.
Des régiments d’infanterie supplémentaires sont créés (numéros de 145 à 162), dont les 157 à 159 dans la région. Dans la décennie 1880 certaines unités de chasseurs à pied se spécialisent en montagne devenant des Chasseurs Alpins, dont l’existence devient officielle en 1888 (12 bataillons).

Une division de cavalerie indépendante, la 6° Division de cavalerie est également stationnée sur le territoire du XIV° CA.

Trois généraux du 14° CA en 1900

Article de 2015Source : Georges Gugliotta – L’Armée de Monsieur Thiers – B.Giovanangeli 2017

Les Hôpitaux Lyonnais en 1916

Les FORMATIONS SANITAIRES À LYON et sa RÉGION en 1916 PAR LOCALISATION

Un premier article a étudié les hôpitaux temporaires pendant la Grande Guerre par catégories administratives. Il était intéressant de les regrouper géographiquement et pour évaluer l’importance relative des établissements, un relevé de l’état-civil pour l’année 1916, année moyenne de la Grande Guerre il y a 100 ans, a été effectué. Les chiffres entre crochets donnent le nombre de décès de militaires en 1916 par lieu de soin. Le total trouvé pour l’année s’élève à 1078.

Uniformes du Service de Santé

LYON 1er ARRONDISSEMENT : [43]
- Hôpital Militaire Villemanzy, montée St-Sébastien [10 + 7 soldats allemands]
- HA45 – Infirmerie Protestante, 11 cours des Chartreux (cours Giraud) [10]
- HA 5 – Pensionnat St-Louis, 1 cours des Chartreux (cours Giraud) [7]
- HA107 – Ecole normale d’instituteurs, 80 bvd de la Croix-Rousse [4]
- HA51 –Clinique St-François d’Assise, 17 rue St-Fçs d’Assise [4]
- HA49 – la Soie (maison Bianchini-Ferrier), 4 rue Vaucanson [4]
- H188bis – ?, 2 rue de Flesselles [2]
- HC11 – brasserie Dupuis, 140 bvd de la Cx-Rousse [1]
- HA 6 – les Chartreux, 58 rue Pierre Dupont [1]

HC11 Brasserie Dupuis

LYON 2ème ARRONDISSEMENT : [389]
- Hôpital Militaire Desgenettes, 20 quai Gailleton [163]
- Hôtel-Dieu, place de l’Hôpital [182]
- Hospice de la Charité, 1 rue de la Charité [17]
- HC18 – Lycée St-Marc, 10 rue Ste-Hélène [27]

Cour de l’Hôpital Desgenettes


LYON 3ème ARRONDISSEMENT : [aucun]
Aucun établissement sanitaire repéré, 3 décès de soldats détachés en usine, 2 à la caserne de la Part-Dieu, un au fort Montluc.

LYON 4ème ARRONDISSEMENT : [20]
- HA112 – groupe scolaire Jph. Cormier, 25 rue Jacquard [ 8]
- Hôpital de la Croix-Rousse [ 7]
- HC11 – groupe scolaire, place Cdt Arnaud [ 4]
- H192bis – Couvent du Sacré-Cœur, 69 rue de l’Enfance (Henri Gorjus) [ 1]

LYON 5ème ARRONDISSEMENT : [43]
- HA 2 – les Lazaristes, 24 mtée St-Barthélémy [13]
- HA101 – Ecole Vétérinaire, 2 quai Pierre Scize (q. Chauveau) [11]
- Hôpital de l’Antiquaille [10]
- HA 3 Ecole libre des Anglais, 5 chemin des Massues [ 6]
- HA47 – Œuvre des convalescents, 27 mtée St-Barthélémy [1]
- H16bis – Jésus-Marie, 2 pl. de Fourvière [ 1]
- Ste-Croix (?) 8 rue du Juge de Paix (Roger Radisson) [ 1]

LYON 6ème ARRONDISSEMENT : [97]
- HC16 – Lycée de jeunes filles, 6 pl. Edgar Quinet, 430 lits [45]
- HC45 – Nouveau Lycée (Lycée du Parc), 830 lits [20]
- HA20 – Dispensaire Ecole de la Croix-Rouge, 84 rue des Charmettes [11]
- H5bis – ancien collège des Jésuites, 35 rue Bossuet (mairie du 6°) [ 8]

- HA24 – Dames auxiliatrices, 9 rue Bossuet [ 5]
- HA64 – groupe scolaire Jean Rostand, 94 rue Tronchet [ 4]
- HA21 – Ecole Ozanam, 145 rue de Créqui [1]
- H6bis – Etablissement Mercier & Chaleyssin, 7 rue Félix Jacquier [1]

LYON 9ème ARRONDISSEMENT : (à l’époque 5° arrondissement) [11]
- HC10 – groupe scolaire, 4 rue Tissot [6]
- HC19 – clinique du Dr Albéric Pont, 22 rue de St-Cyr & 13 quai Jaÿr (groupe scolaire de la Gare d’Eau) [5]

BRON : [38]
- Hôpital du Vinatier [36 dont 2 soldats rapatriés d’Allemagne]
- aérodrome [2 du 2° Groupe d’Aviation]

CALUIRE : [5]
- HA19 – Frères des Ecoles Chrétiennes (aujourd’hui mairie av. Jean Moulin) – 370 lits dont 60 lits d’aveugles, 6272 entrées, 328432 journées d’hospitalisation dont 10060 pour aveugles (source Martin Basse) [4]
- H24bis – Bayat, 157 gde rue de St-Clair [1]

La Maison des Frères devenue HA 19


ECULLY : [ 3]
- HC14 – Ecole d’agriculture, 110 lits [ 3]

FONTAINES sur SAÔNE : [1]
- H194bis – maison Rigot, av. Simon Rousseau, 30 lits [1]

H194bis Fontaines sur Saône

OULLINS : [24 dont 23 tirailleurs africains surtout algériens]. Au cimetière de la Mulatière un monument dédié aux musulmans morts pour la France accueille les restes d’environ 200 hommes.
- HC13 – collège St-Thomas-d’Aquin, 18 rue du Perron [15]
- HC21 – institution Lamartine, 3 chemin des Chassagnes [ 8]

SAINT-GENIS-LAVAL : [228]
- HA63 – Ex-établissement des frères maristes, 400 lits pour typhiques et tuberculeux, qui enregistre le plus grand nombre de décès [225] .
- asile Ste-Eugénie [ 3]

HA63 St-Genis-Laval

ST-RAMBERT-L’ÎLE-BARBE [5 ]
- H249bis – Lycée de St-Rambert – hôpital tenu par la croix-rouge anglaise

STE-FOY-LES-LYON : [ 7]
- HA 4 – Séminaire de Francheville, chemin des Fonts [ 5]
- HA53 – Hôpital-hospice, 10 chemin de Montray [ 1]
- H246bis – Ecole mariste de théologie, 14 chemin du gd Roule [ 1)

VILLEURBANNE : [76]
- Hôpital, 34 rue Frédéric Faÿs (aujourd’hui Lycée F.Faÿs) [63]
- H189bis, Ets Haours, 5 rue Jean Novel [ 8]
- HC37, patronage St-Joseph, 37 rue de l’Egalité [ 2]
- HA56, Pensionnat Immaculée Conception, 74 place de la Mairie [ 2]
- H 9bis, pensionnat de jeunes filles l’Hormat, 50 rue des Maisons Neuves [ 1]

HC : Hôpitaux Complémentaires dépendant du Service de Santé Militaire
HA : Hôpitaux auxiliaires du Comité de la Croix-Rouge (société de Secours aux Blessés militaires – SSBM) ou de l’Union des Femmes de France
H bis : Hôpitaux bénévoles ou municipaux.

Sur ce site un nouvel article sur la mobilisation sanitaire de 1914

Article de 2014dernière modification 03/2016 – Sources : Etat-civil – Archives Municipales de Lyon – Archives Départementales du Rhône / Roland Racine – Lyon 1914-18 – Sutton 2015

La BA de Bron pendant la 2ème Guerre Mondiale

La BASE AÉRIENNE DE LYON – BRON PENDANT LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE

La DRÔLE de GUERRE 09/1939 – 05/1940
À la déclaration de guerre, les unités opérationnelles de la base (35° Escadre d’observation et 55° Escadre de Reconnaissance) quittent Bron pour leurs terrains de déploiement.

Avion Bloch 151 et pilotes du GC III/9

Une seule unité aérienne reste à Bron, le Groupe Aérien Régional de Chasse (GARC) 562, rebaptisé en janvier 1940 Groupe de Chasse III/9. Il doit assurer la défense du ciel lyonnais avec des avions Dewoitine 501 puis des Bloch 151. Sous les ordres du commandant Viguier, le GC III/9 compte une majorité de réservistes.
Dès novembre 1939, la base devient le centre de regroupement des aviateurs polonais, échappés de leur pays vaincu par l’Allemagne hitlérienne. En janvier 1940 ils sont plus de 3000, qui s’entraînent activement sur Morane 406 et Caudron 714 formant une escadrille aux couleurs de leur pays. Le 27 mars les pilotes polonais reçoivent l’insigne de pilote français, en présence du général Sikorski commandant de l’armée polonaise.

Aviateurs polonais avec leur instructeur français

Morane 406 polonais


L’aspirant Lamouroux devant l’avion abattu

Le 20 avril 1940, l’aspirant Lamouroux du GC III/9 abat au dessus de la Saône et Loire un Junker 88, première victoire aérienne de la campagne de France. La dérive de cet appareil percée de balles est à nouveau exposée au Musée.

L’OFFENSIVE ALLEMANDE mai-juin 1940
Le 10 mai 1940 la base est bombardée par des Heinkel 111; un bombardier allemand est abattu par la DCA. En cours de journée les formations aériennes quittent Bron pour leurs terrains de « déserrement ». Le GC III/9 gagne Satolas et les polonais Corbas. Dans les semaines qui suivent, les chasseurs cherchent à intercepter les bombardiers et abattent plusieurs Heinkel 111. D’autres bombardements auront lieu les 1er et 2 juin.
Le 19 juin Bron est occupé et utilisé par l’ennemi. L’armistice entraîne le repli des allemands le 5 juillet.

La base de Stockage 1940/42

La BASE de STOCKAGE juillet 1940-novembre 1942 :
La base de Bron est en zone libre. Commandée par le colonel Fieschi, elle devient une base de stockage qui assure la maintenance des avions (jusqu’à 374), moteurs et équipements. De plus dans le cadre de l’armée d’ armistice, le groupe de chasse 1/1 s’y installe avec des Bloch 152, mais le carburant manque…
Une piste en dur de 1100 m est construite à l’est de celle existant.

Les AVIATEURS dans la RÉSISTANCE
Le colonel Fieschi qui a fait dissimuler des stocks d’armes et matériel sera arrêté par la gestapo et déporté.
Le capitaine Claudius Billon, pilote au GC III/9 est affecté à la base de stockage. Dès février 1941, il passe dans la clandestinité : il est le précurseur de l’Armée secrète. Arrêté en 1943, il mourra sous la torture.
Billon recrute à Bron Albert Chambonnet un officier mécanicien, qui sera chef de l’Armée secrète et finira fusillé en juillet 1944.

Le Cne Billon (X) au centre d’un groupe d’officiers 1939

L’OCCUPATION
En novembre 1942 les allemands envahissent la zone sud et occupent la base de Bron. L’armée de l’Air est dissoute. La base sert de base de transit et n’accueille pas d’unité importante de la Luftwaffe. La piste est prolongée de 300 m vers le sud. Les installations de la base sont dévastées par un bombardement américain le 30 avril 1944 ; elle est à nouveau bombardée le 14 août. Fin août, avant de se replier les allemands brûlent et détruisent tout ce qui peut l’être.

Les Hangars Bombardés

La LIBÉRATION
Le 3 septembre Lyon et sa région sont libérées. La base de Bron est dévastée, seule la piste en dur n’est pas trop abîmée. Avec de gros moyens le génie américain bouche les trous de bombes et allonge la piste à 1830 m. Dès le 5 septembre un avion allié se pose, précédant plus de 200 autres les jours suivants : Spitfires de la RAF, P47 Thunderbolt de l’US Air Force et des groupes de chasse français 3/3 Ardennes et 2/5 Lafayette. Ces avions poursuivent l’attaque au sol des allemands en retraite.

Un P47 devant un B26 – novembre 1944

La FIN de la GUERRE
Après la libération de la région en septembre 1944, les allemands tiennent encore la frontière des Alpes. Une unité chargée de l’observation et de l’appui au sol sur le front des Alpes est créée à Bron avec des aviateurs issus des FFI, le groupe 1/35- Aviation des Alpes. Il est équipé de Morane 500 (ex Fieseler 156 Storch).

L’histoire complète de la base de Bron de 1910 à 1973 est relatée dans un autre article.

dernière modification 02/2020
Source : document du Lcl (er) Jean-Claude Mathevet – Société Lyonnaise d’Histoire de l’Aviation (SLHADA) 2014

Logo de la SLHADA

Article de 2015

Le Fort Montluc

Le FORT de VILLEURBANNE ou FORT MONTLUC 

Une BELLE FORTIFICATION
Le Fort de Villeurbanne fait partie de la première ceinture de fortifications de Lyon, établie par le général Rohault de Fleury et édifiée sous Louis-Philippe. Construit à partir de 1831 le fort de Villeurbanne est au centre du dispositif de défense de la rive gauche du Rhône : cela explique ses dimensions importantes et la qualité de sa construction.

Plan de 1853

La forme générale de l’enceinte du fort était celle d’un trapèze avec une petite base orientée vers l’est avec deux gros bastions. La grande base tournée vers la ville, possédait à ses angles deux bastions pour faciliter le flanquement et en son centre un redan pour défendre la porte d’entrée, elle-même protégée par un corps de garde cubique avec 4 échauguettes aux angles.
Aujourd’hui il ne subsiste de l’enceinte, que ce corps de garde détaché qui est placé obliquement par rapport à l’entrée d’une caserne de 2 étages voûtés pouvant abriter 5 à 600 hommes. Cette caserne ferme le cavalier, la partie centrale du fort. L’entrée de cette caserne est elle-même protégée par un corps de garde à mâchicoulis. Il devait être armé de 67 pièces d’artillerie.

Artillerie de la 6° division de Cavalerie devant le Fort Montluc

LE DÉCLIN
Quarante ans plus tard dans les années 1870, ce type de fortification est devenu obsolète et on entreprend la construction de la deuxième ceinture fortifiée (Séré de Rivières). Au fort de Villeurbanne, les courtines et les bastions sont démolis, les glacis et les fossés sont nivelés, il ne reste du fort que sa partie centrale le cavalier et le corps de garde extérieur, baptisé fort Montluc en 1887, date à laquelle il abrite 330 hommes. L’espace libre est utilisé comme terrain de manœuvre. On installe sur les glacis le magasin d’habillement et l’intendance régionale. Le site héberge alors la 14° Section de Commis et Ouvriers Militaires d’administration (14 pour le 14° Corps d’Armée de Lyon) et le Tribunal militaire.

La 14° SCOA au fort Montluc

LA PRISON MONTLUC
La vocation judiciaire du site se confirme après la Grande Guerre par la construction en 1921 au sud du fort d’une prison militaire, la prison Montluc, en remplacement de celle des Recluses rue Sala. Désaffectée en 1932, remise en service en 1939, cette prison sera pendant l’Occupation entre 1942 et 1944 le lieu d’incarcération de plus de 7000 prisonniers, dont 2500 seront déportés et plus de 600 fusillés, dont Chambonnet. À la Libération de Lyon la prison accueille les collaborateurs, puis par la suite des détenus divers, pour finir en prison pour femmes de 1997 à 2009. Elle est alors convertie en lieu de mémoire. La confusion entre la prison Montluc et le fort du même nom est très fréquente.

La maquette du fort rénové


UNE NOUVELLE VOCATION
Le fort est cédé en 1969 au Ministère de l’Intérieur et devient une caserne de CRS jusqu’en 1982. Dans les années 2005 à 2007 après des années d’abandon, le fort est entièrement transformé en hôtel de Police, avec construction de bâtiments à l’intérieur, mais l’apparence extérieure de la fortification est conservée et rénovée.

Le corps de garde de l’entrée et le corps de garde détaché en 2012

Article de 2013 Dernière modification : 04/2019 – Source : Dallemagne & coll. – les Défenses de Lyon – ELAH 2006

Le 4° Chasseurs

Le 4ème RÉGIMENT de CHASSEURS de GAP, le régiment blindé de la brigade d’infanterie de montagne :

DE LOUIS XVI aux CENT-JOURS 
Une ordonnance royale de janvier 1779 crée 6 régiments de Chasseurs à Cheval. Le 4° réunit à Sarreguemines les 4 escadrons issus des « Volontaires de Clermont Prince« . Son existence est courte : dès 1784, il devient « Chasseurs des Cévennes ».

Ordonnance de Création des Chasseurs à Cheval

En 1788 les chasseurs de France-Comté, auparavant Durfort-Dragons, sont baptisés 4° Chasseurs. Ce régiment sera constamment en campagne pendant la Révolution et de l’Empire. en particulier, en 1796 dans l’armée de Moreau, il s’illustre à Biberach. De 1800 à 1812 il est dans le sud de l’Italie, puis c’est la campagne de Russie, où il s’illustre à la Moskowa. Il est ensuite à la campagne d’Allemagne (1813) à la campagne de France (1814) et aux Cent-Jours (1815) puis il est licencié.

De la RESTAURATION à la GUERRE DE 1870 
Le 4° Chasseurs est reconstitué en 1816 sous la Restauration ; il participe à l’expédition d’Espagne en 1823. En 1831 sous Louis-Philippe, il est transformé en 4° régiment de Lanciers, alors que le 9° Chasseurs créé également en 1788 est rebaptisé 4°. En 1839 2 escadrons quittent Vienne pour l’Algérie et la lutte contre Abd-El-Kader.
De 1855 à 1859 tout le régiment est en Kabylie, d’où il rejoint la campagne d’Italie pour inscrire sur leur étendard les batailles de Magenta et Solferino. Le régiment est dans le sud-algérien de 1864 à 1868. La guerre de 1870 le trouve en position à St-Avold ; les chasseurs se battent vaillamment à Forbach, mais doivent faire retraite : ils font ensuite partie de l’Armée de la Loire.

SOUS LA III° REPUBLIQUE 

Lyautey capitaine au 4° Chasseurs

Sous la III° République le 4° est en garnison à Marseille, puis à Épinal avec un escadron à Bruyères. En 1887 il est à Saint-Germain-en-Laye.
Le futur Maréchal Lyautey y est capitaine en 1888-93. Il est ensuite à nouveau à Epinal jusqu’en 1914. Pendant la Grande Guerre les escadrons sont détachés dans les divisions d’infanterie : Aisne et Artois s’ajoutent sur l’étendard du régiment qui est dissous en 1921.

Il faut attendre l’hiver 1939-40 pour que revive le 4° Chasseurs sous le nom de 4° Rgt d’Automitrailleuses, qui en mai 1940 entre en Belgique, puis couvre la retraite au prix de lourdes pertes (795 hommes), conduite qui lui vaut un magnifique hommage du général de Lattre de Tassigny. Le 4° est à nouveau dissous en juillet 1940.

Drapeau du 4° Chasseurs

De 1954 à 1962 : TUNISIE – ALGERIE 
le 4° Chasseurs est recréé le 1er juillet 1954.
Prévu pour partir en Indochine, il est finalement dirigé vers la Tunisie, où il séjourne jusqu’en mai 1955 dans la région de Sousse pour des opérations de maintien de l’ordre. Le 4° passe ensuite en Algérie où il lutte contre la rébellion dans la région de Constantine jusqu’en janvier 1960. Il est ensuite posté sur le barrage de la frontière tunisienne dans les régions de Lamy et de Tebessa jusqu’en juillet 1962. Ayant perdu 66 hommes, les Chasseurs quittent l’Algérie en octobre 1962 pour rejoindre la métropole.

Insigne du 4° chasseurs

De 1962 à 1983 : La VALBONNE 
Leur nouvelle garnison est le camp de la Valbonne dans l’Ain. La partie est du camp qu’il occupe sera baptisée « quartier de Langlade » du nom d’un sous-officier, premier tué du régiment en 1956 en Algérie. Le 4° Chasseurs fait alors partie de la 27° Brigade Alpine et compte 4 escadrons blindés équipés d’AML Panhard et un escadron de commandement et des services. Il doit alors s’adapter à la montagne qui devient alors son terrain d’entraînement. En 1976 la brigade alpine redevient division (27° DIM).

Le 4° Chasseurs à la Valbonne

Depuis 1983 : GAP
En 1983, à la veille de la création de la Force d’Action Rapide (FAR), le 4° Chasseurs est transféré de la Valbonne à Gap dans une caserne neuve le quartier Général Guillaume, où il est encore actuellement.

1983 le quartier Guillaume : une architecture à la Vauban


Commence alors le temps des opérations extérieures au Liban, Tchad et ex-Yougoslavie. En 1999 la 27° DIM est redevenue brigade et le 4° Chasseurs en est le régiment blindé adapté à la montagne : il est équipé d’ERC 90 et de VBL, apte à être projeté sans délai, sur des terrains difficiles, dans des conditions climatiques rigoureuses.
Dans les années 2000 les missions se portent vers la Côte d’Ivoire et surtout l’Afghanistan, puis le Tchad. C’est ensuite en 2013 l’opération Serval au Mali, puis l’opération Sangaris en Centrafrique. Et enfin l’opération Barkhane encore en cours dans la zone sahélienne…

En mars 2022 guerre en Ukraine: un bataillon du 4° est envoyé prendre position en Roumanie…

Article de 2012 Dernière modification 03/2022

Les Gouverneurs Militaires depuis 1945

Les GOUVERNEURS MILITAIRES DE LYON depuis 1945

Le Gouverneur Militaire de Lyon est l’héritier d’une longue succession de représentants de l’autorité militaire : sénéchaux du moyen-âge, gouverneurs du Lyonnais de la Renaissance à la Révolution, commandants militaires au XIX° siècle, devenus Gouverneurs depuis 1873.

1945-1966 – 14° PUIS 8° RÉGION MILITAIRE 
En 1945 la région militaire de Lyon est depuis 1873 la 14° Région Militaire (RM Armée de Terre). Le poste prestigieux de Gouverneur militaire de Lyon est attribué à des généraux de corps d’armée (GCA), dont c’est le plus souvent le dernier poste. Jusqu’en 1960 tous ont été combattants en 1914-18.

Le Colonel Descour

Colonel Marcel DESCOUR (09/1944-09/1945) : Chef militaire régional de la Résistance, il est nommé gouverneur militaire de Lyon après la libération de Lyon le 3 septembre 1944. Il a la lourde tâche d’intégrer les bataillons FFI et FTP dans l’armée régulière. Cas unique, il sera à nouveau gouverneur de Lyon (1956-1960). un article particulier lui est consacré.


- Général Paul DOYEN (09/1945-03/1946) : résistant, commandant de la campagne des Alpes de mars à mai 1945.
- général René de HESDIN (03/1946-09/1949) : artilleur, ancien chef de corps du 68°RAA (1941), commandant de la 4°DMM dans l’armée de Lattre.
En 1946 le nombre de régions est réduit, Lyon devient le siège de la 8ème Région Militaire correspondant à l’ensemble Rhône-Alpes Auvergne.
- général Roger NOIRET (09/1949-08/1951) : artilleur, état-major de la France Libre
- général Pierre MAGNAN 08/1951-08/1954) : infanterie coloniale, commandant de la 9°DIC dans l’armée de Lattre.
- général Albert LAURENT (08/1954-08/1956) : artilleur, résistant, féru d’archéologie saharienne.
- général Marcel DESCOUR (08/1956-11/1960) : après de grands commandements en Autriche et en Allemagne, Descour retrouve le poste à Lyon. Honneur exceptionnel, il y élevé au grade de général d’armée.
- Général Pierre CONZE (01-1961-02/1964) : polytechnicien, artilleur, résistant, artillerie anti-aérienne.
- général Adolphe VEZINET (02/1964-03/1967) : officier de l’infanterie coloniale, combattant de la France Libre avec Leclerc depuis le Tchad et dans la 2°DB, Algérie, général d’Armée.

Cour de l’Hôtel du Gouverneur vers 1957

1966-1990 – 5° RÉGION MILITAIRE 

Insigne de la 5ème RM

En juin 1966 suite à une nouvelle réforme qui réduit le nombre de régions la 8° RM devient la 5ème RM. Le territoire de la 5ème RM couvre 5 régions civiles : Rhône-alpes, Auvergne, PACA, Languedoc-Roussillon, Corse.

- général Jean SIMON (04/1967-09/1969) : officier d’infanterie coloniale, France Libre dans la Légion Étrangère, Indochine, Suez, Algérie (compagnon de la Libération).
- général André LALANDE (10/1969-05/1973) : chasseur alpin, France Libre dans la Légion Étrangère, prisonnier à Dien-Bien-Phu, Algérie, opération sur Bizerte.
- général Robert LOUISOT (06/1973-09/1974) : infanterie coloniale, Italie, Indochine, Algérie.
- général Michel THENOZ (09/1974-01/1976) : chasseur alpin, campagnes d’Italie, de France, d’Indochine (Cambodge), d’Algérie, commande la 27°brigade Alpine, chef d’état-major particulier du président Pompidou. il contribue à retransformer la brigade alpine en division, général d’Armée.

- général Guy LE BORGNE (02/1976-01/1980) : infanterie coloniale, parachuté en Bretagne en juillet 1944, Indochine, chef de corps du 3°RPIMa, de la 11°DP, il est par ailleurs un peintre reconnu.

Général W. Boone


- général Wilfrid BOONE (01/1980-09/1983) : le dernier à avoir participé à la 2ème Guerre Mondiale, infanterie coloniale, Indochine, Algérie, chef de corps du 153°RI à Mutzig. Il démissionne en 1983.
- général Jean CUQ (09/1983-08/1987) : artilleur, Indochine, Algérie, chef de corps du 35°RA, Liban.


- général Jean GOSSOT (07/1987-08/1989) : officier de l’arme blindée, Indochine, Algérie, chef de corps du 4° Cuirassiers à Bitche.
- général BÉCHU (/08/1989-05/1990) : parachutiste, Algérie, commande le 9°RCP à Toulouse. Il est décédé en fonction à Lyon.

1990-2000 – RMD MÉDITERRANÉE 

Général G.Pormenté

Au 1er septembre 1990 en application du plan « Armées 2000 », la 5ème RM devient la Région Militaire de Défense (RMD) Méditerranée.

- général Henri SALAÜN (07/1990-10/1993) : infanterie de marine, parachutiste, Algérie, commande le 2°RPIMa à la Réunion, la 9°DIM à Nantes.
- général Jean PINCEMIN (10/1993-08/1995) : Algérie, commande le 150°RI à Verdun, la 6°DLB à Nimes.
- général Claude GENEST (08/1995-07/1997) : arme blindée, Algérie, Sahara, commande le 501°RCC de Rambouillet, la 15°DI à Limoges.
- général Georges PORMENTÉ (08/1997-07/1999) : infanterie, Algérie, chef de corps du 9°RCP à Pamiers, Cambodge, commande la 2°DB.
- général Jean-Michel de WIDERSPACH-THOR (08/1999-07/2001) : troupes de marine, commande le RICM à Vannes, la 9° DIMa à Nantes.

La succession des Gouverneurs de Lyon au XXI° siècle et les évolutions de la région Militaire sont développées dans un nouvel article.

Article de 2014 – Dernière modification 09/2025 – Sources : B.Demotz et coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011 / Farac info

La Savoie 1814-1860

La SAVOIE du PREMIER au SECOND EMPIRE 1814 – 1860

La CHUTE de l’EMPIRE – janvier-avril 1814
Après la défaite de Napoléon à Leipzig (octobre 1813), ses ennemis coalisés se préparent à envahir la France sur toutes ses frontières.
Dès décembre 1813, un petit corps autrichien de 12000 hommes commandé par le général Bubna passe en Suisse alors sous protectorat français. En une semaine il entre à Lausanne : les préfets des départements français du Simplon et du Léman se réfugient en Savoie. Bubna s’installe à Genève qui retrouve son indépendance. En janvier il envoie ses lieutenants dans le Valais et en Savoie : le 20 janvier ils sont à Chambéry. En Savoie un général retraité Dessaix reprend du service et avec les maigres troupes rassemblées par le général Marchand en Dauphiné, ils contiennent les autrichiens aux Échelles, à Montmélian et Chapareillan.

Le général Dessaix

En février Chambéry et Annecy sont repris et Genève est investi, parallèlement à l’offensive vers le nord du maréchal Augereau nommé commandant de l’Armée de Lyon. Mais une armée autrichienne descend par la vallée de la Saône ; Augereau les affronte dans les batailles perdues de St-Georges-de-Reneins et de Limonest. Lyon est prise le 20 mars. Dessaix et Marchand doivent aussi reculer, Chambéry tombe le 30 mars. Dessaix continue le combat en Maurienne jusqu’au 15 avril, soit 4 jours après la signature du traité de Fontainebleau. Les troupes françaises doivent quitter la Savoie, qui subit alors l’occupation autrichienne. Ses réquisitions accablent le pays, qui est de plus traversé par des convois militaires circulant dans les 2 sens entre la France et l’Italie.

La SAVOIE DIVISÉE
Par le traité de Paris (30 mai 1814), la France perd toutes les conquêtes de la Révolution et de l’Empire; elle est ramenée dans ses frontières de 1792 avec une (petite) compensation : elle garde la moitié occidentale de la Savoie avec Chambéry et Annecy. La moitié orientale et Montmélian font retour au roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel Ier revenu à Turin. Un préfet se réinstalle à Chambéry à nouveau département du Mont-Blanc, alors que le Mont-Blanc est à l’étranger… Ce découpage absurde fait l’unanimité contre lui. Pour aller du Faucigny en Maurienne il fallait passer par la Savoie française et pour aller de Chambéry à Grenoble, il fallait traverser la Savoie « sarde » à Montmélian.

La frontière de 1814

Les « CENT-JOURS »
Avec le retour de Napoléon en mars 1815 l’Empire est rétabli, mais ce changement de régime divise et affaiblit encore plus le camp pro-français. Un citoyen sur 10 seulement participe au plébiscite sur la nouvelle constitution. Le maréchal Suchet organise difficilement une armée des Alpes de 15000 hommes. Une attaque préventive est initiée le 14 juin : elle parvient jusqu’à Évian, Moutiers et St-Jean de Maurienne. Le 23 juin une armée austro-sarde de 40000 hommes contre-attaque par le Valais, la Tarentaise et la Maurienne. Les français doivent reculer ; seul le colonel Bugeaud tente d’arrêter l’invasion à l’Hôpital (Albertville) dans un violent combat devenu sans objet, car Napoléon a été battu à Waterloo le 18. Le 3 juillet les Autrichiens sont à Chambéry, les sardes le 9 à Grenoble et Lyon est occupée le 17. Les sardes occupent le Dauphiné et les autrichiens la Savoie, à nouveau soumise à une occupation bien plus brutale qu’en 1814.

Le RETOUR de la MAISON DE SAVOIE

Victor-Emmanuel Ier

Le second traité de Paris du 20 novembre 1815 marque le retour à la paix. La France perd la partie de la Savoie conservée en 1814. La Savoie est donc réunifiée et réintégrée dans les possessions de la Maison de Savoie après plus de 22 ans de régime français. Les autrichiens évacuent le pays et les troupes sardes entrent à Chambéry le 16 décembre dans l’allégresse générale. Le pays est réorganisé : un gouverneur réside à Chambéry. L’organisation territoriale reprend les divisions traditionnelles (Chablais, Faucigny, Genevois,Tarentaise, Maurienne, Savoie Propre, plus la création d’une province de « Haute-Savoie » autour de Conflans-l’Hôpital.
Après Victor-Emmanuel Ier qui abdique en 1821, le roi Charles-Félix (1821-1831), très attaché à la terre de ses ancêtres, est bien apprécié en Savoie. Il choisira l’abbaye d’ Hautecombe pour sépulture. Lui succédera Charles-Albert (1831-1849) en l’honneur duquel Conflans-l’Hôpital devient Albertville en 1835.

Les « provinces » savoyardes en 1840

Charles-Albert tente de réaliser l’unité italienne au profit de son royaume en s’opposant aux Autrichiens. Il est sévèrement battu 2 fois à Custozza (1848) et à Novare (1849) et abdique en faveur de son fils Victor-Emmanuel II.

Le RETOUR À LA FRANCE
Par la suite en 1860 la réalisation de l’unité italienne au profit du roi Victor-Emmanuel II, avec l’aide militaire intéressée de Napoléon III conduira à la réunion sanctionnée par un plébiscite de la Savoie (et de Nice) à la France. La perte de la Savoie achève le glissement progressif de la Maison de Savoie vers l’Italie, commencé par Emmanuel-Philibert en 1562 par le transfert de sa capitale de Chambéry à Turin.

Article de 2017 – Sources : A. Palluel-Guillard & col. – La Savoie de la Révolution à nos jours – Ouest-France 1986

Création des Troupes Alpines

LesTROUPES ALPINES ou TROUPES de MONTAGNE: De la NAISSANCE à LA GRANDE GUERRE

Les CHASSEURS à PIED

Chasseurs à pied en 1876

Pendant la conquête de l’Algérie, la nécessité de disposer d’une infanterie légère et rapide avait conduit à créer en 1840 les dix premiers bataillons de Chasseurs. Ils sont appelés Chasseurs à pied pour les distinguer des Chasseurs à cheval. Ils sont 20 bataillons (BCP) en 1855.

Les Chasseurs se sont particulièrement bien battus en Algérie et pendant la guerre de 1870. Leur nombre passe à 30 bataillons en 1871. Se distinguant par leur tenue sombre, les Chasseurs sont organisés en « bataillons formant corps » autonomes, conduits par un commandant chef de corps « Chef de Bataillon« , permettant une action plus souple qu’un régiment d’Infanterie classique.


Chasseur Alpin Italien

La NAISSANCE des CHASSEURS ALPINS
Après la guerre de 1870, les relations franco-italiennes se dégradent, en particulier après 1881 avec l’établissement du protectorat français en Tunisie. Or dès 1872 l’Italie avait mis en place et développé sur la frontière française des troupes spécifiques, les « Alpini », dotés d’un chapeau à plume caractéristique.
Dès 1873 un député des Hautes-Alpes Ernest Cézanne s’alarme de cet état de fait ; il n’est pas entendu. En 1878, le lieutenant-colonel Zédé (futur gouverneur militaire de Lyon) en poste à Briançon propose au général Bourbaki gouverneur de Lyon de faire manoeuvrer en haute montagne un bataillon de chasseurs à pied. Cette proposition est validée et en 1879 : le 12° BCP de retour d’Algérie et basé à Lyon, est désigné pour cette mission. Son chef le commandant Arvers est le pionnier de l’alpinisme militaire : de 1879 à 1885, le 12°BCP reconnait tous les cols et passages des Alpes Dauphinoises, sans autre équipement que celui réglementaire des Chasseurs à pied.
Pendant ce temps le général Ferron est chargé à l’Etat-major de la défense des Alpes. Il prescrit des marches de 10 jours en montagne pour certains régiments d’infanterie et des séjours de 3-4 mois en montagne pour quelques BCP. Ces expériences amènent à doter les militaires montagnards d’effets spécifiques vers 1886 : brodequins, bandes molletières, manteau raccourci et béret béarnais. Ce béret très large, la « tarte », a été choisi, car on devait pouvoir y glisser les deux pieds. Puis ce sera la large cape bleue et la ceinture de flanelle portée sur la veste.

Le général Ferron va organiser progressivement des « Groupes Alpins » : à chaque BCP est associé une batterie d’artillerie et un détachement du Génie (du 2°RA et du 4°RG de Grenoble pour le secteur du XIV° CA de Lyon). Ces groupes alpins sont dotés de mulets pour assurer les transports. L’étape suivante était la reconnaissance législative de ces dispositions. Ferron devenu un éphémère ministre de la guerre présente un projet dans ce sens : après quelques péripéties parlementaires finit par être votée le 24 décembre 1888 la « loi modifiant l’organisation des chasseurs à pied« . Cette loi porte à six le nombre des compagnies des 12 bataillons de Chasseurs stationnés dans les XIV° (Lyon) et XV° (Marseille) régions et leur attribue des personnels complémentaires et des mulets. Sur la région de Lyon les BCP concernés devenus BCA sont :
le 11° Annecy, le 12° Grenoble, le 13° Chambéry, le 14° Grenoble, le 22° Albertville, le 28° Grenoble, le 30° Embrun.

L’INFANTERIE ALPINE
Très vite en 1889, pour la défense de la Haute-Maurienne un nouveau « groupe alpin » est constitué avec un bataillon du 97° Régiment d’Infanterie (RI) de Chambéry détaché à Modane. Entre temps en 1887 avaient été créés des régiments d’infanterie supplémentaires dits « régiments régionaux » : trois d’entre eux sont affectés à la défense des Alpes. Les 157° et 158° basés à Lyon fournissent chacun deux bataillons pour occuper un poste dans les Alpes, ainsi le 157° détache un bataillon au fort de Tournoux et à Jausiers (04) et le 158° en Tarentaise et Maurienne.

Les officiers du 157° RI à Jausiers 1906

Le 159° tient garnison à Briançon depuis 1890. Les bataillons d’infanterie basés en montagne gardent la tenue d’infanterie avec le pantalon rouge, mais adoptent le grand béret et les bandes molletières.

Le 158° d’Infanterie

D’autres régiments d’infanterie du XIV° CA sont « alpinisés » les 99°RI et 22°RI à Gap, le 140° RI de Grenoble. Retour ligne manuel
Mais c’est au 159° de Briançon que sera introduit l’usage des skis, en particulier par le capitaine Clerc, avec l’ouverture en 1903 d’une école de ski à Montgenèvre.

Le capitaine Clerc et les pionniers du ski

Le général baron Bergé, gouverneur militaire de Lyon 1889-1893 est le grand organisateur des troupes alpines et de l’espace alpin par la construction de routes stratégiques, avec la participation des alpins. Sur les grands cols des Alpes des stèles rappellent son action.
En 1910 les batteries d’artillerie alpines de la XIV° région sont regroupées en un 1° Régiment d’artillerie de Montagne (RAM).

La GRANDE GUERRE
Les troupes alpines ainsi organisées vont être engagées entre 1912-1914 au Maroc pour certains BCA, puis ce sera la Grande Guerre, où toutes les unités alpines combattront héroïquement, au prix de lourdes pertes, en particulier dans les Vosges, où les chasseurs gagneront le surnom de « Diables Bleus ».

Après l’Armistice de 1918 les bataillons de réserve de Chasseurs Alpins sont dissous.
Cinq bataillons de Chasseurs Alpins (BCA) occupent la Rhénanie, tandis que 6 autres sont envoyés en Haute-Silésie pour encadrer le plébiscite qui doit partager la région.

La SUITE de L’HISTOIRE des TROUPES ALPINES
L’ histoire des Troupes Alpines (2ème partie) jusqu’à nos jours est décrite dans un article sur la 27ème Division Alpine

Article de 2013 – dernière modification 08/2020
Source : Revue Historique des Armées : les troupes de montagne 03/1988