Tom Morel et les Glières

« TOM » MOREL (1915-1944) et la PLATEAU des GLIERES

Théodose Morel naît à Lyon en 1915, dans une famille bourgeoise, catholique et patriote. Son oncle et parrain est Georges Raymond qui commandera l’escadrille des »Cigognes » après la mort de Guynemer. Après une jeunesse un peu espiègle et un passage par le scoutisme, où il rencontre Henri Grouès (l’abbé Pierre), il entre à Saint-Cyr en 1935. Sous-lieutenant, il est affecté au 27° Bataillon de Chasseurs alpins (BCA) à Annecy. Morel devient rapidement le second du lieutenant Yves Godard qui commande la Section d’Eclaireurs Skieurs (SES). En 1938, il devient le chef de la SES qu’il entraîne durement et continuellement.

Tom Morel

Dès la déclaration de guerre en 1939, le 27° BCA part dans les Vosges, mais la SES, à sa grande déception, reste dans les Alpes dans le secteur Tignes – Val d’Isère, où le lieutenant Morel poursuit l’entraînement. Le 10 juin 1940 l’Italie rejoint l’Allemagne dans la guerre. Le 12 sa section fait prisonniers des Alpini (1ère citation) et Morel est blessé au bras droit le 18. La SES est déplacée dans le secteur de de défense de Bourg-Saint-Maurice, où il stoppe des tentatives d’attaque (2ème citation et Légion d’Honneur).

Le 29 juillet les restes du 27° BCA rejoignent Annecy et passent sous les ordres du commandant Jean Vallette d’Osia, avec pour adjoint le capitaine Maurice Anjot. Pendant le temps d’existence de l’Armée d’Armistice, cet état-major met tout en oeuvre pour dissimuler le maximum de matériel, avec pour principal exécutant le lieutenant Morel, chargé du parc auto. En 1941-42 Morel est muté instructeur à l’Ecole Militaire Spéciale (Saint-Cyr) repliée sur Aix-en-Provence. Fin 1942 la zone libre est occupée et l’Armée d’Armistice démobilisée.

Cdt Vallette d’Osia

Sous une couverture civile, Morel rejoint Annecy au début de 1943 et entre sous le pseudonyme de « Tom » dans l’Armée Secréte (AS) en Haute-Savoie sous les ordres de Vallette d’Osia son ancien chef. Il cache son jeu pendant quelques mois en s’affiliant à la Légion Française des Combattants, mais le 8 septembre 1943 les allemands remplacent les italiens en Haute-Savoie. Vallette d’Osia est arrêté peu après et son homologue Romans-Petit chef de l’AS dans l’Ain prend en charge la Haute-Savoie. Morel passe alors dans la clandestinité et est nommé commandant opérationnel en décembre. Romans-Petit et Tom proposent le plateau des Glières comme lieu de parachutage de l’armement qui fait cruellement défaut aux « maquisards ». Rosenthal envoyé du BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action de la France Libre) décide d’y regrouper les maquis, afin de créer un « abcès de fixation », afin d’immobiliser des unités allemandes et de persuader les Alliés de la combativité de la Résistance. Romans-Petit s’y oppose jugeant l’action prématurée, car les résistants sont encore trop faibles et trop vulnérables pour être regroupés. Mais Romans-Petit doit retourner dans l’Ain et sera remplacé par le capitaine Humbert Clair « Navant » (ancien du 13°BCA) en Haute-Savoie. Le 30 janvier 1944 « Tom » donne aux différents maquis l’ordre de regroupement aux Glières.

Plateau des Glières

Les maquisards s’installent progressivement sur le plateau enneigé ; « Tom » infatigable parcourt à skis le plateau pour coordonner ses hommes. Les forces fidèles à Vichy se renforcent [Garde (ex-républicaine – gendarmes), GMR (Groupements Mobiles de Réserve -policiers) et Milice] ; le 12 février une première embuscade est tendue à la Garde à la montée de l’Essert à l’est des Glières. Tom Morel rencontre leur chef le commandant Raulet : les gendarmes paraissent peu enclins à lutter contre les clandestins. Le 20 février a lieu le première cérémonie aux couleurs sur le plateau. Des parachutages d’armement et de ravitaillement ont lieu les nuits des 13 et 15 février, 4 et 11 mars. Le 29 « Tom » rencontre le Cdt Lefèvre des GMR ; mais ceux-ci arrêtent le 1er mars le médecin auxiliaire Fournier. Après plusieurs tractations vaines, « Tom » fait investir le village d’Entremont dans la nuit du 9 au 10 mars pour obtenir la libération du jeune médecin : 60 hommes des GMR sont faits prisonniers, mais Morel est tué traitreusement par Lefèvre qui est aussitôt abattu. Le 13 mars dans une grande émotion Tom Morel est inhumé aux Glières devant ses hommes, en présence de ses parents venus de Lyon.

Le capitaine Anjot

Le capitaine Anjot est volontaire pour lui succéder. Mais dès le 22 mars la 157° division de réserve allemande prend position autour du plateau. L’assaut final a lieu le 26 mars: dans la soirée Anjot, estimant la résistance vaine, donne l’ordre de repli. C’est lors du repli que le gros des pertes sera à déplorer. La chasse à l’homme se poursuit pendant 5 jours ; Anjot est tué avec quelques autres sur un barrage. Au total 155 hommes tués au combat, 30 disparus, 160 prisonniers massacrés ou déportés, soit les 3/4 des effectifs de l’ »abcès de fixation » des Glières .

La devise de Tom Morel jeune chef charismatique était : « vivre libre ou mourir« . En novembre 1944, il est fait Compagnon de la Libération ; la décoration est remise à sa veuve par le Général De Gaulle lui-même. Madame Tom Morel est décédée récemment en novembre 2010.

Le nom de Tom Morel a été donné en 1989 à la 174° promotion de St-Cyr et en 1998 au nouveau quartier du 27° BCA à Cran-Gévrier dans la banlieue d’Annecy. Une place des pentes de la Croix-Rousse à Lyon porte également son nom. Un de ses petits-fils Yvan Morel a commandé le 27° BCA en 2019-2021

Article de 2010 Source : Patrick de Gmeline – TOM MOREL héros de Glières -Presses de la Cité 2008

Romans-Petit et les Maquis de L’Ain

ROMANS-PETIT (1897-1980) Âme de la Résistance dans l’Ain

L’AVIATEUR DE RESERVE

Fils d’un agent des chemins de fer, Henri Petit naît à Firminy (42) en 1897. Il s’engage à 18 ans en 1915 au 13° BCA pour la durée de la guerre. Nommé sergent, cité à l’ordre de l’armée et décoré de la Légion d’Honneur, il suit la formation des EOR à Saint-Cyr. Aspirant, il choisit l’aviation et rejoint l’escadrille de bombardement Br 127. Démobilisé, il est sous-lieutenant ; il reprend ses études (licence en droit), puis s’occupe de relations publiques. Il crée à Saint-Étienne l’agence de publicité Stefa. Il passe aussi un brevet de pilote civil et anime des clubs d’aviation de la Loire.

En 1939, capitaine de réserve, il commande les compagnies des bases aériennes de Cannes et de Nice. Après la défaite, il tente en vain de rallier l’Afrique du nord ou la Grande-Bretagne. Démobilisé en août 1940, il rejoint Saint-Étienne.

Les COMMENCEMENTS DE LA RESISTANCE

Romans-Petit

Romans-Petit y constitue avec le journaliste Jean Nocher un réseau de renseignement « Espoir » sous le pseudonyme de « Moulin ». En 1942, recherché, il entre dans la clandestinité et arrive dans le département de l’Ain et y prend contact avec d’autres clandestins qui commencent à s’organiser en décembre 1942. En mai 1943, il adopte le pseudonyme de « Romans » et crée une école de formation des cadres à la guérilla à la ferme de la Gorge près de Montgriffon. Les clandestins sont structurés en 3 groupements : à l’est le groupement Deschamps (« Ravignon »), au nord celui de Montréal-Perrotot, au sud celui de Girousse (« Chabot »). En septembre Romans établit des camps pour l’accueil des réfractaires et y promeut l’entraînement dans la discrétion la plus totale ; il détermine des zones de parachutage. Les capitaines Jean Rosenthal (BCRA) et Richard Heslop (SOE britannique) sont parachutés (9/09/1943) : de retour à Londres ils feront un rapport positif sur les maquis de l’Ain. Heslop revient avec une radio : le maquis reçoit des parachutages.

Le défilé d’Oyonnax

CHEF DE LA RESISTANCE DANS L’AIN

Sur proposition du chef régional de l’Armée Secrète (AS), Chambonnet, Romans est nommé en octobre, chef militaire de l’AS de l’Ain : il compte alors 2000 hommes sous ses ordres. Le 11 novembre, en présence de Romans-Petit le groupement Girousse effectue en public une prise d’armes et un défilé à Oyonnax, avec dépot de gerbe, minute de silence et Marseillaise. Londres est favorablement impressionné : De Gaulle félicite Romans-Petit, qui a créé une des unités les plus dynamiques de la Résistance.

La minute de silence à Oyonnax : Romans-Petit est le deuxième à droite

A la fin de 1943, Romans-Petit sur la demande de Chambonnet, doit prendre en charge la Haute-Savoie (10/1943-02/1944) en remplacement de Vallette d’Osia ; il confie le commandement opérationnel au lieutenant Tom Morel, mais très vite il s’oppose à Rosenthal, décidé à faire du plateau des Glières un « abcès de fixation », avec les conséquences que l’on sait, alors que pour Romans-Petit ce ne devait être qu’une simple zone de parachutage. En février 1944 il doit revenir dans son département, où ses maquis sont attaqués.

Le MAQUIS PASSE à L’ACTION

En effet, après le défilé d’Oyonnax et un sabotage au Creusot, le maquis subit la pression des GMR, puis de la 157° division de réserve allemande, qui tentent d’éliminer les maquis les 5-6 février1944 : les techniques de guérilla permettent le plus souvent de leur échapper tout en harcelant leurs arrières. Il a le soutien de la population civile qui subit le contre-coup des représailles. Après le plateau des Glières, la 157° Div. allemande attaque le centre Jura en avril 1944 : malgré quelques pertes, cette opération n’empêche pas la réussite au début du mois de juin de toute une série d’opérations et de sabotages à Châtillon sur Chalaronne et sur les gares et dépôts de chemin de fer à Bourg-en-Bresse, Bellegarde, Saint-Claude, Morez et surtout Ambérieu-en-Bugey, où le matériel détruit ou immobilisé est considérable. Une nouvelle opération est lancée sur le Bugey à partir du 10 au 20 juillet par la 157° Div. allemande, sans grand résultat, mais tout résistant capturé est fusillé. Ambérieu est libérée le 28 août.

Les COMBATS de la LIBERATION

Romans-Petit à la libération d’ Ambérieu

Le maquis de l’Ain va encore combattre au côté des américains. Après le débarquement en Provence le 15 août, un corps américain s’engage sur la route Napoléon, atteint Grenoble le 22 août et la plaine de l’Ain le 29 : son avant-garde est à Meximieux et la Valbonne à l’est de Lyon, où il est rallié par le sous-groupement du capitaine Colin (600 hommes). La 11° Panzerdivision allemande tente de retarder l’avance américaine pour couvrir le passage par Lyon des unités allemandes en retraite. La 11° PD emporte la Valbonne (31 août) puis attaque en vain Meximieux (1 – 2 septembre – bataille de Meximieux). Le 4 septembre Bourg-en-Bresse est libérée, le lendemain de Lyon.

APRES LA LIBERATION

Romans-Petit, chef incontesté des FFI de l’Ain, est injustement mis en cause à Lyon par le commissaire de la République à Lyon, Yves Farge et par le gouverneur militaire le colonel Descour. Rapidement mis hors de cause, Romans-Petit est appelé à Paris, où il est affecté à l’état-major des FFI auprès du général Koenig, en qualité de porte-parole. Le maquis de l’Ain formera la 5° demi-brigade dans la 27° DIA.

Après la guerre le colonel Romans-Petit reprend son métier de publicitaire. Il publie « les Obstinés » (1945), « l’appel de l’Aventure » (1947) et « Les Maquis de l’Ain » (1974). Grand officier de la Légion d’Honneur, compagnon de la Libération, Croix de Guerre (1914-18 et 1939-45), médaille de la Résistance, il décède en 1980 à Ceignes (01) et est enterré à Oyonnax.

Le 11 novembre 2013, une cérémonie commémorant le 70ème anniversaire du défilé des résistants a eu lieu à Oyonnax, en présence du Président de la République.

Article de 2011Dernière modification : 07/2018

Les Gouverneurs d’Albon

Les D’ALBON GOUVERNEURS du LYONNAIS

Les d’Albon sont une famille noble du Lyonnais, sans lien de parenté établi avec les d’Albon de la Drôme (devenus dauphins de Viennois, comtes de Forez et sires de Beaujeu).

Blason des d’Albon de St-André

Vers la fin du XIII° siècle, les d’Albon du Lyonnais s’établissent à Saint-Forgeux (69), dont ils deviennent seigneurs, puis marquis au XVII° siècle. Les cadets de la famille sont souvent abbés de Savigny, se succédant d’oncle en neveu.

Vers 1400 les d’Albon acquièrent le château de Saint-André (aujourd’hui St-André d’Apchon à l’ouest de Roanne), qui passe ensuite à une branche cadette. C’est de cette branche des d’Albon de Saint-André que sont issus deux gouverneurs du Lyonnais successifs au XVI° siècle.

JEAN D’ALBON de SAINT-ANDRE gouverneur du Lyonnais (1539-1549)

Jean d’Albon de St-André

Jean d’Albon, seigneur de Saint-André, né vers 1472, est un vassal du Duc de Bourbon. Sa carrière est d’abord militaire puis administrative. En 1502 le duc le nomme gouverneur du Roannais puis il devient bailli du Beaujolais et sénéchal de Mâcon. Il n’est pas compromis lors de la trahison du Connétable de Bourbon et garde ses charges en passant au service du Roi de France. En 1530 il devient gouverneur du jeune Henri, second fils du Roi, qui en 1536 devient dauphin par la mort de son frère aîné. En 1539 Jean d’Albon succède au Cardinal de Tournon comme gouverneur du Lyonnais, Beaujolais et Dombes. Le gouvernement de Lyonnais est supprimé en 1545, car devenu non frontalier par l’annexion de la Savoie, mais il est rétabli en 1547 à son avènement par Henri II qui y ajoute les anciennes possessions des Bourbons (Forez Auvergne Bourbonnais et Marche). Le temps de Jean d’Albon est une époque de prospérité lyonnaise : soierie, imprimerie… Mais aussi une période de fermentation des idées protestantes. Le Gouverneur fait poursuivre les travaux des fortifications sur la Croix-Rousse qui sont terminés vers 1550 et organise l’entrée solennelle d’Henri II et de Catherine de Médicis en octobre 1548. Jean d’Albon de Saint-André, qui meurt l’année suivante, apparaît comme : « un homme prudent, mesuré et sage, bon administrateur, un peu avare, au reste soldat de bon mérite ».

JACQUES D’ALBON de SAINT-ANDRE, maréchal de France, gouverneur du Lyonnais 1549-1562

Fils de Jean et de Charlotte de la Roche de Tournoel, né en 1512, sa carrière est celle d’un favori : il devient l’ami du futur Henri II. Mais Jacques d’Albon a aussi les qualités d’un chef de guerre : en 1544 il est à la bataille de Cérisoles. A son avènement en 1547 Henri II le fait Maréchal de France, puis à la mort de son père en 1549 gouverneur du Lyonnais et des provinces du centre, où il va exercer un pouvoir sans partage. Il participe aux guerres contre Charles-Quint : en 1552 il garde Verdun, il mène des opérations en Picardie et dans le Cambrésis (1555). En 1557 il est fait prisonnier lors de la défaite de Saint-Quentin, contre les espagnols conduits par Emmanuel-Philibert de Savoie. Il participe aux négociations du traité de Cateau-Cambrésis (1559). Le maréchal de Saint-André mène aussi une vie de luxe et de plaisirs et il a une « soif d’argent dévorante ». Ses services et son appui à la ville de Lyon sont monnayés officiellement et chacun y trouve son compte. Il fait terminer la construction d’une enceinte sur le flanc nord-ouest de la colline de Fourvière (boulevard de l’Ouest).
A la mort d’Henri II les querelles religieuses vont devenir prédominantes. Saint-André s’allie avec François de Guise et au connétable de Montmorency pour former un triumvirat catholique qui tient le jeune roi Charles IX et Paris et s’oppose aux Protestants menés par Condé. En 1562 c’est la première guerre de religion. Alors que en son absence la ville de Lyon est tombée aux mains des Protestants (avril), Saint-André porte la guerre dans l’ouest (Poitiers, Bourges), puis bat les troupes de Condé à la bataille de Dreux (12/1562), mais il y trouve la mort, victime de sa témérité, tué d’un coup de pistolet à la tête. Saint-André a été un grand capitaine, admirable à la guerre, détestable à la cour, qui laisse cependant le souvenir d’un grand gouverneur.

Mort du Maréchal de Saint-André

Pour pallier à son absence trop fréquente, le maréchal de Saint-André se fait suppléer à Lyon par des lieutenants-généraux. Le premier est Arthaud de Saint-Germain, puis Louis Adhémar de Monteil comte de Grignan (+1558).

Sceau d’Antoine d’Albon, archevêque de Lyon


On trouve ensuite Antoine d’Albon, de la branche d’Albon de Saint-Forgeux, homme d’église, Abbé de Savigny et de l’Île Barbe, lieutenant-général (1558-1561) ; il réprime une sédition protestante en 1560. Son successeur comme lieutenant-général est François d’Agoult comte de Sault plus conciliant, peut-être secrètement favorable aux Réformés.

Sa tolérance enhardit les protestants lyonnais qui prennent le contrôle de la ville, qui restera treize mois gouvernée par les Réformés. Après la reprise de la ville sur les protestants, le maréchal de Saint-André est remplacé au poste de gouverneur par le Duc de Nemours et Antoine d’Albon revient à Lyon comme Archevêque de 1564 à 1574,

250 ANS PLUS TARD

Par ailleurs un descendant des d’Albon de Saint-Forgeux, André d’Albon, sera maire de Lyon en 1812-1814, donnant son nom à une place du 1er arrondissement.

Source : B. Demotz & coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011 / A.Steyert – Nouvelle Histoire de Lyon & du Lyonnais – Bernoux & Cumin 1899

Article de 2012               

Gazette N° 100

GAZETTE DU PÔLE D’HISTOIRE MILITAIRE DE LYON ET DE SA REGION / JANVIER 2022

En ce mois de janvier 2022, la « Gazette du Musée » prend un nouveau départ avec la publication du numéro 100 sous forme numérique.

Elle est rebaptisée  « GAZETTE DU PÔLE D’HISTOIRE MILITAIRE DE LYON ET DE SA REGION » , car elle est commune à l‘Association du Patrimoine Militaire (le Musée) et à la Bibliothèque Militaire Humbert de Groslée.

GAZETTE DU PÔLE D’HISTOIRE MILITAIRE DE LYON ET DE SA REGION / JANVIER 2022

En ce mois de janvier 2022, la « Gazette du Musée » prend un nouveau départ avec la publication du numéro 100 sous forme numérique.

Elle est rebaptisée  « GAZETTE DU PÔLE D’HISTOIRE MILITAIRE DE LYON ET DE SA REGION » , car elle est commune à l‘Association du Patrimoine Militaire (le Musée) et à la Bibliothèque Militaire Humbert de Groslée.

Chaque trimestre seront présentés un « trésor » du Musée, une « pépite » de la Bibliothèque et un article de fond sur un sujet historico-militaire.

SOMMAIRE DU N° 100 / JANVIER 2022

  • Un « trésor du Musée » : uniforme de fusilier-marin du 1er RFM porté lors de la Libération de Lyon le 3 septembre 1944.
  • Un livre de la Bibliothèque: Lcl Pasteau – l’Artillerie au coeur de la Renaissance – Economica 2018. d’après les écrits d’époque de Bénédict de Vassalieu ingénieur lyonnais de l’artillerie sous Henri IV.
  • Article de fond : Les Aviateurs Polonais à Bron en 1940 par Christophe Chevassus
  • Ephéméride / la vie du Musée / le coin des Adhérents

Chaque trimestre seront présentés un « trésor » du Musée, une « pépite » de la Bibliothèque et un article de fond sur un sujet historico-militaire.

SOMMAIRE DU N° 100 / JANVIER 2022

  • Un « trésor du Musée » : uniforme de fusilier-marin du 1er RFM porté lors de la Libération de Lyon le 3 septembre 1944.
  • Un livre de la Bibliothèque: Lcl Pasteau – l’Artillerie au coeur de la Renaissance – Economica 2018. d’après les écrits d’époque de Bénédict de Vassalieu ingénieur lyonnais de l’artillerie sous Henri IV.
  • Article de fond : Les Aviateurs Polonais à Bron en 1940 par Christophe Chevassus
  • Ephéméride / la vie du Musée / le coin des Adhérents
L’en-tête de l’ancienne gazette

Le Maquis du Vercors

Le MAQUIS du VERCORS, le combat pour la liberté

Les débuts et le plan « Montagnards » 
Dès 1941, dans la région de Grenoble et du Vercors, se constituent des groupes de personnes, qui n’admettent pas la défaite et le régime de Vichy, dont un élu révoqué Eugène Chavant (« Clément »). Ce sont les premiers résistants.
A Sassenage l’architecte Pierre Dalloz et l’écrivain Jean Prévost ont l’idée en 1941 de l’utilisation militaire du Vercors. En effet ce massif forme une forteresse naturelle bordée de grandes falaises avec de vastes forêts, entourant un plateau en altitude : huit routes difficiles seulement permettent d’y accéder. Un plan militaire est élaboré en janvier 1943 : il propose de faire du Vercors une base de la France Libre, avec des pistes d’atterrissage de troupes aéroportées, pour passer à l’offensive et appuyer les forces alliées le moment venu. Il n’est pas question de s’y retrancher pour y mener une bataille défensive : c’est malheureusement ce qui va arriver…
En février 1943 Dalloz rencontre Yves Farge, avec qui il va rencontrer à Bourg-en-Bresse le général Delestraint chef de l’Armée Secrète auquel ils exposent leur plan, rebaptisé « Plan Montagnards ». Delestraint l’apporte à Londres, où le plan semble être accepté mais sera en fait mis de côté et oublié ; Delestraint vient lui-même en avril reconnaître le site.

Le plateau du Vercors

L’installation des maquis Entre temps en novembre 1942, les allemands ont envahi le sud de la France. L’armée d’Armistice est dissoute et Grenoble est occupée par les italiens. Un groupe de chasseurs du 6°BCA de Grenoble et un autre de cavaliers du 11° Cuirassiers de Lyon avec le Lt Geyer formeront en 1944 des noyaux de résistants du Vercors. Dès décembre 1942 une première implantation s’établit sur le plateau au camp d’Ambel ; les résistants sont 85 en février 1943. Leur nombre augmente rapidement par l’afflux de réfractaires au STO : en mai il y a 12 camps. A la suite d’une opération ratée, les italiens arrêtent un certain nombre de résistants. En juin 43 le capitaine Alain Le Ray est nommé chef militaire du Vercors, il s’associe avec Chavant qui devient le chef civil.

Les premiers affrontements 
En septembre 1943 les allemands remplacent les italiens à Grenoble. Le premier parachutage d’armes légères a lieu en novembre. En décembre, Le Ray contesté sur son commandement au cours d’une réunion à Lyon démissionne (il deviendra chef FFI de l’Isère). Descour chef militaire régional nomme à sa place le lieutenant Geyer « Thivollet ». En Janvier 1944 ont lieu les premiers affrontements avec les allemands aux Baraques, puis Malleval. En février un envoyé de Londres le colonel Fourcaud incite à transformer le Vercors en une forteresse : Chambonnet chef de la Résistance régionale y est opposé et prône la mobilité et la dispersion du maquis. Fin mars après une série d’accrochages tous malheureux pour le maquis, une consigne prescrit « l’état de défense dispersée ». Chavant chef civil du Vercors peut rejoindre Alger, où il plaide la cause du Vercors et demande l’envoi de troupes aéroportées. Descour nomme le Cdt Huet « Hervieux » à la place de Geyer comme chef militaire.

Parachutage

La mobilisation 
Au moment du débarquement en Normandie du 6 juin, la radio de Londres envoie des messages de mobilisation à tous les maquis. Chavant est de retour d’Alger : Lors d’une réunion Descour impose la mobilisation du Vercors, que ses interlocuteurs jugent prématurée. La mobilisation déclenche un afflux de volontaires qui montent sur le plateau : au total 3900 hommes. Du 13 au 15 juin de violentes attaques allemandes sur St-Nizier sont bloquées. Les semaines qui suivent voient s’installer un certain répit malgré les accrochages et les attaques aériennes. Le 3 juillet au cours d’une prise d’armes à St-Martin, la République est restaurée dans le Vercors. Des parachutages d’armes légères ont lieu, dont un le 14 juillet en plein jour sur le terrain de Vassieux préparé pour un atterrissage d’avions alliés, ce qui déclenche des attaques aériennes allemandes à partir du terrain de Chabeuil près de Valence.

Prise d’armes début juillet 1944

Le combat final 
Dans les jours qui suivent le massif est encerclé par la 157° Division de réserve allemande (Gal Pflaum) opération « Bettina ». L’attaque va commencer le 21 juillet. Les allemands montent une opération aéroportée par planeurs atterrissant sur et autour du terrain de Vassieux préparé pour les alliés. L’opération a lieu en 2 vagues: la première vague part de Bron et dépose 200 parachutistes et soldats de l’est. La deuxième vague a lieu 2 jours plus tard à cause d’une mauvaise météo et décolle de Chabeuil. Les contingents déposés passent à l’attaque et occupent le village et les hameaux, tandis que l’infanterie allemande envahit le plateau par St-Nizier et par les crêtes de l’est. Malgré une résistance acharnée (Valchavrière) les maquisards sont débordés et le Cdt Huet ordonne le 23 à 16h la dispersion des maquisards.

En l’absence d’armes lourdes le Vercors ne pouvait pas tenir. Les allemands se sont rendus coupables de crimes de guerre : massacres de civils à Vassieux, exécution d’otages à la Chapelle-en-Vercors et massacres de blessés à la grotte de la Luire. 639 résistants ont été tués et 201 civils massacrés ou fusillés.

La Chapelle-en-Vercors après les combats

Huet et Bousquet à droite

La libération de Grenoble 
Après le débarquement en Provence le 15 août, les maquisards descendent du Vercors ; Huet et son adjoint le Cdt Bousquet « Chabert » installent leur PC dans la vallée. La 36° DI américaine se dirige vers Grenoble par la route Napoléon. Le 21 août au soir les derniers allemands évacuent Grenoble et le lendemain les résistants entrent en ville, rejoints par les premiers américains. Grâce à l’action des résistants, Grenoble est libérée 7 jours après le débarquement, alors que les plans en prévoyaient 90.

Bousquet va former un groupement de résistants dans la zone de Chambaran -Tullins. Le 24/08 il vient s’établir à Bourgoin libérée. Le groupement « Chabert » va ensuite avancer dans la plaine de l’Isère, puis le 2 septembre marchera sur Lyon, où il sera le premier à arriver.

La nécropole de St-Nizier-de-Moucherotte

Le Musée expose un exceptionnel traineau en bois utilisé par le maquis du Vercors pour trainer sur la neige ravitaillement et armement.

Le traineau du Vercors

Sources : Paul Dreyfus – Vercors citadelle de la liberté – Arthaud 1969 / Henri Amoretti – Lyon capitale 1940-1944 – France-Empire 1964

Article de 2013 dernière modification 11//2023

La Révolte des Canuts de 1834

La RÉVOLTE des CANUTS de LYON en 1834 

Depuis la révolte de 1831, les conditions de vie des ouvriers de la « Fabrique » lyonnaise n’ont pas changé, mais beaucoup rêvent d’une vie meilleure et le « mutuellisme » se développe. En février 1834 suite à un litige, les mutuellistes votent la grève et le 14 février 25000 métiers arrêtent de battre : la grève dure 8 jours. En mars le député-maire de Lyon Prunelle vote à l’Assemblée l’interdiction des associations revendicatives ouvrières.

Le déclenchement du mouvement
Des ouvriers accusés de « coalition » et d’avoir déclenché la grève de février doivent être jugés le 5 avril. Place St-Jean, au palais de justice, l’audience est houleuse et doit être reportée au 9 avril. Un détachement du 7° léger fraternise avec la foule.

Le Général Aymard

Le commandant militaire à Lyon est depuis octobre 1832 le lieutenant-général Aymard ; à l’inverse de 1831, il dispose de beaucoup de troupes. ce sont les 6°, 21°, 27° et 28° régiments de ligne, le 7° léger, le 7°dragons et le 13° d’artillerie, qu’il place selon 3 lignes est-ouest :
- 1 au niveau de Bellecour,
- 2 du pont la Feuillée aux Brotteaux
- 3 de Vaise à St-Clair par les remparts de la Croix-Rousse ; de plus les ponts sont fermement tenus. Ce dispositif est en place au matin du 9 avril.
L’audience reprend place St-Jean occupée par une foule nombreuse. Dans un mouvement de foule un agent de police est tué d’un coup de feu ; les chasseurs du 7° léger tirent sur la foule. Des barricades s’élèvent dans les rues adjacentes.

En rouge les zones des insurgés, en bleu celles de la troupe

La rébellion s’installe
L’insurrection se propage dans la ville comme une traînée de poudre. Les manifestants manquent de peu la prise de la préfecture place des Jacobins. La troupe dégage le passage de l’Argue au canon à mitraille et fait sauter une maison place de l’Hôpital. L’émeute s’étend aux autres quartiers, en particulier à la Croix-Rousse et aux pentes. La troupe de la caserne des Bernardines affronte les révoltés du plateau, tandis que dans les pentes les émeutiers enlèvent la caserne du Bon Pasteur.

Caserne du Bon Pasteur

Le 10 avril les insurgés tiennent plusieurs secteurs séparés par les forces armées : la rive droite de la Saône, le centre-ville avec la place des Cordeliers, les pentes de la Croix-Rousse et le faubourg de la Croix-Rousse. L’insurrection s’étend à St-Just où elle s’empare du télégraphe et surtout à la Guillotière, qui se hérisse de barricades. Les rues y sont déblayées au canon, ce qui provoque un incendie qui détruit plusieurs maisons anciennes. le général Aymard fait brûler le pont de bois de la quarantaine sur la Saône pour empêcher les émeutiers de St-Georges de passer sur l’autre rive vers l’arsenal. Les combats sont acharnés près de la place Sathonay d’où un détachement du 28° de ligne est délogé et son colonel tué.

Les évènements de Lyon – Imagerie de Nancy


Le 11 avril les émeutiers s’emparent du fort St-Irénée avec 2 canons ; les canons de la place Bellecour ripostent. Les insurgés échouent dans une tentative sur l’hôtel de ville. Le préfet Gasparin appelle au cessez-le-feu sans résultat. À la Croix-Rousse l’insurrection s’affiche ouvertement républicaine.

La répression

Le préfet Gasparin

Le 12 avril Le préfet et le général passent à l’offensive. Attaquée par 3 colonnes, la Guillotière est investie ; le quartier en sort sinistré. C’est ensuite le tour de Vaise bombardée par les canons du fort St-Jean, puis encerclé et investie par la troupe qui ne fait pas de quartier : 16 personnes sont massacrées dans une maison. Vers 5 heures du soir c’est une attaque convergente sur le quartier des Cordeliers : une douzaine d’ouvriers sont massacrés dans l’église St-Bonaventure. C’est enfin le vieux Lyon bombardé depuis la terrasse des Chartreux.
Le 13 avril un mouvement de troupe convergent reprend les quartiers de St-Just et Fourvière, mais les tentatives sur la Croix-Rousse sont repoussées.

Image populaire des combats

Au matin du 14 avril toute résistance a cessé sur la rive droite de la Saône. La Croix-Rousse est à nouveau attaquée et résiste pied à pied. Les insurgés comprennent dans la soirée qu’il est inutile de poursuivre la lutte et le maire de la Croix-Rousse Puyroche demande le cessez-le-feu au général Rohault de Fleury qui commande le secteur.
Le 15 avril la troupe investit tout le quartier sans résistance et démolit les barricades.

Le bilan de la révolte
La révolte de 1834 est nettement plus politisée que celle de 1831. Un millier d’ouvriers ont tenu tête à une garnison 10 fois plus nombreuse. Les insurgés ont manqué d’armes, ils n’ont pas eu de commandement unique et les zones tenues étaient isolées les unes des autres par un cordon de troupes. La partie était donc jouée d’avance. Les pertes humaines sont évaluées à 129 militaires tués et 194 blessés ; 192 tués parmi les civils.

Epilogue
Plus de 500 arrestations ont eu lieu ; en mars 1835, 52 lyonnais sont transférés à Paris et détenus à la Conciergerie. En mai 1835 s’ouvre un « procès monstre » qui aboutit à à de sévères condamnations. Les condamnés seront amnistiés en mai 1837 à l’occasion du mariage du duc d’Orléans.

TABLEAU EN SOIE -Le DUC D’AUMALE VISITE LA SOIERIE LYONNAISE
Suite à la révolte des canuts de 1834, le roi Louis-Philippe avait fait une commande d’état pour relancer l’activité de la « fabrique » et donner de l’oxygène aux chefs d’atelier lyonnais. En août 1841 le duc d’Aumale, cinquième fils du roi, vient visiter à Lyon un atelier de tissage. Le Musée a pu acquérir un superbe dessin de soierie monté en tableau qui illustre cette visite.


Dans le décor d’un atelier avec le métier à tisser, sur lequel travaille un compagnon, les représentants de la chambre de commerce et des prudhommes présentent au duc une composition de soierie représentant Jacquard, alors que le chef d’atelier se tient modestement en retrait sur la droite derrière sa femme. À gauche on reconnait le duc, le maire de la Croix-Rousse Joseph Cabias, le préfet Jaÿr et le commandant militaire de Lyon le général Aymard (au second plan de face).


Article de 2014 – Dernière modification 11/2024
Source : Fernand Rude – Les révoltes des canuts 1831-1834 – Maspéro 1982

Editorial du Président

EDITORIAL DE LA GAZETTE N° 100 JANVIER 2022

C’est un véritable plaisir pour moi d’introduire cette première édition de la gazette du « Pôle de l’Histoire Militaire de Lyon et de sa région » qui constitue un élément de rayonnement de deux entités : l’Association du Musée du Patrimoine Militaire de Lyon et de sa région et la Bibliothèque Militaire Humbert de Groslée.

Nous renouons ainsi avec la tradition, interrompue ces dernières années, de la parution d’une Gazette du Musée d’Histoire Militaire de Lyon en l’inscrivant dans le cadre moderne et prometteur de la future « Maison de l’Armée » qui regroupera ces deux entités, physiquement, sur le futur site rénové du Cercle Bellecour. Il s’agit d’une part de créer une synergie entre la Bibliothèque et le Musée et d’autre part d’ouvrir plus largement ces deux organismes aux visiteurs, aux étudiants et aux chercheurs.

Bibliothèque Humbert de Groslée

Ces deux années écoulées ont vu le fonctionnement en pointillé du musée et de la bibliothèque en raison des différentes contraintes liées à la pandémie de la COVID 19. Depuis le 9 septembre 2021, ces deux organismes ont réouvert leurs portes et de nombreuses classes de collèges, des blessés de l’armée de Terre, des membres d’associations et des ressortissants du ministère des armées ont pu visiter nos salles d’exposition.
Grâce à la notoriété de notre musée, sur la place de Lyon, nous avons pu également enrichir nos collections par des dons de particuliers qui souhaitent que les traces du passé glorieux d’un membre de leur famille ne tombent pas dans l’oubli. Nous avons également poursuivi nos actions visant à renforcer nos liens avec la Mairie de Lyon, les Archives Municipales, départementales et le CHRD.


Au-delà de la parution, trimestrielle, de ce nouveau moyen de rayonnement et d’information, plusieurs projets existent pour l’année à venir. Il s’agit tout d’abord de rendre plus visible notre musée en allant vers les usagers du cercle Bellecour, par des moyens audio-visuels et l’exposition de pièces emblématiques, pour que chacun puisse prendre conscience de sa richesse.
Il s’agit ensuite de nous rapprocher des étudiants qui potentiellement disposent, grâce à notre Centre de Documentation et au fonds de la bibliothèque, d’un outil précieux dans le cadre de leurs études. Il s’agit aussi de notre participation au projet mémoriel de l’USEP intitulé « Chemins de la Mémoire » en organisant des visites, tout au long de l’année, pour des classes de CM2 avec une journée de clôture le 13 mai au quartier général Frère.
Il s’agit enfin, de la reprise de nos conférences et de la réalisation d’une exposition sur les «Opérations Extérieures » en liens avec l’ONAC-VG et la FNAME.
En ce mois de janvier, période de vœux, il me reste à vous souhaiter au nom de tous les adhérents de nos deux entités une très belle année 2022.

Général PERALDI, président de l’Association du Musée

La Révolte des Canuts de 1831

La RÉVOLTE des CANUTS à LYON en NOVEMBRE 1831 

Il y a 180 ans en 1831 à Lyon, les ouvriers en soie (plus tard appelés les « canuts ») comptent 30000 compagnons, 8000 chefs d’atelier travaillant à domicile et 750 « fabricants » qui sont les donneurs d’ordre recevant les commandes. Cette industrie est très dépendante des contraintes économiques et la « fabrique » fonctionne par à-coups. S’il n’y a pas assez de commandes, les métiers chôment et les ouvriers qui ne sont plus payés sont très vite dans la misère…
Ils commencent à s’organiser (« Volontaires du Rhône » de Lacombe…) en vue d’obtenir du patronat une augmentation du tarif des façons et les autorités s’inquiètent.

La préfecture place des Jacobins

Le général Comte Roguet est alors le commandant militaire de Lyon et de la 7ème Division Militaire. Les forces dont il dispose à Lyon sont réduites : 3 bataillons du 66° de ligne peu sûr, un bataillon du 13° de ligne, du 12° Dragons et de 2 compagnies du Génie. La Garde Nationale formée par les citoyens compte 10000 hommes mal encadrés, peu instruits et surtout divisée entre bourgeois et ouvriers.
Roguet inquiet se montre favorable à l’établissement d’un tarif pour les ouvriers en soie. Une réunion entre chefs d’atelier et fabricants en présence du préfet Bouvier du Molard a lieu à la préfecture (place des Jacobins) le 25 octobre 1831. Un tarif est adopté à la satisfaction générale. C’est ce que relate le premier numéro d’un journal ouvrier « l’Echo de la Fabrique » du 30 octobre 1831.

L’Echo de la Fabrique n° 1

L’enthousiasme va vite retomber : les fabricants jouent de leur influence auprès du ministre du commerce, qui rappelle à l’ordre le préfet, qui se rétracte le 1er novembre et le tarif n’est pas appliqué. Dès lors la colère va aller grandissante, avec appels à la révolte, surtout à la Croix-Rousse, qui était une commune indépendante séparée de Lyon par les fortifications. Un chef est choisi : Buisson.

Le lundi 21 novembre c’est la grève ; à la porte de la Croix-Rousse un peloton de gardes nationaux est désarmé par les ouvriers, qui descendent ensuite par la Grand’Côte pour demander l’application du tarif : ils se heurtent à la Garde Nationale et une fusillade éclate. Les ouvriers se replient sur la colline et dressent des barricades. Sur l’une d’elles est dressé un drapeau noir avec la devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Les autorités (le préfet et le général Roguet) contre-attaquent en faisant monter deux colonnes de soldats et gardes nationaux. La première par la montée Saint-Sébastien emporte une barricade au niveau de la caserne des Collinettes, la 2ème par la Grand’côte conduite par le préfet et le général Ordonneau chef de la Garde Nationale parvient à la Croix-Rousse : les autorités sont retenues quelques heures en otages. Le maire de la Croix-Rousse obtient un retour au calme très précaire.

Affrontement à la barrière de la Croix-Rousse

Le lendemain 22 novembre des centaines d’ouvriers de la Guillotière et des Brotteaux montent prêter main-forte à ceux de la Croix-Rousse. L’affrontement reprend et se généralise, des barricades s’élèvent partout, 2 compagnies du 13° de ligne encerclées doivent capituler. 5 à 600 hommes du 66° sont désarmés par 50 hommes à la caserne des Colinettes (Villemanzy). Les révoltés sont pourvus d’armes prises à la Garde Nationale et aux soldats. L’offensive gagne la rive gauche du Rhône ; les ponts sont pris, l’octroi du pont Lafayette est incendié. D’autres groupes conduits par Lacombe venus par Vaise et le Vieux-Lyon investissent la place des Cordeliers et la place des Célestins, puis l’Hôtel de Ville. Les soldats sont repoussés de la Croix-Rousse ; ils manquent de munitions et refusent de se battre. Dans la nuit le Général Roguet se replie avec ses troupes par le quai Saint-Clair à Rillieux, laissant derrière lui environ 900 déserteurs.

Le 23 novembre les canuts sont maîtres de la ville. Lacombe occupe l’Hôtel de Ville avec une commission hétéroclite, qui tente de s’organiser et rédige un appel aux Lyonnais. Le préfet entre en contact avec lui pour tenter de rétablir l’ordre. Lacombe renonce. Des éléments étrangers à la « Fabrique » occupent l’Hôtel de Ville.

Appel aux lyonnais de la Commission des Ouvriers

Le 24 novembre Buisson à la tête d’un groupe d’ouvriers reprend le contrôle l’Hôtel de Ville et forme un nouvel état-major provisoire, accepté par l’adjoint au maire et le préfet, qui promettent la révision du tarif. Dès lors s’amorce le retour à la normale. L’état-major reste en place jusqu’au 29, jour où il donne sa démission au préfet. La Garde Nationale est dissoute et les armes en partie récupérées.

Pendant ce temps des troupes convergent vers la ville, commandées par le Duc d’Orléans, héritier du trône, et le maréchal Soult. L’avant-garde sous les ordres du futur maréchal de Castellane occupe Saint-Just le 1er décembre. Le lendemain un conseil de guerre se tient au château de la Duchère. Les troupes (18000 hommes) investissent Lyon sans résistance le 3 décembre. Des prises d’armes ont lieu place Bellecour les jours suivants. Le préfet Bouvier du Molard est destitué, remplacé par Gasparin ; le Général Roguet également remplacé par le général baron Hulot. Le 66° de ligne part pour l’Algérie. La récupération des armes est lente. Le nombre des victimes des 21 et 22 novembre est estimé à 600, dont plus de 100 morts militaires et 69 civils. Le Roi Louis-Philippe préconise d’être « sage sans faiblesse et ferme sans violence » (il n’y aura pas d’exécutions) et passe une commande de 640000 F de tissus d’ameublement…

Pendant près de 10 jours, la 2ème ville de France a échappé au contrôle de l’état… Ces événements de Lyon ont eu un grand retentissement en France et en Europe. Alors bien avant Marx, des analystes comprennent que c’est une première révolte sociale et que la société industrielle et commerciale qui monte en puissance entraîne la croissance d’une population prolétaire, qui en retour la menace…

Article de 2011 – Dernière modification 02/2016
Source : Fernand Rude – Les révoltes des canuts 1831-1834 – F. Maspéro 1982

Le 28° RT

Le 28° RÉGIMENT de TRANSMISSIONS D’ISSOIRE

FILIATION
Le 28° Régiment de Transmissions (28°RT) est l’héritier du 28°Bataillon de Génie (28°BG) créé à Belfort en 1914. Celui-ci assure glorieusement les travaux du Génie pendant toute la Grande Guerre, avec des compagnies envoyées en Orient ou sur le front italien. Il est dissous en 1919.

Insigne du 28° RG

Dix ans plus tard en 1929 est créé à Montpellier un 28° Régiment du Génie (28°RG) de la spécialité « Sapeurs-télégraphistes ». Pendant 10 ans il participe aux manœuvres et établit des lignes de communication dans le secteur fortifié des Alpes.
À la mobilisation en 1939, selon les plans établis, le 28°RG est dissous. Il devient à Montpellier un Centre Mobilisateur (CM28) qui met en route 17 compagnies de télégraphistes et 19 compagnies radio affectées dans les unités combattantes. En mai -juin 1940 les compagnies du Génie engagées avec la 28° DI se battent héroïquement sur l’Ailette ; elles sont dissoutes après l’armistice.

1931 Sergents du 28° RG

CRÉATION de L’ARME des TRANSMISSIONS
L’Armée d’Armistice compte huit groupes de transissions – un par division. Le Gouvernement de Vichy décide au 1er juin 1942 la création d’une Arme des Transmissions indépendante de l’arme du Génie. Elle est balayée par l’invasion allemande et la dissolution de l’armée d’Armistice en novembre 1942 et de nombreux transmetteurs rejoignent la Résistance.

NAISSANCE et RENAISSANCE du 28ème RT
Après la Libération, début 1945 il est mis en place des Centres d’Organisation et d’Instruction des Transmissions (COIT), dont le COIT 617 à Toulouse, rebaptisé en novembre 28° régiment de Transmissions (28°RT). Celui-ci instruit les recrues et met sur pied des compagnies et bataillons de transmissions envoyés en renfort en Indochine. En mai 1946 le 28 est transféré à Montpellier à la caserne Joffre avec un groupe d’instruction à Sète. En avril 1947 le régiment est réduit en bataillon (28°BT), éclaté entre Montpellier, Sète, Marseille et Nice. Il contribue toujours à l’expédition de détachements en Extrême-Orient, avant d’être dissous en mars 1951.

Le drapeau du 28 à Saïgon

En 1953 le drapeau du 28 est attribué aux unités des Transmissions en Indochine. Leur conduite exemplaire justifiera la mention sur l’emblème « Indochine 1953-1956 »

L’organisation des Transmissions est variable : La Direction de l’Arme dissoute en 1948 est recréée en 1953. La fin de la guerre d’Algérie voit une modernisation des équipements et pour les Transmissions l’augmentation des effectifs. Sont créés l’École annexe des Transmissions à Agen et l’École d’enseignement technique à Issoire et 4 nouveaux régiments, dont un nouveau 28ème.

Le drapeau du 28 à Nice 1965

Le 28e RIT
Le 28e Régiment d’Instruction des Transmissions est créé au 1er juillet 1965 à Nice, caserne Auvare. Il regroupe des organismes dissous et est bien équipé en moyens de formation des recrues. Il forme 5750 recrues et 600 EOR pendant les 4 ans de son existence, car en octobre 1969 le 28 est à nouveau dissous…

Le 28e RT À ORLÉANS
Il faut attendre le 1er juillet 1979 pour que revive le 28e RT recréé à Orléans, quartier de Sonis. Il est rattaché au 3° corps d’Armée (3° CA) et participe à une première opération extérieure (Opex) l’Opération Manta au Tchad (1983/84). Neuf chefs de corps se succéderont à Orléans au 28, qui en 1984 devient le régiment de transmissions de la Force d’Action Rapide (FAR). En 1985 il est doté du système RITA.

Insigne du 28° RT

Au début des années 1990, il est professionnalisé à plus de 60%. Les Opex vont se multiplier : opération Daguet en Irak (1991), opération Oryx en Somalie (1992), APRONUC au Cambodge (1992), FORPRONU à Zagreb (1992-93) Sarajevo (1993-95), opération Salamandre à Mostar (1996-99), opération Alba en Albanie 1997, Trident au Kosovo (1999-2000).

Le 28° RT À ISSOIRE
En 1998 très engagé dans les Balkans, le régiment doit déménager d’Orléans à Issoire (63), où il reprend le quartier de Bange libre après la dissolution de l’École technique des Sous-officiers. Le 28 est alors intégré à la brigade de transmissions de la Force d’Action Terrestre. Il comprend 7 unités élémentaires : une compagnie de commandement et logistique (CCL), 5 compagnies d’emploi et une compagnie d’instruction. En 1999 une compagnie participe à l’opération Trident au Kosovo (1999-2004) ; cette année là des personnels du 28 sont présents dans 15 pays et 5 DOM-TOM. 
En 2000 le 28 est complètement professionnalisé ; il compte en plus une compagnie de réserve. Il va encore augmenter ses effectifs en reprenant 3 compagnies d’infrastructure du 45° RT de Montélimar qui est dissous. Ces compagnies (6,8,9) sont basées à Lyon, Marseille et Draguignan.
Les Opex se succèdent : opération Licorne en Côte d’Ivoire, Pamir en Afghanistan, Carbet en Haïti…


Dans l’organisation de l’Armée de Terre 2006, le 28° fait partie de la BTAC (Brigade de Transmissions et d’Appui au commandement) dont l’état-major est à Lunéville (54).
En 2009 est créée une 7° compagnie formée de personnels venant du 41°RT de Senlis dissous et les compagnies 6 et 8 sont rattachées à la DIRISI de Lyon. Le régiment compte alors 8 compagnies, toutes regroupées à Issoire.

11 novembre 2006 à Issoire

D’autres OPEX suivent : Tchad 2009, Afghanistan 2011. En 2015 Issoire est rattachée à la base de défense de Clermont-Ferrand.

Dans le schéma 2016 de réorganisation de l’armée « Au Contact » le 28° RT devient l’un des 5 régiments du Com-SIC (Commandement des Systèmes d’Information et de Communication) dont l’état-major est à Cesson-Sévigné (35). L’unité doit armer les groupements de transmissions (GTRS) et intégrer des modules SIC interarmées en opération. Les personnels sont sollicités par l’opération Sentinelle dans les villes de France. En 2022 opération « Barkhane » au Sahel.

le quartier de Bange à Issoire

Malgré les réorganisations continuelles, les transmetteurs du 28 ont mis en œuvre des matériels en évolution constante, de plus en plus sophistiqués et performants, passant de la télégraphie à la radio, puis aux communications électroniques. À la fois techniciens et soldats, les hommes portent fièrement la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 14-18 en souvenir du 28°BG.

Article de 2018dernière modification 06/2023Source : Pierre Dufour – 28, de la télégraphie aux communications du XXI° siècle – Lavauzelle 2001

Le Régiment de Lyonnais

Le RÉGIMENT de LYONNAIS 1616-1791

Ce régiment est associé à la famille de Neuville de Villeroy : ses membres en sont « mestres de camp » ou colonels, avant de devenir gouverneurs du Lyonnais au XVII° et XVIII° siècles.

NAISSANCE du RÉGIMENT 1616-1635 
En 1616 Nicolas de Villeroy, fils de Charles d’Alincourt gouverneur du Lyonnais, reçoit commission pour former un régiment d’infanterie (10 compagnies de 100 hommes). Le Régiment de Villeroy fait campagne au Piémont (1616-17), contre les protestants dans le sud-ouest (1621-22) et à nouveau au Piémont (1624-26). Entre les campagnes le régiment est réformé et la plupart des hommes renvoyés chez eux. En 1629, il est rétabli pour la guerre de succession du Monferrat. Assiégé en Italie l’année suivante, il capitule prématurément et est mis à l’entraînement à Pignerol. Nicolas de Villeroy cède le commandement à son frère cadet François d’Alincourt, qui participe aux campagnes en Vivarais (1632), en Lorraine (1634) et au Palatinat (1635). Le régiment prend alors le nom de Régiment de Lyonnais (RL), parce que le recrutement et les frais sont assurés par ce gouvernement.

Le recrutement d’un régiment

Le RÉGIMENT de LYONNAIS 1635-1659 
C’est le temps de la guerre contre les Habsbourg (Empire et Espagne). Les effectifs sont portés à 2000 hommes (1/3 mousquetaires 2/3 piquiers). En Piémont le RL se distingue à Buffalora (1636), défend Verceil d’où il sort avec les honneurs (1638). En 1639 François d’Alincourt est tué dans une bataille de rues à Turin. Nicolas reprend le commandement du RL, qui charge victorieusement sous Turenne à Rotta di Chieri.
Renforcé à 3000 hommes le RL part pour la Catalogne en révolte contre Madrid. Il se bat bien et en sort avec les honneurs, réduit à 439 hommes valides.
De nouveau en Italie (1646-1659), le RL est assiégé à Porto Longone (île d’Elbe) et en sort à nouveau avec les honneurs (1650). Il se distingue encore en Piémont à Borghetto (1650) et au siège de Mortara (1658).

Maniement du mousquet

Emblème du Régiment

Le TEMPS des RÉFORMES (1664-1670) 
Après la paix des Pyrénées (1659) les effectifs du RL sont réduits, mais il passe à 26 compagnies, quand Nicolas de Villeroy le cède à son fils François (1664-1683). Le RL est alors le 17ème dans la listé de préséance des régiments. Louvois modifie l’armement : les fantassins sont dotés de fusils et de baïonnettes, hormis les caporaux qui conservent la pertuisane et 4 soldats d’élite par compagnie dotés de grenades. Le drapeau est divisé en 4 cantons par une croix blanche avec 2 cantons noirs et 2 bleus. L’uniforme est en drap gris doublé de rouge, avec galons d’or pour les officiers, d’argent pour les sergents ; les pertuisaniers et les tambours ont une tenue verte.
Vers 1670 à la demande des lyonnais, est détachée une Compagnie Franche chargée de la garde des portes de la ville, qui sera logée dans une caserne construite pour elle à la Guillotière vers 1773.

Le RL dans les GUERRES de LOUIS XIV :
Le RL est de toutes les guerres et campagnes qui vont se succéder à un tel rythme que l’on ne peut les détailler.
- guerre de Dévolution (1667-68) : campagne de Flandre, de Franche-Comté, prise de Dôle. Retour ligne manuel
- guerre de Hollande (1672-78) : passage du Rhin, campagnes en Allemagne, Franche-Comté, Flandre, bataille de Cassel. Pendant la paix le RL participe à des travaux de fortification comme à Sélestat. Le régiment passe en 1683 à Louis-Nicolas de Villeroy fils de François, devenu gouverneur de Lyon.
- guerre de la Ligue d’Augsburg (1688-1697): le RL est de la campagne du Palatinat, en garnison à Trèves (1690), à la prise de Namur (1692), aux batailles de Steinkerke (1692) Neerwinden (1693).

1697 congé pour un Invalide


- Guerre de Succession d’Espagne (1701-1713) : le RL est engagé sous le duc de Vendôme en Italie (1702-1706 défaite de Turin), puis en Provence. C’est une période noire pour le RL : effectif insuffisant, ravitaillement réduit, solde non payée… En 1709 il est dans les Alpes sous Berwick et en 1712 sous Villars à la bataille de Denain qui sauve la France. En 1714 Louis-Nicolas cède le RL à son fils François-Louis de Villeroy. Le nombre de régiments est réduit et le RL est renforcé de soldats des régiments Mornac et Charolais.

Uniforme 1720-1734

Le RÉGIMENT de LYONNAIS sous LOUIS XV et LOUIS XVI :
Pendant une longue période de paix, le RL passe d’une garnison à l’autre, dont Lyon et Montbrison (1725-26). Le marquis de Beaupréau devient le colonel (1734-1745). En 1734 nouvel informe : habit, culotte blancs, collet et parements rouges. Les compagnies sont regroupées en 2 ou 3 bataillons selon les époques.
- Guerre de succession d’Autriche (1740-1748), il est engagé en Allemagne, puis au Piémont. Le RL est reconstitué à 4 bataillons et 2900 hommes, réduits à 1050 en temps de paix. Le comte de Lannion (1745-1749) passe la main à Gabriel-François de Villeroy (1749-1762).


- guerre de Sept Ans (1756-1763) : le RL se rend lors de la capitulation de Minden, mais se distingue dans une bataille sur la Fulda, dans une guerre désastreuse pour la France.
Le marquis de Bouzols en devient le colonel (1763-1782). En 1774 il est dédoublé : les 1er et 3ème bataillons continuent le RL qui connaît à nouveau diverses garnisons, dont Toulon (1778) où il fournit des troupes embarquées dans les vaisseaux partant pour la guerre en Amérique. Le RL participe à la prise de l’île de Minorque sur les anglais (1782), mais échoue au siège de Gibraltar.
Rentré en France, il a comme colonels le comte de Tillères (1782-1788) et le comte Philippe de Montesquiou-Fézensac (1788-1792) ; il est en garnison dans le sud et en 1788 à Aix et Marseille.

1788 Congé Militaire

DU RÉGIMENT de LYONNAIS au 27° RI 
Pendant les 2 premières années de la Révolution le bataillon d’Aix garde sa discipline, mais après les troubles de décembre 1790, le bataillon quitte la ville pour Tarascon, où le régiment est réuni. Le 1er janvier 1791, le RL devient le 27ème Régiment de Ligne et part pour l’Armée du Rhin. Montesquiou le commande jusqu’en février 1792, il conduira ensuite l’armée d’occupation de la Savoie en septembre 1792.

Le 1er janvier 1795 est opérée une scission des régiments et un amalgame avec les bataillons de volontaires : le 1er bataillon du 27° forme la 53° demi-brigade avec 2 bat. du Haut-Rhin et de la Moselle. Le 2ème bataillon forme la 54° demi-brigade avec 2 bat. du Puy-de-Dôme et de l’Eure. Un « 2ème amalgame » en 1796 mélangera à nouveau les unités : une 27° demi-brigade nouvelle deviendra par la suite le 27°Régiment de Ligne puis Régiment d’Infanterie.

Insigne du 27° RI

Le 27° RI est à Lyon en 1834 au moment de la révolte des canuts, puis en 1870 -1874. En 1889, il est à Dijon, où il va demeurer jusqu’à sa dissolution (vers 1980).

Le 27° RI, devenu régiment de Dijon, se considère par tradition comme l’héritier du régiment de Lyonnais : son insigne reprend les couleurs du RL, le lion et la date de 1616.

Article de 2014 Sources : général Susane – Histoire de l’infanterie française tome 3 – J.Dumaine 1876 / Cdt Carnot – le Régiment de Lyonnais – Pierre Masson – Lyon 1929