Les Nemours Gouverneurs de Lyon

Les DUCS de NEMOURS, GOUVERNEURS du LYONNAIS pendant les GUERRES de RELIGION  

Au XVI° siècle, les « Nemours » sont une branche cadette de la maison de Savoie, branche qui commence avec Philippe de Savoie (+1533), frère cadet du duc de Savoie Charles II, qui lui concède en apanage le comté de Genève (Annecy) et le Faucigny. Mais il est aussi demi-frère de Louise de Savoie, mère de François Ier et le Roi lui confère en 1528 le Duché de Nemours. Son fils et son petit-fils seront gouverneurs du Lyonnais pendant les guerres de Religion avec des choix politiques diamétralement opposés.

JACQUES de NEMOURS, gouverneur après l’épisode protestant (1563-1571) 

Blason des Savoie-Nemours

Jacques de Savoie, Duc de Nemours (1531-1585), fils de Philippe, est donc le cousin du Roi et du duc de Savoie Emmanuel-Philibert. Il est l’un des princes les plus accomplis de son temps, ce qui lui vaut de figurer comme personnage dans le célèbre roman du XVII° siècle « la Princesse de Clèves« .

Jacques de Nemours participe sous Henri II aux campagnes contre Charles-Quint ; en 1552 il se distingue au siège de Lens, puis se jette dans Metz assiégée et contribue à sa défense sous les ordres de François de Guise. Il sert ensuite en Flandre et en Italie, toujours avec distinction ; il est promu capitaine-général de l’infanterie légère.

Jacques de Nemours

En 1560 commence le temps des Guerres de Religion : Nemours se place résolument dans le camp des catholiques et prend part aux offensives menées par Montmorency, Guise et Saint-André. En 1562, les Réformés prennent la pouvoir à Lyon, soutenus par le baron des Adrets. En décembre 1562, le roi Charles IX nomme le duc de Nemours gouverneur du Lyonnais en remplacement du maréchal de Saint-André tué à la bataille de Dreux. Nemours tente de libérer Lyon : il s’empare de Vienne et s’avance jusqu’à Saint-Genis-Laval, mais il échoue à prendre la ville.
Il bat le baron des Adrets à Beaurepaire, mais celui-ci renforcé contraint Nemours à se retrancher dans Vienne. Nemours négocie une trêve qui éloigne des Adrets. Son gouvernement comprend l’ensemble Lyonnais, Forez, Bourbonnais, Auvergne, Marche et Combraille. Mais Lyon est toujours aux mains des Réformés ; l’autorité royale est rétablie seulement en juin 1563 par le maréchal de Vieilleville, lieutenant-général (1563-1564). Le roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis visitent Lyon en juin 1564 et décident la construction d’une citadelle en haut des pentes de la Croix-Rousse, pour maintenir la ville dans l’obéissance. Les lieutenants-généraux sont ensuite Beaulieu de Losses (1564-66), Birague (1566-68) puis Mandelot.

Le Duc de Nemours n’entre à Lyon qu’en septembre 1565, suivi par son épouse Anne d’Este, veuve de François de Guise, un an plus tard. La guerre reprend en septembre 1567 : Lyon est à nouveau menacée et Nemours chasse les insurgés des alentours et s’empare de Vienne ; il fait une entrée triomphale à Lyon. Quelque temps après, lassé de toutes ces guerres, il se démet du gouvernement de Lyon en février 1571, en proposant son lieutenant-général François de Mandelot pour lui succéder.
Jacques de Nemours se retire à Annecy pour se consacrer à la culture et aux lettres ; il fait construire au château le « Logis Neuf » et y meurt en juin 1585.

CHARLES-EMMANUEL de NEMOURS: la VILLE aux MAINS de LA « LIGUE » (1589-1594)

Charles-Emmanuel de Savoie, Duc de Nemours

Charles-Emmanuel est fils aîné de Jacques et d’Anne d’Este, né en 1567; il est donc le demi-frère utérin d’Henri duc de Guise. A la mort de Mandelot en novembre 1588, Henri III le nomme gouverneur de Lyon, car il doit encore composer avec le duc de Guise, qu’il fait assassiner le mois suivant. Nemours est arrêté ; la ville de Lyon indignée se soulève en faveur de la « Ligue » catholique (février 1589) et Nemours s’évade.

Contre l’avis du roi, la ville l’accueille comme gouverneur ; il évince le lieutenant-général nommé par le Roi Guillaume de Gadagne. Son gouvernement sera celui de l’épisode « ligueur » de la ville. La Ligue ultra-catholique s’oppose au protestant Henri de Navarre, héritier du trône, devenu Henri IV en août 1589, après l’assassinat d’Henri III.

Nemours fait campagne autour de Lyon, se distingue au cours des batailles perdues par la Ligue à Arques (1589) et Ivry (1590) contre Henri IV. Revenu à Lyon en avril 1591, il tente de rendre son gouvernement indépendant et prétend à la couronne royale ; il prend Vienne. Mais l’abjuration d’Henri IV (juillet 1593) change tout ; Nemours est arrêté par l’archevêque Pierre d’Epinac avec l’aide du Consulat de la ville et enfermé au château Pierre-Scize en septembre 1593. En février 1594 la ville se rallie à Henri IV et les troupes royales commandées par Alphonse d’Ornano entrent en ville. Sept consuls de Lyon sont destitués et remplacés. Nemours réussit à s’évader de Pierre-Scize en juillet… Charles-Emmanuel reprend la lutte en vain et se retire à Annecy, où il meurt de la tuberculose l’année suivante.

Entrée d’Henri IV à Lyon septembre 1595

Henri IV fait une entrée triomphale à Lyon en septembre 1595. Il met fin au système du consulat, le remplaçant par un prévôt des marchands nommé pour 2 ans assisté de 4 échevins. Le premier prévôt des marchands est René Thomassin. Cette organisation durera jusqu’à la Révolution (1791).

Article de 2011 – Dernière modification 01/2022
Source : B.Demotz & coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011

François Ier dans la Région/2

FRANÇOIS Ier À LYON ET DANS LE SUD-EST EN 1536

OCCUPATION DE LA SAVOIE ET NOUVELLE GUERRE
Le duc de Milan Francesco Sforza meurt en novembre 1535. Cette mort attendue relance la revendication de François Ier sur le Milanais au profit de son 2ème fils Henri ; il menace de guerre l’empereur et roi d’Espagne Charles Quint .

Charles II duc de Savoie

Le roi avait par ailleurs demandé au duc de Savoie Charles II, qui est le demi-frère de sa mère mais aussi le beau-frère de l’empereur, le passage de ses troupes sur son territoire. Celui-ci refuse : le roi décide alors l’occupation des terres de Savoie. En février 1536 l’amiral Chabot de Brion envahit la Bresse puis le Bugey ; d’autres troupes partent de Grenoble et de Briançon. En mars la Savoie est occupée ; c’est ensuite le tour du Piémont : Suse, puis Turin sont prises. À la mi-avril Chabot de Brion arrive à la frontière du Milanais. Entretemps le roi vient résider à Lyon.

Cette occupation déclenche une nouvelle guerre avec Charles-Quint : les impériaux investissent la plaine piémontaise, seule Turin résiste. Le 25 avril le roi fait une entrée solennelle à Montbrison comme comte de Forez, territoire inclus dans le royaume l’année précédente.
En juillet Charles-Quint envahit la Provence. Le connétable de Montmorency envoyé sur place, fait occuper Avignon, territoire pontifical, d’où il va mener une politique de la terre brûlée pour contenir l’invasion.

Connétable Anne de Montmorency

La MORT DU DAUPHIN et L’INVASION DE LA PROVENCE


Le 2 août le dauphin François, 19 ans, boit de l’eau glacée après une partie de jeu de paume disputée à la maison du Plat près de l’abbaye d’Ainay où il logeait ; il tombe malade, mais part le lendemain avec le roi et sa suite en direction du sud. Le 4 ils sont à Vienne. Le dauphin très fiévreux est laissé en route au château de Tournon, où il meurt le 10 août. À Lyon la rue François Dauphin dans le quartier Bellecour perpétue son souvenir.

Le dauphin François


Le roi apprend la mort de son fils aîné à Valence : ce deuil inattendu va bouleverser le roi. L’écuyer du dauphin le piémontais Montecuculi qui lui avait donné l’eau est accusé sans preuve de l’avoir empoisonné : il avoue sous la torture…
Le 12 septembre le roi rejoint le camp d’Avignon, d’où l’armée française surveille l’offensive de Charles-Quint, que le manque de ravitaillement va contraindre à la retraite. L’empereur a été vaincu sans bataille ; la Provence est libérée, mais elle est ravagée, surtout Aix. Le roi visite Arles et Marseille, puis reprend le chemin de Lyon où il arrive le 2 octobre.

NOUVEAU SÉJOUR À LYON
Le 7 octobre en séance publique le roi entouré des princes du sang et des ambassadeurs valide la condamnation à mort de Montecuculi. Celui- ci est trainé sur une claie de la prison de Roanne sur la place de la cathédrale où il demande pardon, puis jusqu’à la Grenette, où il est écartelé à 4 chevaux… Ses restes sont déchiquetés par la foule.
Le roi a t’il assisté à l’exécution ? Des sources l’affirment, d’autres n’en parlent pas… L’une d’elle dit que seule Marguerite de Navarre sœur du roi y aurait assisté et qu’elle en aurait été horrifiée…

Le Cardinal de Tournon

En remplacement de Pomponne de Trivulse, le roi nomme le cardinal de Tournon, grand diplomate et homme de confiance, gouverneur à Lyon pour tout le sud-est du royaume et des provinces de la maison de Savoie récemment occupées. Avant de repartir fin novembre le roi autorise l’installation à Lyon d’une manufacture de soie par les piémontais Etienne Turquet et Barthélémy Naris.

Le second fils de François Ier, Henri, devient le nouveau dauphin et sera le roi Henri II qui fera une entrée solennelle à Lyon en octobre 1548.

La Savoie et le Piémont sont administrativement rattachés au royaume : Il ne reste plus au duc de Savoie que Verceil et le comté de Nice. Son successeur Emmanuel-Philibert devra attendre 1559 pour récupérer ses états par le traité de Cateau-Cambrésis.

Article de 11/2020Sources : Didier Le fur – François Ier – Perrin 2015 / René Guerdan – François Ier – Flammarion 1976

Le Camp de Chambaran

Le CAMP MILITAIRE de CHAMBARAN (Isère)

Le camp de Chambaran (écrit aussi Chambarand) s’étend sur 1450 ha à la limite de la Drôme et de l’Isère dans le canton de Roybon sur la commune de Viriville. C’est un plateau argileux acide peu fertile avec des tourbières et des étangs.

Carte du camp appelé « Champ de Tir » (1967)

Le camp est acquis après décision du ministère de la guerre en 1881 sur l’initiative du général de Miribel, commandant de la 28° division d’infanterie.
C’est d’abord un champ d’expérimentation du canon de 75 par l’artillerie sur le champ de tir du plateau des Monettes.

Nettoyage des canons

Canon de 155 court

L’abreuvoir

Cyclistes et cantiniers
L’alignement des baraquements
Années 1930: transmissions radio…
Chars Renault FT 17

Aujourd’hui le camp possède des salles d’instruction, des installations sportives, une zone vie avec logements et restauration et diverses zones d’entraînement et champs de tir. Géré par le 7° BCA de Varces, il accueille divers groupes de stagiaires pour la formation militaire initiale (FMI) (engagés, santards, réservistes, élèves-infirmiers…)


À l’été 2014 le camp a reçu le label « Natura 2000 » attribué aux sites pilote pour la protection de la biodiversité : la faune et la flore y sont riches et préservées.

Article de 2018dernière modification 10/2025

Documents : Musée Militaire Lyon & perso.

Le Comté de Savoie

De HUMBERT Ier à AMEDEE V: DE L’AN 1000 à 1323

LE FONDATEUR: HUMBERT Ier « aux Blanches Mains« 

Ce féodal, d’ascendance incertaine apparait après l’an mille. Il est Comte de Savoie propre (Chambéry) et de Belley. Il est l’homme de confiance d’ Ermengarde, épouse du roi Rodolphe III de Bourgogne-Provence dit « le fainéant » (997-1032) ; il bénéficie de ses faveurs et arrive à obtenir vers 1024 le comté d’Aoste. Vers 1029 l’évêque de Vienne partage son territoire entre Humbert et Guigues le vieux premier comte de ce qui sera le Dauphiné. Guigues prend le sud du Viennois et Humbert obtient le nord- Viennois, bande de terre allant de Chambéry jusqu’au Rhône entre Lyon et Vienne, ce qui sera source de conflits (Guerre de « Septante Ans »).

Signature d’Humbert Ier

Selon la volonté de Rodolphe III décédé en 1032, Humbert se rallie à l’empereur germanique Conrad II le Salique, son héritier et le soutient avec énergie contre le comte de Genève. Il y gagne le Chablais en 1035. En 1033, il soumet l’évêque rebelle de Maurienne après un long siège de Saint-Jean-de-Maurienne. En récompense, il reçoit le comté de Maurienne avant 1043.

Vers 1045, Humbert conclut le mariage de son fils cadet Odon avec Adélaïde de Suse, héritière du marquisat de Turin côté italien des Alpes, qui apporte la vallée de Suse et l’expectative de l’héritage de tout le Piémont.
Humbert réside le plus souvent au château de Charbonnières au dessus d’Aiguebelle ; il meurt en 1047/48, laissant le comté bien agrandi à son fils aîné Amédée Ier (+1051), auquel succédera Odon.

DE AMEDEE Ier à PHILIPPE Ier

Humbert Ier, premier comte de Savoie, a ainsi pendant la première moitié du XI° siècle jeté les bases d’une principauté assise sur les deux versants des Alpes. Ses successeurs continueront à l’affermir, en particulier Amédée III (1103-1148) et Thomas Ier (1189-1233). Parmi les 10 enfants de Thomas Ier comte de Savoie (+1233) et de Marguerite de Genève, trois seront comtes de Savoie Amédée IV (+1253), Pierre II (+1268) et Philippe Ier. Ce dernier résilie sa charge d’archevêque de Lyon pour assurer la succession de son frère. Sans héritier, il pressent son neveu Amédée, 2ème fils de son autre frère Thomas II (+1259) sire de Piémont. Il lui fait épouser en 1272 Sibylle de Bâgé, héritière de la Bresse. Ce mariage fait entrer la Bresse dans les possessions de la maison de Savoie : elle y restera jusqu’en 1601 au traité de Lyon.
Amédée devenu sire de Bresse, soutient son oncle Philippe Ier, engagé dans la 1ère guerre contre le Dauphiné (« guerre de septante ans »).

Les principautés vers 1280

AMÉDÉE V le Grand, Comte de SAVOIE (1243-1323) 

En 1285 à la mort de Philippe, l’héritier légitime est un enfant de 6 ans fils du frère aîné d’Amédée : il est écarté. Pour arrêter la contestation de son frère cadet Louis, il lui cède en apanage le comté de Vaud (Lausanne).
Devenu Amédée V comte de Savoie, il va être un prince féodal infatigable pendant 38 années marquées chacune par des opérations militaires. En 1286 il prend la ville de Lyon sous sa protection pour 3 ans. Il s’oppose victorieusement au Dauphin, au comte de Genève et au sire de Thoire-Villars lors des 2ème et 3ème guerres contre le Dauphiné 1289-1293 et 1299-1314, secondé par son héritier Edouard.

Grand sceau d’Amédée V

Entre ces deux conflits, il soutient le Roi de France Philippe le Bel en envoyant Edouard combattre en Flandre en 1304. Sa plus célèbre opération est sa contribution à la descente sur Rome (1310-1312) pour permettre le couronnement de l’Empereur Henri VII, après une série de combats acharnés. Il y gagne le titre de prince d’Empire et en Piémont la ville d’Ivrée. Il meurt en Avignon, alors qu’il y préparait un projet de Croisade.


Le Comté de Savoie a de nouveau bénéficié avec lui d’un bon capitaine et d’un excellent administrateur. Deux de ses fils lui succéderont : Edouard le libéral (1323-1329) et Aymon le pacifique (1329-1343).

Blason de Savoie

Humbert Ier et Amédée V ont été les personnalités les plus marquantes des 3 premiers siècles du comté de Savoie.

La suite de l’histoire du Comté de Savoie devenu Duché en 1416 fait l’objet d’un autre article. Cette principauté assise sur les 2 versants des Alpes, malgré plusieurs occupations françaises et une occupation espagnole au XVIII° siècle, perdurera plus de 8 siècles, jusqu’en 1860, année où le roi Victor-Emmanuel II, lointain descendant d’Humbert Ier (à 25 générations…), deviendra Roi d’Italie avec l’aide intéressée de Napoléon III en acceptant d’abandonner définitivement la Savoie (et Nice) à la France.

Article de 12/2021, fusion de 2 articles de 2010
source : B. Demotz – Les comtes qui en 400 ans firent la Savoie-L’Histoire en Savoie -sans date / le comté de Savoie du XI° au XV° siècle – Slatkine 2000

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Le Comté de Genève

Le COMTÉ de GENÈVE

Au début du XI° siècle le roi de Bourgogne Rodolphe III investit comme comte de Genève un certain Gerold, peut-être un parent. Ce Gerold s’oppose au legs du royaume à l’empereur germanique Conrad II en 1032. Ce dernier, assisté d’Humbert Ier de Savoie, vient assiéger Genève : Gerold est forcé à faire allégeance à l’Empereur et le comte de Savoie y gagne le Chablais (1035).

Blason du Comté de Genève

De GENÈVE À ANNECY
En 1074 l’empereur Henri IV confie le pays d’Annecy au comte de Genève. Aymon Ier est en conflit avec l’évêque de Genève pour le contrôle de la ville. Le prélat excommunie le comte et celui-ci pour faire lever la sanction consent à la perte de Genève par l’accord de Seyssel (1124) : le comte ne possède plus dans sa capitale que le château du Bourg de Four. En 1162 l’évêque de Genève devient le vassal direct de l’Empereur Frédéric Barberousse. Le comte Amédée Ier doit s’installer à Annecy, où s’élèvera le château des comtes de Genève. Amédée (+1178) et ses descendants Guillaume Ier et Humbert (+1225) renforcent leur petit comté en Albanais, Genevois et Faucigny, mais Humbert doit renoncer à tous ses droits sur la ville de Genève en 1213. Après Humbert son frère Guillaume II spolie son neveu qui était en Irlande : ce dernier cédera ses droits au comte de Savoie…

Le comté de Genève vers 1300

Les GUERRES FÉODALES
De 1234 à 1329 les comtés de Genève et de Savoie vont être en conflit quasi-permanent. Cela commence quand son voisin le sire de Faucigny rompt son allégeance avec le comte de Genève et marie sa fille et héritière en 1234 avec Pierre de Savoie, qui vient de battre Guillaume II de Genève. Le Faucigny passera au dauphin de Viennois, car Pierre de Savoie, qui deviendra le comte Pierre II (1263-1268), marie sa fille unique Béatrice dame de Faucigny avec Guigues VII dauphin. Cette situation embrouillée est l’une des causes de la guerre de Septante ans entre Dauphiné et Savoie.

Le Château d’Annecy

Le comté de Genève est peu étendu enserré dans le comté de Savoie. Le comte n’a guère de vassaux ; les plus importants sont les seigneurs de Menthon, de Compey, de Ternier et de Duingt. Aussi dans le conflit entre Dauphiné et Savoie Amédée II, petit-fils de Guillaume II s’allie au Dauphin, espérant une extension de son domaine, mais il ne sera guère heureux. Guillaume III épouse Agnès de Savoie et leur fils Amédée III finit par prêter hommage au comte de Savoie en 1329. Il sera même le tuteur d’Amédée VI de Savoie trop jeune à son avènement.
Un frère de Gullaume III, Hugues de Genève, seigneur d’Anthon par mariage et donc vassal du dauphin commande l’armée dauphinoise vaincue à la bataille des Abrets (1354) qui termine la guerre de Septante Ans au profit du comte de Savoie.

Seigneurs de Thoire-Villars

La FIN du COMTÉ FÉODAL
À partir de 1367 vont se succéder 5 fils d’Amédée III tous morts sans descendance. Le premier Aymon III accompagne Amédée VI de Savoie dans son expédition à Constantinople (1366-67). Le dernier est Robert de Genève auparavant antipape d’Avignon sous le nom de Clément VII. En 1394 Robert désigne comme héritier Humbert, fils de sa sœur Marie avec Humbert VII de Thoire-Villars (Villars-les-Dombes). Il meurt en 1400 sans descendance. Il lègue le comté à son oncle Odon qui finalement le vend à Amédée VIII de Savoie en 1402. Annecy et sa région sont alors annexés au comté de Savoie (duché en 1416). Le duc Louis vers 1450 fait construire au château d’Annecy le logis et le tour Perrière.

L’entrée du château et la tour de la reine

Le COMTÉ en APANAGE
Le duc de Savoie va pouvoir octroyer en apanage le comté de Genève à des princes cadets de sa famille au XV° siècle et plus particulièrement au XVI° siècle avec la branche des Savoie-Nemours.
Cette branche commence avec Philippe (+1535) frère cadet du duc Charles II, qui sera titré duc de Nemours par le roi de France François Ier. Son fils et son petit-fils Jacques et Charles-Emmanuel de Nemours seront tous les deux gouverneurs du Lyonnais pendant les guerres de religion, avant de se retirer dans leur château d’Annecy. Vient ensuite Henri (+1631) à l’époque où François de Sales est l’évêque d’Annecy.
Au milieu du XVII° siècle leur territoire fera retour au duché par le mariage de l’héritière des Savoie-Nemours avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel II.
Quant à la ville de Genève elle-même, elle ne pourra jamais être récupérée par les ducs de Savoie malgré plusieurs tentatives au XV° et XVI° siècles. Genève devient ville protestante vers 1530 et l’évêque doit se réfugier à Annecy. Une dernière tentative du duc de Savoie échouera en 1602 (« Nuit de l’Escalade »).

Succession des Comtes de Genève

Gérold+ vers 1061Conon+ vers 1080
Aymon Ier+ vers 1128Amédée Ier1128 – 1178
Guillaume Ier1178-1195Humbert1188 <1225
Guillaume II<1225 – 1252Rodolphe1252-1265
Aymon II1265-1280Amédée II1280-1308
Guillaume III1308-1320Amédée III1320-1367
Aymon III1367Amédée IV1367-1369
Jean1369-1370Pierre1370-1392
Robert1392-1394Humbert de Villars1394 -1400

Article de 2016dernière modification 11/2023
source : Alain Kersuzan -Défendre la Bresse et le Bugey – PUL 2005

Vauban visite les Alpes

Les DEUX VOYAGES DE VAUBAN dans les ALPES 1692-1700

Août-septembre 1692 guerre de la Ligue d’Augsburg : dans les Alpes le duc de Savoie Victor-Amédée II a envahi le Dauphiné et pris Guillestre, Embrun et Gap. Contenu par le général Catinat, l’ennemi est contraint de se retirer. Cet épisode a révélé des faiblesses dans la défense des frontières.

Vauban

VAUBAN EN MISSION DANS LES ALPES 1692-1693
Avant même que le Dauphiné soit complètement évacué, le roi Louis XIV ordonne à Vauban son commissaire général des fortifications, qui est lieutenant-général en poste à Namur, de se rendre en mission d’évaluation dans les Alpes. Dès le 25 septembre il est à Grenoble, où il juge les fortifications très faibles. Début octobre il est au Fort-Barraux, où il prescrit des améliorations. Il envoie ses comptes-rendus à Claude Le Pelletier intendant des finances en charge de la politique de fortifications. Il continue sur Embrun et visite Briançon, Exilles et Pignerol sur le versant italien.

Fort-Barraux

Très vite aiguillé par Catinat, Vauban préconise de créer une place forte sur une position élevée au confluent du Guil et de la Durance, à la jonction des 4 grandes vallées de Briançon, d’Embrun, de Guillestre et de Vars. Il propose le nom de Mont-Dauphin pour cette place forte, qui rendrait inutiles, écrit-il, les fortifications de Château-Queyras, Guillestre, Embrun et Gap.
Vauban se dirige ensuite sur Sisteron par Saint-Vincent et Seyne ; il ne visite pas Colmars, Guillaumes et Entrevaux à cause des intempéries. Après avoir ainsi parcouru les Alpes, Vauban qui va avoir 60 ans, arrive fatigué à Nice, alors possession française, le 31 décembre 1692 ; il y reste 6 semaines et rédige ses rapports pour Versailles.

Les places fortes des Alpes – la ligne de tirets marque la frontière de 1690 ; la ligne continue est la crête des Alpes frontière actuelle.

Pour la défense de la frontière, il milite pour l’établissement de « guichets intérieurs » à la crête des Alpes, plutôt que l’occupation traditionnelle de places fortes côté Piémont comme Pignerol, Casale, Exilles, Suse. Ces guichets ou verrous des vallées alpines sont du nord au sud Fort-Barraux et Grenoble sur l’Isère, Briançon et Mont-Dauphin sur la Durance, puis Tournoux et Saint-Vincent sur l’Ubaye, Seyne, Colmars sur le Verdon, Guillaumes et Entrevaux sur le haut-Var et enfin Villefranche et Nice. Il s’adapte au terrain, en renonçant si nécessaire au tracé bastionné habituel au profit de tours bastionnées couvertes.

Château-Queyras

D’UN VOYAGE À L’AUTRE
En 1693 les crédits pour les fortifications des Alpes se répartissent encore entre toutes les places fortes ; Vauban insiste pour que Mont-Dauphin y figure. Les travaux commenceront en 1693.
Dans un mémoire au roi de janvier 1694, il suggère pour favoriser la signature d’un traité de paix d’abandonner Casale, Suse et Pignerol sur le versant italien, places coûteuses et peu utiles. C’est ce qui sera retenu au traité de Turin en 1696 : Louis XIV abandonne ces places au duc de Savoie pour conclure une paix séparée avec lui.

Mont-Dauphin

Les travaux de Mont-Dauphin sont effectués à la belle saison. La place est établie sur une butte rocheuse, le plan de Vauban prévoit 3 bastions et 2 demi-lunes sur le front nord-est plus exposé. En 1700 les bastions nord-est sont presque achevés, les autres fronts sont amorcés. À l’intérieur de la place une caserne, l’arsenal, le magasin à poudre, le pavillon de l’horloge, celui de officiers et une vingtaine de maisons sont achevées. La construction de l’église commence en 1700 : elle ne sera jamais achevée.

Mont-Dauphin la porte de la citadelle

La TOURNÉE DANS LES ALPES DE 1700
En juillet 1700, après un mois de repos dans son château de Bazoches en Morvan, Vauban repart en tournée d’inspection dans les Alpes, voyage pénible pour lui (il a 67 ans). Du 26 au 30 il est à Grenoble, le 5 août au fort-Barraux. Ensuite il passe sur le versant italien une semaine à Oulx, un jour à Exilles, 7 à Fenestrelle puis il revient sur le versant français 12 jours à Briançon, 2 à Château-Queyras, 4 à Mont-Dauphin et enfin 9 jours à Embrun.

Le fort d’Exilles côté italien

Au mois d’octobre il est à à St-Vincent, Seyne et Colmars ; début novembre il est à Entrevaux et termine son voyage par Saint-Paul, Antibes, Toulon et Marseille.
À toutes les étapes, Vauban critique la manière dont les travaux ont été effectués depuis son passage, mais les travaux sont toujours limités par le manque de crédits. Mont-Dauphin lui paraît la seule bonne place. Il préconise l’établissement de grandes places fortes interdisant tout passage, elles-mêmes couvertes par des forts placés sur les points dominants.

Briançon : la collégiale, la citadelle et l’étagement des fortifications

À Briançon son projet est de grande ampleur : création d’une ville basse pour loger garnison et population et fortification des hauteurs pour protéger la citadelle. À savoir construction d’une redoute sur le sommet des Salettes, création d’un camp fortifié sur le plateau des Têtes relié à la ville par un pont sur la Durance. Il fait également construire une église collégiale située derrière le rempart de la citadelle.

Briançon : l’église de la citadelle dominant le fossé

La collégiale (1703-17) et le fort des Salettes (1709-12) seront construits selon ses plans. Le fort des Têtes et le pont (pont d’Asfeld) seront édifiés autour de 1730 par le maréchal d’Asfeld.

Briançon : le fort des Têtes

VERS UNE NOUVELLE GUERRE
Vauban séjourne 3 mois à Marseille, attendant les ordres de Versailles, car pendant son voyage, le roi d’Espagne Charles II est mort, en léguant son royaume au 2ème petit-fils de Louis XIV, qui devient Philippe V d’Espagne. Vauban y écrit un mémoire intitulé « Intérêt présent des États de la Chrétienté », ouvrage de géopolitique pour la concorde entre les nations… Mais le séisme politique ne manque pas de provoquer une nouvelle guerre ; la guerre de Succession d’Espagne durera jusqu’en 1714 et Vauban mort en 1707 n’en verra pas la fin…


Article de 2017dernière modification 09/2019
Sources : Yves Barde – Vauban ingénieur et homme de guerre – Armançon 2006 / Bernard Pujo – Vauban – Albin Michel 1991 / A.Doumenc -Mémorial de la terre de France, contribution à l’histoire de nos provinces – Arthaud 1943

Le Connétable de Bourbon

Le CONNÉTABLE de BOURBON (1490-1527), LE DERNIER GRAND FÉODAL

La Maison de Bourbon

La MAISON de BOURBON
Ce sont des princes de sang royal, descendant du 6ème fils de Saint-Louis. De 1327 à 1503 sept ducs de Bourbon se succèdent. En 1500 Pierre II est le plus grand seigneur féodal de France : duc de Bourbon et d’Auvergne, comte de Forez et de la Marche, sire de Beaujeu et Dombes, un immense territoire au centre du royaume, qui entoure sur 3 côtés le comté de Lyon qui fait partie du domaine royal. Son épouse est Anne de France, fille de Louis XI, plus connue sous le nom d’Anne de Beaujeu, régente de France de 1483 à 1491 pour son jeune frère Charles VIII.

Les terres de la Maison de Bourbon

Une branche cadette possède en apanage le petit comté de Montpensier (en Auvergne). Gilbert de Montpensier participe à la campagne d’Italie du roi Charles VIII en 1494 ; il devient gouverneur de Naples après le départ du roi et meurt à Pouzzoles en 1496. Les enfants de Gilbert sont alors élevés par son cousin germain le duc Pierre II.

Anne de Beaujeu et sa fille Suzanne

L’HÉRITAGE du DUCHÉ de BOURBON

À la mort du duc en 1503, de leurs enfants ne survit qu’une fille fragile Suzanne, qui devient duchesse de Bourbon. Parmi d’autres prétendants, Anne va la marier (1505) à son cousin Charles de Montpensier, âgé de 15 ans et élevé avec elle, devenu entre temps l’aîné des Bourbon par le décès de son frère aîné. Charles devient Charles III, duc de Bourbon par mariage, le contrat est validé par le roi Louis XII. Le jeune duc fait le tour de toutes ses possessions ; Anne de Beaujeu duchesse douairière assure jusqu’à sa mort (1522) l’administration du duché.

Le DUC et CONNÉTABLE
Un féodal se doit d’être un homme de guerre : Le jeune duc va participer à ses frais aux guerres en Italie. Il va y faire preuve d’une grande valeur militaire. Dès 1507 il est aux côtés du Roi à la reprise de Gènes, puis en 1509 il se distingue à Agnadel pour la défense du Milanais contre les Vénitiens. En 1512 il est en Guyenne contre les anglais et la Navarre. En 1513 il participe à la campagne de Picardie (défaite de Guinegatte), puis est envoyé rétablir l’ordre en Bourgogne (1513-1514).

Le Connétable de Bourbon

À son avènement le roi François Ier le nomme connétable de France (01/1515). Le nouveau connétable réforme l’organisation de l’armée et la conduite des « gens de guerre ». Pendant la campagne d’Italie de 1515, il est à la tête de l’avant-garde à la bataille de Marignan, où son frère cadet est tué. Charles de Bourbon est nommé gouverneur du Milanais reconquis, mais il est rapidement remplacé en août 1516. Il peut s’occuper des affaires de ses terres ; il préside une réunion des « États d’Auvergne » à Riom.
Comme son prédécesseur le roi ne lui rembourse pas ses frais engagés à son service, mais en plus début 1517 lui supprime ses pensions. En juillet 1517 Suzanne met au monde un fils, baptisé avec faste à Moulins avec le roi pour parrain : hélas ce fils décédera en bas-âge. La puissance du dernier grand féodal irrite le roi et suscite bien des jalousies, en particulier de la mère du roi, Louise de Savoie. En juin 1520 Charles accompagne le roi lors de sa rencontre avec Henry VIII d’Angleterre au « Camp du Drap d’Or ».

Le château et la ville de Moulins en 1460

La TRAHISON
La duchesse Suzanne meurt en avril 1521 sans enfant vivant, après avoir testé en faveur de son mari. Cette même année le duc participe encore avec le roi, à la campagne d’Artois où il prend la ville de Hesdin, mais le roi lui préfère l’incapable Lautrec en Italie en 1522 (défaite de la Bicoque).

Louise de Savoie

La mère du roi, femme très ambitieuse, elle-même fille de Philippe de Bresse et de Marguerite de Bourbon, sœur de Pierre II, revendique l’héritage et introduit sa cause au parlement de Paris en 1522, alors qu’Anne de Beaujeu est inhumée en l’abbaye de Souvigny. En 1523 le parlement de Paris met sous séquestre les domaines en litige. Le connétable, poussé à la faute, prend contact avec des représentants étrangers. Le roi envoie un seigneur bourbonnais le maréchal de la Palice se saisir du connétable, qui réussit à s’échapper incognito jusqu’à Besançon pour éviter l’arrestation. Il va offrir son épée à Charles-Quint, c’est la « trahison » (1523)… Le roi confisque alors tous les domaines de la maison de Bourbon, que le parlement attribue docilement à sa mère. Dans cette affaire, l’opinion publique est plutôt favorable au connétable spolié. À la mort de Louise de Savoie en 1531, les domaines sont naturellement réunis au royaume de France.

Le FIN du CONNÉTABLE
Charles de Bourbon commande les impériaux en Italie, il repousse les français du Milanais à la bataille de la Sesia, où Bayard est tué (1524), puis entre en Provence et vient assiéger Marseille : c’est la Palice qui le repousse. Après Pavie (1525) il tente de se tailler une principauté en Italie et assiège Rome : il est tué lors de l’assaut (1527). Son second le prince d’Orange prend Rome et met la ville à sac.

L’AVENIR des BOURBONS
Avec la mort du connétable, la branche aînée de la maison de Bourbon s’éteint. Il reste une branche cadette celle des Bourbon-Vendôme, représentée par Charles de Bourbon duc de Vendôme (+1537) général de François Ier : son petit-fils montera sur le trône de France, il sera Henri IV. En attendant le roi, peut-être pris de remords, rétrocède en 1538 une très petite partie des terres du connétable, le comté de Montpensier (devenu duché) à un cadet des Bourbon-Vendôme, qui avait par ailleurs épousé une sœur du connétable. Cette nouvelle branche de Montpensier récupérera par la suite la principauté de Dombes.

Article de 2017dernière modification 03/2020
sources : André Leguai – histoire du Bourbonnais – PUF 1974 / Jean-Charles Varennes – Anne de Bourbon – LA Perrin 1978

Les Cuirassiers

Les REGIMENTS de CUIRASSIERS à LYON et La VALBONNE 

Avant la Grande Guerre, la présence de régiments de Cuirassiers (RC) à Lyon a été marquante, au point qu’une « rue des Cuirassiers » existe encore près de leur ancien quartier, la caserne de la Part-Dieu, espace transformé aujourd’hui en centre commercial. Les Cuirassiers faisaient partie de la cavalerie lourde, aujourd’hui devenue blindée.

Cet article reconstitue le séjour de ces régiments depuis 1874. Deux régiments de Cuirassiers cohabitaient à la Part-Dieu : les 11° et 12° en 1874-1880, les 4° et 9° en 1881-1889, les 5° et 8° en 1889-1893 et enfin les 7° et 10° pendant 20 ans de 1894 à 1914.

Le colonel Desprez du 7° RC (1906)

Le 7° CUIRASSIERS

Le 7° RC dit « Royal Etranger » à Niort en 1874, tient garnison à la Part-Dieu de 1894 à 1914.
Avec le 10° RC il appartient à la 6° division de Cavalerie, indépendante du XIV° CA de Lyon.


Dissous en 1919, recréé en 1945, le 7° Cuirassiers devenu blindé, doté d’AMX 13, est dissous à Noyon en 1962.

La photo ci-dessus montre les cuirassiers sortant par la porte est du quartier.

La sortie des Cuirassiers

Le 10° CUIRASSIERS
Le 10° RC dit « Royal Cravates » à Angers en 1874, est à Lyon en 1893. En 1907 il participe à la répression de la révolte des vignerons du Languedoc.

L’étendard du 10° RC
Les Officiers du 10° Cuirassiers en 1905

Les cuirassiers quittent Lyon le 1er août 1914 pour la Grande Guerre. Passée la guerre de mouvement, la cavalerie n’est plus adaptée à la guerre de tranchées. En 1916 les cuirassiers sont transformés en « Cuirassiers à pied »… Et beaucoup de régiments sont dissous à la fin de la guerre.

Insigne du 9° RC

Le 9° CUIRASSIERS
Le 9° RC dit « Régiment d’Artois » est une première fois à Lyon en même temps que le 4° (1880-1889). En 1914 il est à Douai. Transformé lui aussi en « cuirassiers à pied » en 1916, il vient s’établir à nouveau à la Part-Dieu à Lyon de 1920 à 1939.

Son organisation a un peu évolué : en 1939 il compte 4 escadrons à cheval, un escadron de mitrailleuses et engins à cheval, un escadron mixte motorisé à 4 pelotons motocyclistes et un peloton de mitrailleuses et engins sur camionnettes.

La vie quotidienne à la Part-Dieu vers 1930

L’étendard du 9° Cuirassiers à la mobilisation de 1939

À la mobilisation de septembre 1939, le régiment éclate en 4 Groupes de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA) ou de Division d’Infanterie (GRDI) :
- Le 20° GRDI rattaché à la 27° Division Alpine
- Le 22° GRDI rattaché à la 28° Division Alpine
- le 91° GRDI rattaché à la 1° DI Nord-africaine (1° DINA)
- le 20° GRCA dépendant du 14° Corps d’Armée.
Après un séjour d’un mois dans les Alpes, les 3 premiers GR sont envoyés sur le front nord : en combattant ils feront retraite vers le sud-ouest en juin 1940, alors que le 20° GRCA resté sur les rives du lac Léman se repliera sur l’Ardèche.

Le 11°CUIRASSIERS
Ce régiment avait séjourné une première fois à Lyon de 1874 à 1880 ; il s’y replie après l’armistice de juin 1940. Dans le cadre de l’Armée d’Armistice, il tient garnison à la Part-Dieu jusqu’à l’arrivée des allemands le 27 novembre 1942. Un officier, le lieutenant Geyer réussit à sauver l’étendard de son régiment lors de l’investissement du quartier par les allemands et à quitter la caserne à cheval pour rejoindre la Résistance. Il sera un des chefs du maquis du Vercors.

Le 11° RC place Bellecour en 1941
Insigne du 8° Cuirassiers

Le 8° CUIRASSIERS
Le 8° RC dit « Cuirassiers du Roi » est à Lyon entre 1889 et 1893 ; il est à Tours en 1914 ; il est dissous en 1919. Il est reconstitué en 1936 à St-Germain-en-Laye et dissous en 1942. Reconstitué en 1944 le 8° RC est au front sur la poche de Saint-Nazaire en 1945 ; il tient ensuite garnison à Bizerte en Tunisie.

En 1954 il échange son appellation avec le 8° Régiment de Chasseurs d’Afrique (RCA) en garnison à la Valbonne. L’échange d’étendards se fait au cours d’une prise d’armes place des Terreaux. Le 8° Cuirassiers est en garnison au camp de la Valbonne de 1954 à 1964, année de sa dissolution. A la fin des années 50, il est doté de chars AMX 13. Il est le dernier régiment de cuirassiers à avoir stationné dans la région.

Le 8° Cuirassiers à la Valbonne

Article de 2012 dernière modification 12/2021
Sources : album photographique du 10° Cuirassiers – J.Blanc 1905 / Les groupes de reconnaissance formés par le 9° Cuirassiers 1939-1940 – Lavauzelle 1943 / CE Pasteau – Le camp de la Valbonne et ses Régiments – SIRPA 2012

Les « Subsistances » à Lyon

Les « SUBSISTANCES » : du COUVENT à la CRÉATION ARTISTIQUE 

Sur la rive gauche de la Saône, en aval de la caserne de Serin (DRAC), quai Saint-Vincent, un ensemble de bâtiments sur 1,6 ha a été longtemps une importante emprise militaire à Lyon : les Subsistances Militaires.

Le COUVENT SAINTE-MARIE des CHAÎNES 
C’est en face du château de Pierre-Scize, qu’en 1640 des religieuses de l’ordre de la Visitation achètent un « ténement clos de murailles » pour y établir leur troisième monastère sur Lyon ; elles y font construire un petit cloître et une église au bord de la rivière. La façade de cette église se voit sur une gravure du château Pierre-Scize. Son nom particulier vient des chaînes que l’on tendait le soir en travers de la rivière à cet endroit. Le nombre de religieuses augmente et vers 1700 on entreprend l’édification d’un cloître monumental, dont un seul côté sera construit, puis surélevé en 1731, renfermant au rez-de-chaussée le réfectoire et à l’étage les cellules. Ce bâtiment à arcades a été conservé. En 1791 les religieuses partent en exil, l’église et le petit cloître sont démolis.

Le bâtiment de l’ancien cloître en 2012

La MANUTENTION MILITAIRE :
Le lieu devient une caserne d’infanterie. Un décret de 1810 porte donation des casernes aux villes: le bâtiment de Ste-Marie des Chaînes abrite alors un magasin des « effets d’hôpitaux et des effets de campement« . En 1840 sous Louis-Philippe, cette vocation est confirmée, la caserne est attribuée au service de l’Intendance. On construit un vaste ensemble de bâtiments en pierre de qualité autour d’une cour carrée, avec 2 frontons triangulaires aux angles de la façade, pour y établir la Manutention Militaire. On y stocke toutes denrées nécessaires aux armées : légumes secs, bœuf salé, vin… et on y fabrique de la farine, du pain et du pain de guerre. La cour centrale est couverte d’une verrière métallique en 1870 et on construit un moulin industriel à vapeur. L’effectif militaire est réduit: une vingtaine d’hommes en 1886.

Le fort St-Jean, la caserne de Serin et la Manutention Militaire

Un deuxième moulin semblable est construit dans l’alignement du premier vers 1885-90. Une boulangerie industrielle avec 6 grands fours à charbon est ajoutée sur l’aile nord du grand bâtiment. Des passerelles joignent les moulins au bâtiment principal et 2 grandes cheminées (aujourd’hui démolies) s’élèvent.

Les deux moulins l’un derrière l’autre et à droite le bâtiment du couvent

L’ensemble assure l’approvisionnement en farine et en pain des troupes et pendant la Grande Guerre tourne à plein régime avec 18 fours à pain en service. Entre les deux guerres le moulin nord devient un chai à vin. Il y a également un atelier de torréfaction du café.

Les 6 fours de la boulangerie: il reste 5 cheminées sur 6


Les SUBSISTANCES 
En 1941 l’emprise est rebaptisée « Subsistances Militaires ». Mais après la guerre, l’activité de transformation et de conditionnement (pain, vin, café…) va être progressivement abandonnée dans les années 1960 au profit d’une multiplication des produits stockés. Le conditionnement du vin cesse dans les années 1970. Dans les années 1980 la fabrication du pain n’occupe plus qu’un seul four.
Les Subsistances perdent donc peu à peu leur fonction et l’Armée va quitter les bâtiments en 1991 au profit de la caserne Osterode à Rillieux (elle aussi abandonnée aujourd’hui…) où une cuisine centrale est installée. L’État cède ensuite les Subsistances à la ville de Lyon en janvier 1996.

Les Subsistances en 1994

Les SUBSISTANCES, LABORATOIRE de CRÉATION ARTISTIQUE :
En 1998 le maire de Lyon Raymond Barre décide de consacrer le site abandonné à la création artistique. L’architecte Denis Eyraud commence la rénovation du site qui en a bien besoin ; il est inauguré en 2001. En 2003 il devient le Laboratoire International de Création Artistique avec une nouvelle direction. Une deuxième tranche de rénovation de l’ensemble des bâtiments a lieu en 2005 par les architectes Lassagne et Vassal. En 2007 l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon s’installe autour de la cour de la verrière. Le Laboratoire offre aux artistes une résidence, des espaces de travail, des salles de spectacle, dont la principale sous la grande verrière, pour la création contemporaine en danse, théâtre, cirque, musique…Mais le nom de « Subsistances » a été conservé.

Les Subsistances en 2012

L’ANNEXE de la MANUTENTION
En face des Subsistances, de l’autre côté de la Saône, au pied du rocher, 16 quai Pierre Scize, un grand hangar désaffecté de 2600 m² attire l’attention : c’est l’ancienne annexe de la manutention militaire, qui était le magasin à fourrage de la garnison.

Le magasin à fourrage

Article de 2012 – dernière modification : 01/2023