Le Général Gallieni

Le GÉNÉRAL GALLIENI, GOUVERNEUR MILITAIRE de LYON

Ce grand soldat a sa place ici, car la ville de Lyon s’honore de l’avoir eu comme gouverneur militaire de 1906 à 1908.

DE L’ENFANCE À LA GUERRE DE 1870
Joseph Gallieni est né en 1849 à Saint-Béat (31) au pied des Pyrénées, fils d’un immigré italien engagé dans la Légion Etrangère et arrivé au grade de capitaine. Le jeune Gallieni va naturellement être orienté vers la carrière militaire. Il entre en 1860 pour 8 ans au Prytanée de la Flèche ; bachelier en 1867, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr promotion « Suez ». Gallieni choisit l’infanterie de marine et rejoint le 3ème RIMa à Toulon, alors que la guerre de 1870 est déclarée. Son régiment gagne le camp de Châlons, puis Sedan, où il participe aux combats de Bazeilles : le sous-lieutenant Gallieni est fait prisonnier, conduit en Allemagne pour 6 mois de captivité.

Gallieni capitaine

L’AVENTURE OUTRE-MER : REUNION, SÉNÉGAL, MARTINIQUE, SOUDAN
Après la désillusion de la défaite, c’est l’aventure coloniale qui attend Gallieni. Sa première destination est l’île de la Réunion (1872-1875). Fin 1876 le lieutenant Gallieni part pour le Sénégal. Après quelques mois d’ennui dans l’île de Gorée, il est envoyé en poste à Thiès et dans diverses missions. Promu capitaine, il crée un poste dans l’arrière-pays en 1879 et en 1880 mène une mission diplomatique auprès d’Ahmadou sultan du Soudan (aujourd’hui Mali).

Gallieni lieutenant-colonel

En 1881 de retour en France il est connu. Gallieni est muté à Toulon en 1881-1883, où il se marie et est promu commandant. Il part ensuite trois ans (1883-1886) en Martinique, où il rédige le récit de son expédition « Voyage au Soudan« . L’Afrique l’attend à nouveau, car devenu lieutenant-colonel, il est envoyé commander le Soudan français (1886-1888), où il se montre très ferme avec les dissidents, mais privilégie la pacification par des accords avec les chefs locaux.

Le TONKIN
De retour en France il va commander le 4° RIMa à Toulon (1888-1890) puis suit l’Ecole de Guerre à Paris (1890-1892) et fait paraître le récit « Deux campagnes au Soudan ». Pour lui établir une colonie c’est « pacifier, administrer, développer« .
Gallieni, colonel en 1891 va pouvoir mettre ses principes en pratique, car il est envoyé au Tonkin (1892-1896). Il est nommé commandant du territoire militaire de Lang Son, région où sévissent des insurgés ou « pirates ». Avec le concours de Lyautey son adjoint, Gallieni monte trois opérations successives pour défaire un à un les chefs insurgés et pacifier cette région. Il négocie avec les autorités chinoises pour fixer la frontière entre le Tonkin et la Chine.

NEUF ANNÉES À MADAGASCAR 1896-1905
En 1896 il rentre en France, est promu général et s’embarque en août pour Madagascar comme résident-général. La France avait établi son protectorat sur la grande île, après une expédition militaire en 1895, mais l’anarchie y régnait. Pendant la première année, il va faire table rase des structures existantes : exil de la Reine, abolition de l’esclavage et de la féodalité, réduction des zones d’insurrection.

Le général Gallieni à Madagascar, Lyautey à gauche

Ensuite commence la reconstruction : entouré d’officiers de valeur comme Lyautey qui l’a rejoint, il développe l’éducation, la santé et les transports : ports, routes et difficile construction d’un chemin de fer. Après 9 ans de gouvernement, Gallieni s’est créé beaucoup d’ennemis politiques. Aussi quand il revient en France à l’été 1905, son ministre nomme à sa place Victor Augagneur, maire socialiste de Lyon, ce qui ouvre la porte de la mairie à Édouard Herriot pour 50 ans.

UN GRAND COLONIAL EN FRANCE 1906-1914
Le général Gallieni est d’abord nommé en mars 1906 commandant du XIII° corps d’Armée à Clermont-Ferrand, puis en juin Gouverneur militaire de Lyon et inspecteur des XIV° et XV° corps d’armée (Lyon et Marseille). A ce titre il accueille à Lyon en mai 1907 le président Fallières.

Gallieni avec le président Fallières et Edouard Herriot

Des cartes postales le montent en visite à Sathonay et dans la neige à Briançon.

Le départ du général Gallieni après une revue à Sathonay
En visite à Briançon


Il quitte Lyon en août 1908, pour être nommé président du Comité de Défense des Colonies et membre du Conseil Supérieur de Guerre (CSG). Il effectue des voyages d’inspection et dirige des manœuvres. Au printemps 1914 il est placé hors cadre et part en retraite.

La GRANDE GUERRE
Gallieni est rappelé à Paris le 31 juillet 1914. Il est bientôt nommé gouverneur militaire de Paris : il met en défense la capitale et participe à la victoire de la Marne en lançant toutes les forces disponibles dans la bataille (épisode des taxis de la Marne). Il est ensuite Ministre de la guerre d’octobre 1915 à mars 1916, poste dont il démissionne pour raison de santé. Il décède au cours d’une opération chirurgicale en mai 1916. Il sera élevé à la dignité de maréchal de France en 1921 à titre posthume.

Dès juillet 1916, la ville de Lyon rebaptise le pont du Midi du nom de son ancien gouverneur.

Article de 2013 – dernière modification 04/2019
source : Marc Michel – Gallieni – Fayard 1989

Lyon, Garnison « Coloniale »

Les TROUPES d’AFRIQUE et COLONIALES À LYON et dans la RÉGION 

Les troupes coloniales ont été à l’origine créées par le ministère de la marine, sous le nom de « troupes de marine », puis en 1900 rattachées au ministère de la guerre elles sont alors appelées « troupes coloniales ». Elles redeviendront troupes de marine à la décolonisation en 1967. Elles doivent être distinguées des troupes d’Afrique (Afrique du nord) : zouaves, tirailleurs, chasseurs d’Afrique, spahis…
Même si Lyon s’honore d’avoir eu le général Galliéni comme gouverneur militaire en 1906-1908, la ville et sa région n’ont pas de vocation coloniale affirmée, mais ont accueilli certaines unités d’Afrique ou coloniales.

Les ZOUAVES À SATHONAY et la VALBONNE
Depuis une loi de 1899, les régiments de zouaves en garnison en Afrique du nord doivent détacher un bataillon en métropole. En 1901 le 2° Zouaves stationné à Oran envoie son 1° bataillon au camp de Sathonay, d’où sont détachées 2 compagnies au camp de la Valbonne.

Des zouaves à Sathonay

De même le 3° Zouaves de Constantine qui envoie son 3° bataillon à Sathonay, dont 2 compagnies partent à la Valbonne. Les zouaves sont logés sous tentes. En 1913/14 les 2° et 3° zouaves envoient leur 5ème bataillon respectif.

Sous-officiers du 2° Zouaves à la Valbonne en 1905

Des RÉGIMENTS D’INFANTERIE COLONIALE À LYON
À la fin des grandes manœuvres d’été de 1913, les 157° et 158° RI ne reviennent pas dans leur garnison de Lyon, ils sont remplacés par 2 régiments d’infanterie coloniale (RIC) respectivement les 5° et 6° RIC, formant la 2° Brigade Coloniale.

Le 6° colonial traverse la Saône

Un jour d’octobre 1913 au matin, le 6°RIC, aux ordres du colonel Blondeau, débarque à la gare de Perrache et sort drapeau au vent sous la pluie. Par le pont d’Ainay et la montée de Choulans, il rejoint le fort St-Irénée. Dans la nuit le 5°RIC (colonel Fonsagrives) arrive à son tour et rejoint la caserne de Serin et le fort Saint-Jean avec un détachement au fort de Montessuy à Caluire.
La revue de printemps en mai 1914 sur la place Bellecour permet aux lyonnais d’applaudir les « Marsouins », qui 3 mois plus tard partent pour la Grande Guerre. Le 5°RIC forme un régiment dérivé le 35°RIC.

Le 5° RIC de retour à Lyon passé en revue place Bellecour

Après une guerre héroïque, seul le 5° RIC rejoint Lyon. Le futur général Brosset y commence sa carrière d’officier comme sous-lieutenant pendant quelques mois en 1921-22. Le régiment est dissous le 1° janvier 1924.

Des TROUPES D’AFRIQUE DANS LA RÉGION

Insigne du 28ème RTT

De 1923 à 1925 l’état-major et un bataillon du 31° RTA (Tirailleurs Algériens) s’établit à Sathonay avant de partir pour la Maroc ; les autres bataillons sont à Romans et Montélimar.
De 1929 à 1939 est établi à Lyon le quartier général de la 1° Division d’Infanterie Nord-Africaine (1° DINA), qui comprend le 28° Régiment de Tirailleurs Tunisiens (28°RTT) de Sathonay, le 5° Régiment de Tirailleurs Marocains (RTM) à Bourg-en-Bresse et Belley, le 6°RTM à Montélimar, le 27° Tirailleurs Algériens (RTA) à Avignon et le 54° d’Artillerie à Lyon.
Le camp de Sathonay accueille le 28° RTT en 1926, à l’issue de la guerre du Rif ; il y stationnera jusqu’en octobre 1938 avant de rejoindre Montélimar.

Le 28° RTT à Lyon le 11/11/1936

En 1935-1938 le 5° Tirailleurs marocains (RTM) de Bourg-en-Bresse envoie un détachement au camp de la Valbonne.
La 5° Division de Cavalerie a également son QG à Lyon ; elle comprend entre autres le 9° Spahis algériens, dont les cavaliers tiennent garnison au quartier Saint-Germain à Vienne de 1922 à 1939.

En août 1956, ce sont les tirailleurs marocains du 1er RTM qui s’installent à Sathonay pour un an. Leur fanfare caractéristique est précédée de 3 boucs mascotte.

Le 1er RTM à Sathonay

Les TRADITIONS SURVIVENT…
En 2004 pour renouer avec la tradition, le 68° régiment d’artillerie (RA) formé en Afrique du nord, stationné à la Valbonne, a été rebaptisé 68° régiment d’artillerie d’Afrique (RAA).

Article de 2015 – dernière modification : 07/2019
Sources : Revue Historique des Armées – Bimillénaire de Lyon – 1958 / documents bibliothèque militaire & musée histoire militaire

Humbert de Groslée

HUMBERT DE GROSLÉE, SÉNÉCHAL DE LYON 1418-1434

UNE ÉPOQUE TROUBLÉE
Depuis 1407 le royaume de France vit une période de guerre civile entre les factions rivales des Armagnacs et des Bourguignons, alors que le roi Charles VI est fou. À cela s’ajoute le débarquement des Anglais suivi de la catastrophique défaite d’Azincourt (1415).
Robert de Bonnay bailli de Mâcon et sénéchal de Lyon y est tué. Son successeur Philippon de Bonnay son frère (1415-1418) doit en 1417 quitter Mâcon, qui se rallie au duc de Bourgogne. Alors que les anglais occupent l’ouest de la France, la ville de Lyon se rallie au dauphin Charles (futur Charles VII).

Blason d’Humbert de Groslée

UN SÉNÉCHAL COMBATTIF
Humbert de Groslée est né vers 1390, fils d’André de Groslée, seigneur de Passins. Il est le petit-neveu de Jean de Groslée sénéchal de Lyon de 1358 à 1363. Jeune écuyer il devient garde des ponts et passages sur le Rhône. C’est un chef militaire et un meneur d’hommes qui doit à sa fidélité de devenir en 1418 sénéchal et capitaine de Lyon, au service du dauphin Charles.
L’assassinat en 1419 du duc de Bourgogne Jean sans Peur scelle l’alliance entre anglais et Bourgogne. Le dauphin passe à Lyon en 1420 : il a absolument besoin du soutien de la ville à laquelle il accorde deux foires annuelles. Lyon est la ville qui « oncques ne varia » dans sa fidélité à la couronne. Cette même année avec Bernard d’Armagnac, Humbert bat la chevauchée pro-bourguignonne du forézien Rochebaron (victoire de la Servette). Avec le renfort de 500 lances et 1000 archers milanais, il étouffe une jacquerie en Forez (1422) et il capture (1423) Jean de Toulongeon, maréchal de Bourgogne, qui assiégeait le château de la Bussière (limite Mâconnais-Beaujolais). Entre temps le dauphin Charles est devenu Charles VII.
La défaite des franco-écossais par les Anglo-Bourguignons à Verneuil (Eure) en 1424 entraîne de grosses pertes régionales, ce qui permet à Toulongeon libéré après rançon de reprendre le château de la Bussière.

Sceau d’Humbert de Groslée 1418

UN SÉNÉCHAL DIPLOMATE et ADMINISTRATEUR
Humbert de Groslée se rapproche de Charles de Bourbon, fils du duc Jean prisonnier en Angleterre. Il est l’un des représentants du roi dans tous les épisodes de négociations entre roi de France, Bourgogne, Bourbon et Savoie. Humbert est aussi très présent à Lyon entre ses campagnes. Il est entouré au sein du conseil de défense de la ville d’Ansort de Sautans, de Guillaume des Forges et de Guilher de Montagny en 1421. Pendant ses absences il se fait suppléer par son père, puis par Guichard de Marzé. Il a pour lieutenant Gillet de Saint-Priest puis Imbault de Blettereins. Audry Chevriers est lieutenant aux fortifications.

La BATAILLE D’ANTHON – Les DERNIÈRES ANNÉES
Alors que dans les années 1429-1430 se déroule l’épopée de Jeanne d’Arc, Humbert va être le vainqueur de la bataille d’Anthon.

Humbert de Groslée et Raoul de Gaucourt vus par Gilbert Bouchard

En juin 1430 il défait à Anthon l’armée d’un seigneur franc-comtois, Louis de Chalon prince d’Orange parti à la conquête du Dauphiné. Le sénéchal Humbert joint ses forces avec celles de Raoul de Gaucourt gouverneur du Dauphiné, du capitaine de routiers Rodrigue de Villandrando et du capitaine lombard Le Borgne de Caqueran. Cette victoire conserve le Dauphiné au roi. Humbert est nommé conseiller et chambellan du roi.
En 1431 il mène une chevauchée en Charolais bourguignon pour contenir et dissuader des féodaux trop combattifs.

Humbert de Groslée meurt à environ 44 ans en 1434 ; il est inhumé en grande pompe dans l’église des Cordeliers de Lyon, dont sa famille est bienfaitrice depuis 1216.
Humbert était seigneur de Viriville (38) et Châteauvilain.
Un de ses fils Philibert sera le suppléant à Lyon du successeur d’Humbert, Théodore de Valpergue à la fin des années 1440.

UN HOMMAGE TARDIF…
Le 16 avril 2019 la Bibliothèque Militaire de Lyon a été baptisée officiellement du nom d’Humbert de Groslée. La plaque a été dévoilée par le général Loiacono Gouverneur Militaire de Lyon.

la plaque à l’entrée du Cercle Bellecour

Article de 2019Sources : Bernard Demotz et coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011 / vignette : Gilbert Bouchard – l’Isère en BD t.2 -copyright Glénat

François Ier dans la Région/1

Les PASSAGES de FRANÇOIS Ier À LYON et dans la RÉGION 1515-1525

À la mort de Louis XII le 1er janvier 1515, son cousin François d’Angoulême, 20 ans, devient le roi François Ier. Comme descendant de Valentine Visconti, il a lui aussi l’ambition de reconquérir le Milanais perdu en 1513.

1515-1516 de LYON À MARIGNAN – Le ROI en ITALIE
Début juillet 1515 à Amboise, il se met en route, s’arrête à Moulins chez Anne de Beaujeu et fait une entrée solennelle à Lyon le 12 juillet. La ville a préparé un accueil fastueux avec tableaux allégoriques, dont un sur la Saône. Le 15 le roi confie la régence à sa mère Louise de Savoie.

François Ier au début de son règne

Pour financer sa campagne, alors que son armée se rassemble, il emprunte aux banquiers italiens de Lyon. La banque lyonnaise est l’auxiliaire indispensable de la politique italienne. Le roi doit passer les Alpes, alors que les suisses qui défendent le duché de Milan l’attendent à Suse au débouché du col du Montgenèvre. Le maréchal Trivulse (Trivulzio), gouverneur du Lyonnais lui conseille de passer plus au sud, en aménageant le chemin.
L’armée se met en route début août ; l’avant-garde commandée par le connétable de Bourbon arrive à Guillestre et s’engage dans ce qui sera le col de Vars : il passe. Le roi attend 3 jours à Embrun la nouvelle : Bourbon est passé !! Le reste de l’armée s’ébranle et le 14 août entame le passage du col de Vars, puis passe le col de Larche pour descendre vers la plaine italienne. Les suisses, contournés, se replient vers le Milanais ; ils sont vaincus devant Marignan les 13 et 14 septembre. La valeur militaire de Bourbon, la vaillance du roi, mais aussi les 60 canons de l’artilleur Galiot de Genouillac ont été décisifs pour vaincre la meilleure infanterie d’Europe. Trois semaines après, la citadelle de Milan est prise ; Maximilien Sforza se rend. Le roi entre triomphalement à Milan le 16 octobre. Le 14 décembre il rencontre le pape Léon X à Bologne.

La bataille de Marignan

François rentre en France le 13 janvier 1516 retrouvant sa mère, sa sœur et la reine Claude à Sisteron. Il va alors prendre le temps de s’arrêter à la Sainte-Baume et d’être reçu solennellement à Marseille, puis il remonte par étapes la vallée du Rhône (Tarascon, Avignon, Valence pour arriver fin février à Lyon.

Jean-Jacques de Trivulse

Il va y rester 3 mois pendant lesquels il s’amuse. La reine y est reçue solennellement le 2 mars. Début juin, il fait un pèlerinage à pied de 15 jours (passage à la grotte de la Balme) jusqu’à Chambéry pour voir le Saint-Suaire. Rejoint par la reine, le retour sur Lyon (à cheval !) fait étape à Grenoble. Il repart ensuite pour le val de Loire avec une étape à Moulins chez le connétable de Bourbon.

1522-1523 : DEUX PASSAGES À LYON
Pour la suite de son règne, sur toutes ses frontières et en Italie, François Ier va devoir affronter Charles Quint souverain des Pays-Bas, roi d’Espagne et de Naples en 1516 et élu empereur d’Allemagne en 1519. En avril 1522 l’armée d’Italie commandée par l’incapable Lautrec est défaite à la Bicoque ; le Milanais est à nouveau perdu, ainsi que Gènes. En attendant les nouvelles d’Italie, le roi séjourne à Lyon jusque fin juillet.
En 1523 au mois d’août, alors que le connétable de Bourbon menacé d’arrestation fuit le royaume, François Ier est à nouveau à Lyon jusqu’à la mi-novembre pour préparer la campagne d’Italie suivante qu’il renonce à conduire ; elle est confiée à Bonnivet, qui échoue dans la reconquête de Milan et doit faite retraite. C’est pendant cette retraite que Bayard est tué.

L’amiral Guilllaume de Bonnivet

1524-1525 -La SECONDE CAMPAGNE D’ITALIE DU ROI

À l’été 1524 les troupes impériales menées par Bourbon envahissent la Provence et viennent assiéger Marseille : c’est un échec il doit se replier, avant même l’arrivée du Roi avec de nouvelles troupes. François passe par Lyon, descend la vallée du Rhône jusqu’à Aix et le 6 octobre prend à nouveau la route de l’Italie. Les suisses et les lansquenets passent par Guillestre, l’artillerie, les autres gens de pied et le roi par le Montgenèvre. Il confie le gouvernement à sa mère, qui vient s’installer à Lyon au cloître de Saint-Just. L’armée fonce vers Milan ; la ville est prise sans coup férir dès le 26 octobre. Pour assurer la conquête du duché de Milan, il reste 2 villes tenues par les impériaux : Lodi et Pavie. Malgré les conseils de ses capitaines, le roi choisit d’aller assiéger Pavie, puissamment fortifiée, contre laquelle les assauts échouent. Le 24 février 1525 une tentative des impériaux pour secourir la ville se transforme en une bataille générale. Alors qu’il a bataille gagnée par la puissance de son artillerie, François conduit une charge de cavalerie qui tourne au désastre : de nombreux capitaines sont tués (la Palisse, Bonnivet, la Trémoille) et le roi est fait prisonnier.

Louise de Savoie

Devant cette catastrophe, Louise de Savoie s’appuie sur le duc de Vendôme qu’elle a fait venir à Lyon pour réorganiser la défense du royaume. Le roi, transféré en Espagne, tombe malade en septembre 1525, sa mère toujours à Lyon attend anxieusement les courriers. Le roi signe le traité de Madrid en janvier 1526 ; la régente quitte alors Lyon le 1er février pour Amboise. Elle va y rejoindre les 2 premiers fils du roi (François et Henri) destinés à être livrés en otages en échange du roi. Elle les accompagne jusqu’à la frontière espagnole et en revient avec le roi qui retrouve son royaume.

Un autre article décrit le séjour et la politique de François Ier dans la région en 1536.

Article de 10/2020 – Sources : Didier Le fur – François Ier – Perrin 2015

Histoire de la Dombes

HISTOIRE d’une PRINCIPAUTÉ OUBLIÉE : La DOMBES

La Dombes est aujourd’hui une zone géographique au nord de l’agglomération lyonnaise, appartenant au département de l’Ain, comprenant un plateau parsemé de nombreux étangs, limité à l’ouest par la Saône de Thoissey à Trévoux. Ce petit coin de France a connu une histoire particulière très riche.

La tour octogone de Trévoux

En 1032 le royaume de Bourgogne est légué à l’Empire (germanique). La Dombes à l’est de la Saône devient donc une « terre d’Empire ». Au XII° siècle le territoire est partagé entre les sires de Bagé et les sires de Villars. Trévoux est en la possession des sires de Villars qui y édifient le château avec sa tour octogone.

Les SIRES de BEAUJEU
En 1218 le sire de Bagé donne sa fille Marguerite en mariage à Humbert V de Beaujeu avec en dot des terres en Dombes et la seigneurie de Miribel . Ainsi était créée sur la rive gauche de la Saône une annexe de la seigneurie de Beaujeu qu’on appellera le « Beaujolais d’Empire ». Cinquante ans plus tard le mariage de Sybille de Bagé avec Amédée V comte de Savoie fait entrer la Bresse dans les possessions savoyardes. Au début du XIV° siècle, dans la succession d’épisodes guerriers entre la Savoie et le Dauphiné (guerre de Septante ans 1282-1355), le sire de Beaujeu est l’allié du comte de Savoie, ce qui vaut à Guichard VI de Beaujeu d’être fait prisonnier devant Varey (en Bugey 1324) et de devoir verser au dauphin une lourde rançon, dont le château de Miribel, qui au traité de 1355 sera récupéré par la Savoie.

.Dans les années 1370 des querelles territoriales provoquent des affrontements avec le comte de Savoie. Le comte de Savoie reconnait au sire de Beaujeu la possession de Thoissey, Lent, Montmerle, Ars, Belvey. En 1400 Edouard II de Beaujeu sans héritier lègue sa principauté au duc de Bourbon.

Pierre II duc de Bourbon

Les DUCS de BOURBON
Louis II duc de Bourbon (+1410) devenu sire de Beaujeu, va très vite acheter à Humbert VII de Thoire-Villars, sans héritier, pour 30000 livres les places de Trévoux, Ambérieux, le Châtelard et Monthieux (1402), constituant ainsi le territoire de la future principauté de Dombes, non sans contestations de la part du duc de Savoie. Ces litiges et chicaneries continueront pendant tout le XV° Siècle. À Louis II succèdent Jean Ier, Charles Ier, Jean II (+1488), Charles II (+1488), Pierre II (+1503).
Ce dernier a épousé Anne de France fille du roi Louis XI, alors qu’il était sire de Beaujeu. Celle-ci devenue régente du royaume est connue sous le nom d’Anne de Beaujeu. À la mort de Pierre II, Anne marie sa fille unique Suzanne au cousin Bourbon le plus proche Charles de Montpensier qui devient le duc Charles III. En 1513 la Dombes doit être protégée contre des bandes de pillards.
Le duc, grand homme de guerre, est fait connétable de France par François Ier et gouverneur du Milanais après Marignan. C’est le plus puissant féodal de France, dont l’importance gène le roi et sa mère, qui lui cherchent querelle après la mort de Suzanne (1521) sans enfant. Le connétable de Bourbon poussé à la faute va offrir son épée à Charles-Quint en 1523. C’est la trahison ; le roi confisque aussitôt toutes les possessions du Duc, dont la Dombes.

La Dombes au XVII° siècle (carte Académie de la Dombes)

L’INTERMÈDE ROYAL
François Ier renouvelle tous les privilèges locaux et crée dès 1523 le Parlement de Dombes, cour de justice souveraine. Ce parlement s’installe à Lyon, faute de logis convenable à Trévoux. En 1538 le Roi restitue une toute petite partie des terres du connétable de Bourbon, le duché de Montpensier et le dauphiné d’Auvergne à un Bourbon d’une branche cadette, Louis de Vendôme.
En 1543 la Dombes, comme terre d’Empire, est séparée administrativement du Beaujolais et la formule « Beaujolais à la part de l’Empire » est remplacée par celle de « Souveraineté de Dombes« . Le duc Louis de Montpensier ne cesse alors de la revendiquer. La souveraineté de Dombes lui est enfin attribuée en 1560 par le Roi François II.

Louis de Montpensier

Les BOURBON-MONTPENSIER
Le nouveau souverain confirme les privilèges et exemptions dont bénéficient les habitants et rétablit l’atelier monétaire de Trévoux. Début 1563 les protestants maîtres de Lyon envoient un fort contingent de soldats piller les vivres en Dombes, seul le château de Trévoux résiste. Louis (+1582) prépare l’ordonnance de Dombes publiée par son successeur François (+ 1592). Ce texte reprend et confirme tous les privilèges et franchises de Trévoux et de la souveraineté de Dombes. La Dombes est exemptée de tailles, mais paye un « don gratuit » tous les 7 ans au souverain.

Henri de Montpensier

Henri (1592-1608) successeur de François de Montpensier soutient Henri IV. La Dombes subit les séquelles des guerres de Religion. Thoissey est occupé par les Ligueurs : il faut 10 mois de siège à Alphonse d’Ornano pour en venir à bout (1594-95). En 1594 les hommes de Treffort gouverneur de Bourg pour le duc de Savoie ravagent la Dombes : Lent et le Chatelard sont incendiés, les habitants qui restent sont massacrés. En représailles Henri IV envoie Montmorency puis Biron ravager la Bresse : Bagé, Varax, les châteaux de Châtillon et de Richemont sont détruits, les remparts de Villars sont détruits (1595). La paix permet le retour d’Henri de Montpensier.

Marie de Montpensier et Gaston d’Orléans

Henri mort en 1608 laisse une fille de 3 ans Marie de Montpensier. Elle épouse en 1626 Gaston duc d’Orléans frère de Louis XIII et meurt l’année suivante après avoir donné naissance à Anne-Marie-Louise d’Orléans, qui devient princesse de Dombes dès sa naissance. Son père Gaston assure l’intérim et frappe des monnaies à son nom.

La grande Mademoiselle

Anne-Marie-Louise dite la Grande Mademoiselle, duchesse de Montpensier, joue une rôle actif pendant la Fronde contre Louis XIV son cousin. Elle ne passera que 3 jours à Trévoux en 1658 ; elle créera le collège de Thoissey et l’hôpital de Trévoux. L’hôpital Montpensier au bord de la Saône inclut une grosse tour ronde du rempart médiéval. La Grande Mademoiselle garde la principauté jusqu’à sa mort en 1693, mais dès 1681, sans héritier, elle en a fait donation au duc du Maine.

le duc du Maine

Le DUC DU MAINE et ses SUCCESSEURS
Louis Auguste duc du Maine (+1736) est le fils légitimé de Louis XIV et de madame de Montespan. Sa souveraineté est une période faste. Il va favoriser l’installation à Trévoux d’un éditeur-imprimeur : Les éditions de Trévoux vont prendre très vite une grande importance. Les jésuites vont y faire paraître en 1701 le Journal de Trévoux. Le duc du Maine va obliger les officiers de son Parlement à siéger à Trévoux. Pour cela il va faire construire le palais du Parlement à partir de 1702 (actuel palais de justice). Il fonde un hôpital à Thoissey.

Salle d’audience du Parlement de Trévoux

Son fils Louis-Auguste II (+1755) va être moins apprécié. Il supprime les états de Dombes en 1739 et impose la taille. Son frère Louis-Charles lui succède, mais il se désintéresse de sa principauté et la cède à Louis XV en 1762 contre quelques titres. La Dombes est alors réunie au domaine royal.
En 1771 le parlement de Trévoux est supprimé et la Dombes est ensuite réunie à la Bresse en 1781.
Bresse, Dombes, Bugey et pays de Gex formeront en 1791 le département de l’Ain.

Article de 2017 – Dernière modification 11/2024
Source : Antoine Nouvellet – Histoire de la Souveraineté de Dombes -éditions de Trévoux 1982 / Georges Guette – la tour octogone, le connétable traitre ou héros ? – Planète 1970
/ Yves Vercellis – La principauté de Dombes sous la première annexion française – Revue Dombes n°44 -2022

Guerre de 1870: Mobilisation Sanitaire

LYON dans la GUERRE de 1870-1871 : La MOBILISATION SANITAIRE 

La ville de Lyon a participé activement à l’effort de guerre en 1870-71 par l’envoi de renforts en hommes, les « mobiles » et les légions et par une mobilisation sanitaire.

MOBILISATION SANITAIRE DE LA VILLE 
À cette époque la mortalité par maladie est encore très importante, même en temps de paix, puisque pour les 7 premiers mois de 1870, on enregistre dans les deux hôpitaux militaires lyonnais 141 décès de soldats soit 20 par mois.
La guerre est déclarée le 19 juillet 1870. Les 2 hôpitaux militaires de la ville sont vite insuffisants en temps de crise dans une ville qui devient une base arrière pour l’évacuation des blessés et malades militaires.
La ville va mettre en place de nombreux centres de soins appelés à cette époque « ambulances » au nombre de 61 dans les établissements d’ enseignement, les institutions religieuses et tous les locaux disponibles. Dès le début du conflit, la Société de Secours aux Blessés Militaires de Terre et de Mer organise des concerts, des loteries, des souscriptions, afin de récolter des fonds : elle réussit au delà de ses espérances. Pour administrer les sommes recueillies, divers comités sont institués, en particulier pour gérer les ambulances sédentaires. Plusieurs commissions de dames lyonnaises se constituent pour s’occuper du travail de lingerie, des pansements, des secours à domicile, des dons en lingerie et vêtements…

Dans une « ambulance » image d’Epinal

RÉPARTITION DES DÉCÈS
Le nombre total de blessés et malades militaires évacués par train et soignés à Lyon n’est pas connu, seul le relevé des décès militaires par arrondissement donne des chiffres précis avec un total général de 2117 décès (du 15/07/1871 au 31/12/1871) :

18701871total
1er arrondissement145154299
2ème arrondissement5318221353
3ème223658
4ème8187168
5ème55169224
6ème11415
total83512822117

Ces chiffres reflètent la présence de l’Hôpital Militaire (futur hôpital Desgenettes) dans le 2ème arrondissement. Le premier décès d’un soldat vraisemblablement évacué, un chasseur à pied de la Garde Impériale, a lieu le 7 août. D’août à novembre ce sont essentiellement des soldats d’active qui sont soignés ; en octobre apparaissent les mobiles. En décembre – janvier les décès concernent majoritairement des malades parmi les mobiles ou soldats des régiments de marche réunis à Lyon pour constituer le 24° corps. Tous ces hommes devaient être logés dans des conditions insalubres avec une hygiène défectueuse…
Dans le 1er arrondissement les militaires sont soignés à l’hôpital des Collinettes (futur Villemanzy).
Pour le 4ème c’est très majoritairement à l’hôpital de la Croix-Rousse.

AMBULANCES SÉDENTAIRES
L’ensemble des 61 ambulances sédentaires représente 1800 lits ayant accueilli 7126 malades avec 375 décès. Il faut y ajouter l’ambulance de la gare Perrache avec 250 lits et 45000 malades ou blessés accueillis et soignés. Nous citerons les « ambulances » les plus importantes par le nombre de lits:

- Frères Écoles chrétiennes, 24 mtée St-Barthélémy, 219 lits
- École vétérinaire 170 lits
- Dominicaines d’Oullins, 115 lits
- Sacré-Coeur de la Ferrandière, 70 lits
- Ambulance de Neuville, 68 lits
- Jésus Marie, place de Fourvière, 60 lits
- Visitation, 310 mtée du télégraphe, 50 lits
- Retraite St-Régis, 12 mtée de Fourvière, 54 lits
- Dames des missions, 14 Ch. de Montauban (aujourd’hui les Maristes),42 lits
- Dames de la Solitude, 29 Ch. de Montauban, 45 lits
- Archevêché, avenue de l’Archevêché (av. Adolphe Max), 40 lits
- Missions Africaines, 40 lits
- Salle d’Apollon, 40 lits
- sœurs de St-Vincent-de-Paul, 8 avenue du Doyenné, 33 lits
- Sacré-Coeur des Anglais, 30 lits
- maison Carrier, 30 lits

De plus pour donner gratuitement des secours aux familles nécessiteuses de ceux qui sont au front, la ville est divisée en 10 circonscriptions avec chacune un président, où s’inscrivent 125 médecins.
Une mobilisation sanitaire de la ville encore plus importante sera mise en œuvre en 1914-1918.

Voiture ambulance en 1870

PARTICIPATION SANITAIRE au CONFLIT 
Sous les auspices du comte d’Espagny, un comité de notabilités médicales de la ville décide de l’envoi d’ambulances mobiles. Les deux premières sous les directions respectives de Louis Léopold Ollier chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu créateur de la chirurgie orthopédique et du médecin Charles Alphonse Gayet partent vers Belfort. La troisième plus tardivement (docteur Christot) rejoint l’armée Bourbaki probablement avec le 24° corps formé à Lyon.
Par ailleurs une ambulance mobile formée à St-Etienne rejoint la 1ère Armée de la Loire, puis suit son parcours sous les ordres de Bourbaki.

Article de 2013dernière modification 02/2017
Sources : Recherches de l’Atelier généalogique de l’Office Fidésien Tous Ages (OFTA) de Ste-Foy-lès-Lyon – Souvenir d’une guerre oubliée – plaquette 2014
/ Etat-Civil de Lyon

Le 68° RAA

Le 68° RÉGIMENT D’ARTILLERIE D’AFRIQUE (RAA) 

Les DÉBUTS en AFRIQUE DU NORD 
Le 68° Régiment d’artillerie d’Afrique est un régiment jeune créé en avril 1941 en Afrique du nord dans le cadre de l’Armée d’Armistice. Il est l’héritier d’un 68° Régiment d’artillerie divisionnaire (70°DI /5°Armée) créé en septembre 1939 et presque anéanti en juin 1940. Son premier chef de corps est le colonel de Hesdin, futur gouverneur militaire de Lyon (1946-49). Le nouveau 68 est formé de 3 groupes stationnés à Tlemcen, Sidi-Bel-Abbès puis Arzew et Mascara. Les moyens et équipements sont médiocres. En novembre 1942 le groupe d’Arzew a des pertes en s’opposant au débarquement américain… Dès la fin du même mois au début mai 1943 les 3 groupes du régiment participent à la campagne de Tunisie ; le 1er groupe concourt à la prise du djebel Zaghouan.

Le quartier à Tlemcen

La CAMPAGNE de 1944-45 
Pendant l’année qui suit, le 68 regroupé en Oranie se réorganise et s’entraîne. Nos artilleurs sont complètement équipés en matériel américain (canons automoteurs M7 de 105, véhicules, équipements, uniformes). Il devient RADB et il va former l’artillerie divisionnaire de la 1° DB (Général Touzet du Vigier), chacun de ses groupes soutenant une unité de combat de la division.
le 1/68 débarque en Provence le 15 août 1944 sur la plage de la Nartelle, les deux autres groupes suivront. Le 1/68 prend part aux combats de la libération de Marseille, mais son chef de corps le colonel Rousset y est tué. C’est ensuite la marche rapide sur la rive droite du Rhône par Annonay, Saint-Etienne, mais le régiment ne participe pas à la Libération de Lyon. Le 3/68 soutient le 2 septembre l’attaque sur Anse et Villefranche. Le 1/68 continue la chevauchée sur Mâcon, Chalon, Dijon. Tout le régiment se regroupe dans la région de Lure. Ce sont ensuite les combats sur les contreforts des Vosges (Ronchamp), suivis en novembre par l’entrée en Alsace et les combats de la région de Mulhouse, où l’artillerie joue un grand rôle.

Dans une ville d’Alsace

Le 3° groupe du 68 est cité à l’ordre de l’Armée et le général De Gaulle écrit : « 3/68 un groupe légendaire sans lequel aucune victoire n’eut été possible« . C’est enfin en mars 1945 la campagne d’Allemagne, où les 3 groupes opèrent séparément, jusqu’à la capitulation.

La Citation du 3/68

DE PÉRIGUEUX AUX FFA :
A l’automne 1945 le 68 revient en France. Les groupes 2 et 3 sont dissous, il reste le 1er groupe qui s’installe à Périgueux jusqu’en 1951, où dans le contexte de la guerre froide, il rejoint les Forces Françaises en Allemagne (FFA) à Saarlouis. Il est progressivement équipé de canons automoteurs de fabrication française de 105 puis de 155. En 1960 le régiment quitte la Sarre pour Trèves, où il devient régiment d’artillerie lourde divisionnaire (RALD), réorganisé en 2 groupes canons et un groupe missile doté de missiles américains « Honest John » (en service jusqu’en 1973). En 1974 le 68 est déplacé à Landau, où il ne restera que deux ans.

Les deux insignes du 68

PHALSBOURG, LA VALBONNE et OPEX 
En 1976 le 68 quitte les FFA pour la Lorraine : il passe 8 ans à Phalsbourg (57), période pendant laquelle il se professionnalise. À l’été 1984 à la création de la Force d’Action Rapide (FAR), il devient le régiment d’artillerie de la 6°DLB (Division Légère Blindée) et est déplacé au camp de la Valbonne (01) au quartier de Langlade libéré par le 4° Régiment de Chasseurs. Il est organisé en 4 batteries sol-sol et une batterie sol-air. À partir de 1984 le 68 va renouer avec l’outre-mer au cours de nombreuses manœuvres et en participant aux Opérations Extérieures (OPEX) : Liban 1984, Tchad, RCA, Irak (opération Daguet) 1990/91, Cambodge 1992/93, Bosnie, Kosovo.

Canons de 155 TR F1

En 1999 le régiment est rattaché à la 3°BM (Brigade Mécanisée) de Clermont-Ferrand et toujours sur le camp de la Valbonne passe du quartier de Langlade au quartier Bobillot plus moderne.
Au 1er juillet 2004 il reprend l’appellation et les traditions de Régiment d’Artillerie d’Afrique (RAA) et comprend 2 batteries canon (système Caesar), une batterie sol-air (système Mistral), une batterie de renseignement (drones DRAC) et une batterie de commandement et logistique.

14 juillet 2012 à Lyon

Les OPEX des années 2000 le conduisent en Côte d’Ivoire, Afghanistan (2010/11), au Mali (opération Serval 2013) et en Irak (Mossoul, Hadjin), opération Barkhane au Sahel…
En 2014 le 68 fête ses 30 ans de professionnalisation ; l’unité est la gardienne des traditions de l’artillerie d’Afrique. Le quartier Bobillot a été rebaptisé quartier colonel Rousset du nom de son chef de corps tué en 1944.
Dans la réorganisation 2016 de l’Armée de Terre « Au Contact » le 68 est transféré à la 7° BB (Brigade Blindée) de la 1ère Division Scorpion des Forces Terrestres.


La devise du régiment est : « De l’audace toujours » ; sur son étendard figurent les mentions : Djebel Zaghouan 1943, Mulhouse 1944-45, Danube 1945.

Article de 2014 -Dernière modification 11/2021 – Source : Pierre Dufour – 68° Régiment d’Artillerie – MIDEV 1993

L’Hôtel du Gouverneur à Lyon

L’HÔTEL DU GOUVERNEUR MILITAIRE DE LYON

En mai 1804 l’état impérial cède gratuitement à la ville de Lyon le « claustral des Dames de la Déserte » (emplacement de la place Sathonay) et en échange la ville s’engage à loger la plus haute autorité militaire de la place. Le commandant militaire de la division de Lyon y sera logé de 1804 à 1812, puis il résidera place Bellecour en 1812-1821 et enfin à l’hôtel Varissan.

L’HÔTEL VARISSAN AVANT 1914
Cet hôtel particulier se situait près de la place Bellecour, à l’angle des rues Boissac et Sala. Bâti vers 1650, décoré par le peintre Thomas Blanchet, il avait appartenu à la famille Croppet de Varissan. Sous la Restauration il est le siège de la Préfecture, qui en 1821 est transférée dans le bâtiment des Jacobins sur la place du même nom. L’hôtel Varissan est alors acheté par la ville et attribué au commandant de la 19° division militaire. Le général Paultre de Lamotte en est le premier bénéficiaire.
Sous le second Empire le plus illustre titulaire est le maréchal de Castellane, qui multiplie les prises d’armes place Bellecour.

L’Hôtel Varissan dessin d’un journal du XIX° siècle

Après 1870 le général Bourbaki est le premier a avoir officiellement le titre de Gouverneur. Sous la III° République, le général Galliéni (1906-08) est le plus renommé.
Mais à la fin du XIX° siècle le quartier est devenu assez insalubre et Niepce auteur de « Lyon militaire » parle de « cet hôtel étroit et mesquin, indigne d’un personnage aussi important qu’un gouverneur de Lyon ».
Edouard Herriot, maire de Lyon, propose à son conseil en décembre 1913 d’acheter l’hôtel Vitta, pour que le général Pouradier-Duteil nouvellement arrivé puisse s’y établir. L’Hôtel Vitta devient donc au début de 1914 l’hôtel du Gouverneur.

L’Hôtel Varissan devenu HA31 avec le drapeau de la Croix-Rouge

Pendant la Grande Guerre l’hôtel Varissan disponible va devenir l’hôpital auxiliaire HA31 géré par la Croix-Rouge avec 55/60 lits. Il est démoli en 1930.

L’HÔTEL VITTA
L’Hôtel Vitta a été construit par le baron Jonas Vitta, d’une famille de banquiers juifs du Piémont élevée au rang de baron. Homme d’affaires, il vient s’établir à Lyon vers 1846. En 1857 il commande à l’architecte Lablatinière la construction d’un hôtel particulier sur l’avenue de Noailles (aujourd’hui avenue Foch).

La façade sur l’avenue maréchal Foch

Le bâtiment est construit de 1858 à 1861 dans le style bourgeois du Second Empire, Le corps de logis principal à 3 étages est au 38 avenue Maréchal Foch, donnant sur la place Puvis de Chavanne.

La façade sur la cour

Sur la rue Malesherbes un bâtiment à un étage abrite les communs et les écuries. Les deux bâtiments sont reliés par des galeries couvertes en terrasse, formant une vaste cour intérieure, avec un caractère italien par les arcades des galeries et les fontaines à coquilles.

La cour et les communs

Après Jonas, son fils Joseph Vitta fut un grand amateur d’art. En 1913 sans héritier, n’y vivant plus et souhaitant la sauvegarde de son hôtel lyonnais estimé à 800000 francs, il consent à le vendre à la ville. Celle-ci ayant réduit de 100000 F l’estimation, le baron Vitta accepte la transaction, mais retire son mobilier. Le général Pouradier-Duteil s’y installe et peut donner en mars 1914 une grande réception pour le mariage de sa fille. Depuis cette date 45 gouverneurs militaires s’y sont succédé, succession interrompue par l’occupation allemande en 1942-1944.

La succession des Gouverneurs

Passé le porche d’entrée, où des plaques de marbre rappellent la succession des gouverneurs, le rez-de chaussée dans l’aile nord est occupé par des bureaux, dont celui du général gouverneur. Un escalier d’honneur monte au premier étage. À droite côté cour une belle pièce est le fumoir, puis une grande galerie bien éclairée, qui était la galerie de tableaux du baron Vitta. Les tableaux actuels représentent Castellane et le baron Bergé.

La Grande Galerie

Coté avenue après la salle-à-manger bien décorée, le grand salon de style Napoléon III doré avec de magnifiques lustres, est suivi d’un petit salon avec une cheminée.

Le Grand Salon

L’Hôtel du Gouverneur est ouvert à la visite dans le cadre des journées du Patrimoine.

Dans ce site, 4 articles relatent l’histoire des différents gouverneurs qui se sont succédés à Lyon depuis 1310 :
- sénéchaux et gouverneurs de 1310 à 1612
- les gouverneurs de Villeroy de 1612 à 1789
- commandants militaires et Gouverneurs de1789 à 1945
- les Gouverneurs depuis 1945

Sources : l’hôtel Vitta – revue Rive Gauche n°18 10/1966 / O.Massé – Hôtel des Gouverneurs militaires de Lyon – plaquette 1999

Article  de 2016               

Les Espagnols en Savoie 1742

UNE OCCUPATION ESPAGNOLE en SAVOIE 1742-1749

Avant sa réunion à la France en 1860, la Savoie a été occupée à plusieurs reprises par les troupes françaises (sous François Ier et Henri II, un an sous Louis XIII, deux fois à la fin du règne de Louis XIV, sous la Révolution et l’Empire)… Plus inattendue est une occupation espagnole dans les années 1740.

LES CIRCONSTANCES POLITIQUES
En 1740 à la mort de l’Empereur Charles VI, sa fille Marie-Thérèse lui succède. Elle hérite directement de l’Autriche, de la Bohème, de la Hongrie, de la Belgique et du Milanais, mais étant une femme, elle ne peut être élue Empereur. Cet héritage est contesté par plusieurs souverains européens et l’attaque brutale par le roi de Prusse Frédéric II de la Silésie, qui fait partie de la Bohème, déclenche la guerre de Succession d’Autriche.

Charles-Emmanuel III

L’Espagne souhaite reconquérir le Milanais, ce qui conduit le Roi de Piémont-Sardaigne Charles-Emmanuel III hostile à la présence espagnole en Italie à s’allier à l’Autriche. Le roi d’Espagne envoie des troupes en Italie fin 1741 et début 1742. Mais ensuite le reste des troupes espagnoles est bloqué à Barcelone par l’intervention de la flotte anglaise en Méditerranée. Louis XV autorise alors le passage d’une armée espagnole par la France (mars 1742). Le roi de Sardaigne a mis en défense Nice et Villefranche-sur-mer, ce qui fait que les espagnols commandés par l’infant Philippe, le plus jeune fils de Philippe V d’Espagne et d’Elisabeth de Parme, restent bloqués à Antibes, pendant que ceux débarqués en Italie sont refoulés. Madrid ordonne alors à l’armée de prendre la route des Alpes par Barcelonette, Briançon, mais elle hésite à passer en Piémont et finalement se rabat sur la Savoie, destination tout-à-fait imprévue…

La PREMIÈRE OCCUPATION
Le 1er septembre 1742 l’avant-garde espagnole passe le col du Galibier et descend sur Valloire et la Maurienne. La Savoie n’est pas en état de se défendre ; les hauts fonctionnaires piémontais totalement surpris expédient à Turin les caisses des deniers royaux et les archives et se replient au delà des Alpes. Très vite le territoire est occupé sans heurt par 18000 espagnols. Les autorités locales sont invitées à se soumettre et à reconnaître le roi d’Espagne comme suzerain. Très vite paraissent des ordres de réquisition pour l’entretien de l’armée espagnole, qui se répartit sur le territoire, mais ne garde pas les cols.
Début octobre le roi de Sardaigne avec 11000 hommes pénètre en Savoie à la fois par les cols du Mont-Cenis et du Petit-Saint-Bernard, refoule les espagnols dans les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise. Les 2 armées se font face devant Montmélian, mais l’armée espagnole refuse le combat et passe en France pour stationner autour de Fort-Barraux. Cela oblige l’armée piémontaise à stationner dans des conditions difficiles autour de Montmélian. Madrid remplace son chef d’état-major par le marquis de la Mina avec ordre de contre-attaquer.

Drapeau de Savoie

La GRANDE OCCUPATION 1743-1749
En décembre les espagnols envahissent à nouveau la Savoie : seul le château d’Apremont résiste ; les piémontais en infériorité numérique font retraite, talonnés par les espagnols et repassent difficilement les cols.
Le 5 janvier 1743 accueilli par les autorités, l’infant Philippe fait une entrée solennelle à Chambéry et s’installe au château. Il impose le 25 février une prestation de serment de la noblesse, du Sénat et de toutes les autorités de Savoie.

Edit de prestation de serment de fidélité

L’infant et les chefs espagnols exercent une certaine fascination sur la haute société savoyarde, avec laquelle s’organisent des fêtes, des spectacles… Un théâtre est construit au château de Chambéry. Une structure gouvernementale s’organise avec un Conseil espagnol présidé par le marquis de la Ensenada qui a autorité sur la Délégation générale de 4 puis 9 Savoyards désignés d’office, chargés de la délicate mission de collecter les impôts et d’exécuter les réquisitions.

La Savoie est ainsi prise en otage par les espagnols et sert de base arrière pour les opérations en Italie. Les occupants, dont le nombre sera très variable, selon les péripéties de la guerre, s’installent partout en Savoie. Ils doivent être logés et soignés, ont besoin de bois de chauffage, de viande, de fourrage… Le poids des réquisitions forcées va devenir de plus en plus lourd avec les années pour une province à bout de ressources. L’économie est perturbée, la contrebande se développe.

Ouvrage de 1760 relatant les opérations militaires de l’année 1744 sur le front des Alpes (Bibliothèque militaire de Lyon)

En février 1744 l’infant Philippe fait un voyage à Lyon, où il est reçu en grande pompe par les autorités lyonnaises: cavalcade, canonnade, feu d’artifice, illuminations, spectacles à l’opéra, bal à l’hôtel de ville…

L’infant Don Philippe

La FIN DE LA GUERRE ET LA LIBÉRATION
La Guerre de Succession d’Autriche se termine en juillet 1748. Les espagnols commencent à quitter la Savoie. La paix est signée au traité d’Aix-la-Chapelle en octobre. Charles-Emmanuel III récupère la Savoie et Nice et gagne quelques territoires du Milanais.
L’infant Philippe devient duc de Parme, héritage de sa mère ; il fonde ainsi la dynastie de Bourbon-Parme (un de ses nombreux descendants est le Grand-Duc de Luxembourg actuel). Il quitte Chambéry en décembre ; les derniers espagnols en février 1749. Les envoyés du roi de Sardaigne reprennent le contrôle du duché à la satisfaction générale. Le théâtre espagnol est démonté. Il n’y a pas de sanction envers ceux qui ont collaboré, mais le roi a aussi besoin d’argent et les impôts continuent. L’apurement des comptes après ce traumatisme durera plus de 20 ans…

Manifeste des comptes

L’occupation suivante de la Savoie sera française en 1792.

Article de 2017 – dernière modification 12/2024

Source : Alain Becchia – l’occupation espagnole de la Savoie – L’histoire en Savoie n°13 2007 (bibliothèque militaire de Lyon) / Albert Champdor – Les rois de France à Lyon – Albert Guillot 1986

Documentation Militaire

FONDS DOCUMENTAIRE MILITAIRE

L’Association du Patrimoine Militaire de Lyon, outre le Musée et ses collections, a dû gérer et organiser un fonds d’Archives et de documents militaires, constitué grâce aux donations de particuliers. Majoritairement du XX° siècle, ces archives sont très diverses: photographies, cartes postales, articles et mémoires, lettres, documents administratifs, affiches, cartes et plans. La section du Musée chargée de conserver et de gérer ces archives a constitué le Centre de Documentation et Recherche Militaires (CDRM).

plaques photographiques, diapositives et films

CHANGEMENT de LOCAUX: TRANSFERT AU CERCLE

La position du CDRM au sein du Musée, lui-même dans l’enceinte contrôlée du QGF ne facilitait pas le rayonnement dudit CDRM… C’est pourquoi le commandement a décidé de son déménagement dans les locaux du Cercle Général Frère, en accès libre. Ce transfert a eu lieu le 21 février 2023.

Dans le cadre de la création du Centre Culturel Militaire, le fonds documentaire de l’APaM est aujourd’hui attribué à la Bibliothèque Humbert de Groslée, dont il forme l’une des sections. Les documents sont stockées dans des armoires dans la salle de lecture; les meubles à tiroirs pour les cartes et affiches sont dans un local technique annexe.

Le Centre de Documentation dans son ancien local avec madame Magnillat au travail

ACCUEIL des DONATEURS et des CHERCHEURS 

Notre Fonds Documentaire est ouvert à tous les chercheurs et amateurs de tous niveaux et tous âges pour des recherches universitaires ou personnelles, historiques, militaires ou généalogiques. Appeler le Centre Culturel ou la Bibliothèque pour tout renseignement. Vous pouvez aussi vous présenter à la Bibliothèque: il vous sera fait bon accueil !!

Article de 2012 – Dernière modification 11/2025