Sénéchaux et Gouverneurs avant 1612

TROIS SIÈCLES de SÉNÉCHAUX et GOUVERNEURS de LYON et de la RÉGION (1310 à 1612) 

Depuis le XIII° siècle, les territoires du domaine royal sont administrés par des baillis dans les régions du nord et des sénéchaux dans les provinces du sud de la France ; puis par la suite l’autorité royale est déléguée à un gouverneur ou un lieutenant-général.

Le TEMPS DES SÉNÉCHAUX 1310-1462 
Après l’annexion au royaume en 1310 de Lyon et de son comté, la sénéchaussée de Lyon est créée en 1313. Les sénéchaux de Lyon sont le plus souvent en même temps baillis de Mâcon. Ces officiers royaux sont attentifs aux événements régionaux : transfert du Dauphiné à l’héritier du royaume ; derniers épisodes guerriers entre le Dauphiné et la Savoie (bataille des Abrets 1354).

Blason de Groslée

Jean de Groslée est sénéchal de 1358 à 1363 ; il empêche les routiers qui dévastent les campagnes de s’emparer d’Anse, mais n’a pas assez de troupes pour s’opposer à la prise de Brignais. En 1362 lors de la bataille de Brignais, l’armée royale est vaincue et Jean de Grolée capturé est mis à rançon.Retour ligne manuel
Le début du XV° siècle est troublé par les querelles entre « Armagnacs » et « Bourguignons » et par la guerre anglaise (défaite d’Azincourt en 1415). Le duc de Bourgogne s’empare de Mâcon en 1417. Humbert de Groslée devient alors sénéchal de Lyon (1418-1434) : fidèle soutien de Charles VII, il doit repousser des chevauchées bourguignonnes, réprimer des jacqueries. Il joue enfin un rôle majeur dans la victoire d’Anthon (1430) lors d’une offensive d’un féodal pro-bourguignon sur le Dauphiné.

Les GOUVERNEURS du LYONNAIS au XV° SIÈCLE 
À partir de 1462 le Roi nomme à Lyon des Gouverneurs, avec délégation générale de l’autorité royale et tout pouvoir civil et militaire. Le gouverneur est issu de la haute noblesse, le plus souvent un militaire. Ils sont au dessus des sénéchaux, dont les pouvoirs diminuent. Comme le gouverneur est souvent absent pour le service du roi, un lieutenant-général peut le remplacer.

Tanneguy du Chastel

Les deux premiers sont des hommes de guerre, fidèles du roi Louis XI : Tanneguy du Chastel, grand écuyer (1462-1468) et Jean de Lescun, bâtard d’Armagnac (1468-1473).
Nous trouvons ensuite 2 grands seigneurs régionaux. Jean II duc de Bourbon, dont les possessions du Forez et du Beaujolais-Dombes entourent le Lyonnais, est lieutenant-général de 1475 à 1486. Lui succède Philippe de Savoie comte de Bresse, lieutenant-général en 1486-1491. Par la suite il deviendra duc de Savoie pendant un an (Philippe II 1496-97).

Les GOUVERNEURS des GUERRES D’ITALIE 
Lyon devient pour les rois de France la base arrière de leurs campagnes en Italie. Les échanges avec l’Italie apportent une grande prospérité à la ville. Les gouverneurs sont des militaires de haut rang et plusieurs sont italiens.
- César Borgia (1498-1507) : ce fils débauché du pape Alexandre VI est nommé duc de Valentinois et gouverneur du Lyonnais en échange de l’annulation par son père du mariage de Louis XII. S’il fait son entrée officielle à Lyon en 1498, il n’exercera pas ses fonctions.

Jean-Jacques de Trivulse

– Jean-Jacques de Trivulse (1507-1518) Giangiacomo Trivulzio, condottiere milanais, maréchal de France ; il est de toutes les batailles sous Charles VIII et Louis XII. Il entreprend à Lyon la construction des remparts.
- Just de Tournon (1518-1523) bon capitaine d’une illustre famille.


- Jacques de Chabannes sire de la Palice (1523-1525) il est de toutes les batailles sous Louis XII et François Ier, maréchal de France, il est tué à Pavie.
- Théodore de Trivulse (1526-1532), neveu de Jean-Jacques, maréchal de France, gouverneur de Milan avant Pavie.

Théodore de Trivulse, maréchal de France, gouverneur du Lyonnais (1526-1532)

– Pomponne de Trivulse (1532-1536), lieutenant-général de son oncle depuis 1527, il fait face à la « grande rebeyne » de 1529.


- Cardinal François de Tournon (1536-1539), homme d’église, humaniste, conseiller de François Ier et diplomate, gouverneur du Lyonnais et du Forez – Beaujolais confisqués au duc de Bourbon. Il sera titulaire de l’évêché de Lyon de 1551 à 1562.


- Jean d’Albon de Saint-André (1539-1549) est un homme sage et mesuré, bon administrateur d’une ville de Lyon prospère.
- Jacques d’Albon de Saint-André (1550-1562) fils du précédent, grand homme de guerre, grand seigneur et homme de cour. Souvent absent, il est suppléé par des lieutenants-généraux.

Les GOUVERNEURS des GUERRES de RELIGION 
En avril 1562 les protestants prennent le pouvoir à Lyon. Soutenus par le baron des Adrets, ils tiennent la ville jusqu’en juin 1563.

Jacques de Savoie-Nemours

Jacques de Savoie duc de Nemours (1562-1571) homme de cour et bon capitaine, il restaure l’autorité royale à Lyon.

François de Mandelot
-
  • François de Mandelot (1571 -1588) bon administrateur, fidèle au roi, il préserve la paix à Lyon, sauf après la Saint-Barthélémy, où il ne peut empêcher un massacre.

- Charles-Emmanuel de Savoie duc de Nemours (1588-1593) fils de Jacques, il soutient la Ligue catholique et s’oppose au roi. Ce sont des années de guerre civile, Nemours est emprisonné par le Consulat de Lyon. La ville se rallie à Henri IV en février 1594. La ville est administrée par Alphonse d’Ornano et Pomponne de Bellièvre.
- Philibert de la Guiche (1595-1607) restaure l’autorité royale sur la ville et ramène la paix et la prospérité.
- César de Vendôme (1607-1612) : ce bâtard de Henri IV né en 1594 ne viendra jamais à Lyon. Il est suppléé par un lieutenant-général Charles de Neuville marquis d’Alincourt, qui lui succédera comme gouverneur.

À partir de 1612, Les gouverneurs du Lyonnais, Forez et Beaujolais seront tous de la famille de NEUVILLE de VILLEROY jusqu’en 1790 : un article particulier leur est consacré.

Article de 2015 Source : Bernard Demotz & coll. – Les Gouverneurs de Lyon 1310-2010 – ELAH 2011

Le 27° BCA

HISTORIQUE du 27ème BATAILLON de CHASSEURS ALPINS d’ANNECY :

Le 30 janvier 1871 un décret crée 7 nouveaux Bataillons de Chasseurs à Pied (BCP) (du 24° au 30°), dont le 27° BCP à Rochefort. Trois mois plus tard, il est pour un an en Algérie au sein de la colonne expéditionnaire de Grande Kabylie. Suivent 10 ans de garnison en France (1872-1881) sur la côte du Languedoc-Rousillon de Port-Vendres à Sète (1874 Perpignan et Port-Vendres).

De 1881 à 1887 le 27° BCP fait campagne en Tunisie : il entre le premier dans Tunis et pendant 6 ans parcourt le pays pour y affirmer le protectorat de la France en Tunisie. De retour en France, il vient s’établir à Menton sur la frontière italienne et l’année suivante en 1888 il fait partie des 12 bataillons de chasseurs qui sont qualifiés « Alpins » et devient donc le 27° Bataillon Alpin de Chasseurs à Pied (BACP).

La fanfare du 27 à Menton
Le Chef de Bataillon Renié

La GRANDE GUERRE
En 1914 il est toujours à Menton, avec un détachement à Villefranche-sur-mer. A la mobilisation, il rejoint la Lorraine, commandé par le chef de bataillon Renié, qui y trouve la mort dès le mois d’août. Pendant les longues années de la guerre, le 27° sera souvent aux avant-postes sur les Vosges (Hartmannswillerkopf) avec plusieurs passages dans l’Aisne et sur la Somme, où il perd à nouveau son chef de corps le Cdt de Galbert. Au prix de 1822 morts, l’héroïsme des chasseurs est distingué par 8 citations et le remise de la fourragère aux couleurs de la Légion d’Honneur.



Les ANNÉES 1920-1930
Après une année de transition en 1919 (occupation de Jülich en Allemagne), le 27° devenu BCA fait partie de la division envoyée en Haute-Silésie (1920-1922 garnisons à Kreuzburg puis Gleiwitz), occupation rendue difficile par les troubles politiques, pendant laquelle son chef de corps le Cdt Montalègre est assassiné (07/1921).

Le Cdt Montalègre avec le Gal Lecomte-Denis à Beuthen

De retour en France le 27° BCA vient s’établir à Annecy à la place du 11° BCA (07/1922). Il fait alors partie de la 27° division qui regroupe les troupes alpines. En 1923 le 27° participe pendant 6 mois à l’occupation de la Ruhr en Allemagne. En 1925 de juillet à novembre c’est un retour en terre d’Afrique pour la guerre du Rif.

Premier insigne de 1922

Le 27° BCA revenu à Annecy au quartier de Galbert va se consacrer à sa vocation alpine. En 1930 une Section d’Eclaireurs Skieurs (SES) est créée : formée de chasseurs aguerris, elle effectue des raids en montagne et occupe des points stratégiques.

La CAMPAGNE de 1939-1940 et la RESISTANCE
Septembre 1939, la guerre est déclarée : le 27° BCA est dans son secteur de Tarentaise aux ordres du Cdt Mazaud. En octobre le bataillon est déplacé sur la frontière au nord de l’Alsace. Seule la SES commandée par le lieutenant Morel reste en Tarentaise. A la mi-mai 1940 le bataillon vient prendre position dans l’Aisne sur le canal de l’Ailette. Il va opposer une résistance acharnée face aux attaques allemandes sur l’Ailette, puis sur l’Aisne et sur la Vesle. Après un repli sur la Seine, son chef de corps blessé, le bataillon est encerclé et fait prisonnier. Le 27 a perdu 115 hommes dans cette campagne et gagné une nouvelle citation.

Pendant ce temps, la SES stationnée à la Chapelle Saint-Jacques se comporte brillamment pendant la bataille des Alpes face aux italiens. En juillet 1940 le 27° se reforme à Annecy dans le cadre de l’Armée d’Armistice sous les ordres du commandant Vallette d’Osia, qui animé d’un esprit de résistance fait détourner et camoufler le maximum de matériels et armement et entraîne activement le bataillon en vue de la guérilla en montagne.

Mai 1941 : le Général Frère décore le fanion de la Croix de Guerre

Fin novembre 1942 la « zone libre » est occupée et le bataillon est dissous. Vallette d’Osia passe dans la clandestinité et devient en 1943 chef de l’Armée Secrète en Haute-Savoie, où de nombreux cadres du 27° encadrent les « maquis » en cours de constitution. En février-mars 1944 c’est l’épisode tragique du plateau des Glières, où « Tom » Morel trouve la mort, ainsi que son successeur le Capitaine Anjot. Le capitaine Godard, ancien du 27°, évadé, réorganise les maquis, qui passant à l’action parviennent à libérer par leurs seules forces le département de Haute-Savoie et enfin Annecy le 19 août 1944.

La RENAISSANCE du 27° BCA
En septembre 1944 Vallette d’Osia réorganise une division alpine, bientôt renommée 27° Division d’Infanterie Alpine (27° DIA) ; les bataillons FFI des 2 Savoie forment une demi-brigade de chasseurs alpins, dans laquelle le 1° bataillon des Glières et un bataillon FTP fusionnent pour reformer officiellement au 1er décembre le 27° BCA commandé par le chef de bataillon Godard. Le 27° vient prendre position à Séez en Tarentaise face au col du Petit-St-Bernard pendant des mois d’hiver rigoureux. Le 11 mars 1945, le 27° relevé par le 13° vient s’établir à Tignes et tenir le col de l’Iseran. La campagne des Alpes va commencer : le 27° appuie les actions menées plus au nord par le 13° BCA. Début mai le bataillon entre en Italie et participe à l’occupation du Val d’Aoste pendant un mois et demi.

La garde du 27° à Vienne

DE LA GUERRE FROIDE À LA DECOLONISATION
En septembre 1945 le 27° BCA va participer à l’occupation de l’Autriche dans le secteur du « Tyrol-est » ; le bataillon est basé à Sankt-Johann près de Kitzbühl, avec à 3 reprises la garde du secteur français à Vienne. Ce stationnement dure jusqu’en avril 1948. Le 27 retrouve alors le quartier « de Galbert » à Annecy et mène une vie de garnison, faisant une large part à l’entraînement et à l’instruction des recrues.

14 juillet 1950

Puis c’est la Guerre d’Algérie : le bataillon embarque en septembre 1955. Stationné à Iffira en haute-Kabylie, il combat les rebelles. Le 27 perd 62 cadres et chasseurs dans cette mission difficile. Les chasseurs sont de retour à Annecy en novembre 1962.

Insigne actuel

DEPUIS 1962
Le bataillon occupe le quartier « de Galbert  » à Annecy jusqu’en 1997. Il s’installe alors dans la banlieue d’Annecy à Cran-Gevrier, rue du Capitaine Anjot, dans des bâtiments neufs baptisés « quartier Tom Morel » avec un poste en montagne à Flaine. Le bataillon devient ensuite professionnel par la suspension du Service National ; il est le seul à avoir conservé une fanfare. Il fait partie de la 27° Brigade d’Infanterie de Montagne (BIM) Dans les années 1980, une nouvelle époque s’annonce : celle des Opérations Extérieures (OPEX). Dès 1983-84, une compagnie du 27° participe à la mission FINUL au Liban ; mais c’est surtout depuis 1990 que les OPEX se multiplient : ex-Yougoslavie 1993-94, Côte d’Ivoire 2005 et 2007, Afghanistan 2008-09 et 2011-12. C’est ensuite le Mali, opérations Serval puis Barkhane.

En 2019-2021 le chef de corps du 27 est le colonel Yvan Morel petit-fils du lieutenant Tom Morel.

Mars 2022: une partie du bataillon part se positionner en Roumanie, dans le cadre de la guerre d’Ukraine.

Article de 2012 – Dernière modification 03/2022
Source : Cne de la Bastie – Sous la tenue bleue du 27e BCA – P.Besacier /Lyon 1951

Le Fort Saint-Jean

Le FORT SAINT-JEAN de la CROIX-ROUSSE À LYON

Le Fort Saint-Jean est situé à l’ouest de la colline de la Croix-Rousse sur un éperon rocheux dominant la Saône. La masse de ses pierres calcaires fait corps avec l’énorme rocher de schiste. Une tour avait été édifiée au moyen-âge sur ce site stratégique.

De LOUIS XII À la RÉVOLUTION
Louis XII en 1512 ordonne la construction de l’enceinte de la Croix-Rousse. Côté ouest la tour est démolie et une fortification est construite avec la participation financière des chanoines-comtes de Saint-Jean, d’où son nom. Elle possède casemate, embrasures à canons et échauguette.
Le bastion Saint-Jean devient le bastion n°1 des 9 bastions de l’enceinte de la Croix-Rousse. Une courtine descend en gradins le long du rocher jusqu’à la Saône où elle s’achève par une tour. Cet ouvrage est modifié en 1636 par l’ouverture d’une porte d’entrée de Lyon, la porte d’Alincourt du nom du gouverneur Charles d’Alincourt.

Le fort au XVII° siècle

Les fortifications de la Croix-Rousse et le fort St-Jean sont à l’abandon pendant le XVIII° siècle. La porte en contrebas est remplacée par le quai de Serin, sur lequel est édifié le Grenier d’Abondance devenu caserne de Serin. Le fort retrouve un rôle militaire pendant le siège de Lyon : une batterie d’artillerie y est placée pour tirer sur le faubourg de Vaise.

De LOUIS-PHILIPPE À 1925
Le fort devient propriété de l’état en 1834 et est complètement remanié sur les plans de Rohault de Fleury. Le vieux bastion du XVI° siècle côté nord est en partie arasé pour être coiffé d’un étage de casemates juxtaposées servant à l’artillerie et au stockage ; sa terrasse entourée d’un parapet forme le cavalier de l’ouvrage. Un pavillon carré destiné au logement des officiers en occupe un angle. Le front de gorge du fort suit la montée de la Butte avec 3 bastions et une courtine. Côté ouest la nouvelle enceinte s’appuie sur l’ancienne courtine rehaussée et l’ensemble forme un superbe empilement de blocs de casemates et de plateformes d’artillerie. Outre le pavillon des officiers, la cour intérieure est occupée par une caserne à 3 niveaux, un magasin d’artillerie, une poudrière et un pavillon d’entrée.

Plan du fort St-Jean

Le fort échappe au démantèlement de l’enceinte en 1865 et n’a plus d’autre intérêt que celui de sa caserne, qui loge 552 hommes en 1864 et 320 en 1887. Le fort héberge une partie du régiment logé dans la caserne de Serin en contrebas, à savoir de 1888 à 1913 le 157° RI (régiment d’Infanterie) et le 5° RIC (régiment d’Infanterie Coloniale) de 1913 à 1924. Il accueille également un détachement de la 14° Section de Commis et Ouvriers d’Administration (SCOA) dont la partie principale est logée au fort de Villeurbanne (peut-être pour l’instruction des nouvelles recrues – présence attestée en 1906).

Le bâtiment en contrebas aujourd’hui démoli est un hôtel de Police

La FIN du XX° SIÈCLE
En 1934 le fort Saint-Jean est orienté vers le Service de Santé avec la Pharmacie Régionale, mais il devient aussi le PC de la défense antiaérienne régionale avec un standard téléphonique. Pendant l’occupation allemande, un centre de commandement de la Luftwaffe y est établi dans les sous-sols.

Le 2 septembre 1944 les allemands font sauter les ponts de Lyon : un groupe de résistants réuni au fort réussit à empêcher la destruction du pont de l’Homme de la Roche et de la passerelle St-Vincent.

insigne de la DRMM 5

Après la Libération le fort redevient Pharmacie Régionale jusqu’en 1984. Ce sont ensuite un Dépôt Régional de matériels de mobilisation (DRMM5) du Service de Santé et l’inspection des services vétérinaires régionale qui s’y installent jusqu’en 1998.

Vue aérienne en 1995

Le XXI° SIÈCLE
En 2002 il devient propriété du ministère des Finances et est réaménagé pour y établir l’École Nationale du Trésor en 2004. La transformation effectuée par l’agence Vurpas est un modèle de sauvegarde et de réhabilitation d’un ouvrage militaire. La bibliothèque de l’école occupe l’ancien magasin d’artillerie et le restaurant bien dissimulé est en belvédère au dessus de la Saône.

Vu depuis le fort de Vaise en 2015

Article de 2016 Dernière modification 03/2025
Sources : Dallemagne & col. – Les défenses de Lyon – ELAH 2006

Le général Descour

MARCEL DESCOUR 1899-1995 : OFFICIER RÉSISTANT DEUX FOIS GOUVERNEUR MILITAIRE de LYON

D’UNE GUERRE À L’AUTRE
Né à Paris en 1899, le jeune Marcel Descour est appelé à servir au 3° Dragons en 1918. Détaché à l’Ecole Spéciale Militaire (ESM), il en sort brigadier. En 1919 il s’engage pour 8 ans et repasse à l’ESM (1920), puis à l’Ecole d’Application de la Cavalerie. Il passe par le 3° dragons à Lunéville, puis au 6° Cuirassiers jusqu’à l’Ecole de Guerre en 1934. Quand la guerre est déclarée, il est capitaine à l’Etat-Major du XIV° CA à Lyon. En juin 1940 il commande un groupe de reconnaissance d’une division d’infanterie (VIII° Armée général Laure) dans le secteur du Ballon d’Alsace. Encerclé il parvient à s’échapper : cela lui vaut une citation et l’attribution de la croix de guerre.

La RÉSISTANCE
Dans l’Armée d’Armistice le commandant Descour est affecté comme chef d’escadron au 11° cuirassiers à Lyon. Quand commence à se structurer l’Organisation de la Résistance de l’Armée (ORA) de la 14° RM autour du général Frère, Descour en prend la direction dans la région lyonnaise. Démobilisé de l’Armée d’Armistice en novembre 1942, il plonge dans la clandestinité sous les pseudonymes de « Cavalier » puis « Bayard » et « Périmètre » dans ses liaisons avec la France Libre. Il unifie les différentes composantes de la Résistance. De mars à juin 1943 il parcourt la région dite R1 organisant les maquis en voie de constitution. En octobre 1943, il devient chef d’état-major de l’Armée Secrète (AS) de la région, sous la tutelle de Chambonnet alias « Didier« . En décembre 1943 l’AS est transformée en FFI (Forces Françaises de l’Intérieur).

Descour (pseudonyme Bayard) chef d’état-major régional est plus spécialement chargé de la zone alpine de la Haute-Savoie à la Drôme, qu’il parcourt clandestinement sans relâche pour organiser les différents maquis.
En juin 1944 immédiatement après le débarquement en Normandie, sur les ordres de Londres, il déclenche la mobilisation générale et en même temps il succède à Chambonnet arrêté comme chef militaire de la Résistance Régionale. La Résistance passe à l’offensive pour entraver l’ennemi allemand, en particulier dans l’Ain. Descour passe d’un département à l’autre, avec une activité prodigieuse dans la perspective de l’arrivée des troupes alliées, avec lesquelles il est en liaison. Et cela malgré un drame personnel : son fils Jacques est tué face à l’ennemi le 21 juillet dans les combats du Vercors.

La LIBÉRATION :
Le 27 août Descour rencontre à Aspres-sur-Buech le général Truscott, commandant le 6° CA américain, auquel il expose son plan de libération de Lyon par les FFI. Le 28 aux Abrets, il fixe leur mission aux 3 groupements FFI qui vont converger sur Lyon. Le 1er septembre il fixe l’attaque générale sur Lyon au 3. Le 2 septembre l’occupant fait sauter les ponts du Rhône et abandonne la rive gauche. Vers 10 h les maquisards du Cdt Bousquet (« Chabert ») accompagnés de Descour partent de Bourgoin et arrivent vers 16h à la préfecture de Lyon, où le commissaire de la République Yves Farge peut s’installer. Le lendemain 3 septembre tous les groupes FFI convergent sur Lyon, en même temps que des éléments de la 1° DFL du général Brosset entre dans la ville. Lyon est libérée.

12/09/1944 Descour et Yves Farge

Le GOUVERNEUR MILITAIRE

Le 5 septembre le général de Lattre de Tassigny, arrivé à Lyon, passe une revue des troupes place Bellecour et nomme le colonel Descour commandant militaire de la Région et Gouverneur Militaire de Lyon. Descour préside une autre prise d’armes le 12 septembre place Bellecour, où il passe en revue les résistants. Il est ensuite aux côtés du général de Gaulle venu visiter Lyon libérée le 14 septembre.

Descour pour constituer son état-major fait appel à plusieurs officiers de réserve lyonnais, car il a la lourde tâche d’incorporer les bataillons FFI dans des unités militaires régulières. Descour occupe cette fonction avec le grade de colonel jusqu’en septembre 1945 ; il est remplacé par le général Doyen, acteur de la bataille des Alpes de 1945. Descour est récompensé par 3 citations pour son action de mars 1943 à juin 1944, de juin à août 1944 et du 25 août au 3 septembre 1944 avec élévation au grade d’officier de la Légion d’honneur.

Descour à la Part-Dieu

Les HONNEURS
Descour est ensuite affecté au ministère de la guerre, puis il commande les troupes d’occupation en Autriche, puis la 1° DB à Trèves en Allemagne. Ayant atteint le grade de général de corps d’armée, il est nommé en 1956 pour la deuxième fois – cas unique – gouverneur Militaire de Lyon.

général d’Armée

Général d’Armée en 1959. Il quitte ses fonctions en novembre 1960.


Le général Descour est mort en avril 1995 à Montbrison-sur-Lez (Drôme). La ville de Lyon a attendu mai 2013 pour donner son nom au square des Charmettes, à l’angle de la rue des Charmettes et de la rue Germain (6° arrondissement)…

Article de 2013

Les Bases de Défense

Les BASES de DÉFENSE en AUVERGNE-RHÔNE-ALPES en 2020-2023

Insigne de la Zone de Défense Auvergne-Rhône-Alpes

Le Gouverneur Militaire de Lyon, en plus de ses fonctions de commandant de la place de Lyon, est Officier Général de Zone de Défense et de Sécurité (OGZDS) et commandant de Zone Terre sud-est (COMZT).
Depuis le 1er octobre 2018 la zone Sud-est correspond maintenant à la région Auvergne-Rhône-Alpes, d’où l’apparition d’un nouvel insigne avec un blason modifié associant Lyonnais, Auvergne, Dauphiné et Savoie.
Cet article fait le point sur l’organisation des unités militaires actuelles de la Région.

Les BASES de DÉFENSE
Depuis 2011 les unités militaires des 3 armes (Terre / Air / Mer) ont été regroupées géographiquement en BASES de DÉFENSE interarmées, pour permettre de mutualiser leurs moyens dans un but d’économie. Pour cela ont été créé dans chaque base un Groupement de Soutien de Base de Défense (GSBdD) chargé de soutenir les différentes unités de la base. En 2020 la Région ne compte plus que 3 Bases de Défense.

BASE de DÉFENSE de LYON-VALENCE-La VALBONNE
Elle provient du regroupement en 2019 des bases de Défense de Lyon-Mont-Verdun, de Valence et de la Valbonne. Le nouvel insigne associe logiquement le blason de Lyon, le blason modifié du département de l’Ain représentant La Valbonne et celui de Valence.

Ex-base de Défense de Lyon-Mont-Verdun
-État-major, directions régionales, GSBdD, organismes administratifs – Lyon quartier Général Frère
Centre Interarmées des Actions sur l’Environnement (CIAE) – Lyon quartier Général Frère.
Centre Médical des Armées 7 -Lyon QGF
7ème Régiment du Matériel – Lyon quartier Sabatier.
-Musique Régionale – Lyon quartier Sabatier.
Base Aérienne 942 (BA 942) – Mont-Verdun avec le Centre National des Opérations Aériennes (CNOA).
Hôpital d’instruction des Armées (HIA) Desgenettes – Lyon.
Écoles Militaires de Santé de Lyon-Bron (EMSLB) regroupant l’Ecole de Santé des Armées (ESA) et l’Ecole du personnel paramédical des Armées (EPPA) – Bron.

insigne du 1er Spahis

Ex- base de Défense de Valence
1er Régiment de Spahis – Valence.
Groupe Aéromobilité de la Section Technique de l’Armée de Terre (GAMSTAT) – Chabeuil.

Ex-base de Défense de La Valbonne
68° Régiment d’Artillerie d’Afrique (RAA) – la Valbonne
Régiment médical – la Valbonne
Centre de Formation Opérationnelle Santé (CeFOS) – la Valbonne

Etat-major de la 19° brigade d’Artillerie depuis septembre 2024 – la Valbonne
Base Aérienne 178 (BA178) – Ambérieu.

BASE de DÉFENSE GRENOBLE ANNECY CHAMBÉRY
-État-major 27° Brigade d’Infanterie de Montagne – Varces (au sud de Grenoble)
7° Bataillon de Chasseurs Alpins (7°BCA) – Varces.
93° Régiment d’Artillerie de Montagne (93°RAM) – Varces.
-détachement du 7° Régiment de Matériel – Varces.


École de Pupilles de l’Air – Montbonnot (est de Grenoble).
13° Bataillon de Chasseurs Alpins (13°BCA) – Barby (près de Chambéry).
27° Bataillon de Chasseurs Alpins (27°BCA) – Cran-Gévrier (près d’Annecy).
École Militaire de Haute Montagne (EMHM) – Chamonix.

BASE de DÉFENSE de CLERMONT-FERRAND

Etat-Major de la 4° Brigade d’Aérocombat (4° BAC)(Clermont-Ferrand) – hélicoptères de combat
92° Régiment d’Infanterie (92° RI) – Clermont-Ferrand.
Centre Médical des Armées 8
13° BSMat – Base de Soutien du Matériel à Clermont-Ferrand, Moulins, St-Astier et Tulle.
28° Régiment de Transmissions (28°RT) – Issoire.
-détachement du 13° BSMat – Moulins.

Article de 2019 – Dernière modification 02/2026

Les Gouverneurs de Villeroy

Les NEUVILLE de VILLEROY, MARÉCHAUX, DUCS et GOUVERNEURS de LYON 1612-1790

Pendant trois siècles (1310-1612) divers Sénéchaux et Gouverneurs ont exercé le pouvoir militaire territorial. À partir de 1612 et jusqu’à la Révolution, les Gouverneurs des trois provinces réunies de Lyonnais, Forez et Beaujolais appartiennent tous à la famille de Villeroy.

Charles de Neuville d’Alincourt

Le premier, Charles de Neuville, marquis d’Alincourt et Villeroy (1560-1642), fils de Nicolas de Neuville secrétaire d’Etat sous Henri III et Henri IV, est d’abord le gendre de François de Mandelot, gouverneur du Lyonnais (1571-1588) ; mais la succession qu’il espérait lui échappe. Ses enfants sont issus de son remariage en 1595.

Henri IV le nomme lieutenant-général du Lyonnais en 1607 à la place de son fils mineur César de Vendôme ; il devient gouverneur en titre en 1612 sous Louis XIII jusqu’à sa mort en 1642. Il aura donc exercé le pouvoir effectif pendant 35 ans à Lyon, où il réside dans un hôtel place du Gouvernement dans le Vieux-Lyon. Il maintient la province dans la paix et dans la soumission au Roi. Très autoritaire, il est souvent en conflit avec le consulat de la ville. Il fait moderniser l’enceinte de la Croix-Rousse.

Nicolas de Neuville duc de Villeroy

Son fils aîné Nicolas de Neuville, Marquis puis Duc de Villeroy (1598-1685) lui succédera. Dès 1615 Nicolas forme un régiment à son nom, qu’il cède en 1631 à son frère François. Devenu maréchal de camp (1634), il commande à Casale et Pignerol (1631-1635). Après la mort de son frère tué à Turin (1640), il reprend le commandement de son régiment devenu en 1635 Régiment de Lyonnais.

En 1642 au décès de son père, il devient Gouverneur du Lyonnais, Forez et Beaujolais. Il sera en fait très peu présent à Lyon, où il accompagne Louis XIII en 1642, puis Louis XIV en 1658. Gouverneur du jeune Louis XIV, il est promu Maréchal en 1646. Ministre d’Etat, président du Conseil des finances (1661) et Duc et Pair (1663), il lègue le Régiment de Lyonnais à son fils François et laisse son frère l’archevêque gouverner à sa place.

Camille de Neuville de Villeroy

Le frère cadet de Nicolas, Camille de Neuville, homme d’église, est nommé Archevêque de Lyon en 1646, mais il est aussi depuis 1645 lieutenant-général du gouverneur. Jusqu’à sa mort en 1693, il remplace son frère puis son neveu, le plus souvent absents.

Camille de Neuville joue un rôle très important à Lyon, où il réside en permanence. Sur le plan religieux, il est un évêque zélé mais modéré, un bon exemple de la rénovation catholique après les guerres de religion. Sur le plan politique il exerce une autorité absolue ; il encourage le développement économique et urbain (aménagement de la place Bellecour).

François de Neuville Duc de Villeroy

François de Neuville Duc de Villeroy (1644-1730), fils de Nicolas est élevé avec Louis XIV, qui restera son ami toute sa vie. Il reprend le Régiment de Lyonnais de son père (1661-1683) ; nommé maréchal de camp (1674) puis lieutenant-général (1677), il succède à son père au Gouvernement du Lyonnais (1685). Il cède le régiment de Lyonnais à son fils Louis-Nicolas. Alors qu’il s’était distingué militairement comme maréchal de camp ou lieutenant général, il se montre par la suite incompétent comme chef d’armée.

Nommé Maréchal de France en 1693, il accumule les défaites. En Italie, il est battu à Chiari et capturé à Crémone ; le soutien de Louis XIV fait qu’il est encore à la tête de l’armée aux Pays-Bas : il est battu par Marlborough à Ramillies (1706). Il est alors privé de commandement, mais devient par la suite par le testament de Louis XIV gouverneur du jeune Louis XV de 1717 à 1722 ; il est membre du conseil de Régence et président du Conseil des Finances. Le Régent l’exile (1722-1724), puis il tente un retour à la Cour, mais son temps est passé : il meurt à 86 ans en 1730.

François-Louis de Neuville duc de Villeroy

Après François, trois autres Villeroy seront gouverneurs, après avoir commandé le Régiment de Lyonnais. Mais au XVIII° siècle la fonction n’est plus qu’honorifique, le pouvoir local est passé progressivement aux mains des intendants. Le premier est Louis-Nicolas, fils de François, de 1730 à 1734, dont le frère François-Paul est archevêque de Lyon de 1714 à 1731.


François-Louis fils de Louis-Nicolas est gouverneur de 1734 à 1763, auquel succède son neveu Gabriel-François de 1763 à 1790, destitué par la Révolution et guillotiné à Paris en 1794.
Quand ils étaient présents à Lyon, ils résidaient à l’hotel Villeroy, construit vers 1730, rue de la Charité, actuel musée des tissus. A Lyon une rue Villeroy perpétue leur mémoire.

Blason des Villeroy

Le blason ci-contre est celui de la famille de Villeroy, mais c’est aussi aujourd’hui celui de la ville de Neuville-sur-Saône au nord de Lyon, appelée auparavant Vimy, où Charles d’Alincourt avait une maison de campagne et où l’archevêque Camille de Neuville avait établi sa résidence de campagne (château d’Ombreval, actuelle mairie) ; il y a fait construire l’église actuelle.

En 1790 c’est la fin des Gouverneurs d’Ancien Régime. Après la Révolution leurs successeurs seront les Commandants et Gouverneurs militaires de Lyon.


Article de 2010 -Dernière modification 07/2015.
Source : B. Demotz & coll. – Les Gouverneurs de Lyon – ELAH 2011

Le Dauphiné Féodal

Le DAUPHINÉ FÉODAL 1030-1349

Le Dauphiné est une province de France regroupant les 3 départements de l’Isère, des Hautes-Alpes et de la Drôme. Quatre siècles ont été nécessaires au Moyen-Âge pour constituer une province unifiée.

Les DÉBUTS AVEC la MAISON D’ALBON
En l’an 1000 le territoire du Dauphiné fait partie du Royaume de Bourgogne Provence, royaume en pleine décadence, qui se fragmente en principautés féodales de plus en plus indépendantes. C’est ainsi que vers 1029 la reine Ermengarde épouse du dernier roi Rodolphe III cède ses droits sur le Viennois à son parent Bouchard évêque de Vienne, lequel à son tour en partage la « garde » à des parents :
- le Nord-Viennois (bas-Dauphiné) et Sermorens (pays de Voiron) au premier comte de Savoie Humbert Ier. St-Symphorien d’Ozon, St-Georges d’Espéranche, Fallavier, Septème sont des châteaux savoyards.
- le sud-Viennois à Guigues le vieux sire de Vion (en Ardèche du nord) : il est le premier seigneur de ce qui sera le Dauphiné.
Guigues le vieux (+ vers 1057) se titre comte d’Albon du nom d’un château au sud de Vienne. Il est soutenu par son oncle Humbert évêque de Grenoble et son frère Humbert évêque de Valence. il étend ses terres vers l’est : Grésivaudan et vallée de l’Isère en aval de Grenoble vers 1050. De plus l’empereur lui inféode en 1039 le Briançonnais qui s’étend sur les 2 versants des Alpes : le versant oriental est aujourd’hui italien (Oulx, Exilles…).

Guigues Ier laisse 3 fils : Guigues II le gras (+vers1080) qui lui succède, Gui-Raymond qui par mariage assure à ses descendants le comté de Forez et Humbert évêque de Grenoble. Guigues II obtient la seigneurie d’Argental. Son fils Guigues III (+1032) inaugure pour des raisons inconnues la tradition à nommer son fils Dauphin en deuxième prénom. À la fin du XIII° siècle ce prénom deviendra le titre princier de dauphin (de Viennois).

Guigues IV Dauphin s’affronte avec son beau-frère et voisin Amédée III de Savoie : il est battu et tué à Montmélian en 1142. Son successeur Guigues V meurt en 1162, laissant le comté à sa fille Béatrice d’Albon.
La maison d’Albon a surtout procédé à des réarrangements avec ses vassaux, principalement les Clermont, les Bressieu, les Bocsozel, les Roussillon. La principauté est en 2 morceaux : entre le Viennois et le Briançonnais s’interposent le Trièves (au sud de Grenoble), la principauté de Royans (tout le Vercors jusqu’au Royans actuel) et le diocèse de Die.

Blason du Dauphiné féodal

Les PRINCES de la MAISON de BOURGOGNE 1184-1281
Béatrice se marie d’abord avec Albéric de Toulouse qui se titre comte d’Albon de Grésivaudan et de Viennois. Elle épouse ensuite (1184) Hugues III duc de Bourgogne (+1192 à la croisade) ; leur fils Guigues-André devient Guigues VI dit André-Dauphin sous la régence de sa mère. Les comtes de la maison de Bourgogne vont poursuivre la politique d’expansion. Le mariage de Guigues VI lui rapporte en 1232 l’Embrunais et le Gapençais, venant du démembrement du comté de Forcalquier.
Après Guigues VI André (+1236) son fils Guigues VII (+1269) lui succède ; il est le premier à utiliser le blason au dauphin sur son sceau.
Son mariage avec l’héritière du Faucigny (de Annemasse à Beaufort) lui apporte ce fief enclavé dans le comté de Savoie. Par ailleurs il achète Beauvoir (en Royans) dont il fait sa résidence et il grignote le Royans en annexant St-Marcellin. Son fils et successeur Jean Ier meurt en 1281 sans postérité.

Les principautés vers 1280

Les DAUPHINS DE LA MAISON DE LA TOUR 1281- 1349
L’héritage va à sa sœur Anne-Dauphine épouse de Humbert baron de la Tour (du Pin) et sire de Coligny. La baronnie de la Tour (de Crémieu à Bourgoin) est enclavée dans les terres de Savoie et Coligny est au nord de la Bresse qui devient savoyarde en 1272. Humbert devient Humbert Ier dauphin. Le prénom est devenu titre princier et on parlera désormais de Dauphiné pour cette principauté agrandie. Mais l’intrication des terres du Dauphiné et de la Savoie vont être à l’origine de la guerre de Septante Ans entre les 2 principautés.

Inscription à la mémoire de « humbertus dalphinus viennensis » – chapelle de la grotte de la Balme (Isère) qu’il a fait édifier

À Humbert Ier succèdent Jean II (1306-1318), puis son fils Guigues VIII.

Bague de Guigues VIII (musée de l’Evéché Grenoble)

Le musée de l’Evêché de Grenoble détient une bague à son nom : GVIGO.DALPHINVS.VIENNENSIS.ET.ALBONIS.COMES. Guigues VIII reprend la lutte contre le comte de Savoie : il est vainqueur à Varey en 1324, mais est tué d’un carreau d’arbalète au siège de la Perrière (1333). Son frère Humbert II lui succède, il signe la paix à Chapareillan en 1334. Il développe l’administration du Dauphiné en créant le Conseil Delphinal et la Chambre des Comptes dont le siège est fixé à Grenoble. Mais Humbert II dépense sans compter et achève de se ruiner dans une croisade inutile en Palestine en 1345/47. Son épouse est morte sur l’île de Rhodes.

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Tableau du XVIII° siècle figurant Humbert II

Veuf sans héritier, il avait envisagé de céder sa principauté au pape. C’est finalement le Roi de France qui ne laisse pas passer une telle occasion et en 1349 le Dauphiné est cédé à Charles (futur Charles V) fils aîné de Jean le Bon. L’abdication a lieu à Lyon le 16 juillet 1349.

À l’avenir l’héritier du Roi de France portera le titre de Dauphin de France. Charles reste quelques mois dans sa principauté puis regagne Paris en 1350 à la mort de son grand-père le roi Philippe VI de Valois.
Humbert reçoit une grosse somme d’argent, une pension annuelle et entre dans les ordres. Il allait devenir évêque, quand il meurt prématurément en 1355.

La suite de l’histoire du Dauphiné est développée dans les articles Guerres féodales entre Savoie et Dauphiné et « Le Dauphin en Dauphiné ».

Article de 2019 – Dernière modification 08/2025
Sources : Bernard Bligny – Histoire du Dauphiné – Privat 1973 / Généalogie & Histoire 177 – CEGRA 12/2018

Le Comté de Forez

Le COMTÉ DE FOREZ /2 : De 1200 à 1535

Blason du Forez

Depuis 1173 les comtés de Lyon et de Forez sont mieux délimités et politiquement distincts ; mais en ce début du XIII° siècle ils sont alliés : en effet Guy III, de la famille d’Albon, est comte de Forez et son frère cadet Renaud est archevêque comte de Lyon. L’archevêque Renaud de Forez est un personnage marquant de l’histoire de Lyon, le type du prélat guerrier. Un article particulier lui est consacré.

GUY IV 1203-1241
Le comte Guy III meurt à la croisade à Acre en 1203 ; c’est naturellement l’archevêque Renaud qui va veiller sur le comté de Forez pendant la jeunesse de son neveu Gui IV.
En 1209 par une action conjointe, ils répriment une tentative de Guichard IV de Beaujeu sur Thiers, où le Forez a des intérêts. En 1217 la querelle pour la possession du Roannais reprend : Humbert V de Beaujeu vient assiéger le château de Couzan (près de Boen), mais Guy IV, soutenue par Gui de Dampierre sire de Bourbon et l’évêque Renaud amène le sire de Beaujeu à traiter. En 1222 il renonce au profit du Forez à Urfé, St-Maurice, Ouches, Néronde et Couzan, mais se réserve Ste-Colombe, St-Priest-la-Roche et St-Just-la-Pendue.


EN 1223 Guy IV fonde l’église collégiale de Montbrison. Cette même année un accord précise les limites avec la seigneurie de Semur (en Brionnais).
Gui IV se marie en secondes noces en 1226 avec Mahaut de Courtenay comtesse de Nevers Auxerre Tonnerre ; il part à la croisade en 1239 ; il meurt sur le chemin du retour en 1241.

Gisant de Gui IV à la cathédrale de Montbrison

GUY V 1241-1259, RENAUD 1270, GUY VI 1278
L’aîné des fils de Guy IV, Guy V lui succède et meurt en 1259 sans héritier. Son frère cadet Renaud le remplace. Il est l’époux d’Isabelle de Beaujeu, fille d’Humbert V, ce qui lui vaut de devenir aussi sire de Beaujeu à la mort sans enfants de son beau-frère Guichard V de Beaujeu en 1265. En 1269 le comte de Forez intervient à Lyon à 2 reprises pour réprimer la révolte des lyonnais contre le chapitre de St-Jean. Renaud meurt de la peste en 1270 et ses fils se partagent ses possessions. L’aîné devient Guy VI comte de Forez (+1278) et le cadet Louis devient sire de Beaujeu (+1296).

Sury-le-Comtal

JEAN Ier COMTE de FOREZ 1278-1333
Au décès prématuré de Guy VI, son héritier Jean a 2-3 ans. D’abord sous la régence de sa mère, le comte Jean Ier, avec un règne de 55 ans, va donner la plus grande extension au Forez. Il grignote le comté de Lyon depuis la Loire (St-Victor) jusqu’à proximité de St-Chamond. Côté ouest il s’assure de St-Bonnet-le-Château et de Noirétable. Par son mariage avec Alix de Viennois, fille du dauphin Humbert Ier, il récupère en 1296 des territoires dauphinois de la rive droite du Rhône en triangle de Malleval au nord à Arras sur Rhône au sud et Argental à l’ouest. Le comte réside souvent à Sury-le-Comtal ou à Monbrison. C’est à cette époque qu’est édifiée la salle héraldique de la Diana à Monbrison. En 1301 il obtient l’allégeance du seigneur de Thiers.
Le comte va être un ferme soutien du pouvoir royal. Jean de Forez est très présent à Lyon après la prise de la ville en 1310 par Louis le Hutin. Il soutient Béraud de Mercoeur lieutenant du roi qui prépare l’annexion de la ville en 1312. En 1312 un peu d’aventure.. Il est aux cotés de l’empereur Henri VII de Luxembourg dans une expédition en Italie.
En 1316 à la mort du roi Louis X le Hutin, il est un ferme soutien de Philippe de Poitiers, frère du roi, qui devient régent. Ce dernier transfère à Lyon les cardinaux qui tergiversaient à Avignon pour élire un nouveau pape et les fait enfermer au couvent des Jacobins sous la garde du comte de Forez. Ils finissent par élire le pape Jean XXII.
Philippe de Poitiers devenu le roi Philippe V le long fait entrer Jean en 1317 au conseil privé du roi, où il restera jusqu’à sa mort. Notre comte de Forez va donc posséder un hôtel à Paris. Il est encore ministre et conseiller au début du règne de Philippe VI. Il meurt en 1433.

Montbrison vers 1450

GUY VII 1433-1458, LOUIS 1462 JEAN II 1372
Comte pendant les débuts de la guerre de Cent-Ans, Guy VII de Forez est lieutenant-général du roi en Poitou-Saintonge en 1347 après la défaite de Crécy.
Son fils Louis lui succède, à une période, où après le traité de paix de Brétigny, les mercenaires ou routiers sans emploi se mettent à ravager les provinces pour leur compte. Ceux-ci viennent occuper Brignais en 1362. Une armée royale et féodale se rassemble pour les combattre : le comte Louis et son frère Jean en font naturellement partie. La bataille de Brignais aboutit à un désastre : le comte Louis est tué, Jean blessé est prisonnier. Il sera libéré contre rançon ; il devient le comte Jean II, mais gravement atteint à la tête il demeure invalide. Son oncle Renaud (+1369) frère de Guy VII assure sa tutelle. Jean meurt en 1372 sans descendance.

Anne-Dauphine d’Auvergne comtesse de Forez

UN HÉRITAGE POUR LES DUCS DE BOURBON
En 1372 la maison d’Albon de Forez est éteinte. L’héritière est Jeanne de Forez (+1382), sœur des 2 derniers comtes, mariée à Béraud II dauphin d’Auvergne (le dauphiné d’Auvergne est une petite principauté à l’ouest d’Issoire). Leur fille Anne-Dauphine a épousé en 1371 Louis II Duc de Bourbon. Sur son portrait héraldique, elle porte à gauche les couleurs de son mari Bourbon et à droite le dauphin d’Auvergne et le dauphin du Forez de ses parents. Le Forez fait alors partie des possessions des ducs de Bourbon jusqu’en 1523.
À cette date le roi François Ier confisque les territoires du connétable de Bourbon, le dernier duc. Le roi accorde ensuite ces possessions, dont le Forez, en viager à sa mère Louise de Savoie. Après sa mort en 1535 le comté est réuni au royaume de France. En avril 1536 François Ier, qui séjourne à Lyon, fait une entrée solennelle à Montbrison comme successeur des comtes de Forez.

Division en départements : les limites des anciennes provinces sont en pointillé

ÉPILOGUE JUSQU’À NOS JOURS
Le Forez fait ensuite partie du gouvernement du Lyonnais Forez et Beaujolais jusqu’à la Révolution. À la création des départements en mars 1790, ces trois provinces deviennent le département de Rhône-et-Loire.
Ce département est partagé dès août 1793 suite à la révolte des Lyonnais. Ce partage est entériné par la Convention en novembre 1793. Le département de la Loire est alors séparé du Rhône : il correspond en gros aux limites de l’ancien comté de Forez. Il est agrandi avec l’ouest du Beaujolais et avec la région de St-Chamond et de Charlieu au dépens du Lyonnais ; en revanche il perd au sud le canton forézien de Bas-en-Basset rattaché à la Haute-Loire.

Article de 2020 – Dernière modification 05/2020
source : A.Steyert – nouvelle histoire de Lyon tome 2 – Bernoux & Cumin 1897 / A.Latreille & col. – histoire de Lyon et du Lyonnais – Privat 1975 / images Wikipedia

1601 la Bresse annexée

1601 : La BRESSE, le BUGEY, le VALROMEY et le PAYS de GEX SONT ANNEXÉS au ROYAUME de FRANCE

En 1600 Lyon est toujours une ville frontière : en effet avec la possession de la Bresse, les terres du duc de Savoie s’étendent des rives de la Saône jusqu’à Turin et Nice.
La paix de Vervins (1598), signée entre la France d’Henri IV et l’Espagne, a mis un fin provisoire à la série de conflits et batailles de la décennie 1590 avec le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier. Mais il reste un contentieux : il concerne le marquisat de Saluces (Saluzzo au sud de Turin) enclave française en Piémont, que le duc de Savoie avait occupé en 1588 et qu’il refuse d’évacuer.

Lesdiguières

LE CONFLIT
Henri IV, roi d’une France enfin pacifiée, a les mains libres pour régler cette affaire au profit de son royaume. Le 27 juin 1600 un ultimatum au duc de Savoie le somme d’évacuer le territoire contesté dans les 3 mois ou de céder ses territoires de la rive droite du Rhône.


Poussé par Lesdiguières lieutenant-général en Dauphiné, à ne pas entrer en campagne trop tard dans la saison, le Roi n’attend pas 3 mois et entre en campagne lui-même le 12 août. L’offensive se porte sur 3 axes : Biron attaque et pille Bourg-en-Bresse, dont la citadelle résiste ; Crillon sur Chambéry qui capitule rapidement et Lesdiguières sur Montmélian, prise le 17 août et dont il assiège la citadelle.
Henri IV fait son entrée à Chambéry le 24 août. Les troupes royales s’emparent ensuite de Miolans et Conflans. Lesdiguières et Créquy reprennent Charbonnière et s’assurent de toutes les places fortes de la Maurienne.

Le Siège de Montmélian

La conquête de la Savoie est une promenade militaire et Charles-Emmanuel surpris a tardé à contre-attaquer. Le 12 novembre il passe le col du Petit-Saint-Bernard, les troupes royales convergent en Tarentaise ; Lesdiguières et Créquy passent de Maurienne en Tarentaise par les cols de la Madeleine et des Encombres, tandis que Sully poursuit le siège de la citadelle de Montmélian. Henri IV est posté au Cormet de Roselend dans le Beaufortain. La cavalerie de Lesdiguières est repoussée à Aime-en-Tarentaise, mais le duc apprend la capitulation prématurée et sans gloire de Montmélian et est arrêté à Villette (novembre 1600).

Henri IV et Marie de Médicis

TRAITÉ de PAIX
La neige empêche la poursuite de la guerre et la partie est perdue pour le duc de Savoie. Henri IV peut rejoindre Lyon le 9 décembre, y faire connaissance de sa fiancée Marie de Médicis, qui l’attend et l’épouser à la cathédrale Saint-Jean le 17 décembre 1600. Le mariage est célébré par le cardinal-légat Aldobrandini neveu du pape.

Les frontières en 1601

Les pourparlers de paix se déroulent à Lyon sous la présidence du légat du pape et aboutissent le 17 janvier 1601 à la signature du Traité de Lyon. Le duc de Savoie doit payer 300000 livres et surtout céder à Henri IV la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. En échange il garde le marquisat de Saluces.
La citadelle de Bourg n’est évacuée que le 9 mars et occupée par le régiment de Champagne ; elle sera démantelée en 1611.

C’est la fin d’un cycle historique : la France n’a plus de revendications sur un territoire italien, mais est largement gagnante par les territoires annexés. Lyon n’est plus une ville frontière. Au nord du Rhône, seule la Dombes (capitale Trévoux) demeure principauté autonome complètement enclavée. Les nouveaux territoires annexés sont rattachés administrativement à la Bourgogne.

Blason officiel du Département de l’Ain

Ces territoires formeront en 1791 avec la Dombes le département de l’Ain, dont le blason regroupe les blasons de la Bresse et du pays de Gex en haut, de la Dombes et du Bugey en bas, le tout surmonté de la croix de St-Maurice ordre savoyard.

La Bresse faisait partie des domaines du duc de Savoie depuis le mariage en 1272 du futur Amédée V (comte 1285-1323) avec Sybille de Bagé, dame de Bresse.
Un témoignage éclatant de la présence de la maison de Savoie en Bresse est l’église de Brou à Bourg-en-Bresse, mausolée de Philibert II duc de Savoie (+1504), édifié par sa veuve Marguerite d’Autriche, tante de Charles-Quint devenue gouvernante des Pays-Bas.

Article de 2012

Source : Jean-Pierre Gomane – Chamousset les Mollettes – les batailles oubliées Historic’one éditions 2000

Louis XIII à Lyon 1629-1631

LOUIS XIII ET RICHELIEU SUR LE FRONT des ALPES 1629-1631

La SUCCESSION DE MANTOUE
En décembre 1627 Vincent II de Gonzague duc de Mantoue et Montferrat meurt sans descendance. Son héritier légitime est son cousin germain Charles de Gonzague, duc de Nevers et Rethel, le fondateur de Charleville dans les Ardennes. Mantoue (en italien Mantova) et Montferrat sont deux principautés de l’Italie du nord séparées par le Milanais espagnol. À l’est le Montferrat est limité par le Piémont savoyard. Les espagnols et le duc de Savoie contestent la succession de Montferrat et viennent assiéger Casale le chef-lieu en février 1628.
Louis XIII et son ministre le cardinal de Richelieu se doivent de soutenir le duc de Nevers prince français et de s’opposer aux espagnols en Italie, mais ils sont accaparés par le siège de la Rochelle, qui se termine en novembre 1628, alors que le siège de Casale dure toujours…

Charles de Gonzague

L’INTERVENTION FRANÇAISE 1629
Dès janvier 1629 une armée est réunie à Briançon. Le roi quitte Paris le 15 janvier, évite Lyon ravagée par la peste et par Dijon, Grenoble, Embrun arrive à Briançon. 20000 fantassins et 2000 cavaliers passent le col de Montgenèvre ; début mars l’armée royale balaye les retranchements du duc de Savoie au Pas de Suse (Chaumont) et vient occuper Suse. Le duc de Savoie Charles-Emmanuel doit traiter et reconnaitre Charles de Gonzague (mars 1629). Devant la menace française le siège de Casale est levé : une garnison française y est établie. Louis XIII reste 6 semaines à Suse, avant de repartir en campagne contre les protestants du Languedoc, suivi de Richelieu (paix d’Alès) .
Pendant ce temps dans la suite de l’année le duc de Savoie fait à nouveau défection et espagnols et impériaux viennent occuper Mantoue et Montferrat et à nouveau assiéger Casale…

CAMPAGNE DE 1630
Richelieu est à Lyon le 18 janvier 1630 pour préparer une nouvelle intervention en Italie ; il y retrouve son frère Alphonse archevêque de Lyon. Le 28 janvier il y reçoit le diplomate pontifical Giulio Mazarini (Mazarin), première rencontre avec celui qui sera son successeur… En février Richelieu se met en route ; début mars il est à Suse, avec Créqui, il descend la vallée pour venir devant Turin, ce qui oblige le duc à concentrer ses troupes à Turin. Alors le 20 mars le cardinal fait pivoter l’armée vers le sud et vient assiéger par surprise la forteresse de Pignerol (Pinerolo) qui capitule le 30. Cette place forte stratégique est aussitôt annexée au Dauphiné.
En mai le roi avec les maréchaux Créqui, Bassompierre et Châtillon prend le relais et entreprend l’occupation de la Savoie : la conquête est achevée en juin avec la prise de Montmélian. En juillet l’armée passe en Italie par le Mont-Cenis, fait sa jonction avec celle de Pignerol menée par le maréchal de la Force, se heurte aux piémontais à Veillane /Avigliano et se dirige vers le sud pour prendre Saluces (07/1630). Mais ce même mois, les Impériaux prennent et saccagent Mantoue, que Charles de Gonzague a dû quitter.

Victor-Amédée Ier

C’est alors que le duc de Savoie Charles-Emmanuel meurt après 50 ans de règne : son successeur est Victor-Amédée Ier qui marié à Christine de France est le beau-frère de Louis XIII. Des négociations commencent conduites par Mazarin devenu l’homme de Richelieu, lequel nomme Schomberg à la tête de l’armée pour une dernière action qui fasse pencher la balance du bon côté. Le 22/08 alors que Richelieu va à Lyon où le roi est malade, Schomberg descend de Suse à Veillane qu’il prend.

Louis XIII

Le ROI MALADE À LYON
Le 25 juillet 1630 Louis XIII fatigué doit quitter Saint-Jean de Maurienne, où il était avec le cardinal pour revenir à Lyon. En août son état s’aggrave, il souffre d’une affection intestinale douloureuse : à l’archevêché où il est logé, il est en plus harcelé par sa mère et son épouse, qui s’opposent à la politique de Richelieu. Le cardinal vient à son chevet le 22 août. Le 22 septembre après un conseil tenu à l’abbaye d’Ainay (il faut traverser la Saône en barque), le roi est au plus mal… Il se prépare à la mort, quand son état s’améliore de manière inespérée. Il part pour Paris le 11 octobre.

Le DÉNOUEMENT SUR LE FRONT ITALIEN
Pendant ce temps en Italie une trêve venait à expiration le 15 octobre 1630. L’armée française ayant repris des forces, le maréchal de Schomberg avec 20000 hommes se porte de Saluces à Casale toujours assiégée et fait face le 26 octobre aux austro-espagnols. L’intervention du diplomate pontifical Mazarin, galopant d’un camp à l’autre, parvient à éviter la bataille et à trouver un accord plutôt favorable à la France, qui est soutenue par le pape inquiet des progrès espagnols et impériaux en Italie.

Le retour à Mantoue de Charles de Gonzague (gravure d’Abraham Bosse)


La paix est signée en avril et juin 1631 aux traités de Cherasco : le duc de Savoie redevient allié de la France qui lui rend la Savoie. La France annexe Pignerol, qui restera française jusqu’en 1696 et laisse une garnison à Casale. Les espagnols évacuent les territoires du duc de Mantoue, qui récupère le Montferrat, diminué d’un tiers attribué à la Savoie.

Article d’avril 2021

Sources : A.Doumenc -Mémorial de la terre de France -Histoire militaire Savoie Dauphiné – Arthaud 1944 / Jean-Christian Petitfils – Louis XIII -Perrin 2008 / Claude Grimier – le duc de Nevers- Fayard 2021